Claude (empereur romain)

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Claude
Empereur romain
Image illustrative de l’article Claude (empereur romain)
Buste de Claude en Jupiter. Marbre, œuvre romaine, vers 50.
Règne
- (~14 ans)
Période Julio-Claudiens
Précédé par Caligula
Suivi de Néron
Biographie
Nom de naissance Tiberius Claudius Drusus
Naissance - Lugdunum
Décès (63 ans) - Rome
Inhumation Mausolée d'Auguste
Père Nero Claudius Drusus
Mère Antonia la Jeune
Épouse (1) Plautia Urgulanilla (9 - 24)
(2) Ælia Pætina (28 - 31)
(3) Messaline (38 - 48)
(4) Agrippine la Jeune (49 - 54)
Descendance (1) Claudius Drusus (de Plautia)
(2) Claudia Antonia (de Ælia)
(3) Claudia Octavia (de Messaline.)
(4) Britannicus (de Messaline)
Adoption Néron Vexilloid of the Roman Empire.svg
Empereur romain

Claude (1er août 10 av. J.-C. - ) est le quatrième empereur romain, qui régna de 41 à 54 apr. J.-C.

Né à Lugdunum (Lyon) en Gaule en 10 av. J.-C., fils de Drusus et d'Antonia la Jeune (elle-même fille de Marc Antoine et d'Octavie), il est le premier empereur né hors d'Italie. Enfant méprisé en raison de ses déficiences physiques, il est le mal aimé de la famille impériale. Adulte à l’élocution et à la démarche mal assurées, il est tenu à l’écart de toute activité publique. Seul représentant adulte de la dynastie julio-claudienne lors de l’assassinat de Caligula en 41, il est proclamé empereur par les prétoriens, qu’il comble en retour d’une prime considérable (un donativum), inaugurant ainsi une dépendance dangereuse.

Dépourvu d'expérience politique mais cultivé, Claude se montre un administrateur capable. Il s'intéresse personnellement aux affaires publiques, travaille avec le Sénat sur les lois et préside les procès. Son administration de l’Empire est novatrice : il renforce la centralisation créant des bureaux dirigés par ses affranchis. Il agrandit l'Empire en annexant de nouvelles provinces, la Lycie, la Maurétanie, le Norique et la Thrace. En 43, il entame la conquête de la « Bretagne », ce qui lui vaut, ainsi qu'à son fils, le surnom de Britannicus.

Ouvert à la promotion des provinciaux, il étend la citoyenneté romaine à de nombreuses cités dans les provinces, notamment en Gaule où il était né. Sensible aux demandes des notables gaulois, il obtint en 48 du Sénat que ceux-ci pussent accéder aux magistratures publiques de Rome et donc au Sénat romain. Censeur, il renouvelle les effectifs du Sénat, éliminant ceux qui ne remplissent plus les conditions de fortune pour y siéger, ce qui lui aliène la noblesse en place.

Sa vie personnelle fut peu heureuse : Messaline, sa troisième épouse, lui donna deux enfants, Octavie et Britannicus, mais son inconduite poussa Claude à la faire exécuter. En quatrièmes noces, il épousa sa nièce Agrippine la Jeune, qui lui fit adopter Néron. Il mourut en 54 empoisonné à l'instigation d'Agrippine, selon l'avis de la plupart des historiens. Néron lui succéda.

Les faiblesses physiques de Claude, l’influence prêtée à ses femmes et à ses affranchis le firent mépriser par les auteurs antiques, point du vue repris par les auteurs modernes. Toutefois, les historiens les plus récents nuancent ces jugements négatifs.

Sommaire

Sources historiques et historiographie[modifier | modifier le code]

Buste de Sénèque, double hermès du IIIe siècle, d'après un original du Ier siècle, Collection antique de Berlin (de).

Très sévèrement décrit par ses contemporains pour des raisons personnelles et politiques, et fortement dévalorisé par les historiens antiques, Claude a longtemps été considéré comme faible et manipulé. Cette vision change à partir du XIXe siècle pour connaître une position plus nuancée actuellement.

Le biais des sources antiques[modifier | modifier le code]

Les sources antiques présentent Claude de façon négative, au mieux considéré comme un imbécile marqué de tares physiques et jouet de ses épouses et de ses affranchis[A 1], au pire présenté comme un tyran indigne aussi cruel que son prédécesseur Caligula[1],[2].

Sénèque, familier de la famille de Germanicus, le frère de Claude, et de la cour impériale, fut exilé par Claude en Corse en 41, à l'instigation de Messaline[A 2], et n'en revint qu'en 49, grâce à Agrippine. Contemporain de Claude mais hostile[A 3], il exprima son ressentiment après les funérailles de Claude dans un pamphlet l'Apocoloquintose, catalogue caricatural des tares et des déficiences physiques du défunt. D'autres détails sur le physique de Claude, et aussi sur ses travaux et sa politique à l'égard des médecins figurent dans l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien, qui appartient à la génération suivante[3].

La vision négative des premiers historiens[modifier | modifier le code]

Les historiens du second siècle, Tacite, Suétone et Dion Cassius, sont les sources les plus abondantes, qui ont contribué à la vision négative de Claude[4]. Les Annales de Tacite, son dernier ouvrage probablement composé sous Trajan, suivent l'ordre chronologique année par année et couvrent de la mort d'Auguste à celle de Néron, avec une importante lacune entre les années 38 à 47, les livres VII à X et le début du livre XI, textes qui ne sont pas parvenus à l'époque moderne, et qui correspondent au règne de Caligula et à la première moitié du règne de Claude. Suétone est un biographe, qui regroupe les événements sans préoccupation de la chronologie et étudie la personnalité de chaque empereur dans la Vie des douze Césars. Sa Vie de Claude, combinant points positifs et négatifs, le situe un peu à part, entre les mauvais empereurs Tibère, Galba et Domitien et les bons princes avec quelques défauts, tels Jules César et Vespasien[5]. Mais Suétone, et Tacite encore plus, considéraient que Claude était indigne de régner[6]. Enfin Dion Cassius consacre au règne de Claude le soixantième livre de son Histoire romaine, ce qui compense la lacune des Annales de Tacite. Mais, après l’année 47, cette histoire n’est parvenue à l’époque moderne que par des extraits transcrits par l’intermédiaire d’abréviateurs byzantins, et peut donc être lacunaire[7].

La progressive réhabilitation du règne de Claude[modifier | modifier le code]

Le portrait négatif de Claude dépeint par les auteurs antiques est intégré littéralement par les premiers auteurs modernes comme Edward Gibbon dans leur présentation de la « décadence romaine ». De premières nuances aux topoi sans cesse repris surviennent avec les premières études numismatiques, épigraphiques et papyrologiques au cours du XIXe siècle[2].

La réhabilitation commence en 1932 avec les travaux d'Arnaldo Momigliano qui met en évidence le soin et l'équité apportés par Claude à l'administration de l'Empire[8]. Cet auteur est porté par le contexte intellectuel des grands travaux et de la planification de l'Italie mussolinienne. Sa biographie[9] insiste donc sur un Claude réformateur, bureaucrate et centralisateur. Cette vision rencontre un écho favorable dans l'Amérique en plein New deal de Roosevelt et Vincenzo Scramuzza publie un ouvrage[10] avec une approche similaire en 1940[11].

« Les historiens d'après-guerre et surtout des années 1990 ont nuancé cette valorisation excessive et réévaluent la contribution de l'empereur à l'histoire du Principat. Dans cet objectif, deux colloques internationaux sont organisés au début des années 1990 : l'un en France[12] et l'autre en Allemagne[13] »[11]. Ils se tiennent pour fêter le 2000e anniversaire de la naissance de Claude et redéfinissent le portrait de cet empereur autrefois marqué d’une réputation d’incapable[14]. « Les organisateurs souhaitaient une collaboration entre historiens et archéologues pour interroger la rupture que constituerait, le cas échéant, le principat claudien. Toutes les contributions concluent que les années 41-54 ne sont ni un tournant, ni un épisode, mais s'inscrivent, au contraire, dans la continuité des réformes augustéennes et traduisent l'acceptation du nouveau régime par l'ensemble de la société romaine »[11]. A la même époque est publiée par Barbara Levick une biographie nuançant définitivement plusieurs poncifs de la vie de Claude, que ce soit sur son arrivée au pouvoir, qui n'est pas due au seul hasard, ou sur son œuvre centralisatrice[15].

Durant les années 2000, plusieurs historiens continuent de s'intéresser à l'empereur Claude et à son règne et enrichissent encore les connaissances que l'on a de Claude. A. Tortoriello[16] et P. Buongiorno[17] complètent ainsi nos connaissances de la politique impériale ; D. Fasolini[18] établit en 2006 un outil de travail bibliographique complet sur Claude et J. Osgood[19] réalise une synthèse historiographique du principat et une étude de la diffusion de son image dans les provinces[15].

L'historiographie d'aujourd'hui établit que les sources antiques jugent les empereurs essentiellement en fonction de leurs relations avec le sénat. Ainsi, le caractère populaire, voire démagogique, d'une grande partie des décisions de Claude et sa défiance envers l'institution suite à de nombreux complots expliquent l'insistance et le parti-pris de nombre d'auteurs[20]. Ce portrait négatif s'inscrit plus largement dans le rejet par la majorité des élites intellectuelles de la nouvelle forme de gouvernement mise en place par Auguste, qui avait conservé les formes républicaines, et constamment renforcée par ses successeurs qui s'éloignent progressivement du prince collaborant étroitement avec le sénat[21].

Origines et débuts marginalisés[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Autel de la Paix, détail de la frise montrant probablement Antonia la Jeune, Drusus et leur fils Germanicus.

Claude appartient par son grand-père Tiberius Claudius Nero à l’illustre gens patricienne des Claudii . Ce dernier a épousé Livie[22], et eut deux garçons Tibère et Drusus l’ancien[22]. L’empereur Auguste obligea Livie, enceinte de Drusus, à divorcer et l’épousa. Ils n'eurent aucun enfant[22], malgré la rumeur selon laquelle Drusus aurait été le fils illégitime d'Auguste[A 4]. Plus tard, Auguste renforça ses liens avec les Claudii en mariant Drusus à sa nièce Antonia la Jeune, fille de Marc Antoine et d'Octavie la Jeune. Drusus et Antonia eurent comme enfants Germanicus, Livilla et Claude, et peut-être deux autres enfants morts très jeunes.

Claude est donc de la troisième génération de la famille impériale julio-claudienne, selon des alliances compliquées entre les deux familles.

Enfance[modifier | modifier le code]

Tandis que son mari Drusus dirige les armées romaines au-delà du Rhin, Antonia met au monde Claude le , à Lugdunum (Lyon), où Auguste a établi ses quartiers[23]. Il prend le nom de Tiberius Claudius Nero[24].

En 9 av. J.-C., son père Drusus meurt lors de ses campagnes en Germanie, la jambe brisée après une chute de cheval. Lors de ses funérailles publiques, le Sénat lui décerne à titre posthume le surnom de Germanicus, vainqueur des Germains, transmissible à ses fils[25]. Claude, âgé alors d'un an, est élevé par sa mère Antonia qui se retire à la campagne et reste veuve. Elle qualifiait cet enfant maladif d'avorton et voyait en lui un étalon de stupidité[26]. Il semble qu'elle ait fini par le confier à sa grand-mère Livie[A 5]. Livie ne se montrait pas moins dure, elle lui envoyait souvent des lettres de reproches courtes et sèches[A 6]. Il est mal considéré par sa famille, d'autant plus que son frère Germanicus a toutes les qualités qu'il n'a pas[A 7]. Il est confié à la surveillance d'un « responsable de bêtes de somme », chargé de le châtier sévèrement au moindre prétexte[A 8],[27].

Problèmes de santé, pathologies envisagées[modifier | modifier le code]

Le rejet familial est causé par la faiblesse du jeune Claude. Dès le début de sa biographie, Suétone indique que Claude subit diverses maladies persistant durant toute son enfance et sa jeunesse. Sénèque met en scène la déesse Fièvre qui vécut tant d'années avec lui[A 9]. Dion Cassius évoque un Claude élevé dans la maladie dès l’enfance, affecté par un tremblement de la tête et des mains[A 5]. Les deux premiers auteurs fournissent l’essentiel des détails physiques connus : Pour Suétone, Claude avait les genoux faibles, le faisant tituber, sa tête chancelait perpétuellement. Il avait un rire désagréable. Lorsqu'il était emporté par la colère, il bégayait, sa bouche écumait et ses narines coulaient, son visage apparaissait hideusement déformé[A 10]. Dans l’Apocoloquintose, Sénèque, qui l’a côtoyé, confirme ou précise plusieurs symptômes : Claude « remue la tête sans arrêt; il traîne le pied droit … répond avec des sons brouillés et une voix indistincte »[A 11]. Sénèque fait aussi allusion à une possible surdité[A 12] et évoque une main flasque[A 9].

Suétone et Dion Cassius l'ont dit aussi apathique, lent d'esprit et s'embrouillant facilement[A 13],[A 5].

Néanmoins, Claude ne semblait cependant souffrir d'aucune infirmité dans ses moments de calme[A 10]. Régis Martin synthétise en constatant un caractère serein au repos, pouvant alterner avec une série de tics lors des mouvements et sous le coup d'émotion[28]. On constate alors une faiblesse des jambes pouvant entrainer la claudication, des hochements de tête incontrôlés, des troubles de l’élocution, avec parfois des écoulements du nez et de la bouche, une tendance à la surdité. En revanche, les accusations de débilité d’esprit ne peuvent être prise en compte, face aux qualités intellectuelles de Claude attestées par sa culture[29].

Divers diagnostics sur ces déficiences physiques observées dès l’enfance ont été envisagés. L’hypothèse d’une naissance prématurée, envisagée en 1916 par l’américain Thomas de Coursey-Ruth, déduite des qualifications de la mère de Claude (avorton simplement ébauché) n’est pas retenue[30]. Avant la Seconde Guerre mondiale, la poliomyélite (alors appelée « paralysie infantile ») en était souvent considérée comme la cause. C'est ainsi l’idée retenue par Robert Graves dans son roman Moi, Claude, publié en 1934. Selon George Burden et Ali Murad, un certain nombre de troubles observés chez Claude suggèrent qu'il était atteint de la maladie de Gilles de La Tourette[31],[32]. Cependant la poliomyélite ou la maladie de la Tourette n'expliquent pas tous les symptômes précédemment décrits, et les théories récentes mettent plutôt en cause une infirmité motrice cérébrale, comme l'a décrit Ernestine Leon[33], accompagnée de spasmes[34]. Le docteur Mirko Grmek signale une pathologie neurologique qui recoupe l’ensemble des symptômes de Claude, la maladie de Little, qui apparaît chez les nourrissons victimes d’un accouchement difficile, accompagné d’une insuffisance de débit sanguin génératrice de lésions cérébrales plus ou moins étendues. Les répercussions peuvent être des troubles de la démarche, provoquant le croisement spastique des jambes « en ciseau », des troubles de l’élocution tels qu’une voix saccadée et des mouvements incontrôlés du visage et des membres supérieurs, tout en préservant une intelligence normale[35].

Quant à son tempérament, il en est fait tant de descriptions mutuellement incompatibles qu'il est difficile de se le figurer. Les historiens antiques donnent de Claude le portrait d'un homme ouvert, peu versé dans les choses de l'esprit, qui appréciait les plaisanteries grasses, riait sans retenue, et accueillait les membres de la plèbe à sa table[A 14],[A 15]. Il est le seul homme de l'histoire romaine auquel Suétone attribue un comportement amoureux relevant, en termes modernes, d'une stricte hétérosexualité[A 16],[36].

Adolescence[modifier | modifier le code]

En 6, Germanicus et Claude président les jeux funéraires en l’honneur de leur père défunt. Pour prévenir les moqueries du public que pourraient provoquer la vue de ses tics, Claude assiste la tête dissimulé sous un capuchon [A 8],[37]. La prise de la toge virile entre quinze et dix-sept ans est un rite de passage pour un jeune Romain, qui marque sa sortie de l’enfance. En raison de l’état de santé de Claude, la famille organisa la cérémonie dans la clandestinité, en le faisant porter en litière au Capitole au milieu de la nuit, sans aucune solennité[A 8].

Claude s'appliqua à ses études, mais sans éveiller de considération chez sa mère Antonia ni sa grand-mère Livie[A 6]. En 7, on engagea Tite-Live pour lui inculquer l'histoire, assisté par Sulpicius Flavius et par le philosophe Athénodore. Claude étudia la rhétorique et rédigea dans une « apologie de Cicéron » la défense de son style contre les critiques d'Asinius Gallus[A 17]. Selon une missive envoyée à Livie, Auguste lui-même, surpris de la clarté avec laquelle Claude s'exprimait en privé, s’interrogeait sur ce qu’il pourra faire de cet idiot (« brutus ») inapte aux charges et aux offices publiques[A 18],[38].

Claude commença une histoire romaine, en deux livres, partant de la mort de César et couvrant les guerres civiles romaines et le second triumvirat. La relecture et les reproches que firent sa mère et sa grand-mère lui firent comprendre qu’il ne pouvait raconter cette période avec sincérité. Quand plus tard, Claude reprit la rédaction de l’histoire romaine, il partit donc de la période de paix après les guerres civiles[A 17],[39].

Le mariage du jeune Claude est arrangé par son entourage[40] : Ainsi, de la même façon que Germanicus a été marié à Agrippine l'Aînée, petite-fille d'Auguste, Claude est promis à Aemilia Lepida, arrière-petite-fille d’Auguste, alliances consanguines qui resserrent les lignées des Julii et des Claudii et renforcent leur prestige[22]. Mais ces fiançailles sont rompues après la conspiration de ses parents contre Auguste. Une seconde fiancée, Livia Medullina, descendante de l’illustre Camille, meurt de maladie le jour prévu pour le mariage[A 19]. Vers 9, Claude, alors âgé de 18 ans, est marié à Plautia Urgulanilla, fille de Plautius Silvanus, un favori de Livie. En 20, Plautia lui donne un fils Drusus, qui meurt à l'adolescence.

Âge adulte et oisiveté[modifier | modifier le code]

Vie au sein de la Domus augusta[modifier | modifier le code]

Les analyses historiques construisent deux visons opposées de Claude avant son avènement : suivant une lecture littéraliste de Suétone, Claude est très tôt jugé inapte au rôle d'empereur par Auguste et Tibère ; écarté durant des années de toute fonction publique, et longtemps isolé, il ne doit son accession à l’empire qu’à la mort de ses nombreux concurrents et aux espoirs tardifs qu'une partie du sénat et des forces prétoriennes mettent en lui[41].

Selon un point de vue plus favorable, on ne peut affirmer l'exclusion de Claude, privé de toute importance dynastique avant son avènement. Contrairement à l'impression laissée par Suétone, il apparaît dès le principat d'Auguste comme un membre à part entière de la Domus Augusta, la nébuleuse de filiations naturelles ou adoptives et d’alliances matrimoniales organisée autour de la parenté d’Auguste. Deux éléments sont pris en considération dans cette approche : l’inclusion de Claude dans les stratégies matrimoniales et sa présence dans la statuaire impériale officielle, qui constitue une source alternative aux écrits dépréciatifs de Suétone[42].

Place de Claude sous Auguste[modifier | modifier le code]

En 4 ap. J.-C. après la mort de ses petits-fils, Auguste organise une nouvelle fois sa succession en resserrant les liens entre sa lignée, les Julii, et la famille des Claudii, issue de Livie : il adopte comme ses fils son dernier petit-fils Agrippa Postumus et son beau-fils Tibère, et l’oblige à adopter à son tour son neveu Germanicus, ce qui laisse Claude hors de la lignée successorale directe[43].

En 12, Germanicus reçoit le consulat et préside les Ludi Martiales. À l’occasion de cet événement, Auguste répond à Livie dans une lettre citée par Suétone sur l’attitude à adopter pour Claude, une fois pour toutes. Après en avoir discuté avec Tibère, il informe Livie et Antonia qu’il ne veut pas que Claude soit dans la loge impériale, car il attirerait les regards et les moqueries qui rejailliraient sur sa famille. Il admet toutefois qu'il participe à la préparation du repas des prêtres, à condition que son beau-frère Silvanus le guide et le surveille[A 18],[44]. Barbara Levick voit dans cette lettre la décision officielle d’exclure Claude de toute événement public, et donc de la succession impériale[45]. Selon Pierre Renucci, Claude peut faire quelques apparitions publiques, en étant encadré par des parents ou des amis, mais constate qu’il ne fera rien de plus[46]. Frédéric Hurlet est plus nuancé, et note qu’il est normal qu’Auguste se soucie de soigner les apparences, mais qu’il exprime dans cette lettre et d’autres plus bienveillantes son désir de former le jeune Claude en lui donnant des exemples à imiter[47].

Si les lettres d’Auguste transcrites par Suétone laissent entendre que l’empereur tient Claude à l’écart, l’affirmation officielle de son appartenance à la Domus Augusta est attesté par les groupes de statues représentant les membres de la dynastie impériale[48]. Le plus remarqué est le groupe qui ornait la porte de la ville de Pavie. Si l’arche, les statues et les dédicaces ont disparu, l’inscription d’une série de dédicaces a été maladroitement transcrite au XIe siècle et reconstituée par Theodor Mommsen [A 20]. Datées des années 7 et 8, elles nomment Auguste et Livie et toute leur descendance masculine à cette date : à droite d’Auguste quatre noms, Tibère, Germanicus et leurs fils respectifs Drusus le Jeune et Nero Cesar ; à gauche de Livie quatre autres noms, les princes décédés Caius et Lucius Cesar, avec Drusus César, second fils de Germanicus, et enfin Claude. Plusieurs spécialistes ont émis l’hypothèse de l’ajout postérieur du nom de Claude car sa présence contredit la marginalisation insinuée par Suétone, mais Frédéric Hurlet réfute cette possibilité car elle induirait d’impossibles irrégularités dans la disposition des dédicaces[49].

La succession d’Auguste[modifier | modifier le code]

Auguste meurt en en 14. Son testament distribue sa fortune à Tibère et Livie au premier rang, puis à Drusus le Jeune, Germanicus et ses trois fils au second rang, et relègue Claude comme héritier de troisième rang, avec divers parents et amis[45], avec un legs particulier de 800 000 sesterces[A 21],[N 1]. Quoique ce testament n’ait qu’une valeur privée, il correspond au schéma de succession politique préparé par Auguste, en l’absence de toute règle officielle de transmission du pouvoir[50].

Quel que soit le dédain de la famille impériale souligné par Suétone, il semble avéré que Claude recueille en ces circonstances une certaine estime publique. Les chevaliers choisissent Claude pour conduire leur délégation et discuter les modalités de leur participation au cortège funèbre d’Auguste, tandis que les sénateurs l'ajoutent au collège des prêtres créé pour le culte d'Auguste, les Sodales Augustales [A 22], en compagnie de Tibère, Germanicus et Drusus le Jeune[A 23]. Frédéric Hurlet remarque que Claude est alors considéré comme un des héritiers spirituels d'Auguste, au même plan que ses trois parents[51]. Toutefois, les fonctions sacerdotales, seul rôle officiel accordé à Claude, ne sont que des dignités mineures octroyées à tout jeune aristocrate de haut rang[46].

Sous le règne de Tibère[modifier | modifier le code]

Statue de Tibère, Musée du Louvre, 1er siècle.

Après la mort d'Auguste, Claude sollicite son oncle Tibère pour obtenir les mêmes honneurs que son frère Germanicus. Selon Levick, Tibère maintient l’exclusion convenue avec Auguste, et répond en n'accordant à Claude que les ornements consulaires [52]. Claude insiste, Tibère lui retourne un mot disant qu'il lui envoie quarante aurei pour les Sigillaires, fête où l'on offre des menus cadeaux aux enfants[A 24],[53]. Quand les sénateurs proposent que Claude participe à leurs débats, Tibère refuse encore[A 22].

En octobre 19, Germanicus décède soudainement en Orient. L’urne contenant ses cendres est rapportée en Italie pour organiser ses funérailles publiques, probablement en janvier 20. Le cortège funèbre est accueilli à Terracine, à 100 km de Rome, par Claude et son cousin Drusus le Jeune, accompagné des consuls, des sénateurs et de citoyens, tandis que ni Antonia la Jeune, mère du défunt, ni Tibère, son père adoptif, ne se déplacent[54],[53]. Parmi les monuments décrétés par le Sénat en l'honneur de Germanicus, on connait précisément la statuaire d'un arc à l'entrée du cirque Flaminius, grâce à l'inscription de la tabula Siarensis[A 25] : outre Germanicus sur un char y figurent ses parents, son frère Claude et sa sœur Livilla, et ses enfants, à l'exclusion de Tibère et de la descendance de ce dernier. Levick affirme que Claude est à une place humiliante, entre la sœur de Germanicus et ses enfants[55], jugement que Hurlet considère comme abusif dans la mesure où la disposition précise des statues est inconnue[56].

Par la suite, un procès est intenté contre Pison, accusé d'avoir empoisonné Germanicus. Jugé par le Sénat et sans espoir d’être acquitté, Pison se suicide[A 26]. Parmi diverses mesures, un sénateur propose des actions de grâce pour remercier Tibère, Livie, Drusus II, Antonia et Agrippine l'Ancienne d’avoir participé à la vengeance de Germanicus. Un autre sénateur l’interpelle sur l’oubli de Claude et fait ajouter son nom[53]. Tacite qui rapporte cette anecdote observe que la réputation et le respect semblaient promettre l’empire à tous, excepté à celui qui devait être prince (c’est-à-dire Claude)[A 27].

Germanicus laisse une veuve, Agrippine l’Aînée et six enfants, dont trois fils qui s’opposent comme héritiers présomptifs à Drusus le Jeune, fils de Tibère et époux de Livilla, sœur de Germanicus et de Claude. Les rivalités durant les années suivantes entre les deux branches familiales sont aggravées par les intrigues de l’ambitieux préfet du prétoire Séjan, ancien proche de Germanicus, homme de confiance de l’empereur et détesté par Drusus le Jeune. Séjan se rapproche de la Domus Augusta par la promesse en 20 d’un mariage entre sa fille et Drusus, fils de Claude[A 28],[57]. Le mariage n’a toutefois pas lieu, car Drusus meurt avant, étouffé par une poire qu’il jouait à rattraper au vol avec sa bouche[A 29],[58],[59].

En 23, le fils de Tibère Drusus le Jeune (Drusus II) meurt, empoisonné par Séjan avec la complicité de Livilla, forfait seulement révélé des années plus tard[60],[61]. Cette disparition ne laisse dans la ligne de succession que les deux fils en bas âge qu’il a eu de Livilla, et les trois fils de Germanicus, deux adolescents, Nero et Drusus III et Caius encore enfant. Tibère a entamé la promotion de Nero et de Drusus III, en leur faisant octroyer la questure cinq ans avant l’âge légal, et en mariant Nero à la fille du défunt Drusus II[62],[63]. Mais Claude est pour la première fois le seul parent adulte du vieux Tibère, ce qui ferait de lui un héritier potentiel. C’est probablement de ce moment que date la réflexion de sa sœur Livilla qui, ayant entendu dire qu’il serait un jour empereur, déplore publiquement qu’un tel malheur et qu’une telle honte soient réservés au peuple romain[A 6]. Selon Frédéric Hurlet, la rancœur de Livilla ne traduit pas l’incapacité de son frère comme le suggère Suétone, mais se comprend mieux par la crainte que Claude évince ses fils[57].

Vers 24, Claude répudie Plautia Urgulanilla, sous l’accusation de débauche et d’adultère, et lui renvoie sa fille, un bébé de quelques mois, considérée comme illégitime [64],[58]. Il se remarie peu après, la même année ou certainement avant 28 ou 30, avec Ælia Pætina, fille d’un ancien consul et liée à la famille de Séjan, dont il a une fille, Claudia Antonia[65]. Claude apparaît très rarement dans les années 23 à 30, comme neutralisé par cette alliance[65], tandis que Séjan et Livilla éliminent Agrippine l'Aînée et ses fils Nero et Drusus. Ils sont confondus en 31 : Séjan est exécuté, Livilla disparait et est frappée de damnatio memoriae[66]. Claude reprend ses distances en divorçant d’Ælia Pætina, devenu embarrassante par ses liens de parenté avec Séjan[64].

Loisirs décriés[modifier | modifier le code]

Livré à lui-même, Claude est contraint à l’oisiveté, chose dépréciée par les Romains, pour des occupations que les auteurs vont décrire avec réprobation. Il s’adonne selon Suétone à l’ivrognerie et aux jeux[A 24],[67]. Amateur passionné de jeu de dés que Sénèque caricature en le figurant secouant un cornet troué[A 30], il écrit même un traité sur ce jeu[68].

Il fréquente les banquets avec une goinfrerie sans mesure, buvant et mangeant jusqu’à sombrer dans la torpeur[A 31],[A 32]. Aurelius Victor évoque un Claude « honteusement soumis à son ventre[A 33] ». Aux yeux des Romains, ces excès sont le signe d’une absence d’éducation, d’un défaut de maîtrise de soi et d’une soumission à ses sens, défauts caractéristiques d’un tyran[69]. Il éprouve parfois des douleurs stomacales si vives qu’il parle de se suicider[A 34]. Là encore, plusieurs interprétations médicales sont possibles : pancréatite chronique, liée à l’abus éthylique et très douloureuse, ulcère gastro-duodénal, dyspepsie stomacale[70]. Sénèque fait aussi dans son Apocoloquintose une allusion caricaturale aux flatulences et à la goutte affectant Claude[A 35], les flatulences pouvant coïncider avec une dyspepsie et la goutte, une hyperuricémie en terme moderne, être un mal vraisemblable vus ses excès alimentaires[71].

Travaux érudits[modifier | modifier le code]

Claude fut durant toute sa vie un auteur prolifique. Selon l'historien Arnaldo Momigliano, c'est durant le règne de Tibère, correspondant au sommet de la production littéraire de Claude, qu'il devient mal vu politiquement de parler de la Rome républicaine[72]. Si Velleius Paterculus, qui ménage Octave et Tibère et flatte Séjan, est publié, Aulus Cremutius Cordus est condamné en 25, accusé d'avoir composé des Annales louant les assassins de César Brutus et Cassius[A 36]. Les jeunes historiens ont alors tendance à se tourner vers l'histoire impériale plus récente, ou vers des sujets antiques peu connus. Claude est à cette époque l'un des rares savants à s'intéresser à ces deux domaines. En plus de son Histoire du règne d'Auguste, écrite en quarante-et-un livres en latin[73], probablement un par année sur la période entre 27 av. J.-C. à 14 ap. J.-C.[74], dont la première version en deux livres lui avait causé des déboires[A 17], on compte parmi ses œuvres une Histoire des Tyrrhéniens (nom grec des Étrusques) en vingt volumes, une Histoire de Carthage en huit volumes, toutes deux en grec[75]. Ces Histoires, commencées sous l'égide de Tite-Live, sont probablement achevées avant la proclamation de Claude[74]. Arnaldo Momigliano, qui pourtant réhabilite le gouvernement de Claude, dédaigne ces œuvres historiques et les classe au rang de compilations pédantes d'auteurs antérieurs. Jacques Heurgon le contredit en 1954 en affirmant le sérieux de l'intérêt étruscologique de Claude. En effet, son mariage pendant quinze ans avec Plautia Urgulanilla, issue d'une puissante famille toscane, a du lui ouvrir l'accès à la culture étrusque[76]. On le constate lorsqu'il soutient devant le Sénat le maintien du collège des haruspices, car « il ne fallait pas laisser périr le plus ancien des arts cultivés en Italie[A 37] ». Et dans son discours sur les sénateurs gaulois, il donne des détails de la fondation de Rome sensiblement différents de ceux de Tite-Live[77].

Enfin, il rédigea son autobiographie en huit volumes que Suétone jugeait dénuées d'esprit[A 17]. Claude critique sévèrement ses prédécesseurs et les membres de sa famille dans les discours qui ont survécu[A 38].

Aucun de ces travaux n'a survécu. Suétone énumère les ouvrages de Claude, mais ne semble puiser que dans son autobiographie pour rapporter la sévérité qu'il subit dans son enfance[78]. Claude est aussi la source de quelques passages de l’Histoire naturelle de Pline l'Ancien[79] sur la géographie et l'histoire naturelle[74].

Détail de la table claudienne de Lugdunum, séparation de certains mots par des points : .INQVA.SIQVIS.HOC.

Claude a proposé d'autre part une réforme de l'alphabet latin[73] en y ajoutant trois nouvelles lettres, dont deux étaient l'équivalent des lettres modernes : V consonne (le digamma inversum Ⅎ), que l’écriture latine ne distinguait pas de la voyelle U, et Y (le sonus medius) et la troisième servait à transcrire les sons PS et BS (l'antisigma). Il publia un écrit les proposant avant son avènement, et les institua de manière officielle durant son censorat[A 17], mais ses lettres ne survécurent pas à son règne[A 39].

La succession de Tibère[modifier | modifier le code]

Tibère meurt le . Tacite affirme qu’il hésita sur le choix de son successeur, entre ses petits-fils adoptif et naturel, Caligula, un jeune homme inexpérimenté, et Tiberius Gemellus, encore enfant, et qu’il pensa même à Claude, d’âge plus mur et désireux du bien, mais dont la « faiblesse mentale » (« imminuta mens ») constituait un obstacle[A 40]. Son testament désigne comme cohéritiers Caligula et Gemellus, à égalité[A 41]. Caligula prend les devants avec l'aide du préfet du prétoire Macron, qui le fait acclamer avant d’être confirmé par le Sénat[80]. Peu après, il élimine Tiberius Gemellus en l’accusant d’une prétendue tentative d’empoisonnement[A 42].

Le testament de Tibère place Claude en héritier de troisième ligne, comme l’avait fait Auguste[52], avec tout de même un legs de deux millions de sesterces[N 2], et le recommande, lui et d’autres parents, aux armées, au Sénat et au peuple romain[A 43].

Sénateur sous Caligula[modifier | modifier le code]

Aussitôt proclamé empereur, Caligula multiplie les manifestations de piété filiale, célèbre des cérémonies funèbres en l’honneur de Tibère et de ses parents défunts Germanicus et Agrippine l'Aînée, accorde des titres à sa grand-mère Antonia la Jeune. Se nommant lui-même consul suffect, il prend son oncle Claude comme collègue durant deux mois[A 44],[A 45], du premier juillet au 31 août[81] ce qui le fait enfin entrer au Sénat[A 46]. Même si cette promotion est le plus grand honneur possible pour Claude, elle est tardive – il a 46 ans – et ne suffit pas à lui donner l'influence qu'il pouvait espérer[82]. De plus, il ne donne pas toute satisfaction dans ses fonctions, car Caligula l’accuse de négligence dans le suivi de l’installation de statues dédiées à ses défunts frères Nero et Drusus[83],[A 47]. Suétone rapporte l’attitude changeante de Caligula envers Claude : il le laisse présider quelques spectacles à sa place, occasion d’être acclamé comme « oncle de l’empereur » ou « frère de Germanicus »[84]. Mais lorsque Claude fait partie d’une délégation envoyée en Germanie par le Sénat pour féliciter l’empereur d’avoir échappé à un complot, Caligula s’indigne qu’on lui envoie son oncle comme à un enfant à régenter[A 48],[85].

En octobre 38, un incendie ravage le quartier des Aemiliana, qu'on situe dans la banlieue de Rome. D'après Suétone, Claude, réfugié pendant deux jours dans un bâtiment public, engage tous les moyens possibles pour combattre le feu, envoyant des soldats et ses propres esclaves, appelant les magistrats de la plèbe de tous les quartiers, et récompensant sur le champ l'aide des pompiers volontaires[A 49]. Après la destruction de sa demeure dans l'incendie, le Sénat vote sa reconstruction sur fonds publics[A 22],[86].

Claude est alors un homme mur, à la taille bien faite et élancée, dont les cheveux blancs ajoutent à la gentillesse naturelle de son visage, donnant, selon Suétone, grandeur et dignitas à son être entier[A 10]. Il épouse Messaline, une petite-nièce d’Auguste beaucoup plus jeune que lui qui lui donne aussitôt deux enfants, Octavie, et Britannicus[64]. En l’absence de sources antiques, on ignore tout de Messaline avant qu’elle soit impératrice, sauf son ascendance : par son père Marcus Valerius Messalla Barbatus (en) et par sa mère Domitia Lepida Minor, elle est une arrière-petite-fille d’Octavie la Jeune, qui est la sœur d’Auguste, et aussi la grand-mère de Claude[87]. En revanche, la date de naissance de la mariée[88], son âge, la date de cette union et surtout sa raison sont toutes conjecturales[89]. Les seuls points de repères chronologiques connus sont : 12 ans comme âge minimum légal de mariage d’une Romaine, et la mise au monde de Britannicus vingt jours après la proclamation de Claude selon Suétone, soit le 12 février 41[A 50]. Tous les historiens s’accordent pour situer le mariage sous Caligula, peu avant 41 selon Ronald Syme, peut-être lors du consulat de Claude en 37 pour C. Ehrhardt, ou encore en 38 ou au début de 39 pour Levick[90] pour placer la naissance d’Octavie un an ou deux avant celle de son frère, en 39 ou début 40[91].

Messaline, fortunée et d’une lignée prestigieuse, est un des meilleurs partis du moment, capable de renflouer Claude. Pour certains historiens, Caligula la neutralise en la mariant à Claude et évite ainsi de légitimer un autre aristocrate, capable d’être un prétendant potentiel[92]. Barbara Levick fait aussi remarquer que la famille de Messaline, et surtout sa tante Claudia Pulchra (en), ont fidèlement soutenu Agrippine l'Aînée sous Tibère, malgré les poursuites encourues. La prestigieuse alliance avec la famille impériale serait alors une sorte de récompense[93].

Selon Suétone, la promotion de Claude comme sénateur ne lui vaut pas plus de respect à la cour impériale : on le ridiculise lorsqu’il s’endort comme souvent à la fin des repas, en le bombardant de noyaux ou en le faisant réveiller sous le fouet des bouffons. Au Sénat, quoiqu’il soit règlementairement intégré au groupe des anciens consuls, on ne lui donne la parole qu’en dernier. Enfin, il est presque ruiné lorsqu’on lui impose son adhésion à un collège de prêtres, qui l’oblige à payer huit millions de sesterces[A 51].

Plusieurs inscriptions honorifiques datées entre 37 et 41 montrent au contraire que Claude connait un certain prestige dans les provinces : sur une base de statue près du temple de Rome et d’Auguste de Pola en Illyrie[A 52], à Alexandrie de Troade en Asie, dédié par un chevalier devenu duumvir de cette colonie[A 53],[94]. Une autre inscription à Lugdunum près du temple municipal associe Caligula à une princesse impériale et à Claude, elle pourrait dater du séjour de Caligula en Gaule à la fin de l'été 39 ou plus vraisemblablement en 40[A 54],[95].

Les événements de janvier 41 et la prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Peinture de la reconnaissance de Claudius comme empereur telle que décrite par Flavius Josèphe, Lawrence Alma-Tadema, 1871, Baltimore, Walters Art Museum.

Après plus de trois ans de règne, le mécontentement contre Caligula est tel que nombreux souhaitent sa disparition, et quelques-uns vont oser passer à l’acte[96]. Dans la rivalité entre les prétendants à la succession, Claude trouve « malgré lui » le soutien efficace des forces armées stationnées à Rome, tandis que le sénat, assemblée vénérable mais impuissante, est incapable de restaurer un régime d’apparence républicaine[97] et doit entériner la proclamation du nouvel empereur[98].

Le complot contre Caligula[modifier | modifier le code]

Caligula est assassiné le . La narration de son meurtre par Flavius Josèphe est la plus détaillée[A 55], et est antérieure à celle de Suétone : Caligula quitte vers midi une représentation de théâtre, accompagné de Claude, de son beau-frère Marcus Vinicius et de Valerius Asiaticus, et d’une escorte de trois tribuns du prétoire, dont Cassius Chaerea et Cornelius Sabinus. Dans un passage menant au palais, Claude, Vinicius et Asiaticus quittent Caligula, donnant, volontairement ou non, l’opportunité pour Chaerea et Sabinus de frapper à mort Caligula[99],[100]. Sa femme Caesonia et sa fille Julia sont aussi tuées pendant l'opération[101]. Lorsque les Germains de la garde personnelle de Caligula apprennent sa mort, ils tuent au hasard trois sénateurs présents sur les lieux du meurtre[102]. Lorsque Claude apprend le meurtre de son neveu, il se cache derrière une tenture, ignorant si les meurtriers n'en ont pas après lui [103]. Un prétorien le découvre en voyant ses pieds dépasser et le reconnait[101]. Le soldat et ses compagnons mettent Claude en sécurité en le portant en litière jusqu'au camp de la garde prétorienne, laissant croire qu'il était mort[104]. Selon Renucci qui reprend la célèbre narration de Suétone[A 56], Claude échappe ainsi de peu à un destin funeste : il aurait pu être tué par les loyalistes le considérant comme comploteur ou par les officiers meurtriers qui souhaitaient éliminer toute la dynastie[101]. Castorio considère cette scène d’anthologie d’un Claude apeuré découvert par hasard et proclamé malgré lui empereur comme une caricature peu crédible : Caligula s’était fait trop d’ennemis pour que l’acte de Chaerea soit une initiative isolée[96]. Flavius Josèphe donne le nom d’un conjuré, Calliste, affranchi de Caligula, riche et influent, mais qui redoutait l’arbitraire de son maître et servait Claude secrètement[A 57]. Castorio estime que Calliste n’aurait pas pris le risque d’un complot sans avoir l’assurance de la protection de Claude en cas de succès[105]. Enfin, Castorio n’exclut pas que cet avènement de Claude, « par hasard », soit un récit forgé a posteriori, qui offre l’avantage d’exonérer Claude d’une participation au complot, quitte à passer pour couard et ridicule[97].

Le Sénat et Claude[modifier | modifier le code]

Immédiatement, les consuls Cn. Sentius Saturninus et Q. Pomponius Secundus réunissent le Sénat et avec des cohortes urbaines prennent le contrôle du Capitole et du forum[A 56],[A 58],[106]. Le Sénat envoie deux messagers à Claude, simples tribuns de la plèbe et non sénateurs pour éviter de laisser des otages, pour le convaincre de venir s'expliquer devant l'assemblée. Claude à son tour évite de se déplacer, sachant qu'il pouvait aussi être fait prisonnier voire tué. Il demande aux messagers de transmettre ses bonnes intentions au sénat[107].

Certains historiens, se fondant sur Flavius Josèphe[A 59], estiment que Claude était alors guidé dans ses choix par le roi de Judée, Hérode Agrippa[A 60]. Cependant, une seconde version du même auteur, probablement fondée sur une Vie d'Agrippa, minimise son rôle dans les événements[A 61]. Hérode Agrippa, après avoir convaincu Claude de ne pas abandonner le pouvoir, va négocier avec le Sénat et le convainc de ne pas prendre les armes. Il fait croire que Claude ne peut venir parce qu'il est retenu de force par les prétoriens[108].

Les assassins de Caligula n'ont pas prévu de remplaçant. Plusieurs noms circulent : le beau-frère de Caligula, Marcus Vinicius, Lucius Annius Vinicianus ou encore Valerius Asiaticus. Aucun n'est retenu, et quelques hauts personnages tel Galba sont contactés. Quoi qu'il en soit, la garde prétorienne acclame Claude empereur dès le soir du 24 ou au début du 25. Le Sénat ne peut qu'avaliser. Claude promet un donativum de 15 000 sesterces selon Suétone[N 3] ou 5 000 drachmes selon Josèphe (soit 20 000 sesterces) à chaque prétorien[109]. Cette somme, dix fois supérieure à ce qu'avait consenti son prédécesseur, persuade les derniers partisans du sénat de se rallier à lui. L'assemblée tente une dernière manœuvre en envoyant Cassius Chaerea, un des officiers qui ont tué Caligula, mais il est reçu par des prétoriens hurlant au nouvel empereur et sortant les glaives. Claude répond via Agrippa qu'il n'avait pas souhaité le pouvoir, mais qu'il le conservait après avoir été nommé par les gardes. Il ajoute qu'il gouvernerait avec le sénat[110].

En définitive, l'épisode tragique de l'assassinat de Caligula et de l’avènement de Claude renforce le principe impérial, en démontrant que même en vacance de cette autorité, le sénat ne parvient pas à rétablir la République. L'armée et le peuple ont pris leur parti pour le régime impérial[111].

Règne[modifier | modifier le code]

Statue de Claude en Jupiter, 37-54 ap. JC, Musées du Vatican.

Premières mesures[modifier | modifier le code]

Dès son avènement, Claude s'emploie à rassurer, à restaurer sa réputation et à asseoir sa légitimité. Il annonce par édit que ses colères seront courtes et inoffensives, il réfute sa prétendue stupidité en affirmant qu'il feignait pour échapper aux menaces de Caligula[A 62].[98]

Claude décrète immédiatement une amnistie générale[A 63], seul Cassius Chaerea est exécuté, car on ne peut impunément assassiner un empereur. Son complice le tribun Cornelius Sabinus est amnistié, mais il se suicide par solidarité[112]. Claude fait détruire les poisons trouvés dans l'appartement de Caligula et brûler tous ses dossiers compromettants[A 64],[113], mais refuse que sa mémoire soit condamnée par une damnatio memoriae et que le jour de sa mort soit noté comme un jour de fête[114]. Il rappelle les exilés du règne précédent, dont ses nièces Agrippine la Jeune et Julia Livilla[115].

Dans le même temps, il récompense largement la garde prétorienne en lui offrant un donativum exceptionnel, de 15 000 sesterces chacun[103].

Claude n'a pas autant de légitimité que ses prédécesseurs, car il ne descend d'Auguste ni par le sang ni par l'adoption, il insiste donc dès sa proclamation sur son appartenance à la domus Augusta, la maison d'Auguste[116]. Il promet de gouverner en prenant exemple sur Auguste[A 63]. Il s'appelle maintenant Tiberius Claudius Caesar Augustus Germanicus[117] : il adopte le nom d'Auguste comme ses prédécesseurs au début de leur règne, il en est de même pour le cognomen de « César » qui devient à cette occasion un titre alors qu'il avait été transmis jusqu'à Caligula uniquement par filiation naturelle ou adoption[117]. C'est probablement le sénat qui est à l'initiative de cette transformation[118]. En revanche, il refuse de prendre comme prénom le titre d'Imperator[A 63], trop connoté militairement (« commandant victorieux »)[119]. Il conserve le surnom honorifique de Germanicus, lien avec son défunt frère héroïque, et utilise fréquemment le terme de « fils de Drusus » (filius Drusi) dans ses titres pour rappeler son père exemplaire et s'approprier sa popularité. Il déifie sa grand-mère paternelle Livie, l'épouse du divin Auguste, et accorde à sa défunte mère Antonia la Jeune le titre d'Augusta[A 63],[114]. Enfin, il attend trente jours avant de venir accepter les honneurs et les titres dus à l'empereur, sauf celui de Père de la patrie qu'il prendra un an plus tard[120].

Famille de Claude et de Messaline, vers 42

Quelques jours après l'avènement de son mari, le 12 février, Messaline met au monde un héritier impérial, que Claude nomme Tiberius Claudius Germanicus, le futur Britannicus[121]. La même année 41, le couple impérial complète les alliances familiales : Claude marie sa fille ainée Claudia Antonia à Pompée Magnus, illustre descendant de Pompée, fiance sa seconde fille Claudia Octavia, encore enfant, à Junius Silanus et leur fait décerner les premiers honneurs du vigintivirat[A 65]. De son côté, Messaline accuse d’adultère Julia Livilla, sœur de Caligula, et son amant présumé Sénèque. Renvoyée en exil, Julia Livilla meurt ou est exécutée peu après[A 2],[115]. Les historiens modernes admettent que Messaline ait pu redouter l’importance de Julia Livilla, précédemment accusée de complot et exilée, et de surcroît épouse de Marcus Vinicius, envisagé par le Sénat comme successeur possible de Caligula[122].

Relations avec le Sénat[modifier | modifier le code]

Collaboration[modifier | modifier le code]

À l’inverse de Caligula, Claude sait comment ménager les sénateurs en leur témoignant les marques de courtoisie dues à leur rang. Ainsi, pendant les sessions régulières, l'empereur est assis parmi l’assemblée du Sénat, parlant lorsque vient son tour et se levant pour s’adresser à l’assemblée, bien que la station debout prolongée lui soit difficile. Lors de la présentation d’une loi, il est assis sur le banc réservé aux tribuns dans son rôle de porteur de la puissance tribunitienne (étant patricien, l'empereur ne peut pas officiellement être tribun de la plèbe mais ce pouvoir a été accordé aux empereurs précédents). Suétone, faute de l’épingler pour son manque de civilité, insinue qu’il en montre trop[A 66],[119]. Néanmoins, Claude reste prudent et, après avoir sollicité l’accord du Sénat, se fait accompagner dans la curie d’une escorte de protection formée du préfet du prétoire et de tribuns militaires[A 67].

D'après un extrait de discours retrouvé sur un fragment de papyrus, Claude encourageait les sénateurs à débattre des projets de loi[123]. Claude sévit aussi contre l’absentéisme au Sénat[124], au point que, selon Dion Cassius, plusieurs sénateurs sévèrement punis de leur absence se suicident[A 68], épisode dépourvu de précision dont on ne sait la part de réalité ou de médisance[125]. En 45, pour couper court aux absences, Claude retire au Sénat le droit de délivrer des congés, et se le fait attribuer exclusivement[A 69],[126].

Complots et épurations[modifier | modifier le code]

Néanmoins, des menaces émanent rapidement d’une partie du Sénat. Exécutions et suicides de sénateurs vont se succéder, pour des complots ou des suspicions impériales, rapportés par Suétone, Dion Cassius et Tacite. Ceux-ci les expliquent par le caractère peureux de Claude, redoutant un assassinat et jouet des intrigues d’une Messaline perverse soutenue par ses affranchis. Ces historiens justifient les accusations formulées par Messaline par sa jalousie contre les rivales possibles, son avidité pour les biens de ses victimes ou sa volonté de domination sexuelle, parfois même les deux. L’attitude des historiens modernes varie du respect des grands auteurs antiques, où tout est vrai, à la circonspection qui tente de démêler le vrai du faux pour réinterpréter l’Histoire, jusqu’à l’hypercritique, qui nie toute certitude historique sur la présentation négative des intentions de Claude et de son entourage[127]. Parmi les théories interprétant les motivations impériales, Levick considère que le couple impérial se concilie les rivaux potentiels, et attend qu’ils soient vulnérables pour les éliminer si le danger persiste[128]. Renucci partage cette vision : Tacite et les autres historiens ne doivent pas être lus au premier degré, mais sous-entendent beaucoup plus qu’ils n’expriment. Pour lui, Claude n’hésite pas à éliminer ceux qu’il craint, quitte à tenter de les endormir dans un premier temps par divers honneurs et alliances pour les éliminer quand l’occasion se présente[129].

Peu de temps après la proclamation de Claude, en 42, Suétone et Dion Cassius citent une première exécution de sénateur, celle d’Appius Silanus, légat en Espagne puis époux en seconde noce de Domitia Lepida, la mère de Messaline. Selon Dion Cassius, il aurait offensé Messaline en refusant d’être son amant. Suétone expose avec toutefois des réserves une machination rocambolesque : en exploitant la peur de Claude, Messaline puis l’affranchi Narcisse prétendent avoir rêvé de l’assassinat de Claude par Appius Silanus, et obtiennent sa mise à mort dès qu’il se présente au palais[A 70],[A 71],[130]. Des historiens modernes doutent de ce récit, trop conforme à l’image d’une Messaline criminelle et frustrée et d’un Claude peureux manipulé par son entourage. Pour Renucci, Claude n’est ni stupide ni innocent et c’est lui l’inspirateur d’une élimination préventive de Silanus, après l’avoir attiré à la cour impériale[131]. D’autres supposent un complot de Silanus, découvert à temps[103].

Peu après, Scribonianus, légat de Dalmatie, se révolte, incité par le sénateur Vinicianus, cité en 41 comme successeur possible de Caligula et craignant de le payer de sa vie. Mal préparée, peut-être improvisée à la suite de l’exécution d’Appius Silanus la tentative est un échec, les soldats refusent de suivre Scribonianus qui se suicide ou est tué[132]. Caecina Paetus, membre de la conspiration, est arrêté en Dalmatie et transféré à Rome. Son épouse Arria l’encourage au suicide en se poignardant elle-même[A 72]. Selon Dion Cassius, les mises en accusation se font au Sénat, en présence de Claude, et un grand nombre de conspirateurs, des sénateurs dont Vinicianus et des chevaliers, préfèrent le suicide à la délation et la torture orchestrées selon Dion Cassius par Messaline et Narcisse[A 73],[133]. Mais, contrairement aux poursuites menées sous Tibère, les enfants des conjurés sont épargnés[132]. Cette sédition avortée montre la fidélité de l’armée à Claude, confirmée durant tout son règne. Après cette alerte, il fait voter par le Sénat le titre de Claudia Pia Fidelis pour récompenser les légions de Dalmatie qui ont refusé de marcher contre lui[A 74], une façon d’appeler les sénateurs à témoigner de leur soutien à l’empereur[134].

Épurations dynastiques[modifier | modifier le code]

Dion Cassius situe lors des années 46 et 47 une série d’éliminations dans la famille impériale, visant les gendres de Claude et l’entourage des sœurs de Caligula, Agrippine la Jeune et Julia Livilla. En 46, selon Dion Cassius, Messaline empoisonne Marcus Vinicius, ex beau-frère de Caligula, qui aurait refusé d’être son amant. Dion indique aussi qu’il était suspecté de vouloir venger la mort de son épouse Julia Livilla[A 75],[135]. Une tentative d’assassinat du fils d’Agrippine, le petit Domitius Ahenobarbus, futur Néron, aussi imputée à Messaline, est qualifiée de fable par Suétone[136].

En 46 ou en 47, le gendre de Claude, Pompée Magnus est exécuté pour des motifs que ni Suétone ni Dion Cassius n’indiquent[A 76],[A 77] mais que les historiens modernes supposent être la volonté de Messaline et peut-être celle de Claude d’éliminer une possible concurrence de leur fils Britannicus. L’exécution en même temps du père de Pompée Crassus Frugi (en) et de sa mère, n’est évoquée que par Sénèque, qui en fait porter la responsabilité à Claude[137],[138]. Claudia Antonia est remariée au demi-frère de Messaline, Faustus Sylla, un gendre moins problématique[139].

Derniers complots[modifier | modifier le code]

En 46 après J.-C., Asinius Gallus, petit-fils de l'orateur Asinius Pollio et frère utérin de Drusus II, et Statilius Corvinus, ancien consul, montent une révolution de palais avec des affranchis et des esclaves de Claude[A 78]. Asinius Gallus est seulement exilé[A 75]. Les sources antiques sont laconiques, le sort de Corvinus et celui des autres complices sont inconnus[140]. En 47, est mis en accusation Decimus Valerius Asiaticus, richissime sénateur origine de Vienne, très influent en Gaule, deux fois consul. L’accusation d’adultère masque d’autres motifs. Tacite accuse Messaline de convoiter ses jardins, motif conventionnel, puis expose de soupçons plus inquiétants : Asiaticus pourrait soulever les Gaules et l’armée de Germanie. De plus Asiaticus était présent lors du meurtre de Caligula et aurait été évoqué pour sa succession. Arrêté avant son supposé départ pour la Germanie, il comparait devant Claude, qui ne lui laisse que le choix de son mode de mort. Il s’ouvre donc les veines dans ses jardins[A 79]. Pour Renucci, Asiaticus pourrait être un des derniers à payer de sa vie son implication dans l’assassinat de Caligula[141]. Un an après, dans son discours sur l’admission des Gaulois, Claude le qualifie sans le nommer de « brigand » (latro) et de « prodige de palestre »[142].

L’ampleur de cette succession de purges n’est pas précisément connue, mais selon Suétone et Sénèque, Claude durant son règne aurait poussé au suicide ou fait exécuter trente-cinq sénateurs et plus de trois cents chevaliers[A 80],[A 81]. Parmi ces victimes, dix-huit sont identifiés nommément, et seulement deux sont morts après 47. Renucci situe donc la plupart des éliminations comme une suite de la prise du pouvoir en 41, et suppose qu’une faction dure des opposants à Caligula n’a pas rallié son successeur[140].

Conclure par l’énumération de ces affaires à un règne de terreur est hasardeux, et leur décompte (dix-huit suicides individuels ou groupés provoqués sur treize ans) parait faible en regard des autres règnes (52 cas sous Tibère en 23 ans, 15 sous Caligula en 4 ans, 42 sous Néron en quatorze ans), sachant que cette comparaison doit être prise avec précaution car les indications des auteurs antiques sont lacunaires et sélectives[125].

Renouvellement du Sénat[modifier | modifier le code]

En 47 et 48, Claude exerce la censure avec Lucius Vitellius. Cette fonction tombée en désuétude après Auguste lui permet de renouveler les effectifs du Sénat, de l’ordre sénatorial et de l’ordre équestre rassemblant les chevaliers, tout en respectant les apparences républicaines[A 49]. Il démet du Sénat de nombreux sénateurs qui ne répondent plus aux qualités morales ou aux conditions financières attendues, mais selon une méthode déjà pratiquée par Auguste, il les avertit individuellement à l’avance et leur permet de démissionner sans humiliation publique[A 82],[143]. Dans le même temps, il fait voter pour les provinciaux titulaires de la citoyenneté romaine le droit d’être candidats aux magistratures du cursus honorum, ce qui les fait entrer au Sénat à l’issue de leur mandat. La Table claudienne gravée à Lugdunum conserve son discours sur l'admission de sénateurs gaulois. Il complète les rangs du Sénat par l’inscription des nouveaux magistrats, et pour atteindre l’effectif de six cent, inaugure une nouvelle pratique, l'adlectio : il inscrit d’office des chevaliers répondant aux conditions de fortune et d'honorabilité, sans qu’il leur soit nécessaire d’avoir exercé au préalable la questure[144].

Il pallie à l’extinction des lignées patriciennes en accordant cette qualité aux sénateurs les plus anciens, ou à ceux dont les parents s’étaient illustrés[A 82].

Claude et l'Empire[modifier | modifier le code]

Monnayage et propagande impériale[modifier | modifier le code]

Le monnayage est un puissant instrument de propagande pour les empereurs romains et Claude l'utilise largement. On peut distinguer dans les représentations de ses monnaies quatre thèmes [145] :

  • l'exaltation de certains membres de sa famille, afin de réaffirmer sa légitimité
  • l'idée de Victoire, associée à l'empereur
  • l'exemple d'Auguste
  • les valeurs liées à la personne et à la politique de Claude

Dès les premières émissions en 41/42, l'empereur est figuré avec son père Drusus ou sa mère Antonia la Jeune sur des séries en or, en argent ou en bronze, émises à Rome et à Lugdunum, le second atelier monétaire impérial. Son fils Britannicus apparaît dès sa naissance en 41 sur des monnaies avec l'inscription Spes Augusta (« Espoir Auguste »)[146]. D'autres frappes de sesterces à partir de 42/43 montrent son frère Germanicus puis l'épouse de ce dernier Agrippine l'Aînée. Enfin, des bronzes frappés à Rome en 42 montrent les fondateurs de la lignée impériale, Auguste et au revers Livie que Claude vient de faire diviniser. Suivent à partir de 50, des frappes avec le portrait d'Agrippine la Jeune et d'autres montrant le jeune Néron[147].

En revanche, aucune monnaie n’est émise à l’effigie de Messaline à Rome ou à Lugdunum. De nombreuses cités de la partie orientale de l’Empire qui bénéficient de leur indépendance monétaire frappent des monnaies qui exaltent la fécondité de Messaline, mère de l’héritier présomptif de l’empereur. Nicée, Nicomédie la figurent portant des épis de blé, attribut de Déméter, déesse de la fertilité[149]. Une émission d’Alexandrie la montre présentant dans sa main ouverte deux personnages miniatures, ses deux enfants. Frappée à Césarée de Cappadoce, le portrait de Messaline porte au revers Octavie et Britannicus se tenant par les mains accompagnés de leur demi-sœur Claudia Antonia[149].

Dans l'affirmation de la légitimité de Claude, plus étonnantes sont les monnaies qui rappellent sa proclamation par les militaires[150] :

Aureus, revers avec une caserne et Fides, légende IMPER RECEPT


La Victoire est une condition obligée pour la reconnaissance du pouvoir. Or Claude à son avènement ne peut vanter aucun exploit militaire personnel ou de ses généraux. Il célèbre donc ceux de son père par des émissions au profil de Drusus avec au revers un arc de triomphe, une statue équestre entre deux trophées et l'inscription DE GERMANIS. À partir de 46 et jusqu'en 51, Claude célèbre sa conquête de la Bretagne avec des monnaies au revers identique, et la mention DE BRITANN(is)[152].

Des séries monétaires émises pour les mérites d'Auguste sont reproduites par Claude : la figuration d'une couronne en feuilles de chêne avec la légende OB CIVES SERVATOS représente la couronne civique accordée au défenseur des citoyens romains, Auguste autrefois, Claude qui l'a placé au toit de sa maison[A 83]. Autre reprise de monnaies augustéennes, les pièces de l'atelier monétaire de Lugdunum montrant l'autel du sanctuaire fédéral des Trois Gaules et légendées ROM ET AVG rappellent le lieu et le jour de naissance de Claude, qui coïncident avec le jour de consécration de cet autel[153].

Des allégories liées à la politique de Claude apparaissent sur les monnaies du début de son règne en 41/42. les monnaies LIBERTAS frappées à Rome montrant une femme tenant à la main un pileus (bonnet de l'affranchissement) annonce non pas la liberté au sens moderne mais la fin de la tyrannie du règne précédent, et son absence sous Claude. Une autre allégorie est remarquable car aucune monnaie ne l'a fait apparaître avant, et elle n'est reprise par aucun des successeurs de Claude : CONSTANTIA, émise en or, en argent et en bronze, montre une femme debout tenant une torche et une corne d'abondance, ou debout et casquée, tenant un long sceptre, ou encore assise sur une chaise curule, levant la main droite à hauteur de son visage. Aucun culte de cette vertu divinisée n'existe à Rome, et cette allégorie est visiblement personnellement liée à Claude. Il semble hasardeux de rattacher la CONSTANTIA à un événement précis du règne, elle renvoie plutôt à une notion stoïcienne de cohérence de conduite et de fidélité à ses engagements, une affirmation officielle de programme de bon gouvernement[154].

La centralisation du pouvoir[modifier | modifier le code]

Pas plus sous la République que sous l’Empire, le Sénat ne dispose de capacités opérationnelles pour administrer l’Empire : seulement un trésor, l’Aerarium, aux moyens financiers limités, pas de personnel administratif ou technique ni de bureaux, hormis des archives[155]. Sous la République, les magistrats et les gouverneurs de provinces se faisaient assister par leur personnel, esclaves et affranchis, tandis que des questeurs géraient leur trésorerie[156],[157]. Auguste organisa la gestion des provinces impériales qu’il administrait par ses légats et celle de ses domaines privés sur ce modèle, avec les affranchis et les esclaves de sa maison, la domus Augusta. Il créa pour gérer les revenus perçus une caisse impériale, le fiscus, parallèle à l’Aerarium. Claude hérite de cette administration embryonnaire et la développe en spécialisant des bureaux, placés chacun sous l’autorité d’un affranchi de la domus Augusta[158].

Le service le plus important est celui des finances (a rationibus), qui gère le trésor de la maison impériale (le fiscus), en relation avec les fisci provinciaux[159]. Il est confié à Pallas, précédemment homme de confiance d’Antonia la Jeune, la mère de Claude[A 84],[160]. Le service de la correspondance administrative (ab epistulis), probablement créé par Auguste en relation avec la poste impériale[159], est dirigé par Narcisse, ancien esclave de Caligula[A 85]. Narcisse est l’homme de confiance de Claude, et parfois son porte-parole, par exemple en 43 pour apaiser une légion récalcitrante lors de la campagne de Bretagne[161].

Claude, qui exerce activement son rôle judiciaire, crée un service traitant les causes évoquées en appel à l'empereur (a cognitibus) et les requêtes (ab libellis), confié à Calliste, ancien affranchi de Caligula. Un dernier service (a studiis) s’occupe des questions diverses, des recherches documentaires et de la rédaction des documents et des discours officiels[159]. Il est géré par Polybe[A 85], qui est exécuté en 47 pour des raisons obscures, sur une accusation de Messaline d’après Dion Cassius[A 86]. Son poste est repris par Calliste.

Cette organisation ne fait pas une distinction nette entre les revenus privés de l’empereur et ceux de l’État[N 4], ce qui explique qu’elle donne un poids important au personnel de la maison d’Auguste[162]. La responsabilité élevée de ces hommes, de rang social inférieur et grecs de surcroit, joue dans l'image négative transmise par les historiens qui répètent tous que Claude est soumis à leur influence[163]. De surcroit, l’énorme richesse de plusieurs d’entre eux leur vaut une réputation de corruption. Dion Cassius affirme qu’ils vendaient le titre de citoyen romain au prix fort d’abord, puis à vil prix, les charges militaires et celles de procurateur et de gouverneur, et même les denrées alimentaires, créant une pénurie[A 87],[164]. Pline l'Ancien constate que Pallas, Narcisse et Calliste étaient plus riches que Crassus, l'homme le plus riche de l'époque républicaine après Sylla avec des biens estimés à deux cent millions de sesterces[A 88].

Toutefois, ces mêmes sources accusatrices admettent que ces affranchis étaient loyaux envers Claude[A 89]. Enfin Suétone leur reconnait même une certaine efficacité[165],[8].

L'expansion de l'Empire[modifier | modifier le code]

L'Empire romain sous Claude.
  •      L'Empire à l'avènement de Claude
  •      Annexion de royaumes clients
  •      Conquêtes armées

Sous le règne de Claude, l'Empire connait une nouvelle expansion, celle-ci ayant été limitée depuis l'époque d'Auguste. Des territoires déjà sous protectorat romain sont annexées : le Norique, la Judée après le décès de son dernier roi Hérode Agrippa Ier en 42, la Pamphylie et la Lycie en 43, à la suite d’une révolte locale et la mort de citoyens romains[A 90],[166]. Après l’assassinat par Caligula du roi de Maurétanie Ptolémée, et l’insurrection d’un de ses affranchis, Ædemon en 40, l’agitation de tribus maures se poursuit en 42 et 43[167]. En 43, l’ancien royaume est divisé en deux provinces, Maurétanie césarienne et Maurétanie tingitane [A 91],[168].

Article détaillé : Conquête romaine de la Bretagne.
Camée du triomphe de Claude : deux centaures tirent le char impérial en piétinant les vaincus. Claude tient le foudre de Jupiter tandis que la Victoire lui apporte la couronne triomphale. À ses côtés, Messaline tenant un épi, Octavie couronnée de laurier et Britannicus en habit militaire[169]. – Bibliothèque royale (Pays-Bas)

La Britannia (actuelle Grande-Bretagne) est une cible alléchante par sa richesse, déjà reconnue par les commerçants romains. La conquête, envisagée par Caligula, est entamée par Claude en 43. Il envoie Aulus Plautius à la tête de quatre légions, prenant prétexte de l'appel à l'aide d'un allié local en difficulté[A 92]. Claude lui-même se rend dans l'île avec ses gendres pendant une quinzaine de jours recueillir la victoire[A 93],[168].

À l’automne 43 et avant son retour à Rome, le Sénat lui accorde un triomphe et l’édification d’un arc de triomphe à Rome et d’un autre à Boulogne-sur-Mer. Le Sénat lui donne également le titre honorifique de « Britannicus » qu’il n'accepte que pour son fils, et n'utilise pas lui-même. Le triomphe de Claude est célébré en 44, une cérémonie que Rome n’avait pas connue depuis celui de Germanicus en 17. Messaline suit le char triomphal en carpentum, avec plusieurs généraux vêtus des ornements triomphaux[A 92],[170]. L’usage d’un carpentum est un honneur exceptionnel accordé à Messaline, car circuler dans cette voiture attelée à deux roues est le privilège des Vestales, qui n’a été accordé avant qu’à Livie[171].

Claude a enfin une gloire militaire comme ses parents, et a réussi là où Jules César lui-même avait échoué, soumettre les Bretons et l’Océan[172]. Il renouvelle ce triomphe en instaurant une fête annuelle qui le commémore[A 94]. En 47, il défile au côté d’Aulus Plautius, qui reçoit une ovation. En 51, il célèbre la capture du chef breton Caratacos en reconstituant au Champ de Mars la prise d’assaut d’une ville bretonne[173].

En 46, les Romains interviennent en Thrace, dont l'assassinat du roi Rhémétalcès III par son épouse est suivi d'une révolte contre la tutelle romaine. Les témoignages historiques sur le conflit sont tardifs et réduits à quelques passages chez Eusèbe de Césarée et Georges le Syncelle. Le royaume conquis est divisé deux, le nord est rattaché à la Mésie et une nouvelle province de Thrace est créée[174]. Cette annexion reporte la frontière sur le Danube et sécurise les provinces impériales de Macédoine et d’Achaïe, dont Claude remet le contrôle au Sénat[A 95].

Sur le front du Rhin, Claude reste sur la stratégie défensive préconisée par Auguste et suivie par Tibère, d’autant plus que plusieurs légions basées dans les provinces rhénanes sont désormais engagées en Bretagne. Les peuples germaniques tentent parfois des incursions de pillage dans l’Empire, suivies de représailles romaines. En 47, le légat de Germanie inférieure Corbulon chasse les pirates basés à l’embouchure du Rhin, ramène les Frisons dans un vague protectorat romain, et intervient contre les Chauques. Claude lui décerne les ornements triomphaux, conclusion honorifique assortie de l’ordre de ne pas prolonger sa campagne militaire au-delà du Rhin[A 96],[175].Corbulon occupe alors ses troupes au creusement d’un canal entre le Rhin et la Meuse[175]. Des aménagements complètent l’organisation stratégique du secteur rhénan. Claude fait achever la traversée des Alpes par le col du Brenner, reliant l'Italie à la Germanie et mettant ainsi la dernière touche à des chantiers entamés par son père Drusus[176].

Gouvernement des provinces[modifier | modifier le code]

Buste de Claude en tenue militaire, issu de la cité de Bilbilis, Musée de Saragosse.

Claude fait preuve à l’égard des provinciaux d’une ouverture d’esprit et d’une bienveillance que l’on constate dans son célèbre discours sur l’ouverture du Sénat aux notables gaulois et aussi par des mesures ignorées des auteurs antiques et ponctuellement tracées par diverses sources épigraphiques. L’historien Gilbert Charles-Picard estime que cette attitude novatrice vient de la double culture grecque et latine de Claude, parfaitement bilingue, et de son érudition historique qui lui inspire une sympathie pour les peuples vaincus[177].

À partir des sources littéraires et de quelques inscriptions épigraphiques, un certain nombre de gouverneurs de provinces ont été identifiés par les historiens, un échantillon qui ne couvre que très partiellement l’Empire. On constate néanmoins que peu de gouverneurs nommés par Caligula sont maintenus sous Claude, et que ces derniers sont des hommes de confiance de Claude ou de ses amis. Si quelques gouverneurs sont des hommes nouveaux, un grand nombre sont des sénateurs issus de la vieille noblesse romaine. Dans les provinces impériales qui dépendent de l’empereur, les gouverneurs compétents sont maintenus en poste quatre ou cinq ans, et parfois récompensés des ornements triomphaux, tandis que les gouverneurs de provinces sénatoriales n’exercent qu’un an, sauf exception comme pour Galba proconsul d’Afrique pendant deux ans pour rétablir l’ordre[178].

Claude veille à limiter les abus des gouverneurs. Pour lutter contre ceux qui tardent trop à rejoindre leur poste, il impose que tout nouveau gouverneur quitte Rome avant le premier avril pour gagner sa province[A 97],[124]. Il interdit aussi aux gouverneurs d’enchaîner deux mandats à la suite, pratique destinée à esquiver les poursuites judiciaires à Rome. Cette mesure permet aux administrés qu’ils auraient lésés de les mettre en accusation à l’issue de leur affectation[A 94].

Claude tranche aussi la question de la responsabilité des contentieux fiscaux dans les provinces qu’elles soient impériales ou sénatoriales : la collecte des revenus alimentant la caisse impériale, le fiscus était assurée par des procurateurs nommés par l’empereur, tandis que le traitement des litiges relevait en principe du gouverneur de la province. En 53, Claude attribue aux procurateurs du fisc le droit de juger des litiges et fait ratifier ce transfert d’autorité judiciaire par le Sénat[A 66]. Cette mesure est critiquée par Tacite, qui constate l’érosion du pouvoir judiciaire appartenant autrefois aux préteurs donc aux sénateurs, au bénéfice des chevaliers et des affranchis de l’empereur[A 98],[179].

Claude tente de remédier aux abus d’usage de la poste impériale par des personnes n’y ayant pas droit, le cursus publicus, dont la charge pesait lourdement sur les cités[176] comme l’indique l’inscription de Tegea en Achaïe[A 99],[180].

Diffusion de la citoyenneté romaine[modifier | modifier le code]

Claude effectue un recensement en 48 qui dénombre 5 984 072 citoyens romains[A 82], soit une augmentation de près d'un million depuis celui mené à la mort d'Auguste.

Claude témoigne d'une remarquable ouverture pour la concession de la citoyenneté romaine : il naturalise à titre individuel de nombreux orientaux[181]. La création de colonies romaines ou la promotion de cités latines au statut de colonies naturalise collectivement leurs résidents libres. Ces colonies sont parfois issues de communautés préexistantes, en particulier de celles qui comprenaient des élites parvenant à rallier la population à la cause romaine. En reconnaissance, ces cités insèrent le nom de Claude dans leur toponyme[182] : Lugdunum devient la Colonia copia Claudia Augusta Lugudunum, Cologne la Colonia Claudia Ara Agrippinensium[181].

La naturalisation par la promotion militaire est une autre voie ouverte par Claude. En droit, la citoyenneté est requise pour l’enrôlement des légionnaires, mais le recrutement local fait entrer dans l’armée de nombreux pérégrins, provinciaux dépourvus du droit de cité, comme légionnaires avec un droit de cité fictif ou comme auxiliaires. Claude généralise l’accord de citoyenneté en la décernant par diplôme militaire en fin de service pour le soldat auxiliaire, pour sa concubine et leurs enfants[183].

Cette générosité envers les provinciaux suscite l’agacement de sénateurs, comme Sénèque qui prétend que Claude « voulait voir en toge tous les Grecs, les Gaulois, les Espagnols et les Bretons »[A 100]. Claude se montre pourtant rigoureux et exige que les nouveaux citoyens connaissent le latin[184]. Dans les cas individuels d’usurpation de la citoyenneté, Claude peut d’après Suétone se montrer sévère et faire décapiter des contrevenants[A 66] ; de même des affranchis prétendant faussement à la qualité de chevaliers sont réduits en esclavage[A 66].

Le pragmatisme de Claude apparaît dans l'édit conservé par la Tabula Clesiana[A 101], par lequel il trouve une solution réaliste à la situation des Anaunes, une tribu voisine de Trente. Un envoyé de Claude avait découvert que beaucoup d'habitants avaient obtenu la citoyenneté romaine abusivement. Après enquête, et plutôt que de sévir, l'empereur déclare qu'à partir de ce jour ils seraient considérés comme détenant la pleine citoyenneté : les priver de leur statut illégalement acquis aurait été source de problèmes plus graves que l'entorse à la règle[180].

Claude et Rome[modifier | modifier le code]

Activités judiciaires[modifier | modifier le code]

Statue de Claude, figuré en Zeus, 1er siècle, Musée archéologique régional Antonio-Salinas.

Comme ses prédécesseurs, Claude détient l’imperium, qui lui donne le droit de juger, et la puissance tribunitienne, qui fait de lui le destinataire des appels de citoyens condamnés. Contrairement à ses prédécesseurs, Claude exerce assidument ses attributions. Il siège au forum du matin au soir, quelquefois même lors de jours de fêtes ou des dates religieuses, traditionnellement chômés[A 102],[185]. Il juge un grand nombre d'affaires, personnellement ou en compagnie d’un consul ou d’un préteur[A 103]. Suétone admet la qualité de certains de ses jugements mais comme à son habitude, il conclut négativement[5] : « dans ses sentences, […] tour à tour circonspect et perspicace, ou étourdi et précipité, quelquefois d’une légèreté qui ressemblait à de la folie », avis qu’il illustre d’exemples tournant le plus souvent Claude en ridicule[A 104],[186].

Outre son activité personnelle de juge, Claude prend plusieurs mesures pour améliorer le fonctionnement judiciaire et réduire l'encombrement des tribunaux de Rome, face aux multiples abus juridiques et à l’inflation du volume d’affaires. Pour limiter l’étirement en longueur des procédures judiciaires, il oblige les juges à clore leurs affaires avant la vacance des tribunaux[187], [124]. Il augmente la capacité des tribunaux en étendant la durée de session à l’ensemble de l’année[A 69],[185]. Pour lutter contre les manœuvres dilatoires des plaignants qui s’absentent après avoir porté leur accusation, tandis qu'ils obligent l’accusé à demeurer à Rome et allongent la procédure, Claude oblige ces plaignants à rester eux aussi à Rome pendant le traitement de leurs affaires, et enjoint aux juges de rendre une sentence en leur défaveur en cas d’absence non justifiée[185].

Pierre Renucci explique l’encombrement des tribunaux par l’emballement sous Tibère des procès en maiestas, à l’origine à l’encontre du Peuple romain, puis contre la personne ou l’image de l’empereur[188]. La récompense légale des accusateurs qui leur attribue le quart des biens du condamné incitait à la délation pour des motifs même futiles, propos d’ivrogne ou plaisanterie inconsidérée[A 105],[188]. Sans revenir sur les dispositions légales de la mise en accusation, Claude met un coup d’arrêt aux procès de maiestas en se défiant des calomniateurs[A 106],[188].

Claude arbitre les différends dans les provinces qui lui sont soumis, comme l'affaire d'Alexandrie. Au début de son règne en effet, les Grecs et les Juifs d'Alexandrie lui envoyèrent chacun une ambassade à la suite d'émeutes opposant les deux communautés. En réponse, Claude fait exécuter deux agitateurs grecs d'Alexandrie et rédige une Lettre aux Alexandrins qui refuse de prendre parti sur les responsables des soulèvements mais prévient qu'il sera implacable contre ceux qui les reprendraient ; il réaffirme les droits des Juifs dans cette ville[189]. mais leur interdit dans le même temps d'y continuer l'envoi de colons en masse. D'après Josèphe, il reconnut ensuite les droits et libertés de tous les Juifs de l'empire[190].

Production législative[modifier | modifier le code]

Buste en bronze de l'empereur Claude, château de Versailles
Buste de Claude dans le Salon de la paix du Château de Versailles. Numéro d'inventaire : MV8511

A l'inverse de son action judiciaire, ses réalisations législatives ont été louées par les auteurs antiques. Claude œuvre à la restauration des mœurs, souhaitant faire coïncider le rang avec la richesse, l'honorabilité et le prestige. Ainsi, dans les spectacles, les sénateurs et les chevaliers retrouvent des places privilégiées. Il procède à un recensement et l'utilise pour punir les indignes, allant jusqu'à la peine de mort pour les usurpateurs de rang social[A 107],[A 108],[191].

Ces réformes se placent dans une évolution lente qui crée une stratification du corps social entre honestiores et humiliores. Cette séparation n'existe pas légalement avant le IIe siècle et son attribution à Claude de la création d'une hiérarchie sociale est exagérée selon Levick[192],[193].

Claude agit également sur des notions fondamentales, il fixe une nouvelle limite pour le corps civique, et étend le périmètre urbain de Rome (le pomerium). Ces actions engagent un débat important au sein de la société romaine. Même si Claude suit une coutume ancienne qui veut que l'extension des limites du territoire des Romains permet d'étendre celui de la ville de Rome, plusieurs personnes doutent de sa légitimité à le faire[194][195].

Claude prend de très nombreux édits sur des sujets les plus divers, dont Suétone cite un florilège, dont certains dérisoires, tel que l'autorisation des flatulences aux cours des banquets, un on-dit colporté au conditionnel par Suétone mais néanmoins abondamment cité[A 109],[70].

Portrait sculpté en bronze de Claude, British Museum.
Portrait en bronze découvert dans la réivière Alde, Rendham, Sussex. Conservé au British Museum, cat.no. PRB 1965.12-1.1

Plus sérieusement, Claude traduit dans plusieurs lois l’évolution des mœurs de son temps en faveur de l’amélioration du sort des esclaves et l’émancipation des femmes[196]. Un décret resté célèbre traitait du statut des esclaves malades ; en effet jusque-là les maîtres abandonnaient à la mort les esclaves malades au temple d'Esculape dans l’île Tibérine et les récupéraient s'ils survivaient. Claude décida que les esclaves guéris seraient considérés comme affranchis[A 110] et que les maîtres qui choisiraient de tuer leurs esclaves plutôt que de prendre ce risque seraient poursuivis pour meurtre[A 111],[197],[198]. Pour la première fois dans l’antiquité, la mise à mort d’un esclave malade par son maitre est assimilé à un crime[199].

D’autres décrets à retenir concernent le droit des femmes : Claude supprime pour les épouses la tutelle d’un membre de leur famille d’origine, dispense qui n’existait que pour les mères de plus de trois enfants[A 112]. Un autre décret répare une injustice du droit successoral en plaçant la mère mariée sine manu au nombre des héritiers de son enfant, lorsqu’il décède sans avoir fait de testament[A 113],[200].

En face de ces décisions émancipatrices, Claude renforce les prérogatives du Paterfamilias, que ce soit sur les biens de sa famille ou en renforçant plus généralement son autorité[196].

Les motivations et les tenants des actions de Claude vis-à-vis des Juifs restent obscurs à l'heure actuelle. Il semble avoir agit essentiellement pour maintenir l'ordre public à Rome, troublé par des heurts entre membres de la communauté. En 41, il fait fermer les synagogues[A 114] ; en 49, il expulse plusieurs personnalités juives. Suétone[A 111] laisse penser que ces incidents viennent des chrétiens[201]. En revanche, l'hypothèse selon laquelle Claude serait l'auteur du « décret de César » est extravagante[202],[203].

Ravitaillement de Rome[modifier | modifier le code]

Dès le début de son règne marqué par une disette à Rome, Claude est injurié par la foule du forum et bombardé de croûtons de pain. Il faut savoir qu’à Rome, quelques 200 000 citoyens pauvres reçoivent gratuitement une allocation en blé, fournie par l’État romain, en grande partie importée des provinces, et matériellement assurée par les soins de l’empereur. Claude décide aussitôt des mesures d’encouragement pour faire arriver le blé à Rome, même pendant l’hiver, saison des tempêtes et d’arrêt de la navigation : il promet de prendre en charge les pertes causées par les naufrages, devenant ainsi l’assureur des vaisseaux des négociants. Les armateurs de navires de commerce obtiennent des privilèges juridiques, comme la citoyenneté et l'exemption des pénalités frappant les célibataires et les couples sans enfants selon la loi Papia-Poppea[A 115],[204].

Claude redéfinit aussi les responsabilités de l’approvisionnement : il confie les opérations de distribution à la population à un procurateur dit ad Miniciam, du nom du portique de Rome où elle est effectuée[205]. L'administration portuaire d'Ostie et le transport du blé jusqu’à Rome était sous la responsabilité du questeur, magistrat débutant et en poste pour un an seulement. Claude lui substitue un procurateur qu’il nomme et maintient selon ses compétences[A 116],[206]. Enfin, Claude n’hésite pas à se déplacer lui-même pour surveiller les arrivées de blé à Ostie[A 117].

Constructions publiques[modifier | modifier le code]

Mises à part la réfection du théâtre de Pompée et l’aménagement de barrières en marbre au Circus maximus[A 118], Claude lance ou poursuit de grands chantiers d’aménagement destinés à améliorer l’approvisionnement de Rome. Ces travaux dont le financement n’est possible que grâce aux finances impériales vont durer des années[207] et laisser des ouvrages que Pline l'Ancien qualifie de « merveilles que rien ne surpasse » (« invicta miracula »)[A 119].

Claude assure le ravitaillement en eau de Rome en restaurant en 45 l’Aqua Virgo, endommagé sous Caligula ; Il poursuit la construction de deux aqueducs, l’Aqua Claudia, qui avait été commencé sous Caligula, et l’Aqua Anio Novus[176]. Ces deux ouvrages, longs respectivement de soixante-neuf kilomètres et de quatre-vingt-sept kilomètres, atteignirent la Ville en 52, en se rejoignant à la Porta Maggiore[208]. La restauration et la construction de ces deux aqueducs coûte 350 000 000 de sesterces[A 120],[209], plus que tout autre ouvrage évergétique connu par l'épigraphie[210], et s'étendent sur quatorze années[211].

Sesterce de Néron, montrant le bassin du nouveau port d’Ostie.

Par ailleurs à Rome il fit creuser un canal navigable sur le Tibre qui menait à Portus, son nouveau port, situé à trois kilomètres au nord d'Ostie. Ce port était bâti en demi-cercle autour de deux brise-lames, un phare occupant sa bouche[A 121].

Claude souhaite aussi augmenter la surface arable en Italie. Il reprend le projet de Jules César d'assécher le lac Fucin[A 122], en le vidant par un canal de plus de cinq kilomètres dérivant jusqu’au Liris. Le chantier de creusement dure onze ans, sous la supervision de Narcisse[A 123],[212]. Les travaux s’achèvent avec le percement d’un tunnel jusqu’à la cuvette du lac, mais la vidange attendue est un échec : l’émissaire de vidange est plus haut que le fond du lac et ne le vide pas complètement, gâchant l’inauguration organisée par Claude[A 124],[213],[N 5].

Pratiques religieuses[modifier | modifier le code]

Claude se montre conservateur de la religion officielle, et fait décréter que les pontifes veillent à ce que ne se perde pas la connaissance des rites anciens conservés par les haruspices étrusques[A 125]. Il réhabilite d'anciennes pratiques, comme faire réciter la formule des fétiaux lors les traités avec les rois étrangers[A 66]. Lui-même, en tant que pontifex maximus, s’applique à conjurer les mauvais présages, en faisant annoncer des fêtes si la terre a tremblé à Rome, ou en faisant réciter des prières propitiatoires qu’il dicte au peuple depuis la tribune des Rostres si un oiseau de mauvais augure a été vu au Capitole[A 126]. Toutefois, il évite les excès de formalisme religieux, et met un frein à la répétition excessive des célébrations en cas de défaut dans le déroulement des prescriptions rituelles. Il décrète qu’une célébration qui s’est mal déroulée ne peut être réitérée qu’une seule fois, ce qui met fin aux abus suscités par les entrepreneurs de spectacles qui tirent profit de ces multiplications et même les provoquent[A 127].

Il refusa la requête des Grecs d’Alexandrie qui souhaitaient lui dédier un temple, en argumentant que seuls les dieux pouvaient choisir de nouveaux dieux. Il rétablit des jours de fête tombés en désuétude et annula nombre de célébrations étrangères instituées par son prédécesseur Caligula.

Claude se préoccupa de la diffusion des cultes à mystères orientaux dans la Ville et rechercha des équivalents romains. Par exemple, il voulut implanter à Rome les Mystères d'Éleusis[A 66], associés au culte de Déméter[214].

Comme Auguste et Tibère, Claude est plutôt hostile aux religions étrangères. Il interdit le druidisme[A 66]. Il expulse de Rome les astrologues et les Juifs, ceux-ci pour des troubles que Suétone attribue « à l'instigation d'un certain Chrestus »[A 66],[214]. Les autres auteurs antiques recoupent plus ou moins cette disposition. Les Actes des Apôtres évoquent incidemment ce décret d’éloignement[A 128] tandis que Flavius Josèphe ne le mentionne pas. Dion Cassius en minimise la portée : « Les Juifs étant de nouveau devenus trop nombreux pour qu'on pût, attendu leur multitude, les expulser de Rome sans occasionner des troubles, il ne les chassa pas, mais il leur défendit de s'assembler pour vivre selon les coutumes de leurs pères. »[A 127]. Quelques historiens émettent l’hypothèse que cette expulsion des Juifs de Rome ne s’est jamais passée, tandis que d'autres pensent que seuls quelques missionnaires ont été expulsés pour un court exil[réf. nécessaire].

Claude était opposé aux conversions, quelle que soit la religion, y compris dans les régions où il accorda aux habitants la liberté de croyance. Les résultats de tous ces efforts ont été reconnus, et même Sénèque, qui pourtant méprise les vieilles pratiques superstitieuses[A 129], défend Claude dans sa satire l’Apocoloquintose[A 130].

Jeux[modifier | modifier le code]

Les spectacles, jeux du cirque et représentations théâtrales, tiennent une grande place dans la vie publique à Rome, organisés lors des cérémonies religieuses ou des fêtes, autant d’occasions de rencontre entre l’empereur et sa population[215].

D’après Suétone et Dion Cassius, Claude se passionne pour les jeux de l’amphithéâtre. Ils en font un être cruel, assoiffé de sang, jouissant des spectacles des gladiateurs et en plus encore indigne amateur des médiocres spectacles de midi, consacrés aux mises à mort de condamnés[A 131],[A 132]. La cruauté est un des vices que les auteurs antiques soulignent pour forger un personnage de tyran[216], mais les assertions de Suétone reprises par Dion Cassius entrent en contradiction avec les écrits de Sénèque. Celui-ci condamne clairement ces meurtres mis en scène[A 133]. Or dans son Apocoloquintose qui charge Claude de tous les défauts, Sénèque ne fait aucune allusion à une attirance pour les spectacles sanglants, d’où le doute de Renucci sur cette cruauté rapportée par Suétone : réalité ou ragot ?[217].

Suétone est plus crédible lorsqu’il dépeint l’attitude de Claude lors des spectacles qu’il donne : il interpelle familièrement les spectateurs, fait circuler des tablettes portant ses commentaires, lance des plaisanteries et encourage les réactions du public[A 118], entretenant ainsi sa popularité auprès de la foule romaine[218].

Parmi les jeux que Claude donne personnellement, deux sont exceptionnels par leur ampleur et leur rareté : les jeux séculaires et la naumachie du lac Fucin.

Les jeux séculaires de 47 marquent le 800e anniversaire de la fondation de Rome. Comme Auguste en avait organisé aussi en 17 av. J.-C., Suétone ironise sur ce caractère séculaire, et la formule d’annonce de « jeux que nul n’a vu », puisque certains spectateurs ont assisté aux précédents[A 118]. Toutefois, André Piganiol souligne que les deux jeux ne sont pas comparables, car Claude crée un nouveau type de célébration, les anniversaires de Rome, différents des jeux d’Auguste, expiatoires des troubles d’un siècle achevé et annonciateurs du siècle nouveau[219]. Lors d’une des cérémonies, les jeunes nobles accomplissent à cheval des évolutions complexes, et les applaudissements de la foule les plus nourris sont pour le jeune Domitius Ahenobarbus, fils d’Agrippine la Jeune, dernier descendant de Germanicus et petit-neveu de Claude, au détriment de son fils Britannicus[A 134], ce qui ne peut qu’inquiéter l’impératrice Messaline[220].

Une autre représentation d’exception est organisée en 52, pour l’inauguration de la dérivation du Lac Fucin : une naumachie, une bataille navale opposant deux flottes et des milliers de condamnés, un spectacle que seuls César et Auguste avaient montré auparavant. La narration de Suétone contient la seule citation connue de la formule célèbre Morituri te salutant. Et toujours selon Suétone, Claude se ridiculise en entrant dans une colère mémorable lorsque les figurants refusent de combattre, croyant avoir été graciés[A 118],[221].

Vie personnelle de l'empereur[modifier | modifier le code]

Buste de Claude portant la couronne civique, entre 41 et 54 ap. J.-C., Musée archéologique national de Naples.

Les anecdotes collectées par Suétone et Dion Cassius pour déprécier la vie privée de Claude devenu empereur abondent, et changent d’échelle : ses excès de table rassemblent jusqu’à six cent convives[A 135]. Plus scandaleux encore, alléché par une odeur de cuisine, Claude abandonne le tribunal où il siège pour s’inviter au repas de la confrérie des Saliens[A 136], se révélant ainsi l’esclave de ses appétits au détriment de son rôle judiciaire[69].

Messaline[modifier | modifier le code]

Les auteurs antiques forgent pour la postérité l’image d’un empereur peureux, facilement manipulé par ses affranchis et son épouse[A 137],[A 138],[222]. La réputation qu’ils donnent à Messaline est encore pire. La satire de Juvénal décrivant Messaline quittant le palais impérial pour se prostituer dans les bas-quartiers en fait la figure de la concupiscence féminine incontrôlée et illimitée[A 139],[223]. Outre les éliminations physiques dont les historiens rendent responsable sa jalousie et son avidité, ils lui prêtent de multiples amants, qu’elle choisit elle-même dans toutes les classes sociales. Les hommes qui refusent de se soumettre à ses désirs sont contraints par la ruse ou la force [224]. Claude est dépeint comme le vieillard imbécile des comédies[225], trompé à son insu, parfois même avec sa complicité involontaire, lorsque Messaline le prie d’ordonner au mime Mnester de faire ce qu’elle lui demandera[A 140]. Son dernier amant, le sénateur Caius Silius, est la cause de sa fin en 47. Résumé en quelques lignes par les abréviateurs de Dion Cassius[A 141], mentionné par Suétone, cet épisode est longuement mis en scène par Tacite[226], qui utilise son art rhétorique pour mêler les éléments factuels avec des traits de comédie[227] et des sous-entendus moralisants et politiques[228].

Après les jeux séculaires de 47, Messaline s’éprend du sénateur Caius Silius, de parents proches de Germanicus, qualifié par Tacite de « plus beau des jeunes Romains », qu’elle oblige à se séparer de son épouse. Toujours selon Tacite, Silius cède à Messaline, sur que son refus lui vaudrait la mort et espérant aussi de larges récompenses pour son acceptation, ce qu’il obtient : sans discrétion, Messaline fréquente assidûment la demeure de Silius et y transfère même du mobilier, des esclaves et des affranchis en provenance de la maison impériale[A 142],[229].

La liaison des amants culmine par leur mariage officiel, une prise de risque que Tacite qualifie de fabuleuse[A 143], tout en étant comme les autres historiens persuadé de son authenticité[220]. Tandis que Dion Cassius affirme que Messaline eut le désir d’avoir plusieurs époux, Tacite attribue l’idée de ce mariage à Silius, préférant le risque à l’attente, disposé à maintenir les pouvoirs de Messaline et à adopter son fils Britannicus. Profitant que Claude séjourne à Ostie pour superviser les arrivées de blé, Messaline demeure à Rome[A 117]. Son union avec Silius est célébré dans les règles, selon une date annoncée d’avance, avec un contrat préalablement signé devant témoins, cérémonie avec prise des auspices et sacrifice aux dieux, banquet nuptial[230]. Suétone est le seul à révéler une manipulation à la limite du vraisemblable : Claude signe aussi le contrat de mariage, car on lui fait croire à un mariage simulé, destiné à détourner un péril qui l’aurait menacé d’après les présages[A 76]. Pour Castorio, cet élément qu’ignorent Tacite et Dion Cassius n’est qu’une rumeur sans fondement historique, participant à l’image d’imbécillité de Claude[231]. Quoiqu’il en soit, les spécialistes du droit romain considèrent que le mariage de Messaline, dument célébré, a pour effet la répudiation de Claude[232].

Au lieu de se rendre maîtres de Rome, les mariés mènent dans leurs jardins une fête des vendanges qui tourne à la bacchanale, épisode invraisemblable du récit de Tacite[233]. La riposte est organisée par les affranchis Calliste, Narcisse et Pallas. Convaincus que ce mariage va faire de Silius le nouvel empereur, ils redoutent de ne plus bénéficier de la même complaisance qu’avec Claude. Autre raison, en faisant condamner à mort Polybe, un des leurs, Messaline a rompu leurs liens de complicité[A 144],[234]. Il leur faut donc éliminer Messaline en empêchant toute entrevue avec Claude, qu’elle pourrait amadouer. Aux dires de Tacite, seul Narcisse agit, les deux autres restent passifs, Pallas par lâcheté, Calliste par prudence[235]. Narcisse va à Ostie, fait informer Claude du remariage de Messaline, et ramène à Rome son maître paniqué. Ils se dirigent vers la caserne des prétoriens, mais, semble-t-il par méfiance envers un des préfets du prétoire, Claude confie les pleins pouvoirs militaires à Narcisse, pour un jour. Après quelques mots adressés aux soldats sur son infortune, Claude rentre au palais et préside un tribunal improvisé. Arrêté sur le forum, Caius Silius prie qu’on hâte sa mort. D’autres anciens amants de Messaline sont exécutés, y compris Mnester, qui proteste qu’il n’avait fait qu’obéir à l’ordre de Claude[236]. La répression frappe aussi le préfet des vigiles et un chef d’école de gladiateurs, ce qui indiquerait des complicités armées, quoique de faible valeur combative face aux prétoriens[237]. Enfin, Claude dine copieusement, bientôt gavé, il perd colère et lucidité, et demande Messaline. Narcisse prend alors l’initiative d’envoyer des soldats tuer Messaline dans les jardins qu’elle avait pris à Valerius Asiaticus[A 143],[237]. Ensuite, le sénat décide la damnatio memoriae de Messaline, avec la destruction de ses statues et le martelage de son nom sur les inscriptions[238].

Si Tacite appuie son scénario sur la folle libido de Messaline et la passivité fataliste de Silius, face à l’aveuglement et la faiblesse de Claude compensés par la réactivité de son affranchi, une version longtemps acceptée[239], certains historiens modernes rejetent ces stéréotypes et réinterprètent le déroulement des faits. Ainsi en 1934, Arnaldo Momigliano voit Caius Silius comme le meneur d’une révolution sénatoriale[240],[241], complot accepté par Messaline, qui se sent menacée par la montée de popularité du fils d’Agrippine[242]. Une révision originale a été proposée en 1956 par Jean Colin, qui refuse de voir un complot ou un mariage réel noué entre Messaline et Silius. Comme le décrit Tacite, tandis que Claude est à Ostie, ils célèbrent la fête des vendanges, durant laquelle, selon Colin, Messaline suit un rituel d’initiation bachique, similaire à une cérémonie de mariage. Narcisse aurait alors présenté à Claude cette initiation comme un véritable mariage menaçant son pouvoir et obtenu l’élimination de Messaline et de Silius[243]. Castorio remarque que cette thèse ingénieuse requiert un Claude grossièrement dupé, caricature que les historiens n’admettent plus[244]. Mais force est de constater que malgré plus de cinquante ans de recherches sur des écrits lacunaires et biaisés, les historiens n’ont pu proposer une reconstitution admissible par une majorité de leurs confrères[245].

Agrippine[modifier | modifier le code]

La disparition de Messaline suscite de nouvelles ambitions matrimoniales dans la maison impériale, chaque affranchi a sa candidate : Pallas soutient Agrippine la Jeune, dernière enfant vivant de Germanicus, Calliste est pour Lollia Paulina, fille de consul et sans enfant, enfin Narcisse propose un remariage avec Ælia Pætina, autrefois répudiée par Claude mais irréprochable[A 145]. Claude penche pour Agrippine, mais épouser sa nièce est assimilé à un inceste et interdit par la coutume romaine. Mais Claude obtient sans difficulté du Sénat une nouvelle loi l’autorisant à épouser Agrippine, « dans l’intérêt supérieur de l’État »[A 19],[246].

Généalogie simplifiée du couple Claude-Agrippine, vers 49-54. En grisé, personnes décédées à ces dates

Sitôt impératrice, Agrippine fait lever l’exil de Sénèque et lui confie l’éducation de son fils. Elle fait rompre les fiançailles d’Octavie avec Lucius Silanus, en le faisant accuser d’inceste avec sa propre sœur, puis fiance Néron à Octavie[A 146]. Enfin, elle élimine sa rivale Lollia Paulina en l’accusant d’avoir consulté des mages sur le mariage de Claude. Ce dernier la fait exiler par le Sénat pour ce projet dangereux, puis elle est contrainte au suicide[A 147],[247]. Enfin en 50, prétextant les exemples d’Auguste et de Tibère qui avaient préparé leur succession sur deux jeunes héritiers, Agrippine fait adopter son fils par Claude, le jeune Domitius Ahenobarbus devient Claudius Néron, frère de Britannicus et son aîné de trois ans[A 148]. En 53, Néron épouse Octavie et fait à seize ans sa première prestation au Sénat, en prononçant un discours érudit en faveur de l’exemption d’impôts de Troie, cité ancêtre des Romains, puis un autre en faveur des îles de Rhodes, pour leur accorder l’autonomie interne[A 149],[A 66]. En 54, Agrippine renforce encore sa position en faisant condamner la grand-mère maternelle de Britannicus Domitia Lepida qu’elle trouve trop familière avec Néron, en l’accusant d’avoir pratiqué des envoutements et créé des troubles en Calabre avec ses esclaves[A 150],[248].

Décès[modifier | modifier le code]

D’après Suétone et Tacite, dans les mois précédant sa mort, Claude regrette son mariage avec Agrippine et l’adoption de Néron ; il se lamente ouvertement de ses épouses « impudiques, mais non impunies » et envisage de donner sa toge virile à Britannicus, quoiqu’il n’ait pas encore l’âge[A 151],[A 152]. Si Dion Cassius affirme que Claude veut éliminer Agrippine et désigner Britannicus comme son successeur[A 32], les autres auteurs sont moins clairs sur les intentions de Claude[249]. Il a soixante-quatre ans et sa santé s’est dégradée, d’après Suétone, il sent que sa fin est proche, fait son testament et recommande aux sénateurs de prendre soin de ses fils[A 153],[250].

Empoisonnement[modifier | modifier le code]

Claude dit de Gabies, musée du Louvre Ma1231

Claude meurt le matin du , après un festin terminé dans l’ivresse et la somnolence, suivi d’un coma douloureux durant la nuit. Tous les auteurs antiques qui parlent de la mort de Claude évoquent la thèse de l’empoisonnement grâce à un plat de champignon, Tacite, Suétone et Dion Cassius accusent Agrippine d’en être l’instigatrice, Flavius Josèphe fait état de rumeurs apparues rapidement[A 154]. Sénèque, protégé d’Agrippine, fait bien sûr exception et parle d’une mort naturelle[A 155],[251].

Mais quelques détails sur les circonstances du décès varient. Suétone exploite diverses sources, et constate que Claude meurt à Rome, lors du repas traditionnel des sodales augustales, ou bien pendant un banquet au Palais[A 156]. L’effet du poison est décrit par Suétone selon les deux versions qu’il a recueillies : soit une seule ingestion provoque l’hébétude et la perte de parole, puis la mort après une longue agonie, soit Claude connait un répit, rejette une partie de son repas en vomissant et par une diarrhée, avant de recevoir une nouvel dose empoisonnée[A 156]. Si Dion Cassius rapporte un empoisonnement en une seule tentative, Tacite ne retient que la seconde version, avec l’usage d’une plume introduite par le médecin Xénophon dans le gosier, prétendument pour aider Claude à vomir et enduite d’un poison violent[A 157]. Ce dernier détail est douteux, car on ne connait pas de poison antique capable d’agir par contact direct avec les muqueuses[252].

La mort de Claude est un épisode des plus discutés[253]. Certains auteurs modernes doutent de l'empoisonnement de Claude et ont parlé de folie ou de vieillesse. Ferrero attribue sa mort à une gastro-entérite[254]. Scramuzza rappelle que c’est un lieu commun de faire de chaque empereur la victime d'un acte criminel, mais admet la thèse de l’empoisonnement[255]. Levick émet l’hypothèse d’une mort causée par les tensions engendrées par le conflit de succession avec Agrippine mais conclut que le déroulement des faits rend l'assassinat plus probable[256]. Médicalement, plusieurs détails fournis par les auteurs antiques, l’incapacité d’élocution mais la persistance de la sensibilité à la douleur, la diarrhée, l’état semi-comateux, sont cohérents avec des symptômes d’empoisonnement[252]. S’il reste difficile de se prononcer avec certitude sur les causes du décès de Claude, Eugen Cizek relève une anomalie significative dans la circulaire impériale annonçant l’avènement de Néron : elle n’évoque que très brièvement la mort de Claude, ce qui est contraire à tous les usages[257].

Apothéose et postérité[modifier | modifier le code]

Plan de la Rome antique, en rouge emplacement du Temple de Claude.

Le lendemain de la mort de Claude, Agrippine consigne Britannicus dans ses appartements et présente Néron aux prétoriens, ce dernier promet un donativum équivalent à celui qu'avait donné son père, soit 15 000 sesterces à chacun. Puis il prononce un discours devant le Sénat, qui lui décerne les titres impériaux et décrète l'apothéose de Claude[A 158],[258]. Claude est ainsi le premier empereur divinisé après Auguste[259]. Agrippine fit édifier un temple dédié à son culte, le Temple du Divin Claude, sur une immense terrasse aménagée sur le Caelius. Néron abolit ce culte après la mort d'Agrippine et transforma ce temple en nymphée dominant la Domus aurea, puis Vespasien le restaura et rétablit le culte du divin Claude[A 159],[A 160].

Dion Cassius rapporte que Néron, Agrippine et Gallion, le frère de Sénèque, plaisantèrent ensuite sur la mort et l'apothéose de Claude, déclarant que les champignons étaient bien un mets des dieux, puisqu'il était devenu dieu grâce à eux. Sénèque à son tour renchérit par une satire parodiant l'apothéose de Claude, l'Apocoloquintose[A 161]. Ce texte désigne Claude comme le princeps Saturnalicius (prince des Saturnales, fête romaine durant laquelle l'ordre établi s'inverse). Après sa mort douloureuse, il se dirige laborieusement vers l'Olympe, où les Dieux assemblés comme le Sénat le jugent, et où le divin Auguste l'accable et prononce contre lui un décret de proscription[260]. Rejeté sur Terre puis aux Enfers, de nouveau mis en accusation par Éaque, un des juges des Enfers, Claude est offert à Caligula comme esclave, puis est encore abaissé en devenant l'esclave d'un affranchi dirigeant un des bureaux impériaux[261]. Les procès successifs que subit Claude sont autant de remises en cause de sa légitimité politique, de sa politique d'octroi de la citoyenneté romaine et d'ouverture du Sénat aux élites provinciales [262].

Dynastie julio-claudienne[modifier | modifier le code]

Noms et titres[modifier | modifier le code]

Noms successifs[modifier | modifier le code]

  • -10, né TIBERIVS•CLAVDIVS•DRVSVS
  • 4, adoption de son frère aîné Germanicus : TIBERIVS•CLAVDIVS•NERO•GERMANICVS
  • 41, acclamé imperator : TIBERIVS•CLAVDIVS•CÆSAR•AVGVSTVS•GERMANICVS

Titres et magistratures[modifier | modifier le code]

Titulature à sa mort[modifier | modifier le code]

À sa mort en 54 Claude avait la titulature suivante :

TIBERIVS•CLAVDIVS•CÆSAR•AVGVSTVS•GERMANICVS, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIÆ•POTESTATE•XIV, CONSVL•V, IMPERATOR•XXVII, PATER•PATRIÆ

Un temple était dédié à Claude à Camulodunum (Colchester), première capitale et première colonie romaine de la province de Bretagne[A 162].

Claude dans l'art[modifier | modifier le code]

Sculpture[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Exposition[modifier | modifier le code]

En 2018-2019, une exposition lui est dédiée au musée des beaux-arts de Lyon.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Malgré la présentation misérabiliste de Suétone, 800 000 sesterces représentent deux fois la fortune minimale pour être membre de l’ordre équestre
  2. Deux millions de sesterces représentent deux fois la fortune minimale pour appartenir à l’ordre sénatorial
  3. Pour une solde de prétorien à deux deniers par jour, cette prime représente cinq années de solde
  4. D’après Tacite, Annales, XIII, 4, la différenciation entre la gestion de la Maison impériale et la « République » ne semble être faite qu’à partir de Néron[162].
  5. L'assèchement du lac Fucin ne fut réalisé qu’au XIXe siècle par le prince Alessandro Raffaele Torlonia (it), qui fit tripler la taille du tunnel claudien originel.

Références[modifier | modifier le code]

Références antiques[modifier | modifier le code]

  1. Suétone 1990, Cl.,29 ; Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 2, 8.
  2. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 8
  3. Tacite, Annales, XII, 8
  4. Suétone 1990, Cl.,1.
  5. a, b et c Dion Cassius, Histoires romaines, LX, 2.
  6. a, b et c Suétone 1990, Cl.,3.
  7. Suétone 1990, Cl.,3,1-2.
  8. a, b et c Suétone 1990, Cl.,2.
  9. a et b Sénèque, Apocoloquintose, 6.
  10. a, b et c Suétone 1990, Cl.,30.
  11. Sénèque, Apocoloquintose, 5.
  12. Sénèque, Apocoloquintose, 12, 1.
  13. Suétone 1990, Cl., 35, 36, 37, 39, 40.
  14. Suétone 1990, Cl., 5, 21, 40.
  15. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 2, 5, 12, 31.
  16. Suétone 1990, Cl.,33.
  17. a, b, c, d et e Suétone 1990, Cl.,41.
  18. a et b Suétone 1990, Cl.,4.
  19. a et b Suétone 1990, Cl.,26.
  20. Inscription reconstituée par T. Mommsen, référencée CIL V, 6416
  21. Suétone, Auguste, 101 ; Claude, 4
  22. a, b et c Suétone 1990, Cl.,6.
  23. Tacite, Annales, I, 54
  24. a et b Suétone 1990, Cl.,5.
  25. Inscription référencée CIL VI, 40348
  26. Tacite, Annales, III, 10-15
  27. Tacite, Annales, III, 18
  28. Tacite, Annales, III, 29
  29. Suétone 1990, Cl.,27.
  30. Sénèque, Apocoloquintose, 14, 5
  31. Suétone 1990, Cl.,8 et 32-33.
  32. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 34.
  33. Aurelius Victor, 4, 1
  34. Suétone 1990, Cl.,31.
  35. Sénèque, Apocoloquintose, 13, 3
  36. Tacite, Annales, IV, 35
  37. Tacite, Annales, XI, 15
  38. Cf. par exemple la lettre de Claude aux habitants de Trente, dans laquelle il parle de l'« isolement obstiné » de Tibère. Voir aussi Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, où un édit de Claude mentionne la folie et le manque de jugement de Caligula.
  39. Tacite, Annales, XI, 13-14
  40. Tacite, Annales, VI, 46
  41. Suétone, Tibère, 74 ; Caius, 14
  42. Suétone, Caius, 29 et 33
  43. Suétone 1990, Cl., 6.
  44. Suétone 1990, Cal., 15.
  45. Suétone 1990, Cl., 7.
  46. Dion Cassius, Histoire romaine, LIX, 6
  47. Suétone 1990, Cl.,9.
  48. Suétone 1990, Cl.,9,4.
  49. a et b Suétone 1990, Cl.,16.
  50. Suétone, Claude, 27, mais Suétone se contredit dans la même phrase en situant l’événement sous le second consulat de Claude, en 42 ; Dion Cassius, LX, 33 donne aussi 42, tandis que Tacite, Annales, XIII, 15 permet de déduire une naissance en 41
  51. Suétone 1990, Cl.,8 et 9.
  52. CIL V, 24
  53. Inscription CIL III, 00381
  54. Inscription AE 1980, 638
  55. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, 1
  56. a et b Suétone 1990, Cl.,10.
  57. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, 64-67
  58. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 1
  59. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX.
  60. Flavius Josèphe, Bellum Iudiacum, II, 204–233
  61. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, (236)
  62. Suétone 1990, Cl.,38.
  63. a, b, c et d Suétone 1990, Cl.,11.
  64. Dion Cassius, Histoire romaine, LIX, 26 et LX, 4
  65. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 5
  66. a, b, c, d, e, f, g, h et i Suétone 1990, Cl.,25.
  67. Suétone 1990, Cl.,12.
  68. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 11, 8
  69. a et b Suétone 1990, Cl.,23.
  70. Suétone 1990, Cl.,37.
  71. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 14
  72. Célèbre scène rapportée par Pline le Jeune, Lettres, III, 16 et Martial, I, 13
  73. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 15 et 16
  74. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 15
  75. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 27
  76. a et b Suétone 1990, Cl.,29.
  77. Dion Cassius, Histoire romaine, XL, 29
  78. Suétone 1990, Cl.,13.
  79. Tacite, Annales, XI, 1 à 3
  80. Suétone 1990, Cl.,29,4.
  81. Sénèque, Apocoloquintose, 14, 1.
  82. a, b et c Tacite, Annales, XI, 25
  83. Suétone 1990, Cl.,17.
  84. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, XVIII, 182
  85. a et b Suétone 1990, Cl.,28.
  86. Dion Cassius, Histoires romaines, XL, 31.
  87. Dion Cassius, Histoire romaine, LIX, 17
  88. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 47.
  89. Tacite, Annales, XII, 65 ; Sénèque, Consolation à Polybe.
  90. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 17
  91. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], Livre V, I, 11.
  92. a et b Suétone, Claude, 17 ; Vespasien, 4
  93. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 19-21
  94. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 25
  95. Dion Cassius, Histoires romaines, LX, 24
  96. Tacite, Annales, XI, 18 à 20
  97. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 11, 6
  98. Tacite, Annales, XII, 60
  99. CIL III, 07251 = Dessau ILS 214
  100. Sénèque, L'Apocoloquintose, 3.
  101. Inscription CIL V, 5050
  102. Suétone 1990, Cl.,14, Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 5, 7 et Sénèque, Apocoloquintose, 7, 5.
  103. Dion Cassius, Histoire Romaine, LX, 4.
  104. Suétone 1990, Cl.,15.
  105. Sénèque, De beneficiis, 3, 26
  106. Dion Cassius, Histoire Romaine, LX, 3 et 4
  107. Suétone 1990, Cl., 16 & 25.
  108. Tacite, Annales, XI, 13 et XXV, 8
  109. Suétone 1990, Cl.,32.
  110. Dion Cassius, Histoire Romaine, LX, 29
  111. a et b Suétone 1990, Cl., 25.
  112. Suétone 1990, Cl.,19.
  113. Just. Inst, 3,3
  114. Dion Cassius, Histoire Romaine, LX, 6, 6
  115. Suétone 1990, Cl.,18, 19.
  116. Suétone 1990, Cl.,24, 19.
  117. a et b Tacite, Annales, XI, 26
  118. a, b, c et d Suétone 1990, Cl.,21.
  119. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXVI, 24, 17 (=XXX36, 121).
  120. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXVI, 24, 18 (=XXXVI, 122).
  121. Suétone, Claude, 20
  122. Suétone 1990, César.,44.
  123. Dion Cassius ; Histoire romaine, LX, 11 et 33
  124. Tacite, Annales, XII, 57
  125. Tacite, Annales, XI, 15
  126. Suétone 1990, Cl.,22.
  127. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 6
  128. Actes des Apôtres, 18:2
  129. Voir Sénèque#Conception de la religion.
  130. Sénèque, Apocoloquintose, 9.
  131. Suétone 1990, Cl., 34.
  132. Dion Cassius, Histoire romaine, LIX, 13
  133. Sénèque, Épitres, 7, 3
  134. Tacite, Annales, XI, 11
  135. Suétone, Claude, 32
  136. Suétone, Claude, 33
  137. Suétone 1990, Cl.,25 et 29 ; Vitellius, 2.
  138. Dion Cassius, LX, 2 et 28
  139. Juvénal, Satires, VI, v114-132
  140. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 22 ; Tacite, Annales, XI, 36
  141. Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 31
  142. Tacite, Annales, XI, 12
  143. a et b Tacite, Annales, XI, 27
  144. Dion Cassius, Histoires romaines, LX, 31.
  145. Tacite, Annales, XII, 1 et 2
  146. Tacite, Annales, XII, 4, 8 et 9
  147. Tacite, Annales, XII, 22
  148. Tacite, Annales, XII, 25
  149. Tacite, Annales, XII, 58
  150. Tacite, Annales, XII, 65
  151. Suétone 1990, Cl.,43.
  152. Tacite, Annales, XII, 64
  153. Suétone 1990, Cl.,46.
  154. Suétone 1990, Cl., 43, 44 ; Tacite, Annales, XII, 66–67 ; Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XX, 148, 151 ; Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 34 ; Pline l'Ancien, Histoire naturelle, II, 92, XI, 189, XXII, 92.
  155. Sénèque, Apocoloquintose, 1
  156. a et b Suétone 1990, Cl.,44.
  157. Tacite, Annales, XII, 67.
  158. Tacite, Annales, XII, 69 ; Dion Cassius, Histoires romaines, LXI, 3
  159. Suétone 1990, Cl., 55.
  160. Suétone 1990, Ves., 9.
  161. Dion Cassius, Histoires romaines, LX, 35
  162. Sénèque, Apocoloquintose, VIII, 3 ; Tacite, Annales, XL, 31

Références modernes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 23
  2. a et b Michel 2015, p. 19.
  3. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 29
  4. Jean-Marie André, « Sénèque et l'historiographie de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 24
  5. a et b Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 49-50
  6. Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 49-58
  7. Castorio 2015, p. 25
  8. a et b Gilbert-Charles Picard, « Claude rénovateur de l'Empire », colloque Claude de Lyon, p. 193
  9. Arnaldo Momigliano, L'opera dell'imperatore Claudio, Firenze, Vallecchi, 1932, collection : Collana storica, 41 ; traduit en anglais sous le titre Claudius, the Emperor, and his achievement, chez Oxford Clarendon Press, 1934.
  10. Vincenzo Scramuzza, The emperor Claudius, Cambridge : Harvard University Press, 1940.
  11. a, b et c Michel 2015, p. 20.
  12. Symposium de Fribourg, 1991
  13. Colloque Claude de Lyon, 1992
  14. Hurlet 1997, p. 539, note 22
  15. a et b Michel 2015, p. 21.
  16. Tortoriello 2004
  17. Buongiorno 2010
  18. Fasolini 2006
  19. Osgood 2010
  20. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 61.
  21. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 42.
  22. a, b, c et d Renucci 2012, p. 45.
  23. Rivière 2016, p. 49
  24. Levick 2002, p. 21.
  25. Rivière 2016, p. 52-53
  26. Zosso et Zingg 1995, p. 20
  27. Renucci 2012, p. 38.
  28. Martin 2007, p. 76-77
  29. Martin 2007, p. 199
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  31. (en) George Burden, « Tourette's Disorder - The Imperial Gene », The Medical Post,‎ (lire en ligne).
  32. (en) Ali Murad, « A neurological mystery from history: the case of Claudius Caesar », Journal of the History of the Neurosciences, vol. 19, no 3,‎ , p. 221-227 (PMID 20628951, DOI 10.1080/09647040902872775, lire en ligne).
  33. Leon (1948).
  34. Levick 2002, p. 24.
  35. Martin 2007, p. 201-202 et 231
  36. Puccini-Delbey, p. 28. L'auteur souligne comment le besoin pour Suétone de préciser par une périphrase cette particularité d'un empereur qui « porta l'amour des femmes jusqu'à l'excès, mais s'abstint de tout commerce avec les hommes » dénote l'absence du concept d'hétérosexualité dans la mentalité romaine.
  37. Rivière 2016, p. 75
  38. Jean-Marie André, « Les plaisirs de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 65
  39. Eugen Cizek, « Les publications littéraires sous le principat de Claude ? », colloque Claude de Lyon, p. 69 et 71
  40. Martin 2007, p. 146
  41. Faure, Tran et Virlouvet 2018, p. 175.
  42. Hurlet 1997, p. 2
  43. Rivière 2016, p. 69
  44. Rivière 2016, p. 137-138
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  46. a et b Renucci 2012, p. 37.
  47. Hurlet 1997, p. 543
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  50. Renucci 2012, p. 47-48.
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  52. a et b Levick 2002, p. 35-36.
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  61. Renucci 2012, p. 51.
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  64. a, b et c Rivière 2016, p. 434-435
  65. a et b Hurlet 1997, p. 555.
  66. Rivière 2016, p. 411-417 et 526, note 11
  67. Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 54
  68. Jeanne Dion, « Les publications littéraires sous le principat de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 69
  69. a et b Florence Dupont, « Les plaisirs de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 63 et 65
  70. a et b Martin 2007, p. 231.
  71. Martin 2007, p. 221
  72. Momigliano 1934, p. 4-6.
  73. a et b Levick 2002, p. 31.
  74. a, b et c Gilbert-Charles Picard, « Claude rénovateur de l'Empire », colloque Claude de Lyon, p. 194
  75. Levick 2002, p. 30.
  76. Briquel 1988, p. 219
  77. Briquel 1988, p. 220
  78. Jacques Gascou, « L'utilisation de documents de première main dans les Vies des Douze Césars de Suétone », Vita Latina, N°133, 1994, pp. 7-21 [1], p. 14
  79. Momigliano 1934, p. 83, note 20
  80. Renucci 2012, p. 55-56.
  81. Rivière 2016, p. 424
  82. Renucci 2012, p. 57.
  83. Renucci 2012, p. 58.
  84. Levick 2002, p. 42.
  85. Levick 2002, p. 43.
  86. Hurlet 1997, p. 539, note 18
  87. Renucci 2012, p. 59.
  88. Les propositions de naissance de Messaline varient entre avant 20 jusqu’après 26 ; Castorio 2015, p. 370, note 10 donne des propositions de date de treize auteurs différents
  89. Castorio 2015, p. 15-16
  90. Castorio 2015, p. 369, note 4
  91. Castorio 2015, p. 57
  92. Castorio 2015, p. 53-54
  93. Castorio 2015, p. 55
  94. Levick 2002, p. 41.
  95. Hurlet 1997, p. 556-557
  96. a et b Castorio 2015, p. 65-66.
  97. a et b Castorio 2015, p. 69.
  98. a et b Faure, Tran et Virlouvet 2018, p. 171-173.
  99. Castorio 2015, p. 67-68.
  100. Faure, Tran et Virlouvet 2018, p. 172.
  101. a, b et c Renucci 2012, p. 64.
  102. Renucci 2012, p. 63.
  103. a, b et c Faure, Tran et Virlouvet 2018, p. 176.
  104. Renucci 2012, p. 65.
  105. Castorio 2015, p. 68.
  106. Renucci 2012, p. 66.
  107. Renucci 2012, p. 67.
  108. Renucci 2012, p. 68.
  109. Renucci 2012, p. 69-70.
  110. Renucci 2012, p. 72.
  111. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 45.
  112. Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l'époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 182-183
  113. Pierre Grimal, « Les vertus de l'empereur Claude », colloque Claude de Lyon, p. 15
  114. a et b Rivière 2016, p. 433
  115. a et b Rivière 2016, p. 435
  116. Castorio 2015, p. 79.
  117. a et b Renucci 2012, p. 79.
  118. Renucci 2012, p. 80.
  119. a et b Renucci 2012, p. 267.
  120. Renucci 2012, p. 78.
  121. Castorio 2015, p. 55.
  122. Castorio 2015, p. 100-101.
  123. Papyrus de Berlin traduit par W.D. Hogarth, dans Momigliano (1934)
  124. a, b et c Pierre Grimal, « Les vertus de l’empereur Claude», colloque Claude de Lyon, p. 16
  125. a et b Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l’époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 182
  126. Renucci 2012, p. 278.
  127. Castorio 2015, p. 157-158.
  128. Castorio 2015, p. 176.
  129. Renucci 2012, p. 98 et 105.
  130. Renucci 2012, p. 95-96.
  131. Renucci 2012, p. 97-98.
  132. a et b Renucci 2012, p. 98-99.
  133. Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l’époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 182-183
  134. Renucci 2012, p. 273.
  135. Castorio 2015, p. 104.
  136. Castorio 2015, p. 106.
  137. Renucci 2012, p. 103.
  138. Castorio 2015, p. 104-105.
  139. Castorio 2015, p. 105.
  140. a et b Renucci 2012, p. 109.
  141. Renucci 2012, p. 107-109.
  142. Jean-Louis Voisin, « Visages de la mort volontaire à l’époque de Claude », colloque Claude de Lyon, p. 184-185
  143. Renucci 2012, p. 274-275.
  144. Petit 1974, p. 44 et 89
  145. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 201
  146. Renucci 2012, p. 87.
  147. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 201-203
  148. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, planche X, Fig. 3.
  149. a et b Castorio 2015, p. 81.
  150. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 204
  151. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, planche X, Fig. 4.
  152. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 205-206
  153. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 207-208
  154. Jean-Pierre Martin, « Les thèmes monétaires claudiens », colloque Claude de Lyon, p. 208-212
  155. Petit 1971, p. 130.
  156. Renucci 2012, p. 298-299.
  157. Petit 1971, p. 134.
  158. Petit 1971, p. 135.
  159. a, b et c Petit 1971, p. 137.
  160. Castorio 2015, p. 141.
  161. Castorio 2015, p. 142.
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  163. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 62.
  164. Castorio 2015, p. 113.
  165. Eugen Cizek, « Claude chez Suétone : un personnage énigmatique ? », colloque Claude de Lyon, p. 56
  166. Bengt E. Thomasson, « Provinces et gouverneurs sous Claude», colloque Claude de Lyon, p. 231
  167. René Rebuffat, « Romana arma primum Claudio principe in Mauretania bellauere », colloque Claude de Lyon, p. 299
  168. a et b Bengt E. Thomasson, « Provinces et gouverneurs sous Claude», colloque Claude de Lyon, p. 230
  169. François Richard, « Les images du triomphe de Claude sur la Bretagne », colloque Claude de Lyon, p. 364
  170. François Richard, « Les images du triomphe de Claude sur la Bretagne», colloque Claude de Lyon, p. 355
  171. Castorio 2015, p. 71.
  172. Pierre Grimal, « Les vertus de l’empereur Claude», colloque Claude de Lyon, p. 12
  173. François Richard, « Les images du triomphe de Claude sur la Bretagne», colloque Claude de Lyon, p. 356
  174. Jerzy Kolendo, « Claude et l'annexion de la Thrace », colloque Claude de Lyon, p. 322 et suiv.
  175. a et b Renucci 2012, p. 189-192.
  176. a, b et c Pierre Grimal, « Les vertus de l’empereur Claude», colloque Claude de Lyon, p. 18
  177. Gilbert Charles-Picard, « Claude rénovateur de l’Empire », colloque Claude de Lyon, p. 195 et suivantes
  178. Bengt E. Thomasson, « Provinces et gouverneurs sous Claude», colloque Claude de Lyon, p. 233-236
  179. Renucci 2012, p. 295-296.
  180. a et b Gilbert Charles- Picard, « Claude rénovateur de l’Empire », colloque Claude de Lyon, p. 196
  181. a et b Petit 1974, p. 87-88.
  182. Daniel Nony, « Claude et les Espagnols, sur un passage de l'«Apocoloquintose» », Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 4, 1968. pp. 51-72, [2]; liste de colonies claudiennes en Orient : p. 53, en Bretagne : p. 55
  183. Petit 1971, p. 101.
  184. Petit 1971, p. 88.
  185. a, b et c Levick 2002, p. 153.
  186. Renucci 2012, p. 334.
  187. Disposition connue grâce à un papyrus de Berlin, analysé par A. Fliniaux, « Une réforme judiciaire de l’empereur Claude », Revue historique du droit français et étranger, IV, 110, 1931, p. 508-519
  188. a, b et c Renucci 2012, p. 336-339.
  189. Bengt E. Thomasson, « Provinces et gouverneurs sous Claude», colloque Claude de Lyon, p. 233
  190. Renucci 2012, p. 257.
  191. A. Mocsy, Klio, 52, 1970, p. 192-198.
  192. Levick et 2002 159.
  193. H. Deviger, "Suétone, Claude, 25 et les milices équestres", Anc. Soc., 1, 1970, p. 70-81
  194. Levick et 2002 158-159.
  195. Sur le débat lié à l'extension du Pomerium, voir May, 1943-1944, p. 107 ; Syme, 1958 et Griffin, 1962.
  196. a et b Levick et 2002 161.
  197. Renucci 2012, p. 348-349.
  198. Yann Rivière, Peut-on mettre à mort son esclave ?
  199. Levick et 2002 164.
  200. Levick et 2002 163-165.
  201. Scramuzza 1940, p. 151.
  202. Levick et 2002 160.
  203. SEG, 20; 452 ; M. Guarducci, Rend. della Pont. Accad. Rom. d'Arch., 18, 1941-42, 85-98 ; L. Wenger, ZSS, 51, 1931, 369-397, Garzetti, 1974, p. 604 et suiv. ; A. Giovannini et M. Hirt, "L'inscription de Nazareth, nouvelle interprétation", ZPE, 124, 1999, 107-122.
  204. Renucci 2012, p. 312.
  205. Petit 1971, p. 140.
  206. Renucci 2012, p. 315.
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  208. Renucci 2012, p. 319-320.
  209. À titre de comparaison, le salaire annuel d'un légionnaire est de 900 sesterces ; cf. (en) Gregory S. Aldrete, Floods of the Tiber in Ancient Rome, The Johns Hopkins University Press, (ISBN 9780801884054), p. 227
  210. Robert Bedon, Les aqueducs de la Gaule romaine et des régions voisines, Presses Universitaires de Limoges, (ISBN 9782842871116, lire en ligne), p. 203
  211. (en) Gregory S. Aldrete, Floods of the Tiber in Ancient Rome, The Johns Hopkins University Press, (ISBN 9780801884054), p. 227
  212. Renucci 2012, p. 358.
  213. Renucci 2012, p. 316-317.
  214. a et b Petit 1974, p. 86.
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  216. Castorio 2015, p. 99.
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  218. Renucci 2012, p. 323, 325.
  219. André Piganiol, « Jeux séculaires », Revue des Études Anciennes, t. 38, no 2,‎ 1936, p. 220
  220. a et b Castorio 2015, p. 126.
  221. Renucci 2012, p. 318.
  222. Briquel1988, p. 217
  223. Castorio 2015, p. 10.
  224. Castorio 2015, p. 118.
  225. Castorio 2015, p. 116 et note 37.
  226. Castorio 2015, p. 138.
  227. Castorio 2015, p. 199.
  228. Castorio 2015, p. 151.
  229. Castorio 2015, p. 129-130.
  230. Castorio 2015, p. 135.
  231. Castorio 2015, p. 139.
  232. Castorio 2015, p. 140.
  233. Castorio 2015, p. 146.
  234. Castorio 2015, p. 142-143.
  235. Castorio 2015, p. 143-144.
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  237. a et b Castorio 2015, p. 150.
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  240. Momigliano 1934, p. 120
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  242. Castorio 2015, p. 178-179.
  243. Jean Colin, « Les vendanges dionysiaques et la légende de Messaline », 1956
  244. Castorio 2015, p. 183-185.
  245. Castorio 2015, p. 185.
  246. Renucci 2012, p. 140.
  247. Renucci 2012, p. 142-143.
  248. Castorio 2015, p. 40.
  249. Renucci 2012, p. 359.
  250. Renucci 2012, p. 360.
  251. Martin 2007, p. 390-391
  252. a et b Martin 2007, p. 393.
  253. Martin 2007, p. 390.
  254. G. Ferrero, « Néron », Revue de Paris, 1906
  255. Scramuzza, 1940, p. 92–93
  256. Levick 2002, p. 76-77.
  257. Eugen Cizek, Néron, Fayard, 1982, p. 82-83
  258. Petit 1974, p. 93
  259. Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet 2016, p. 85.
  260. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 200 et 203
  261. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 201
  262. Cels-Saint-Hilaire 1994, p. 204

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources antiques (traductions)[modifier | modifier le code]

Études historiques[modifier | modifier le code]

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]
  • Paul Petit, La paix romaine, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes », (1re éd. 1967)
  • Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, t. III Le Bas-Empire, Seuil, (ISBN 2020026775).
  • François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, Paris, édition Errance, , 256 p. (ISBN 2877722260).
  • Régis Martin, Les douze Césars, du mythe à la réalité, Perrin, (1re éd. 1991) (ISBN 978-2-262-02637-0).
  • Géraldine Puccini-Delbey, La vie sexuelle à Rome, Paris, Points, (1re éd. 2007), 384 p. (ISBN 978-2-7578-1791-9).
  • Claude Briand-Ponsard et Frédéric Hurlet, L'Empire romain d'Auguste à Domitien, Paris, Armand Colin, , 3e éd. (1re éd. 2001) (ISBN 978-2-200-61414-0).
  • Patrice Faure, Nicolas Tran et Catherine Virlouvet, Rome, cité universelle : De César à Caracalla, 70 av. J.-C.-212 apr.J.-C., Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », , Sous la direction de Joël Cornette (ISBN 978-2-7011-6496-0)
Ouvrages sur Claude et ses proches[modifier | modifier le code]
  • H. Bardon, Les empereurs et les lettres latines d’Auguste à Hadrien, Les Belles Lettres, (1re éd. 1940)
  • (fr + it + es) Yves Burnand, Yann Le Bohec et Jean-Pierre Martin, Claude de Lyon, empereur romain : actes du colloque, Paris-Nancy-Lyon, novembre 1992, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, , 537 p. (ISBN 284050054X) comprenant :
    • J.-M. André, « Sénèque et l’historiographie de Claude », p. 23-39.
    • E. Cizek, « Claude chez Suetone : un personnage énigmatique ? », p. 47-58.
    • J. Dion, « Les publications littéraires sous le principat de Claude », p. 69-79.
    • Y. Burnand, « Le Gentilice Claudius en Narbonaise et dans les trois Gaules », p. 105-127.
    • J. Devreket, « Claude et le Sénat : signification et portée de l’’’oratio claudiana’’ » ; p. 129-135.
    • R. Turcan, « Templum divi Claudii », p. 161-167.
    • R. Frei-Stolba, « Claude et les Helvères : le cas de C. Julius Camillus, p. 255-275.
    • Fr. Bérard, I. Cogitore, M. Tarpin, « Une nouvelle inscription claudienne à Lyon », p. 373-389.
    • A. Desbat, A. Delaval, « ‘’Colonia Copia Claudia Augusta Lugdunum’’ : Lyon à l’époque claudienne », p. 407-431.
  • Janine Cels-Saint-Hilaire, « Histoire d'un Saturnalicius Princeps. Dieux et dépendants dans l'Apocolocyntose du divin Claude », dans Religion et anthropologie de l'esclavage et des formes de dépendance, Actes des colloques du Groupe de recherche sur l'esclavage dans l'antiquité, Besançon, 4-6 novembre 1993, Presses Universitaires de Franche-Comté, (lire en ligne), p. 179-208
  • M. Durry, « Les empereurs comme historiens d’Auguste à Hadrien », dans O. Reverdi, Histoire et historiens dans l’Antiquité, Fondation Hardt, , p. 78-97.
  • Ph. Fabia, La table claudienne de Lyon, Audin,
  • Virginie Girod, Agrippine, sexe, crimes et pouvoir dans la Rome impériale, Paris, Tallandier, , 300 p..
  • Barbara Levick (trad. de l'anglais par Isabelle Cogitore), Claude [« Claudius »], Infolio, coll. « Memoria », (1re éd. 1990), 316 p. (ISBN 2-88474-201-8).
  • Anne-Claire Michel, La Cour sous l'empereur Claude : Les enjeux d'un lieu de pouvoir, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire / Aulica Univers de la cour », , 378 p. (ISBN 978-2-7535-4202-0)
  • Pierre Renucci, Claude, l'empereur inattendu, Paris, Perrin, , 384 p. (ISBN 2262037795)
    Cet ouvrage néglige complètement les apports historiographiques modernes, n'utilise que les sources littéraires antiques sans rigueur scientifique et n'hésite pas à abuser de passages psychologisants[1].
  • Jean-Noël Castorio, Messaline, la putain impériale, Biographie Payot, , 460 p. (ISBN 978-2-228-91177-1)
  • Yann Rivière, Germanicus, Perrin, , 576 p. (ISBN 978-2-262-03770-3).
Articles[modifier | modifier le code]
  • A. Alexandropoulos, « La propagande impériale par les monnaies de Claude à Domitien : quelques aspects d’une évolution », Pallas, no 40,‎ , p. 79-90
  • Dominique Briquel, « Claude, érudit et empereur », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 132ᵉ année, no 1,‎ , p. 217-232 (lire en ligne)
  • Frédéric Hurlet, « La Domus Augusta et Claude avant son avènement : la place du prince claudien dans l'image urbaine et les stratégies matrimoniales », Revue des Études Anciennes, t. 99, nos 3-4,‎ , p. 535-559 (lire en ligne)
  • Jean Melmoux, « L'action politique de Polybe de 41 à 47 et la puissance des affranchis sous le règne de Claude », Bulletin de l'Association Guillaume Budé, no 3,‎ , p. 393-402 (lire en ligne).
  • Régis Martin, « Les paradoxes de l'empereur Claude », Revue des études latines, no 67,‎ , p. 149-162
  • M. Trannoy-Coltelloni, « La place des sénateurs au cirque : une réforme de l'empereur Claude », REA, no 101,‎ , p. 487-498

Ouvrages en langues étrangères[modifier | modifier le code]

  • (en) J.-C. Aveline, Tacitus’portrayal of Claudius, University of Calgary,
  • (en) A. Barret, Agrippina : sex, power, and politics in the early empire, Yale University Press,
  • (en) A. Barret, Livia, first lady of imperial Rome, Yale University Press,
  • (it) Pierangelo Buongiorno, Senatus consulta Claudianis temporibus facta : una palingenesi delle deliberazioni senatorie dell'età di Claudio (41-54 d.C.), Naples, Edizioni scientifiche italiane, coll. « Collana della Facoltà di giurisprudenza, Università del Salento : nuova serie » (no 22), (notice BnF no FRBNF42588565)
  • (de) W. Eck, « Die Julisch-claudische familie : Frauen neben Caligula, Claudius und Nero », dans H. Temporini, G. Vitzthum, Die Kaiserinnen Roms. Von Livia bis Theodora, Munich, C.H. Beck, , p. 116-133.
  • (it) D. Fasolini, Aggiornamento bibliografico ed epigrafico ragionato sull’imperatore Claudio, Milan, Vita e Pensiero, (ISBN 9788834313763)
  • (it) A. Galimberti, « La rivolta del 42 e l’opposizione senatoria sotto Claudio », dans M. Sorti, Fazioni e congiure nel mondo antico, Milan, Vita e Pensiero, , p. 205-215.
  • (en) A.G.G. Gibson, The Julio-claudian succession, Reality and perception of the « Auguste model », Leiden, Brill,
  • (en) Arnaldo Momigliano (trad. W. D. Hogarth), Claudius: the Emperor and His Achievement, Cambridge, W. Heffer and Sons Ltd, (réimpr. 1961).
  • (en) Thomas de Coursey Ruth, The Problem of Claudius, Johns Hopkins Diss., 1916.
  • (en) J. Osgood, Claudius Cesar. Image and power in the early roman empire, Cambridge university Press,
  • (en) Vincenzo Scramuzza, The Emperor Claudius, Cambridge, Harvard University Press,
  • (de + en + fr) Volker Michael Strocka, Die Regierungszeit des Kaisers Claudius (41-54 n. Chr.). Umbruch oder Episode ? : actes du symposium de Fribourg des 16-18 février 1991, Mayence, , 331 p. (ISBN 3-8053-1503-1) comprenant :
    • S. Demougin, « Claude et la société de son temps », p. 11-22.
    • W. Eck, « Die Bedeutung der claudischen Regierungszeit für die administrative Entwicklung des rönlischen Reiches, p. 23-34
    • H.M. Von Kaenel, « Zur « Prägepolitik » des Kaisers Claudius Überlegungen zur Funktion von frisch geprägtem Edelmetall », p. 45-68.
    • W. Trillmich, « Aspekte der « Augustus-Nachfolge » des Kaisers Claudius », p. 68-89.
    • B. Andreae, « Zur Einheitlichkeit der Statuenausstattung im Nymphäum des Kaisers Claudius bei Baiae », p. 222-243.
    • S. Döpp, « Claudius in Senecas ‘’Trostschrift an Polybius », p. 295-304.
    • M.T. Griffin, « Claudius in the judgement of the next half-century », p. 307-316
  • (de) W. Trllmich, Familienpropaganda der Kaiser Caligula und Claudius. Agrippina Maior und Antonia Augusta auf Münzen, Berlin, de Gruyter,
  • (de) H.M. Von Kaenel, Münzprägung und Münzbildnis des Claudius, Berlin, de Gruyter,
Articles en langue étrangères[modifier | modifier le code]
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  • (en) A. Barret, « Claudius’british victory arch in Rome », Britannia, no 22,‎ , p. 1-19
  • (en) A. Barret, « The date of Claudius’british campaign and the mint of Alexandria », CQ, nos 48-2,‎ , p. 574-577
  • (en) S. Benko, « The edict of Claudius od A.D. 49 and the instigator Chrestus », ThZ, no 25,‎ , p. 406-418
  • (de) Fr. Bernstein, « Von Caligula zu Claudius. Der Senat und das Phantom der Freiheit », HZ, nos 285-1,‎ , p. 1-18
  • (en) D. G. Bird, « The Claudius invasion campaign reconsidered », OJA, nos 19-1,‎ , p. 91-104
  • (en) E. W. Black, « Sentius Saturninus and the roman invasion of Britain », Britannia, no 31,‎ , p. 1-10
  • (en) Ch. Bruun, « Some comments on early claudian consulships », Arctos, no 19,‎ , p. 5-18
  • (en) P. Burgers, « Coinage and state expenditure : the reign of Claudius AD 41-54 », Historia, nos 50-1,‎ , p. 96-114
  • (en) T. F. Carney, « The changing picture of Claudius », AClass, no 3,‎ , p. 99-104
  • (it) G. Cavalieri Manasse, « L’imperatore Claudio e Verona », Epigraphica, no 54,‎ , p. 9-41
  • (it) L. Chioffi, « Ferter Resius : tra l’augurium di Romolo e il promerium di Claudio », Rendiconti della Pontificia Accademia Romana di Archeologia, no 65,‎ 1992-1993, p. 127-153
  • (it) F. Coarelli, « Il tempio di ‘’Minerva capta’’ sul Celio e la ‘’domus’’ di Claudio », Rendiconti della Pontificia Accademia Romana di Archeologia, no 70,‎ 1997-1998, p. 209-218
  • (it) Federico Di Matteo, « ’’Domus suburbana Claudii’’ », RAL, no 14,‎ , p. 79-87
  • (de) T. A. Dorey, « Claudius und seine Ratgeber », Altertum, no 12,‎ , p. 144-155
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  • (en) B. M. Levick, « Claudius: Antiquarian or Revolutionary? », American Journal of Philology no 99, 1978, p. 79-105.
  • (en) Ernestine F. Leon, « The Imbecillitas of the Emperor Claudius », Transactions and Proceedings of the American Philological Association no 79, 1948, p. 79-86.
  • (en) D. McAlindon, « Claudius and the Senators », American Journal of Philology no 78, 1957, p. 279-286.
  • (en) A. Major, « Was He Pushed or Did He Leap? Claudius' Ascent to Power », Ancient History, no 22,‎ , p. 25-31
  • (en) Stewart Irvin Oost, « The Career of M. Antonius Pallas », American Journal of Philology, no 79, 1958, p. 113-139.
  • (en) F.X. Ryan, « Some Observations on the Censorship of Claudius and Vitellius, AD 47–48 », American Journal of Philology no 114, 1993, p. 611-618.
  • (en) E.G. Suhr, « A Portrait of Claudius », Am. J. Arch. no 59, 1955, p. 319-322.
  • (it) A. Tortoriello, « I Fasti consolari degli anni di Claudio », Atti. classe de scienze morali, storiche e filologiche, 9e série, vol. 17 fasc. 3,‎ , p. 393-691 (ISSN 0391-8149)[2]
  • (en) D. W. T. C. Vessey, « Thoughts on Tacitus' Portrayal of Claudius », American Journal of Philology,‎ , p. 393-401
  • (en) T.P. Wiseman, « Calpurnius Siculus and the Claudian civil war », JRS, no 67,‎ , p. 57-67
  • (en) S.E. Wood, « Messalina, wife of Claudius : propaganda successes and failures of his reign », JRA, no 5,‎ , p. 219-234
  • (it) F. Zevi, « Claudio e Nerone. Ulisse a Baia e nella domus aurea », dans Ulisse, il mito e la memoria. Roma, Palazzo delle esposizioni, 22 febbaio - 2 settembre 1996, Rome, Progetti museali, , p. 316-331

Œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]