Chrétien

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Pourcentage de chrétiens par pays (chiffres du Pew Research Center).

Un chrétien est une personne qui adhère à la religion issue de Jésus de Nazareth, le christianisme, et suit son enseignement rapporté par les Évangiles. Il peut se former en suivant l'enseignement d'une autorité religieuse (une Église) et/ou en étudiant l'Évangile seul ou avec d'autres personnes.

Le mot « chrétien » provient du mot « Christ » qui est la traduction du grec Khristos, lui-même traduisant le mot hébreu Massiah désignant le « Messie », c'est-à-dire l'« Oint du Seigneur[1] », celui qui est consacré par une onction divine d'huile sacrée.

Au centre de la foi chrétienne est la Bonne Nouvelle, selon laquelle l'humanité a espoir de rédemption à travers l'enseignement de Jésus-Christ, sa mort sur la croix et sa résurrection. Les chrétiens croient que Jésus est le Messie annoncé dans la Bible hébraïque[2]. Une majorité de chrétiens croient en la Trinité, ce qui n'est pas le cas des Chrétiens Unitariens.

Avec plus de 340 millions de Chrétiens persécutés à travers le monde en 2020[3], le Christianisme est la religion la plus persécutée (avec une hausse de 10̥ pour cent entre 2019 et 2020). Les Chrétiens d’Orient sont les plus touchés. En tête du classement on retrouve la Corée du Nord, l'Afghanistan et la Somalie. Il ne reste environ plus que 350 000 chrétiens en Irak, contre 1,4 million en 1987. En égypte les coptes orthodoxes sont souvent pris pour cibles par des extrémistes musulmans à travers des actes isolés ou des attentats de masse. L’arrivée de l’État islamique a aggravé leur situation. À présent ils sont en danger dans certaines régions comme le Sinaï. Les chrétiens de Mossoul et de la plaine de Ninive ont été les plus touchés. Ils devaient choisir entre l’exil, la conversion à l’Islam ou la mort. À Mossoul le ن ou « nūn » (désignant les Chrétiens dans le Coran) est placardé sur les habitations des Chrétiens et a été repris sur les réseaux sociaux (notamment Twitter) par solidarité envers ces derniers. En Syrie, la moitié des Chrétiens a fui, à cause des persécutions des djihadistes[4].

Les chrétiens sont répartis en trois grandes confessions : les catholiques, les orthodoxes et les protestants. Certaines confessions chrétiennes sont à la recherche de leur unité à travers le mouvement interconfessionnel de l'œcuménisme, d'autres la refusent[5],[6],[7].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot grec Χριστιανός (khristianos) — « disciple du Christ » — est dérivé du mot Χριστός (Christos) — celui qui est oint — avec une fin adjectivale empruntée au latin qui signifie « adhérer à » ou « faire partie de »[8]. Dans la Septante grecque, « Christos » est utilisé pour traduire le mot hébreu מָשִׁיחַ (Messie), qui veut dire « (celui qui est) oint » [par Dieu][9].

Utilisation ancienne du terme[modifier | modifier le code]

Dans le Nouveau Testament, ce terme figure pour la première fois dans les Actes des Apôtres (11:26) : « […] et ce fut à Antioche que pour la première fois les disciples furent nommés chrétiens ». On le trouve à nouveau dans Ac 26:28, le roi Hérode Agrippa II répondant à l'apôtre Paul : « Tu me persuades presque d'être chrétien. » La troisième et dernière référence à ce mot est dans 1 Pierre 4:16 : « Mais si c'est comme « chrétien » qu'il souffre, qu'il n'en éprouve aucune honte ; qu'il fasse, au contraire, honneur à Dieu en se montrant digne de ce nom. »

L'utilisation du mot « chrétiens » se référait, d'une manière péjorative, au fait que ceux-ci ne reconnaissaient pas la divinité de l'empereur de Rome[10]. Le mot est employé pour la première fois à Antioche, ville grecque de Syrie, vers l'année 44[11]. Il est sans doute devenu coutume à partir de l'époque d'Ignace d'Antioche et Polycarpe de Smyrne, probablement à cause de l'acceptation du terme par Pierre[12].

Les premières apparitions du terme dans de la littérature laïque incluent Flavius Josèphe, qui parle de « la tribu des chrétiens »[13] ; Pline le Jeune dans sa correspondance avec Trajan ; et Tacite, qui écrit vers la fin du Ier siècle. Dans ses Annales, il décrit que « par une vulgaire appellation (ils étaient) communément appelés chrétiens »[14] et les identifie comme les responsables du grand incendie de Rome selon Néron[15].

Un autre terme qui apparaît dans le Nouveau Testament est celui de « nazaréen », qui désigne Jésus à plusieurs reprises dans les Évangiles. Ce mot vient du nom de la ville de Nazareth. Les chrétiens des premières générations étaient également appelés de la sorte[16]. L'équivalent hébreu de Nazaréens, « Notzrim », apparaît dans le Talmud babylonien.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bickerman (1949), p. 145 : « The Christians got their appelation from "Christus," that is, "the Anointed," the Messiah. »
  2. (en) « BBC — Religion & Ethics — Christianity at a glance », BBC.
  3. « 340 millions de chrétiens persécutés dans le monde en 2020 », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  4. « Qui sont ces chrétiens d'Orient qui connaissent la persécution dans une région qui a vu naître la foi chrétienne ? », sur Info Chrétienne, (consulté le 5 février 2021)
  5. Pierre WHEELER, Œcuménisme la grande séduction, Dozulé, Édition Barnabas, , 143 p.
  6. Bernard Prunneaux, Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église, Mulhouse, Centre de recherches, d'information et d'entraide, , 40 p. (lire en ligne)
  7. Mission Timothée, Afin qu'ils soient un, Anduze, Association Mission Timothée, , 72 p., Page 29
  8. Bickerman, 1949, p. 147 : « All these Greek terms, formed with the Latin suffix -ianus, exactly as the Latin words of the same derivation, express the idea that the men or things referred to, belong to the person to whose name the suffix is added. »
    p. 145 : « In Latin this suffix produced proper names of the type Marcianus and, on the other hand, derivatives from the name of a person, which referred to his belongings, like fundus Narcissianus, or, by extension, to his adherents, Ciceroniani ».
  9. « Messiah », Etymology Online.
  10. Wuest, p. 19 : « Here in Antioch, the name Christianos was coined to distinguish the worshippers of the Christ from the Kaisarianos, the worshippers of Caesar. »
  11. Wuest, p. 19 : « The city of Antioch in Syria had a reputation for coining nicknames. »
  12. Christine Trevett, Christian women and the time of the Apostolic Fathers, 2006 : « 'Christians' (christianoi) was a term first coined in Syrian Antioch (Acts 11: 26) and which appeared next in Christian sources in Ignatius, Eph 11.2; Rom 3.2; Pol 7.3. Cf. too Did 12.4; MPol 3.1; 10.1; 12.1-2; EpDiog 1.1; 4.6; 5.1; »
  13. (en) Flavius Josèphe, « Antiquities of the Jews - XVIII, 3:3 ».
  14. (en) Cornelius Tacite et Arthur Murphy, The works of Cornelius Tacitus : with an essay on his life and genius, notes, supplements, &c, Thomas Wardle, (lire en ligne), p. 287.
  15. (en) Bruce, Frederick Fyvie, The Book of the Acts, Grand Rapids, Eerdmans, , 541 p. (ISBN 978-0-8028-2505-6, lire en ligne), p. 228.
  16. Bulletin of the School of Oriental and African Studies, volume 65, Issue 1, University of London, School of Oriental and African Studies, 2002 « … around 331, Eusebius says of the place name Nazareth that 'from this name the Christ was called a Nazoraean, and in ancient times we, who are now called Christians, were once called Nazarenes';6 thus he attributes this designation … »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Étymologie
  • (en) Elias J. Bickerman, « The Name of Christians », The Harvard Theological Review, vol. 42, no 2,‎ april, 1949, p. 109-124 (JSTOR 1507955).
  • (de) Elias J. Bickerman, Studies in Jewish and Christian history : Pt.1, Leyde (homonymie), Brill, , 288 p. (ISBN 978-90-04-04395-4, lire en ligne).
  • (en) Kenneth Samuel Wuest, Wuest's word studies from the Greek New Testament : For the English Reader, 1973, , 3499 p. (ISBN 978-0-8028-2280-2, lire en ligne).
Historique
  • Jean Verdon, Être chrétien au Moyen Âge, Éditions Perrin, Paris, 2018