Lazare de Béthanie

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Saint Lazare
Image illustrative de l'article Lazare de Béthanie
Lazare sortant de son tombeau par Juan de Flandes (1500).
Disciple du Christ
Fête 23 février

Lazare (he : אלעזר El-azar, Dieu a aidé) est un personnage de l'entourage de Jésus, apparaissant dans les récits du Nouveau Testament, et ainsi devenu protagoniste de légendes orientales et occidentales du début de l'histoire chrétienne. Il est essentiellement connu par un récit de l'Évangile selon Jean (chapitre 11) selon lequel Lazare, mort depuis quatre jours et enterré, aurait été ramené à la vie par Jésus.

L'Évangile selon Jean[modifier | modifier le code]

Dans l'Évangile selon saint-Jean, chapitre 11, versets 1 à 44  :

« Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur. C'était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade. Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade ». Après avoir entendu cela, Jésus dit : « cette maladie ne mènera point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle ». Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare. Lors donc qu'il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était, et il dit ensuite aux disciples : « Retournons en Judée ». Les disciples lui dirent : « Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée ! » Jésus répondit : « n'y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; mais, si quelqu'un marche pendant la nuit, il bronche, parce que la lumière n'est pas en lui ». Après ces paroles, il leur dit : « Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller ». Les disciples lui dirent : « Seigneur, s'il dort, il sera guéri ». Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil. Alors Jésus leur dit ouvertement : « Lazare est mort. Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n'étais pas là. Mais allons vers lui ». Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons aussi, afin de mourir avec lui. Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre. Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ, beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère. Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera ». Jésus lui dit : « ton frère ressuscitera. Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. Jésus lui dit : je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? Elle lui dit : oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde ». Ayant ainsi parlé, elle s'en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit : « le maître est ici, et il te demande ». Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui. Car Jésus n'était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l'avait rencontré. Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l'ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant : « elle va au sépulcre, pour y pleurer ». Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort ». Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. Et il dit : « où l'avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois ». Jésus pleura. Sur quoi les Juifs dirent : « Voyez comme il l'aimait ». Et quelques-uns d'entre eux dirent : « lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point ? » Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée devant. Jésus dit : « ôtez la pierre ». Marthe, la sœur du mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là ». Jésus lui dit : « ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé ». Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : « déliez-le, et laissez-le aller ». »

Traduction d'après la Bible Louis Segond.

Selon l'Évangile de Jean, Lazare était un ami de Jésus, frère de Marthe et de Marie de Béthanie. Ils vivaient à Béthanie, un village sur le versant Est du mont des Oliviers. C'est lui que le Christ aurait ressuscité, le faisant sortir de son tombeau.

Après la résurrection de Lazare, les principaux sacrificateurs Caïphe et Anne avaient cherché à le faire mourir à nouveau Jn 12. 10.

Très peu de commentateurs perçoivent un lien avec la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare dans Luc 16.

Analyses historiques et philosophiques[modifier | modifier le code]

Dans l'Histoire des origines du christianisme, Ernest Renan analysant l'épisode de la résurrection de Lazare propose deux hypothèses qui permettent d'en rendre compte sans supposer l'intervention de causes surnaturelles : la joie de revoir Jésus a pu ramener à la vie Lazare, qui était alors malade ; « peut-être aussi l'ardent désir de fermer la bouche à ceux qui niaient outrageusement la mission divine de leur ami entraîna-t-elle ces personnes passionnées [la famille de Lazare] au-delà de toutes les bornes. Peut-être Lazare, pâle encore de sa maladie, se fit-il entourer de bandelettes comme un mort et enfermer dans son tombeau de famille ». Jésus « désira voir encore une fois celui qu'il avait aimé, et, la pierre ayant été écartée, Lazare sortit avec ses bandelettes, et la tête entourée d'un suaire [...] Intimement persuadés que Jésus était thaumaturge, Lazare et ses deux sœurs purent aider un de ses miracles à s'exécuter [...] Quant à Jésus, il n'était pas plus maître que saint Bernard, que saint François d'Assise, de modérer l'avidité de la foule et de ses propres disciples pour le merveilleux »[1]. « Fatigués du mauvais accueil que le royaume de Dieu trouvait dans la capitale, les amis de Jésus désiraient un grand miracle qui frappât vivement l'incrédulité hiérosolymite [de Jérusalem]. La résurrection d'un homme connu à Jérusalem dut paraître ce qu'il y avait de plus convaincant »[2].

Pour Ernest Renan, cet épisode illustre le fait que « Jésus subissait les miracles que l'opinion exigeait de lui bien plus qu'il ne les faisait »[3]. Selon ce même auteur, « le miracle est d'ordinaire l'œuvre du public bien plus que de celui à qui on l'attribue »[4].

Dans son Histoire critique de Jésus-Christ, d'Holbach, philosophe des Lumières, souligne l'absence de témoins de la mort de Lazare : selon l'Évangile de Jean, des Juifs ont assisté à la résurrection de Lazare, mais personne n'était présent au moment de la mort qui a précédé la résurrection. « Il aurait fallu que ces Juifs [venus consoler la famille de Lazare pendant la période du deuil] l'eussent vu mourir, mort, embaumé », pour accréditer le miracle. L'historien philosophe voit de la « maladresse » dans la manière dont ce prodige fut opéré ; cela explique selon lui que des Juifs contemporains de Jésus aient trouvé dans cette résurrection « des caractères de fourberie ». Enfin, d'Holbach note l'absence de Lazare au moment du retour de Jésus à Béthanie dans l'Évangile selon Matthieu (26, 6-13) : Jésus « revint donc à Béthanie, où il fut reçu non par Lazare, qui fut peut-être obligé de se sauver, à la suite d'une telle imposture, mais par Simon le Lépreux »[5].

Dans une analyse des Discours sur les miracles de notre sauveur (1727-1729) de Thomas Woolston, ecclésiastique anglais qui perdit sa chaire de théologie en raison de ses opinions déistes, Andrew Hunwick résume dans ces termes les contradictions de l'Évangile de Jean pointées par Thomas Woolston : « Pourquoi Jésus aurait-il pleuré sur la mort de celui qu'il était sur le point de rappeler à la vie ? » ; « pourquoi, s'il s'agissait d'un miracle de bon aloi, les grands prêtres et les pharisiens décidèrent-ils en conséquence la mort de Jésus et de Lazare ? »[6]. Th. Woolston, avant d'Holbach[7], met ainsi en doute la réalité de ce miracle.

Interprétations théologiques[modifier | modifier le code]

Naturellement cette résurrection fait écho à celle du Christ et au Ciel promis une fois le dernier moment venu. C'est en l'incluant dans son homélie 26, chapitre 6, sur la résurrection de Jésus et sur l'apôtre Thomas que le docteur de l'Église Grégoire le Grand aborde le retour de Lazare. Le successeur de Pierre analyse ce passage de l'Évangile du point de vue de la rédemption et des paroles du Christ : « Lazare, sors! » et « déliez-le ». Ces propos font allusion à l'absolution et au pardon des péchés. Jésus retire la peine à Lazare selon saint-Grégoire, qui se faisant éducateur, quelque peu menaçant, stipule que les prêtres ne doivent pas délier les fautes sans une réflexion sûre, et, une volonté du pécheur de se voir pardonner [8].

[réf. nécessaire].

Pour le Christ, Lazare n'est pas mort, mais il s'est endormi. Lazare n'obtient pas l'accès à la vie éternelle, mais le maintien de la vie terrestre dans sa condition mortelle. Il n'y a pas d'homme nouveau. Il ressuscite dans son corps humain et non pas dans son corps glorieux, celui de la transfiguration/ascension/pentecôte, celui de la fin des temps, mais aussi celui de la Création, celui d'Adam et Eve avant la chute[réf. nécessaire].

Pour que la résurrection "spirituelle" puisse avoir lieu, il reste encore une étape à franchir, celle de la victoire sur la mort, celle de la Croix, celle qui va permettre à la Lumière de descendre au plus profond des ténèbres afin de recréer l'unité corps-âme et esprit, de vaincre l'action du séparateur. On revient donc au prologue de Jean, aux quatrièmes et cinquièmes versets: "En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise". Et les ténèbres ne l'ont point étouffée est une autre traduction possible du texte. Pour Jean, le Christ est à la fois la Résurrection et la Vie (texte de la résurrection de Lazare), et la Lumière et la Vie (Prologue). La Vie est prise ici dans son sens spirituel, d'éternité et de plénitude, non pas celle biologique. La Lumière est la Lumière de la Création, du Fiat Lux ! C'est cette résurrection que les Chrétiens attendent, différente de celle de Lazare[réf. nécessaire].

Le texte de Jean sur la résurrection de Lazare est le dernier avant l'entrée dans la Pâque qui se terminera par la Passion du Christ (Jean 11, 47-53). Seul Jean rapporte l'évènement de la résurrection de Lazare et lui attribue la décision de faire disparaître Jésus. Après s'être retiré à Ephraïm, Jésus revient chez Lazare, Marthe et Marie six jours exactement avant la Pâque (Jean 12, 1), soit autant de jours que lors de la Création dans la Genèse (c'est d'ailleurs par la parole que Lazare ressuscite (Jean 11,43)), et deux fois les trois jours nécessaires à la reconstruction du Temple (Jean 2,19). Le message ésotérique de Jean est affaire de transmission orale. Le message exotérique est quant à lui beaucoup plus simple, puisque les prêtres détenteurs des traditions orales et écrites se trouvent incapables de prendre la hauteur nécessaire qui leur permettrait peut-être d'appréhender la révolution spirituelle qui va se passer entre la mort de Lazare et celle du Christ, alors même qu'ils ont décidé d'en devenir les acteurs[réf. nécessaire].

Légendes européennes et culte[modifier | modifier le code]

La légende veut qu'après la mort du Christ, les juifs l'aient embarqué dans une barque vers la Provence en compagnie de ses sœurs Marthe et Marie de Béthanie ainsi que plusieurs autres personnes. Ces cinq témoins du Christ accostant à Saintes-Maries-de-la-Mer, il partit de son côté évangéliser Marseille dont il devint le premier évêque et le patron. Cette légende de translation par voie d'eau permet de faire le lien entre différents sanctuaires : l'Abbaye de Saint-Victor de Marseille, la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, la cathédrale Saint-Lazare d'Autun, l'abbaye de la Trinité de Vendôme recueillant la relique de la Sainte Larme de Lazare[9].

Au Moyen Âge on en fit le patron des lépreux (à l'origine du lazaret), le confondant avec le personnage de la parabole rapportée par Luc. Son nom correspond à l'hébreu אלעזר ʾelʿazar («  Dieu a secouru »).

Les reliques que l'on vénère à la cathédrale Saint-Lazare d'Autun ne sont sans doute pas celles du Lazare biblique, mais seraient peut-être celles d'un Lazare archevêque d'Aix au début du Ve siècle.

Lazare est un saint des Églises chrétiennes, célébré en Occident le 29 juillet[10],[11] avec ses sœurs Marthe et Marie de Béthanie. Il semble célébré à d'autres dates en Orient (cf. infra).

Légendes orientales et culte[modifier | modifier le code]

Icône du XIIIe siècle,
Monastère Sainte-Catherine du Sinaï.

Une tradition rapportée par Éphrem le Syrien relate qu'après la Pentecôte, Lazare, ressuscité, s'est joint aux apôtres et est venu à Chypre pour faire œuvre d'évangélisation. Saint Pierre l'aurait investi premier évêque de Kition et il aurait vécu encore dix-huit années après sa résurrection, avant de mourir comme tout un chacun.

Son tombeau est toujours vénéré à Larnaka, ville qui est le siège de l'évêché actuel de Kition. Au VIIe siècle, les habitants durent fuir leur ville dévastée et s'installer non loin de là, à l'Ouest de la lagune salée. La nouvelle ville fut appelée Kition, comme l'antique cité. Seul le tombeau de Lazare était resté sur l'ancien site qui fut appelé Larnax, la relique, ou en grec moderne Larnaka, les reliques. La ville garda ce nom dû à la relique de Lazare lorsque les habitants réintégrèrent le site originel de leur cité et Kition n'est qu'un village, doté cependant d'une des très rares mosaïques byzantines qui nous soient restées d'avant les destructions iconoclastes.

L'empereur Léon VI le Sage (886-912) avait une grande vénération pour Lazare. Il fit édifier à Constantinople une église à son nom et y plaça le corps du saint, qu'il avait ordonné d'aller chercher à Larnaka. C'est probablement là que la relique fut prise en 1204 pour être transportée en Occident.

Célébrations orientales[modifier | modifier le code]

Lazare dans la littérature[modifier | modifier le code]

Résurrection de Lazare (peinture de Bloch).

Si Lazare, le premier ressuscité selon la tradition ecclésiastique, occupe finalement très peu de place, dans le Nouveau Testament, sa postérité littéraire est remarquable, du Moyen Âge à nos jours.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Lazare est sujet d'édification des fidèles, dans Le Mystère de la Passion, d'Arnoul Gréban.

Roman[modifier | modifier le code]

  • Dans Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski, le héros Raskolnikov est lui aussi, en quelque sorte, ressuscité, mais intérieurement, grâce à Sonia. Celle-ci, sur demande de Raskolnikov, lui lit d'ailleurs ce passage de la Bible dans le quatrième chapitre de la quatrième partie.
  • Lazare fait également une apparition fugitive dans un dialogue du roman Malpertuis de l'écrivain belge Jean Ray, où l'abbé Doucedame dit de la mort qu'elle est « jalouse de son bien », ce à quoi Jean-Jacques lui répond : « Elle a bien dû laisser Lazare lui échapper. »
  • L'écrivain italien Antonio Fogazzaro cite dans Le Saint, à de nombreuses reprises les mots de Marthe à Marie peu avant que Lazare ne ressuscite (en latin) : « Magister adest et vocat te » [« Le Maître est là et il t'appelle »], mots qui inspirent également le titre du roman célèbre de Joseph Malègue, lié lui aussi au modernisme et intitulé Augustin ou Le Maître est là.
  • L'écrivain Richard Matheson a publié en 1953 une nouvelle intitulée Lazare II (Lazarus II), racontant la résurrection sous forme robotique d'un jeune suicidé.
  • L'écrivaine Brigitte Sarah Minel, dans son roman historique Porteuses de Lumière interprète l'amitié entre Jésus et Lazare comme un ajout (lenteur de Jésus à se mettre en route, pleurs de Jésus mais la seule autre fois où Jésus pleure c'est sur Jérusalem maudite, aucune réjouissance autour de la résurrection « Déliez-le et laissez-le aller ») et propose une interprétation très différente du personnage de Lazare.
  • L'écrivain d'origine hongroise Miklos Batori, dans son roman Notre ami Lazare (Les Éditions du Cerf, 1983) s'interroge : « Y a-t-il vraiment une résurrection comme Jésus l'a promis ? ».
  • Jean-Claude Carrière évoque la résurrection de Lazare dans son roman Simon le Mage (1993). Le personnage central, Simon le Mage, magicien juif du Ier siècle (mentionné dans les Actes des Apôtres, 8, 4-25), présenté comme un rival de Jésus, interroge l'apôtre Pierre sur les miracles attribués au fils de Marie. Selon Pierre, la "résurrection" de l'homme de Béthanie est en réalité l'oeuvre des disciples de Jésus. Lazare, souvent victime d'attaques de catalepsie, a été déclaré mort "avec l'attestation d'un médecin, qui est des nôtres. On l'a couché dans la tombe, bien endormi avec des herbes.

-Et l'odeur ? demande Simon le Mage

-Un chien crevé qu'on a mis là. Une idée à moi, répond Pierre.

-Et lui [Jésus] s'est prêté à cette comédie ?

-Il ne voulait pas. Absolument pas". Les disciples ont ensuite réveillé Lazare, qui est sorti du tombeau[14].

  • Lazare est chez Victor Hugo une figure du peuple en marche et qui cherche à se libérer de l'oppression. Mais les occurrences de la figure évangélique sont bien plus nombreuses : la référence au ressuscité est évidente encore chez le Hugo du roman Les Misérables, à travers la figure de Jean Valjean ; chez le Dumas du roman Le Comte de Monte-Cristo ; à travers celle du personnage éponyme, ou encore chez Balzac et son Colonel Chabert. Mais c'est sans doute dans l'œuvre de Zola[15] que la figure de Lazare est la plus présente, jusqu'à devenir une figure obsessionnelle. Le thème du personnage enterré vivant revient ainsi constamment dans les romans et les nouvelles de l'écrivain, correspondant, de son propre aveu, à un cauchemar récurrent[réf. nécessaire].

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Apollinaire, dans l'ensemble des poèmes d'Alcools regroupés sous le titre « À la Santé », où il fut incarcéré, se compare à Lazare :

« Le Lazare entrant dans sa tombe / Au lieu d'en sortir comme il fit / Adieu adieu chantante ronde / Ô mes années ô jeunes filles ».

  • Dans le poème Zone, il fait également référence au « Lazare affolé par le jour ».
  • Louis Aragon le mentionne dans le poème Elsa-valse du recueil Les Yeux d'Elsa : « Mais quel air tourbillonne au tombeau de Lazare ».
  • Henri Michaux, dans Épreuves, exorcismes, en appelle à ce saint dans un poème véhément contre la guerre :

« Lazare, tu dors ? dis ?

Ils meurent, Lazare Ils meurent et pas de linceul pas de Marthe ni de Marie souvent même plus le cadavre Comme un fou, qui pèle une huître, rit je crie je crie je crie stupide vers toi si quelque chose tu as appris à ton tour, maintenant à ton tour, Lazare ! »

Essai[modifier | modifier le code]

L'éditeur et écrivain français Jean Cayrol, qui a publié en 1950 Lazare parmi nous, évoque, dans cette figure, la représentation de l'univers concentrationnaire et a utilisé le vocable « lazaréen » pour qualifier les genres artistiques teintés de l'expérience de la Seconde Guerre mondiale.

Autres allusions à Lazare[modifier | modifier le code]

Résurrection de saint Lazare (livre d'heures de Marie de Bourgogne, 1477).
  • En médecine, on parle du syndrome de Lazare pour décrire les difficultés psychiques spécifiques auxquelles fait face un sujet qui, se croyant condamné (par un cancer par exemple), bénéficie d'une rémission, ou guérison totale. On parle aussi du Signe de Lazare pour décrire certains mouvements réflexes de patients en état de mort cérébrale.
  • En zoologie, le taxon Lazare regroupe les espèces présumées disparues puis reparues subitement.
  • Dans le jeu vidéo Mass Effect 2, le projet ayant pour but de ramener le commandant Shepard à la vie s'appelle le Projet Lazare.
  • Dans le film Casper, la machine créée par le père de Casper afin de ressusciter les fantômes est baptisée le Lazare.
  • Stand Up Lazarus est un morceau de Bruce Haack qui figure sur l'album Electric Luficer Book V.2.
  • Dans la saison 4 de la série Supernatural, lors du premier épisode « Lazarus Rising », un personnage est miraculeusement ressuscité.
  • L'album musical Dig, Lazarus, Dig!!! de Nick Cave and the Bad Seeds s'inspire librement de la résurrection de Lazare.
  • Dans Call of Duty : Black Ops, en mode "Zombies" sur la carte Call of the Dead une arme est nommée V-R11 Lazare. Cette arme a pour capacité d'inverser la transformation d'humains en zombies.
  • Dans la Saison 2 de True Blood, il est supposé que Lazare aurait pu être le premier vampire lors d'un repas du séjour de la Communauté du Soleil.
  • Ra's al Ghul, un ennemi récurrent de Batman, utilise des « fosses de Lazare » pour se rajeunir et être immortel, ou ressusciter d'autres personnes.
  • Lazare est l'un des personnages secondaires de la série de comics écrite par Joe Michael Straczynski et dessinée par Gary Frank, et parue de 2000 à 2002 aux États-Unis.
  • Dans le sixième épisode de la saison 3 de Doctor Who, L'Expérience Lazarus, une machine servant à donner la jeunesse éternelle est créée par un scientifique portant ce même nom.
  • Dans la chanson d'Anne Sylvestre : Lazare et Cécile.
  • Dans Interstellar de Christopher Nolan, l'expédition visant à sauver l'humanité s'appelle « Lazarus ».
  • Dans l'épisode 1 de la saison 3 de Sherlock, on apprend que le plan utilisé par Sherlock, selon lui, pour survivre à sa chute s'appelle « Lazarus ».
  • Dans The Lazarus Effect (2015), le personnage joué par Olivia Wilde meurt et se fait ressusciter.
  • Dans le jeu vidéo Evolve, un personnage, nommé Lazarus est capable de ressusciter les morts grâce à un « Appareil de Lazarus ». Cet appareil illégal ressuscite instantanément les morts.
  • Dans le jeu vidéo The Binding of Isaac: Rebirth, Lazarus est le seul personnage commençant la partie avec deux vies.
  • Dans la chanson The Mephistopholes of Los Angeles de Marilyn Manson.
  • Dans la chanson Lazarus de David Bowie sur l'album Blackstar paru le 8 janvier 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Renan, La Vie de Jésus (premier volume de l'Histoire des origines du christianisme), Michel-Lévy frères, 1863,p. 361-363.
  2. Ernest Renan, La Vie de Jésus, Michel-Lévy frères, 1863, p. 359.
  3. Ernest Renan, La Vie de Jésus, Michel-Lévy frères, 1863, p. 360.
  4. Ernest Renan, La Vie de Jésus, Michel-Lévy frères, 1863,p. 268.
  5. Baron d'Holbach, Histoire critique de Jésus-Christ, chapitre XIV, p. 465-467 dans l'édition moderne procurée par Andrew Hunwick, Droz, 1997 ; et p. 268, 269 dans l'éd. de 1770 disponible sur le site gallica.fr.
  6. Andrew Hunwick dans une note de son éd. critique de Histoire critique de Jésus-Christ de d'Holbach,Droz, 1997 p. 466-467.
  7. D'Holbach fait référence au Discours sur les miracles de notre Sauveur de Thomas Woolston au moment d'aborder la résurrection de Lazare.
  8. Homélies sur les évangiles de saint-Grégoire le Grand, éditions Sainte-Madeleine
  9. Jacques Baudoin, Grand livre des saints culte et iconographie en Occident, Éditions Créer, 2006
  10. View of Saints
  11. Saint Lazare sur Nominis
  12. www.forum-orthodoxe.com Forum orthodoxe francophone : Saints pour le 17 mars du calendrier ecclésiastique.
  13. www.forum-orthodoxe.com Forum orthodoxe francophone : Saints pour le 4 mai du calendrier ecclésiastique.
  14. >Jean-Claude Carrière, Simon le Mage, Plon, 1993, p.204.
  15. dossier en ligne de la collection Textes fondateurs, du CRDP de Paris, créée par Nunzio Casalaspro, [url=http://crdp.ac-paris.fr/parcours/fondateurs/index.php/category/lazare/]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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