Zosime (pape)

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Zosime
Image illustrative de l'article Zosime (pape)
Le 41e pape Zosime
Biographie
Nom de naissance Zosimos ou Zosimus
Naissance Ve siècle
Mesoraca
Décès
Rome
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Fin du pontificat

Zosime est le 41e pape de 417 à 418.

C'est un saint de l'Église catholique romaine fêté le 26 décembre[1].

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

On ne sait que peu de chose sur sa vie si ce n'est qu'il est grec de nation, que son père s'appellerait Abram et que sa famille serait d'origine juive, convertie au christianisme.

Successeur d'Innocent Ier, il fut élu unanimement le 18 mars 417[2]. Zosime est un Grec, étranger à la mentalité romaine, pourvu de bonnes intentions mais dépourvu de tact et de diplomatie.

À cette époque, Célestius, qui partageait les idées de Pélage, déjà condamné par saint Innocent, vint à Rome et porta son appel de la condamnation prononcée contre lui-même par le concile de Carthage en 418. Zosime mit dans l'instruction de cette affaire toute la circonspection et toute la prudence d'un juge qui veut être convaincu. Il entendit l'accusé dans une assemblée composée de prêtres et d'évêques. Il lui fit même promettre de condamner tout ce qui serait condamné par le Saint-Siège. Néanmoins il ne leva point l'excommunication et prit un délai de deux mois afin de pouvoir écrire en Afrique et en recevoir des réponses.

Le pape écrivit lui-même aux évêques d'Afrique, pour être parfaitement informé des motifs de leur jugement. Mais Célestius et Pelage trouvèrent des amis qui parvinrent à s'emparer de la religion du saint pontife ; il les reconnut innocents et alla même jusqu'à punir deux envoyés de Carthage, qui étaient venus à Rome pour soutenir la décision du concile. Zosime reçut alors une lettre de Praïle, évêque de Jérusalem, successeur de Jean qui lui recommandait spécialement l'affaire de Pelage, pour lequel il était aussi affectionné que l'avait été son prédécesseur. Le pape, prévenu par cette lettre et par une profession de foi de Pelage qui y était jointe, en faveur des intentions de cet hérésiarque, écrivit aux évêques d'Afrique une seconde lettre plus forte que la première et dans laquelle il témoignait être persuadé de la sincérité de Pelage et blâmait même Héros et Lazare, qui avaient pour eux l'estime de saint Augustin.

Du point de vue des catholiques, Zosime s'était laissé surprendre par les artifices de Pelage et de Célestius, par sa trop grande bonté et par un excès de crédulité, non en approuvant l'erreur avec eux, dit un auteur, mais en les croyant catholiques avec lui. Survint alors la nouvelle lettre synodale du concile de Carthage du au pape, à laquelle s'ajoutèrent les mesures prises par l'empereur Honorius contre les pélagiens, le tout montrant une volonté politique allant à l'encontre des adeptes de Pélage. Zosime décida alors que le pélagisme avait un caractère hérétique[3]. Il écrivit subséquemment une lettre à tous les évêques, spécialement à ceux d'Afrique, où il expliqua solidement la doctrine catholique sur le péché originel et la grâce de Jésus-Christ.

Dix-huit évêques refusèrent de la souscrire ; à leur tête était le fameux Julien d'Eclane. Ces dix-huit réfractaires (d'autres n'en comptent que dix-sept) donnèrent le premier exemple de l'appel d'une constitution dogmatique du Saint-Siège au futur concile général. Tous les évêques d'Afrique tinrent un nouveau concile et, avec le secours et l'éloquence de saint Augustin, parvinrent à faire triompher leur point de vue. Zosime ordonna un nouvel examen, et le premier jugement fut rétracté.

Prévenu de même en faveur de Patrocle, évêque d'Arles, Zosime accorda à ce siège, en 417, un droit de primatie pour les ordinations et les jugements, qui fut par la suite un grand sujet de contestation et qui ne fut pas soutenu par les papes, ses successeurs.

Il s'aliéna les évêques de Gaule en tentant d'imposer son protégé à la tête des diocèses de Vienne et Narbonne. L'évêque de Marseille, Proculus, encourut l'indignation de ce pape pour avoir affecté les droits de métropolitain sur la deuxième Narbonnaise. Une autre contestation s'élevait entre lui et les évêques d'Afrique, concernant un prêtre nommé Apiarius qui en appelait au Saint-Siège au sujet de l'excommunication prononcée contre lui par l'évêque, lorsqu'une maladie longue et douloureuse enleva le pape, le 26 décembre 418. Considéré comme saint par l'Église catholique, il est fêté le 26 décembre.

On lit dans le martyrologe qu'il ordonna que les diacres porteraient des pâlies ou serviettes sur le bras gauche, d'où l'on conclut qu'il a établi le manipule. On lui attribue aussi divers usages et règlements, par exemple de bénir le cierge pascal dans les paroisses ; mais cette bénédiction est d'un temps plus reculé.

Il reste de Zosime treize lettres, qu'on trouve écrites avec beaucoup de vigueur et d'autorité. Les anciens ont fort loué la constitution de Zosime contre Pelage, dont il ne nous reste que quelques fragments ; elle est connue sous le nom de Tractoria Zosimi, nom générique donné aux lettres et décrets portés dans les provinces par les courriers publics et que quelques critiques croient devoir être appelés Tractatoria.

On peut consulter sur Zosime : Anastase, dans sa Bibliothèque ; Baronius, dans ses Annales ecclésiastiques ; le tome 10 de dom Rémy Cellier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nominis : Saint Zozime
  2. (en) Andrew Fear, José Fernández Urbiña, Mar Marcos Sanchez, The Role of the Bishop in Late Antiquity, A&C Black, , p. 145.
  3. Zosime dans Catholic encyclopedia

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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