Mohammad Reza Pahlavi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Muhammad Shah.
Mohammad Reza Chah
محمدرضا شاه
Mohammad Reza Pahlavi Chahinchah Aryamehr, en 1973.
Mohammad Reza Pahlavi Chahinchah Aryamehr, en 1973.
Titre
Chah d'Iran (Perse)
[1]
(&&&&&&&&&&01366237 ans, 4 mois et 25 jours)
Couronnement
Premier ministre Mohammad Ali Foroughi
Ali Soheili
Ahmad Ghavam
Ali Soheili
Mohammad Saed Maraghei
Morteza Gholi Bayat
Ebrahim Hakimi
Mohsen Sadr
Ebrahim Hakimi
Ahmad Ghavam
Reza Hekmat
Ebrahim Hakimi
Abdolhossein Hajir
Mohammad Saed Maraghei
Ali Mansur
Ali Razmara
Hossein Ala'
Mohammad Mossadegh
Ahmad Ghavam
Mohammad Mossadegh
Fazlollah Zahedi
Hossein Ala'
Manouchehr Eghbal
Jafar Sharif-Emami
Ali Amini
Asadollah Alam
Hassan Ali Mansur
Amir Abbas Hoveida
Jamshid Amouzegar
Jafar Sharif-Emami
Gholam Reza Azhari
Shapour Bakhtiar
Prédécesseur Reza Chah
Successeur Abolhassan Bani Sadr (président de la République islamique d'Iran)
Rouhollah Khomeini (guide de la révolution)
Reza Pahlavi (de jure)
Prince impérial d'Iran

(&&&&&&&&&&&0575415 ans, 9 mois et 1 jour)
Prédécesseur Prince Fereydoun Mirza Qajar
Successeur Prince Reza Pahlavi
Biographie
Dynastie Pahlavi
Nom de naissance Mohammad Reza Pahlavi
Date de naissance
Lieu de naissance Téhéran (Iran)
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Le Caire (Égypte)
Père Reza Chah
Mère Tadj ol-Molouk
Conjoint 1) Fawzia bint Fuad
(1938-1949)
2) Sorayah Esfandiari Bakhtiari
(1951-1958)
3) Farah Diba
(1959-1980)
Enfant(s) Premier mariage :
Princesse Chahnaz Pahlavi
Troisième mariage :
Prince Reza Pahlavi, prince impérial
Princesse Farahnaz Pahlavi
Prince Ali-Reza Pahlavi
Princesse Leila Pahlavi
Héritier Ali-Reza Pahlavi (1922-1954) (1941-1954)
Ali Patrick Pahlavi (1954-1960)
Reza, prince impérial
(depuis 1960)

Mohammad Reza Pahlavi
Monarques d'Iran

Mohammad Reza Chah Pahlavi ou Muhammad Rizā Shāh Pahlevi (en persan : محمد رضا شاه پهلوی), né le à Téhéran et mort le au Caire, Il était le deuxième et dernier monarque de la Chambre des Pahlavi Homayouni de la monarchie persane est le dernier chah d'Iran qui régna du au (événement dit du 22 Bahman 1357). Contraint à l'exil le , il fut remplacé par un conseil royal et renversé par la Révolution iranienne. Mohammad Reza Pahlavi n'a jamais abdiqué officiellement[2].

Mohammad Reza succéda à son père, Reza Chah, lorsque ce dernier fut contraint d’abdiquer en septembre 1941, peu après l'invasion anglo-soviétique. À la tête d'un empire occupé, soumis au bon vouloir de Churchill et Staline, le jeune chah fut également confronté aux tentatives sécessionnistes dans les provinces du nord-est et aux rébellions tribales dans le sud du pays. Après la Seconde Guerre mondiale, Mohammad Reza Pahlavi se rapprocha progressivement des États-Unis et entretint des liens très étroits avec la Maison-Blanche, en particulier avec les présidents Dwight Eisenhower et Richard Nixon.

L’essor de la production pétrolière au Moyen-Orient entraîna sous son règne une crise internationale qui allait opposer le Premier ministre nationaliste Mossadegh et la Grande-Bretagne. Appuyé par l’armée et les services secrets anglo-américains qui renversèrent Mossadegh, Mohammad Reza Pahlavi fut restauré sur le trône après un bref exil en Italie. Évoluant ensuite vers une conception plus nationale, réformiste et autoritaire de la politique intérieure, le chah d’Iran entreprit, par référendum, un vaste programme de progrès social et de développement économique (la Révolution blanche) associé à une répression des mouvements d’opposition incarnée par la Savak. À l’extérieur, tout en demeurant un allié de premier plan pour les Américains et les chancelleries occidentales, Mohammad Reza Pahlavi se rapprocha progressivement de l’Union soviétique puis de la Chine, traduisant ainsi un désir d’émancipation et de neutralisme.

Si la politique volontariste du chah améliora considérablement le niveau de vie des Iraniens et permit au pays une modernisation rapide dans les années 1960 et 1970, elle contribua à élargir le fossé économique, social et culturel entre une élite fortement occidentalisée et une classe populaire sensible au conservatisme religieux. En 1978, de plus en plus critiqué, le chah dut faire face à un soulèvement populaire (la Révolution iranienne) qui s'accentua au fil des mois et d'où émergèrent les fondamentalistes chiites inspirés par l'ayatollah Khomeini. En janvier 1979, après avoir perdu progressivement ses soutiens traditionnels et l'appui occidental, Mohammad Reza Pahlavi nomma en dernier recours l'opposant social-démocrate Shapour Bakhtiar au poste de Premier ministre et quitta ensuite l'Iran. Le renversement du gouvernement Bakhtiar et la déclaration de neutralité de l'armée, quelques semaines plus tard, précipitèrent sa chute et contribuèrent à l'avènement de Khomeini. Contraint à l'exil et atteint d'un cancer, Mohammad Reza Chah Pahlavi décéda en Égypte l'année suivante.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1919 à 1941, les jeunes années[modifier | modifier le code]

Du fils d'officier au prince héritier[modifier | modifier le code]

Mohammad Reza Pahlavi vit le jour le dimanche 26 octobre 1919 à l'hôpital Ahâmadiyeh, dans les quartiers sud de Téhéran[3]. Fils aîné de Reza Khan, officier cosaque au seuil d'une irrésistible ascension[4], il était le second enfant porté par Nimtaj Khanum, future reine-mère Tadj ol-Molouk (1896-1982), et le frère jumeau de la princesse Ashraf Pahlavi[3]. Ses jeunes années sans histoire se confondaient avec la fin de règne d'Ahmad Chah. Au bord du gouffre financier et de l'effondrement institutionnel, la Perse des Qadjar se trouvait en effet dans un "état de sous-développement abyssal"[5]. Ce fut dans ce contexte particulier de déclin dynastique et de confusion nationale qu'émergea le père de Mohammad Reza Pahlavi. Devenu dès 1921 le nouvel homme fort du pays, le général Reza Khan allait occuper successivement les postes de chef de l’armée et de gouvernement, avant de ceindre la couronne impériale sous le nom de règne de Reza Chah Pahlavi en 1925. Le jeune Mohammad Reza devint dès lors le nouveau prince héritier.

Une grande fratrie[modifier | modifier le code]

Troisième enfant d’une fratrie composée de sept garçons et quatre filles, Mohammad Reza Pahlavi est le frère cadet de la princesse Chams (1917-1996) et le demi-frère de la princesse Fatimah, dite Hamdan Saltaneh (1912-1992), née d’une précédente union. La princesse Ashraf (née en 1919) et le prince Ali-Reza (1922-1954) sont respectivement sa sœur jumelle et son seul frère de mère non qadjare. Ses demi-frères et demi-sœur d’ascendance qadjare (donc non dynastes) sont les princes Gholam-Reza (né en 1923) — mais l’intéressé a déclaré que sa mère était simplement apparentée aux Qadjars[6], Abdol-Reza (1924-2004), Ahmad-Reza (1925-1981), Mahmoud-Reza (1926-2001), la princesse Fatimah (1928-1987) et l’ex-prince Hamid-Reza (1932-1992), déchu par son frère et devenu Hamid Islami sous la République islamique[7].

Du collège suisse à l'école militaire[modifier | modifier le code]

En 1925, bénéficiant d'une éducation stricte à la fois militaire et occidentale, Mohammad Reza Pahlavi gagna le prytanée Nezam, deux jours après qu'une loi lui eut conféré le titre de prince héritier. Une fois son certificat d'étude obtenu, à la fin de l'été 1931, Mohammad Reza Pahlavi quitta l'Iran afin de poursuivre son instruction en Suisse, dans le canton de Vaud. En 1936, au terme des cinq années passées au collège du Rosey (Institut Le Rosey), à Rolle, le jeune prince revint au pays et acheva son apprentissage à l'École des officiers de Danechkadéyé-Afsari. Il reçut le diplôme des mains de son père le 28 septembre 1938, avec le grade de sous-lieutenant. Arrivé au terme de sa formation, il fut aussitôt fiancé à la princesse Fawzia d'Égypte, la sœur du roi Farouk Ier qu'il n'avait jamais vue auparavant. Moins d'un an plus tard, le 15 mars 1939, les cours d'Iran et d'Égypte étaient unies.

De 1941 à 1949, un roi sans expérience et sous dépendance[modifier | modifier le code]

Mohammad Reza Pahlavi jeune

Accession au trône[modifier | modifier le code]

Suite à l'abdication de son père, écarté du pouvoir par les Anglais et les Soviétiques au début de la Seconde Guerre mondiale, Mohammad Reza devient Chah d'Iran le 16 septembre 1941. Le jeune homme inexpérimenté, qui se trouve propulsé sur le trône du Paon à l'aube de ses vingt-deux ans, débute son règne avec un pouvoir purement nominal et protocolaire, sévèrement limité par les Britanniques[8]. Exaspérés par les libertés prises par Reza Chah, ces derniers avaient caressé l'idée de réhabiliter la dynastie Kadjar. Aussi, jetèrent-ils leur dévolu sur Soltan Hamid Mirza qui était le fils de l'ancien régent Mohammad Hassan Mirza et le neveu d'Ahmad Chah Qajar. Toutefois la probabilité de voir ce prétendant monter sur le trône paraissait bien faible tant son profil révélait des failles non négligeables : Soltan Hamid Mirza ne parlait pas le persan et connaissait bien mieux Londres et la Riviera italienne que sa terre natale quittée à l'âge de quatre ans.

L’occupation anglo-soviétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : crise irano-soviétique.

Mohammad Reza Pahlavi succède à son père en septembre 1941 dans un contexte difficile, l'Iran étant en partie occupé par les armées anglo-soviétiques. Sous l'impulsion du Premier ministre Mohammad Ali Foroughi, le jeune chah laisse s'instaurer un régime plus démocratique et octroie aux forces alliées le droit de transiter du golfe Persique vers l’URSS: en échange, un traité (janvier 1942) garantit l'intégrité territoriale et le départ des armées d'occupation six mois après la fin de la guerre. En 1945-1946, alors que le conflit mondial est arrivé à son terme, Mohammad Reza Pahlavi et le Premier ministre Ghavam os-Saltaneh sont confrontés à diverses menées séparatistes, notamment en Azerbaïdjan iranien et au Kordestan, ainsi qu'au refus soviétique d'évacuer les provinces du nord sans négociations préalables. C'est à l'issue de l'intervention militaire dans les provinces rebelles et d'une offensive diplomatique orchestrée par Ghavam os-Saltaneh que le jeune monarque, naguère peu estimé par les grandes puissances, gagne en prestige et devient le symbole de l'unité nationale retrouvée.

L'attentat de l'université de Téhéran[modifier | modifier le code]

Mohammad Reza Pahlavi à l'hôpital après l'attentat du 4 février 1949

Le 4 février 1949, soit quelques mois à peine après avoir échappé à la mort dans un accident d'avion, lors d'une visite d'inspection au barrage de Zayandeh rud, le chah devait faire l'objet d'une tentative d'assassinat durant les célébrations du dixième anniversaire de l'Université de Téhéran[9]. Arrivé par la porte principale du bâtiment, Mohammad Reza Pahlavi devait recevoir deux balles d'un pistolet de petit calibre, un 6,35 mm[10]. La première balle atteignit la joue droite, passant entre la gencive et la lèvre, pour sortir sous le nez. La seconde effleura le dos, arrachant des chairs de l'omoplate[11]. Bien que les blessures eussent été jugées graves, elles étaient plus impressionnantes que mortelles ; aucun organe vital n'ayant été touché, le chah n'eut à subir que des points de suture et sortit de l'hôpital militaire no 1 quelques heures après. De retour au palais impérial, Mohammad Reza Pahlavi s'adressa à la nation dans un communiqué radiodiffusé et poursuivit ses activités comme à l'accoutumée[12].

La cause exacte de l'attentat devait demeurer une énigme, car l'agresseur fut tué durant sa fuite par des gardes qui étaient peu au fait des règles du Code pénal[13]. Tout au plus, l'enquête révéla que l'auteur de l'attentat s'appelait Nasser Fakhr-Araï, qu'une carte de presse lui avait permis de déjouer la surveillance et qu'il était membre du Tudeh[14]. Les investigations policières révélèrent en outre des complicités dans les rangs islamistes. En effet, il apparut que Nasser Fakhr-Araï était employé par le quotidien Parchamé Eslam (la Bannière de l'islam), un organe de presse proche des Fedayin de l'islam de Navvab Safavi, et avait obtenu sa carte de presse grâce à une intervention de l'ayatollah Kachani, figure influente du courant conservateur chiite et mentor de Ruhollah Khomeiny[15],[16]. Selon toute vraisemblance, le militant communiste n'était pas un tireur professionnel puisqu'il éprouva de grandes difficultés à toucher sa cible malgré la courte distance (deux mètres) qui le séparait du chah. Sur les six balles contenues dans le pistolet, trois s'étaient logées dans le képi du souverain et une resta bloquée dans le barillet[11]. Pris de panique, Nasser Fakhr-Araï jetta son arme, détala et fut abattu aussitôt après, en pleine course.

L'iranologue Yann Richard souligne le caractère ambigu de cet attentat qui fit l'objet d'une exploitation médiatique. De fait, le chah bénéficia d'un regain de popularité et fut dès lors placé dans un contexte plus favorable pour justifier certaines initiatives visant à neutraliser l'opposition et à renforcer les prérogatives royales. Ceci expliquerait en conséquence, selon l'iranologue français, l'interdiction du parti Tudeh le jour même de l'attentat et les mesures coercitives prises à l'encontre des dirigeants des Fedâ'iyân-e eslâm, qui ne tardèrent pas à être arrêtés ou exilés. Parmi ceux-ci figurait l'ayatollah Abou al-Qassem Kachani qui fut expulsé au Liban. Parallèlement à ces mesures, Yann Richard soutient la thèse selon laquelle le chah aurait mis à profit cet attentat en obtenant plus de pouvoirs au détriment du jeu parlementaire alors en vigueur. La loi fondamentale iranienne fut en effet révisée en mai 1949, soit deux mois à peine après la tentative d'assassinat. Toutefois, Yann Richard ne fournit aucune preuve pour étayer cette théorie.

Une autre théorie du complot gouvernemental a été par ailleurs avancée par l'ancien ministre et parlementaire Ezzatolah Sahabi. Cité par la revue Pajouhesh en juin 2008, ce proche du courant réformateur accuse Mohammad Saed et Haj Ali Razmara, d'avoir été à l'origine de la conspiration. Selon lui, le Premier ministre et le chef d'état-major de l'époque auraient en outre ordonné l'élimination de Fakhr-Araï afin de "brouiller les pistes". Néanmoins, tout comme la thèse défendue par Yann Richard, la théorie du complot d'Ezzatolah Sahabi ne repose sur aucune preuve connue.

De 1949 à 1953, les années Mossadegh[modifier | modifier le code]

La lutte de pouvoir[modifier | modifier le code]

À l’aube des années 1950, l’enjeu énergétique et la Guerre froide vont placer l’Iran au centre des préoccupations géostratégiques de la Grande-Bretagne, de l’Union soviétique et des États-Unis. En effet, Londres tient absolument à conserver sa maîtrise du Golfe Persique et sa mainmise sur les champs pétrolifères, par le biais de l’AIOC. De son côté, Moscou convoite les ressources naturelles de la Mer Caspienne et s’appuie sur le parti Tudeh pour influencer le cours des événements. Quant à la Washington, sous l’impulsion de la CIA et du cartel des Sept Sœurs, elle n’entend plus se laisser damer le pion par les puissances coloniales traditionnelles : il importe désormais d’ancrer durablement le modèle américain, tant d’un point de vue économique, politique qu’idéologique, au cœur du Moyen-Orient.

La nationalisation du pétrole[modifier | modifier le code]

Coup d'État et restauration[modifier | modifier le code]

Aidé par la CIA et le MI6 britannique au cours de l'opération Ajax, le chah remonte rapidement sur le trône. L'ancien Premier ministre Mossadegh est condamné à 3 ans d'emprisonnement.

De 1953 à 1971, apogée du règne[modifier | modifier le code]

Renforcement du pouvoir personnel[modifier | modifier le code]

Le chah devient dès la fin des années 1950 un des dirigeants les plus importants du Moyen-Orient, grâce notamment au pétrole, à une armée puissante et à l'appui des États-Unis (Opération Ajax). Après avoir régné en souverain constitutionnel jusqu'à la chute du gouvernement de Mossadegh, il évolue vers une conception plus autoritaire et autocratique du pouvoir, supprimant le multipartisme et s'appuyant sur une police politique : la SAVAK.

Avec la Révolution blanche, Mohammad Reza Pahlavi modernise progressivement l'Iran pour en faire un pays occidentalisé. Son père Reza Chah avait lancé la construction d'un Iran laïc et à l'image de ce que Mustafa Kemal Atatürk a fait pour la Turquie : une révolution industrielle et culturelle.

La Révolution blanche concerne une série de mesures destinées à moderniser le pays, comme une réforme agraire, la constitution du corps de Sepah-e Danech (l'armée du savoir) pour alphabétiser les populations, la relève du suffrage universel, y compris pour les femmes, la mise en place d'un examen professionnel pour les aspirants théologiens islamiques (les mollahs) et ce en rupture avec les vieilles traditions religieuses.

Couronnement[modifier | modifier le code]

C’est à l’automne 1967, le 26 octobre, qu’eurent lieu les cérémonies du sacre de Mohammad Reza Pahlavi. Durant les vingt-six années qui s’étaient écoulées depuis sa prestation de serment, en septembre 1941, le chah n’avait pas envisagé de ceindre la couronne impériale. Tant qu’il ne sentait pas l’Iran suffisamment engagé dans la voie du développement économique et social, il ne voulait pas « être le roi d’un pays pauvre »[17] et n’éprouvait aucune fierté à être couronné devant un peuple encore pauvre et en partie illettré[18].

Célébrations des 2500 ans de la monarchie iranienne[modifier | modifier le code]

Le chah a organisé du 12 au 16 octobre 1971 une fête spectaculaire, pour les deux mille cinq cents ans de l'Empire perse, sur le site de Persépolis, siège des rois d'Iran depuis des siècles. Monarques et présidents de monde entier ont fait le déplacement pour assister à cette folie destinée à célébrer la prodigieuse modernisation de l'Iran ainsi que son glorieux passé. Les Iraniens sont censés prendre conscience du prestige de leur pays dans le monde. Mais ce qu'ils virent, c'est que le chah a dépensé trois cents millions de dollars en tentes de soie équipées de toilettes en marbre, et en mets et vins pour vingt-cinq mille personnes, venus en avion depuis Paris.

L'Ayatollah Khomeiny condamna ces excès depuis Nadjaf, évoquant les millions d'Iraniens pauvres qui, selon lui, réclamaient l'aide du clergé pour la construction de bains publics: "Les crimes des rois d'Iran ont noirci les pages de l'histoire... Que sont devenues ces belles promesses, ces allégations prétentieuses selon lesquelles le peuple serait prospère et heureux?"

La chute[modifier | modifier le code]

Sa politique a donné lieu à une croissance économique très forte durant les années 1960 et 1970. Cependant, en 1978, devant la brutalité des méthodes de la SAVAK, le faste ostentatoire des plus riches et de la famille impériale et une sclérose démocratique, le président américain Jimmy Carter demande au chah de libéraliser son pays.

Le chah fait appel à ses opposants les plus libéraux, comme Chapour Baktiar, pour tenter de sauver le régime impérial perçu comme trop autoritaire et trop occidentalisé en particulier par les conservateurs religieux. Le nouveau Premier ministre, pour pouvoir rétablir la situation, demande au chah de quitter l'Iran pour une durée indéterminée (le chah lui-même voulait absolument quitter le pays). Par mesure de sécurité, l'armée boucle tous les accès au quartier nord, la banlieue cossue où se situe la résidence des souverains. Le chah et l'impératrice Farah quittent en hélicoptère le palais de Niavaran pour l'aéroport de Mehrabad. Le 16 janvier 1979, l'avion transportant le couple impérial et quelques collaborateurs décolle : c'est le début de l'exil du chah.

L'exil[modifier | modifier le code]

Le départ (16 janvier 1979)[modifier | modifier le code]

Le chah et l'impératrice Farah peu avant leur départ en exil.
"Chah raft - le roi s'en va " - Une du journal Ettela'at du 16 janvier 1979

Le 16 janvier 1979, le chah se lève à l’aube et s’isole dans son bureau durant quelques heures. Il rejoint la chahbanou en fin de matinée. Suivant l’usage persan avant un long voyage, Mohammad Reza Pahlavi et l’impératrice Farah passent sous le Coran, après avoir distribué des objets précieux, des bijoux personnels et de l’argent. Ils saluent une dernière fois les militaires, dont le général Abdollah Badreï, et le personnel de la maison impériale avant de prendre place dans un des deux hélicoptères affrétés pour rejoindre l’aéroport de Mehrabad. Accueilli par des officiers et quelques civils, le couple impérial fait une brève déclaration à la presse iranienne et attend l’arrivée de Shapour Bakhtiar qui devait être préalablement investi par le Majles en tant que nouveau chef de l'exécutif. Ce dernier, accompagné par Djavad Saïd, le président du parlement, est aussitôt transporté par hélicoptère pour se joindre aux officiers, aux pilotes, aux personnalités de la Cour et aux membres de la Garde impériale rassemblés sur le tarmac de l’aéroport. Après avoir échangé quelques mots avec son Premier ministre, le chah salue les personnes présentes et monte dans un Boeing 707 bleu et blanc. Il est suivi par l’impératrice Farah et par quelques proches et collaborateurs. Aussitôt à bord, le chah prend les commandes de l’appareil baptisé Châhine qu'il va piloter jusqu’à la sortie de l’espace aérien national. Tandis que l’avion vole à destination de l’Égypte, où les souverains iraniens sont attendus par le couple Sadate, le quotidien national Ettela'at titre en première page « Chah raft » (le roi s'en va)[19]. De son côté, la population iranienne est partagée entre liesse, désolation et incertitude.

Première étape égyptienne (16 au 22 janvier 1979)[modifier | modifier le code]

Accueillis dans un premier temps par le président Sadate, devenu au fil des années un allié et un ami fidèle, le chah et l'impératrice Farah séjournent à Assouan durant une semaine. Persuadé que la résistance serait mieux organisée à partir du territoire égyptien, le Raïs insiste pour que le couple impérial reste sur place. Le chah ne veut pas l'encombrer et sur l'invitation du roi Hassan II, un autre allié de longue date, il reprend l'avion à destination de Marrakech le 22 janvier 1979. Deux jours plus tôt, durant une conférence de presse, le président Jimmy Carter avait fait savoir que sa présence n'était plus souhaitée aux États-Unis : divisée au sein même de son administration et après avoir tenu des discours contradictoires des mois durant, la Maison-Blanche décide clairement d'abandonner son allié de naguère. Contrairement à ce qui avait été annoncé par les médias au début du mois de janvier, la famille impériale ne va donc pas s'installer à Palm Springs, en Californie, sur l'initiative de Nelson et David Rockefeller.

Étape marocaine (22 janvier au 30 mars 1979)[modifier | modifier le code]

C'est durant son séjour au Maroc que le souverain empêché apprend la nouvelle du retour d'exil de Khomeiny et la fin du gouvernement de Shapour Bakhtiar, renversé par les révolutionnaires et privé du soutien de l'armée qui s'est déclarée neutre. Le régime islamique s'impose et va organiser une purge (la plupart des anciens ministres et officiers de l'ancien régime, encore présents en Iran, sont jugés et exécutés). Des menaces sont proférées contre les pays qui accepteraient d'accueillir le chah, dont le retour est exigé : les chefs religieux veulent le traduire en justice. Malgré les conseils et l'assurance du soutien du roi Hassan II, l'exil marocain n'excède pas trois semaines : arrivé en urgence de Paris, Alexandre de Marenches tire la sonnette d'alarme. Reçu en audience au palais de Rabat, le chef des services secrets français informe que les religieux iraniens ont l'intention d'enlever ou d'attenter à la vie des membres de la famille royale marocaine si celle-ci s'obstine à soutenir le chah. Hassan II refuse de céder au chantage, mais Mohammad Reza Pahlavi préfère éviter ce scénario : il décide donc de quitter le sol marocain.

Étape des Bahamas (30 mars au 10 juin 1979)[modifier | modifier le code]

Roberto Armao, le responsable des relations publiques de la famille Rockefeller, est dépêché pour trouver une autre terre d'accueil. Devant faire face au refus ou aux tergiversations des alliés d'autrefois, l'émissaire reçoit finalement une réponse favorable de l'archipel des Bahamas. La solution demeure néanmoins provisoire puisque les souverains déchus n'obtiennent qu'un visa de trois mois et sont confinés dans une petite maison en bord de mer. Installés depuis le 30 mars 1979 à Paradise Island, aux Bahamas, les souverains iraniens sont cette fois acceptés par le Mexique, sur l'insistance conjointe de Roberto Armao et d'Henry Kissinger.

Étape mexicaine (10 juin au 22 octobre 1979)[modifier | modifier le code]

La Villa de las Rosas, située dans une impasse de Cuernavaca, devient le nouveau havre de paix. Alors que tout laisse présager que le Mexique sera le point final de l'exil, la maladie dont souffre le chah depuis 1974 se rappelle à son souvenir : les ganglions du cou sont fortement enflés. Le professeur Flandrin, l'assistant du professeur Jean Bernard, est appelé de Paris en consultation. Pour la première fois le mot cancer est évoqué en présence du chah. Atteint de la maladie de Waldenström[20], Mohammad Reza Pahlavi doit subir une intervention chirurgicale dans les plus brefs délais : la chimiothérapie, à base de Chlorambucil, prescrite par les hématologues français, a atteint ses limites et il devient impératif de procéder à une splénectomie. Sceptique, l'administration Carter envoie ses propres médecins pour l'informer de l'état de santé du chah.

Première étape américaine (22 octobre au 1er décembre 1979)[modifier | modifier le code]

L'admission du souverain au New York Hospital du Centre médical Cornell sera à l'origine de la crise iranienne des otages de l'ambassade américaine de Téhéran[21]. Le chah est opéré mais seule la vésicule biliaire est extraite, tandis qu'un calcul reste dans le canal biliaire et que la rate, dont les proportions ont été jugées inquiétantes par les professeurs Flandrin et Coleman, est laissée en l'état[22]. La situation devenant intenable, Mohamed Reza Pahlavi est à présent transféré au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center où il doit suivre une cure de radiothérapie avant de pouvoir retourner à Cuernavaca. Mais la pression diplomatique contraint le président José López Portillo à renoncer à ses engagements, refusant désormais la présence du couple impérial sur le sol mexicain.

Seconde étape américaine (1 au 15 décembre 1979)[modifier | modifier le code]

L'administration Carter prend la décision de transférer le chah et l'impératrice Farah sur la base militaire de Lackland, proche de San Antonio, au Texas, dans l'attente d'un départ vers une autre terre d'exil. Le couple impérial quitte New-York le 1er décembre 1979. À la Maison-Blanche, l'anxiété et les craintes dues à l'affaire des otages exigent un départ rapide du territoire américain. Après avoir sondé différents pays susceptibles d'accueillir les souverains iraniens, Jimmy Carter reçoit finalement un avis positif du président panaméen Omar Torrijos. Dépêché sur la base de Lackland, Hamilton Jordan, le chef de cabinet de Carter, fait part de la proposition au chah qui accepte de partir pour le Panama où les Américains, alors gardiens du canal, peuvent assurer une protection militaire et fournir des soins médicaux adaptés[23].

Étape panaméenne (15 décembre 1979 au 24 mars 1980)[modifier | modifier le code]

Mohammad Reza Pahlavi s'installe dans une maison moderne sur l’île de Contadora, dans l’archipel des Perles, le 15 décembre 1979. Mais le répit n'est que de courte durée : les mollahs et Sadegh Ghotbzadeh, le ministre iranien des affaires étrangères, tentent d'obtenir son extradition avec l'aide des avocats franco-argentin Christian Bourguet et Hector Villalon. Le gouvernement panaméen, d'abord disposé à accueillir les souverains déchus, change de position : il ne verrait pas d'objection à négocier une extradition. Anouar el-Sadate, qui avait toujours demandé que les Pahlavi demeurent en Égypte, réitère son invitation. C'est donc le retour à la première destination d'exil, mais avant cela l'avion va être bloqué plusieurs heures dans l'archipel des Açores : des avocats, chargés par le régime islamique, tentent par ce moyen d'arrêter le Chah. L'avion décolle le 24 mars 1980 avant que les autorités locales ne reçoivent officiellement la demande.

Seconde étape égyptienne (24 mars au 27 juillet 1980)[modifier | modifier le code]

Mohammad Reza Pahlavi, extrêmement diminué par la maladie, est installé au palais Koubeh avec les membres de sa famille. Transféré d'urgence à l'hôpital Ma'adi le 25 mars 1980, il doit subir une splénectomie : le professeur Michael E. DeBakey enlève la rate, mais laisse le foie infecté et ne dispose pas de drain sur le pancréas qui a été touché au cours de l'intervention chirurgicale. La dégradation de l'état de santé du chah nécessite une nouvelle opération qui n'est désormais plus assurée par le professeur DeBakey, mais par une équipe médicale française. Le 30 juin 1980, le docteur Pierre-Louis Fagniez procède au pompage d'un litre et demi de pus et à l'extraction des débris du pancréas[24]. Suivra une agonie de plusieurs semaines qui prendra fin le dimanche 27 juillet 1980 vers 5 h du matin.

Funérailles[modifier | modifier le code]

Les obsèques de Mohammad Reza Chah Pahlavi, dernier empereur d'Iran, eurent lieu deux jours plus tard, le 29 juillet 1980. Pour les circonstances, Anouar el Sadate offre des funérailles nationales grandioses à celui qu'il considère comme un ami et un allié : trois millions de Cairotes s'étaient rassemblés tout le long du parcours reliant le palais d'Abedin à la mosquée al-Rifai[25]. Des centaines d'étudiants de l'Académie militaire conduisaient en musique la procession, vêtus d'uniformes blanc, jaune et noir, selon leur rang. Derrière les cadets marchaient des soldats arborant des couronnes de roses et d'iris, flanqués d'officiers à cheval et suivis directement par un escadron d'hommes qui portaient les décorations militaires du chah sur des coussins de velours noir. Le cercueil, drapé dans les couleurs de l'Iran impérial, reposait sur un affût de canon tiré par huit chevaux arabes. Il précédait le cortège à la tête duquel marchaient la chahbanou, les enfants du couple impérial et les frères du chah. Aux côtés des Pahlavi se tenaient le couple Sadate et l'ancien président américain Richard Nixon. Ce dernier, venu à titre privé, dénonça l'indignité de l'administration américaine et des principaux alliés occidentaux à l'égard du monarque déchu[26]. Si la plupart des chefs d'État et de gouvernement en fonction n'assistèrent pas à la cérémonie, certains pays comme les États-Unis, la France, l'Allemagne de l'Ouest, l'Australie et Israël dépêchèrent néanmoins leurs ambassadeurs[27]. Représenté par un de ses proches, Moulay Hafid Alaoui, le roi Hassan II avait offert une pièce de tissu brodé de prières qui avait recouvert la Kaaba: le présent du souverain marocain devait être déposé sur le linceul du chah avant son inhumation[28]. Parmi les autres personnalités qui avaient fait le déplacement au Caire figuraient l'ex-roi Constantin II de Grèce et son épouse, Anne-Marie de Danemark, ainsi que le prince Vittorio Emanuele di Savoia. À la mosquée al-Rifai, la dépouille du chah fut descendue, en sous-sol dans un caveau particulier, en présence de ses deux fils.

L'impératrice Farah Diba et l'héritier du trône, son fils Reza Pahlavi, sont très impliqués aujourd’hui dans les mouvements d’opposition au régime iranien au niveau international.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Mohammad Reza Pahlavi s’est marié trois fois et a eu cinq enfants.

La reine Fuzeye (Fawzia), la reine Soraya et la reine Farah.

Fawzia d’Égypte[modifier | modifier le code]

La reine Fawzia, Mohammad Reza Chah Pahlavi et leur fille Chahnaz en 1941

Reza Chah, après avoir rétabli la grandeur de l'Iran, avait voulu la rendre manifeste en mariant le prince héritier à une princesse musulmane de haute lignée[29]. La nouvelle constitution stipulant qu'aucun descendant de la dynastie Qadjar, par les hommes ou par les femmes, ne pouvait monter sur le trône iranien, le vieux monarque porta son choix sur une jeune étrangère de sang royal : Fawzia bint Fuad, la sœur du roi d'Égypte[30].

Le 26 mai 1938, le palais impérial annonce qu'une délégation conduite par le Premier ministre Mahmoud Djam va se rendre au Caire pour convenir du mariage entre le prince héritier et Fawzia d’Égypte, fille du roi Fuad Ier et sœur du jeune Farouk Ier, intronisé deux ans auparavant. Les fiancés ne se sont jamais vus, ne parlent pas la même langue, et il importe surtout à Reza Chah que la toute jeune dynastie Pahlavi gagne en légitimité aux yeux du monde. Moins d'un an plus tard, le 16 mars 1939, Mohammad Reza Pahlavi épouse la princesse Fawzia au palais d'Abedin, au Caire, selon le rite chiite. Une seconde cérémonie, de rite sunnite, se déroule à Téhéran, au Palais impérial du Golestan, le 25 avril 1939.

Si d'un point de vue politique ce mariage apporte le prestige et la reconnaissance à la dynastie Pahlavi, il ne tarde pas à révéler ses failles. Éloignée des salons chics d'Alexandrie et du Caire, Fawzia, devenue reine d'Iran (Malika Fawzia Pahlavi) à l'avènement de Mohammad Reza, ne s'adapte pas à la cour de Téhéran. Hormis la naissance d'une fille, la princesse Chahnaz, le 27 octobre 1940, l'union est vécue comme un échec relationnel. Rentrée dans son pays, la reine Fawzia se voit accorder le divorce par le gouvernement égyptien dès 1945. Ce n'est que trois ans plus tard que les autorités iraniennes confirment cette décision. Le divorce officiel est donc accordé le 17 novembre 1948, à la condition que la princesse Chahnaz reste sous la responsabilité de son père.

Sorayah Esfandiari Bakhtiari[modifier | modifier le code]

Trois ans après son divorce, le chah épouse en secondes noces Sorayah Esfandiari Bakhtiari (22 juin 1932- 26 octobre 2001), fille de Khalil Esfandiari, l'ambassadeur d'Iran à Bonn, et d'Eva Karl, une Allemande. Fiancés le 11 octobre 1950, Mohammad Reza Pahlavi et la jeune femme issue de la tribu des Bakhtiaris se marient le 12 février 1951. En l'absence d'héritier après sept années d'union, le couple royal divorce en mars 1958.

Farah Diba[modifier | modifier le code]

C'est durant un voyage officiel en France que Mohammad Reza Pahlavi rencontre pour la première fois celle qui sera son épouse pendant vingt ans et sept mois: Farah Diba. Parti pour un mois en Europe, du 3 mai au 4 juin 1959, le chah doit se rendre en Suisse, au Danemark, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en France. Arrivé à Paris le mardi 26 mai, il est reçu au Palais de l'Élysée par le général de Gaulle, avec qui il entretient des relations excellentes. Trois jours plus tard, le 29 mai 1959, une réception à laquelle sont conviés des étudiants iraniens est organisée dans leur ambassade: c'est à cette occasion que Farah Diba, étudiante en architecture, est présentée au souverain.

Bilan de règne[modifier | modifier le code]

Les chefs d'accusation[modifier | modifier le code]

Les révolutionnaires et dirigeants de la République islamique d'Iran ont accusé le chah d'avoir :

  • renié les valeurs islamiques et abandonné les traditions culturelles iraniennes, au profit des valeurs occidentales et étrangères à l'Iran, et de leur « modernisme sans âme » ;
  • sacrifié les intérêts du peuple et du pays au profit des impérialistes (notamment américains) et d'une minorité d'Iraniens, industriels et financiers, donc créé une société injuste ;
  • favorisé ou laissé se développer la corruption ;
  • créé une bureaucratie dévorante et un régime policier ;
  • utilisé la terreur (emprisonnements massifs, tortures, assassinats et massacres lors de manifestations) ;
  • ignoré la réalité du pays et de ses besoins et possibilités, en essayant de brûler les étapes du développement économique ;
  • constitué une armée dispendieuse dépendant de l'aide américaine (10 % du PNB et plus de 50 % des dépenses courantes du budget consacrées aux forces armées) ;
  • dépensé 10 milliards de dollars de matériel (aéronautique) acheté aux Américains de 1972 à 1976 ;
  • appuyé son régime sur l'armée (500 000 hommes bien équipés), la gendarmerie (75 000 hommes), la police (60 000 hommes) et la SAVAK (500 000 agents et informateurs supposés)[31].

La défense[modifier | modifier le code]

Le chah voulait faire de l'Iran une grande puissance mondiale et le sortir rapidement du sous-développement :

  • Il entreprit la modernisation de la production et la diversification des infrastructures ;
  • Il développa les transports (autoroutes, routes secondaires, chemins de fer, installations portuaires et aéroportuaires) ;
  • Il investit dans les équipements sanitaires (hôpitaux), l'accès aux soins de santé et les campagnes de vaccination ;
  • Il lutta contre l'analphabétisme (10 millions d'écoliers, 200 000 étudiants, 20 universités et 136 instituts créés) ;
  • Il éleva le niveau de vie de la population au-dessus de celui de la plupart des pays du Moyen-Orient et du Tiers monde ;
  • Il engagea des réformes en profondeur (réforme agraire, participation des ouvriers aux bénéfices des grosses entreprises, droit de vote des femmes et amélioration de la condition féminine...)[32].

Deux autres arguments à décharge peuvent être mis en exergue :

  • Le chah fut victime de son entourage (familial, politique), écran entre lui et son peuple, qui commit des excès ;
  • Son renversement est l'échec d'une politique d'industrialisation et de modernisation trop ambitieuse, imposée à une société traditionnelle qui n'y était pas préparée[32].

Titulature[modifier | modifier le code]

Durant son règne, le dernier empereur d'Iran a porté préférentiellement les prédicats énoncés comme suit : Alaa-Hazrat Homayoun, Chahanchah Aryamehr, Chahanchah-e Iran (en français Sa Majesté impériale, Sa Grandeur, Roi des Rois, Lumière des Aryens, l'empereur d'Iran)[33]

Si le titre simplifié de chah d'Iran a été le plus souvent utilisé et relayé par les médias étrangers pour désigner Mohammad Reza Pahlavi, son nom pouvait être substitué par d'autres titres officialisés par le majles et le sénat iranien:

  • Chahanchah ou shahinshah (persan شاهنشاه, en français Roi des Rois)[34]
  • Aryamehr (persan آریامهر, en français Lumière des Aryens)[35]
  • Bozorg Arteshtārān (persan بزرگ ارتشتاران, en français Chef des guerriers)[36]

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Décorations iraniennes[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Pays

Décoration

Année (date)

Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan Grand Cordon de l'Ordre du Soleil Suprême 1965
Drapeau de l'Allemagne Allemagne fédérale Grand Cordon, classe spéciale de la Bundesverdienstkreuz 1955 (25-02)
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite Décoration 1re classe de l’ordre du Roi Abdul Aziz Al-Saoud 1955 (09-08) / 1957 (12-03)
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite Chaîne de Badr 1965
Drapeau de l’Argentine Argentine Grand Cordon de l’ordre du Libérateur San Martin 1965
Drapeau de l'Autriche Autriche Grande Étoile de la Décoration d'Honneur pour Mérite 1958 (15-03)
Drapeau de Bahreïn Bahreïn Collier de l’ordre d'al-Khalifa 1966
Drapeau de la Belgique Belgique Grand Cordon de l’ordre de Léopold du Royaume de Belgique 1960 (11-05)
Drapeau du Brésil Brésil Grand Collier de l’ordre de la Croix du Sud 1965 (03-05)
Drapeau du Danemark Danemark Chevalier de l’ordre de l’Éléphant 1959 (14-05)
Drapeau de l'Égypte Égypte Collier de l’ordre de Méhémet Ali du Royaume d’Égypte 1939 (16-03)
République arabe unie République arabe unie (Égypte) Grand Cordon de l’ordre du Nil de la République arabe unie d'Égypte 1965
Flag of Spain (1945 - 1977).svg Espagne (régime franquiste) Grand Collier de l’ordre du Joug et des Flèches 1957 (22-05)
Flag of Spain (1945 - 1977).svg Espagne (transition démocratique) Grand Collier de l’ordre de Charles III 1975
Drapeau des États-Unis États-Unis Commandeur en chef de la Légion du Mérite (Legion of Merit) des États-Unis 1947 (septembre)
Flag of Ethiopia (1897-1936; 1941-1974).svg Empire d'Éthiopie Chevalier avec Grand Collier et Chaîne de l’ordre de Salomon de l’Empire d'Éthiopie 1964 (14-09)
Drapeau de la Finlande Finlande Commandeur Grand Croix avec collier de l’ordre du Lion de Finlande 1970
Drapeau de la France France Grand-croix de la Légion d’honneur 1939 (15 juin)[38]
Drapeau de la France France Croix de Guerre avec palme de la République française 1945
Drapeau de la Grèce Grèce Grand Croix de l’ordre du Sauveur du Royaume de Grèce 1960
Drapeau de l’Irak Irak Chevalier du Grand Ordre des Hachémites du Royaume d'Irak 1957 (18-10)
Drapeau de l'Italie Italie Chevalier Grand Croix avec collier de l’ordre du Mérite de la République italienne 1957 (26-08)
Drapeau du Japon Japon Collier du Grand Ordre de la Décoration du Chrysanthème 1958 (13-05)
Jordanie Jordanie Collier de l’ordre d’Hussein ibn Ali du Royaume hachémite de Jordanie 1949 (28-02)
Jordanie Jordanie Grand Collier, classe spéciale, de la Renaissance de Jordanie 1949 (28-02)
Drapeau du Liban Liban Grand Cordon, classe spéciale, de l’ordre du Mérite du Liban 1956 (17-10)
Drapeau de la Libye Libye Collier d’Idris Ier de Libye 1958
Koweït Koweït Collier de l’ordre de Mubarak le Grand du Koweït 1966
Drapeau de Malaisie Malaisie Porteur du Darjah Utama Seri Mahkota Negara (DMN), le Très Exalté Ordre Royal de la Couronne de Malaisie 1968 (février)
Maroc Maroc Grand Cordon de l’ordre d'El Mohammedi du Royaume chérifien du Maroc 1966 (11-06)
Drapeau du Mexique Mexique Grand Collier de l’ordre de l’Aigle aztèque du Mexique 1975
Népal Népal Étoile du Très Glorieux Ordre de Ojaswi Rajanya du Royaume du Népal 1960 (03-07)
Drapeau de la Norvège Norvège Grand Croix avec Collier de l’ordre de Saint-Olaf du Royaume de Norvège 1961 (17-05)
Oman Oman Ordre militaire 1re classe du Sultanat d’Oman 1973
Drapeau du Pakistan Pakistan Nishan-i-Pakistan 1re classe 1959 (09-11)
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas Grand Collier de l’ordre du Lion néerlandais 1959 (19-05)
Drapeau du Qatar Qatar Collier d'Indépendance de l'État du Qatar 1966
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Chevalier Grand Croix (GCB) du très honorable ordre du Bain 1942
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Chaîne Royale Victorienne (RVC) d’Édouard VII du Royaume-Uni 1948
Drapeau du Soudan Soudan Collier de l’ordre de la Chaîne d'honneur du Soudan 1966
Drapeau de la Suède Suède Chevalier (1960) de l’ordre du Séraphin de Suède, avec collier (1967) 1960 (29-04) / 1967 (04-09)
Drapeau de la République de Chine Taïwan (République nationaliste de Chine) Grand Collier, grade spécial, de l’ordre des Nuages propices de la République nationaliste de Chine (Taïwan) 1946 (03-06)
Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie Grand Croix 1re classe de l’ordre du Lion blanc 1943 (décembre)
Drapeau de Thaïlande Thaïlande Chevalier de l’ordre de Maha Chakri du Royaume de Thaïlande 1968 (22-01)
Tunisie Tunisie Grand Cordon avec collier de l’ordre de l'Indépendance de la République de Tunisie 1965 (15-03)
Vatican Vatican Chevalier de l’ordre de l’Éperon d’or du Saint-Siège 1948 (20-08)
Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie Grand Cordon de l’ordre de la Grande Étoile de la République socialiste fédérale de Yougoslavie 1966 (03-06)

Ordre de succession au trône d’Iran[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En exil du 16 janvier 1979 au 27 juillet 1980.
  2. Chroniques de l'histoire : Le Chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998, p. 140-142
  3. a et b pahlavi2
  4. Ramin Parham ; Michel Taubmann, Histoire secrète de la révolution iranienne, (2009), p.154
  5. Gozâr az jarfâyé aqabmândégui bé zendéguyé emrouzi, ou La transition des abîmes du sous-développement à la vie contemporaine. Entretien de Hassan Mansour avec la revue Talash, quatrième année, n°20, août-septembre 2004, p.55-59
  6. Iman Ansari et Patrick Germain, Mon père, mon frère, les Shahs d’Iran : Entretiens avec Son Altesse Impériale le prince Gholam-Reza Pahlavi, Éditions Normant, 2004, 336 pages (ISBN 2915685061), page 174 : « Selon la loi iranienne, j’étais deuxième dans l’ordre de succession après mon frère Ali-Reza. J’étais également le dernier, car la Constitution iranienne interdisait que le souverain fût un descendant direct de l’ancienne dynastie. La dernière épouse de mon père, la princesse Esmate, était une princesse Qadjar et ses enfants ne pouvaient donc prétendre au trône. Mon cas était différent. Ma mère, alliée à la famille Qadjar, n’en était pas une descendante directe. Je figurais donc dans la ligne de succession au trône. Cette question ne fut soulevée qu’une seule fois, après le décès tragique en 1954 de mon frère très aimé, le prince Ali-Reza.
  7. http://www.royalark.net/Persia/pahlavi2.htm
  8. Yvonnick Denoël, 1979 - Guerres secrètes au Moyen-Orient -, (2008), p.23
  9. Chroniques de l'histoire : Le Chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998, p. 58-60
  10. Mon père, mon frère, les Shahs d'Iran, entretiens avec le prince Gholam-Reza Pahlavi, d'Iman Ansari et Patrick Germain,Ed. Normant, 2004, p. 143
  11. a et b Chroniques de l'histoire : Le Chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998, p. 60
  12. Mon père, mon frère, les Shahs d'Iran, Ed. Normant, 2004, p. 143
  13. Mon père, mon frère, les Shahs d'Iran, Ed. Normant, 2004, p. 143-144
  14. Mon père, mon frère, les Shahs d'Iran, Ed. Normant, 2004, idem
  15. Histoire secrète de la Révolution iranienne, Ramin Pahram et Michel Taubmann, Ed. Denoël, 2009, p. 158,
  16. Sur base du témoignage de l'ancien dirigeant du Tudeh, F. Kesharvarz, dans son article J'accuse le comité central, le tireur entretenait des liens avec Noureddine Kianouri, et cela à l'insu de la direction du parti communiste. Or, il est utile rappeler que Kianouri, secrétaire général du Tudeh en 1979, fut l'artisan de l'alliance des communistes et des islamistes. Lire à ce propos Kianouri va ebrathäyé tarikh (Kianouri et les leçons de l'histoire), mensuel Zamaneh, 5 février 2008, http://www.zamaneh.info
  17. Chroniques de l'histoire: le chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998 p. 105
  18. Mémoires de Farah Pahlavi, Ed. XO, 2003, p. 156
  19. [[Yann Richard (sociologue)|]], L'Iran - Naissance d'une république islamique - , (2006), p.311
  20. Le sang témoin et pilote de l’histoire sur http://www.md.ucl.ac.be
  21. 1979, Guerres secrètes au Moyen-Orient, Ed. Nouveau Monde, 2008, p. 89-90
  22. Chroniques de l'histoire: le chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998 p. 144
  23. Chroniques de l'histoire: le chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998 p. 140
  24. Chroniques de l'histoire: le chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998 p. 141
  25. Chroniques de l'histoire: le chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998 p. 142
  26. Chroniques de l'histoire: le chah d'Iran, ibid.
  27. Mémoires de Farah Pahlavi, Ed. XO, p.382
  28. Mémoires de Farah Pahlavi, id.
  29. Mon père, mon frère, les Shahs d'Iran, entretiens avec le prince Gholam-Reza Pahlavi, d'Iman Ansari et Patrick Germain, Ed. Normant, 2004, p. 91
  30. Chroniques de l'histoire: le chah d'Iran, Ed. Chronique, 1998 p. 34
  31. Quid 2007, D. et M. Frémy, p. 1000, Ed. Robert Laffont
  32. a et b Quid 2007, ibid.
  33. http://www.royalark.net/Persia/pahlavi.htm
  34. D. N. MacKenzie. A Concise Pahlavi Dictionary. Routledge Curzon, 2005.
  35. RoyalArk- Perse- dynastie Pahlavi
  36. M. Mo'in. An Intermediate Persian Dictionary. Six Volumes. Amir Kabir Publications, 1992.
  37. a, b et c pahlavi3
  38. Michel et Béatrice Wattel (préf. André Damien), Les Grand’Croix de la Légion d’honneur : De 1805 à nos jours, titulaires français et étrangers, Archives et Culture,‎ 2009, 701 p. (ISBN 9782350771359), p. 472.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

  • (fr) Yves Bomati et Houchang Nahavandi : Mohammad Réza Pahlavi, le dernier shah - 1919-1980 . éditions Perrin, 2013. ((ISBN 2262035873)) ((EAN 978-2262035877))
  • (en) Gholam Reza Afkhami : The life and times of the Shah. University of California Press, 2009. (ISBN 978-0520253285)
  • (fr) Bertrand de Castelbajac : L'Homme qui voulait être Cyrus. Éditions Albatros, 1997. (ISBN 272730157-X) / (ISBN 9782727301578)
  • (fr) Catherine et Jacques Legrand : Chroniques de l'histoire: Le Chah d'Iran. Jacques Legrand sa Éditions Chronique - Hachette Distribution, 1998. (ISBN 2905969938)
  • (fr) William Shawcross : Le Shah : exil et mort d'un personnage encombrant, Éditions Stock, 1989. (ISBN 2234021537)
  • (en) Amir Taheri : The unknown life of the shah, Hutchinson Ed., Londres, 1991. (ISBN 0091748607)

Études[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • (fr) Yvonnick Denoël : 1979 : guerres secrètes au Moyen-Orient. Nouveau Monde éditions, 2008. (ISBN 9782847363951)
  • (en) Reza Baraheni : The crowned cannibals: writings on repression in Iran. Vintage Books Ed., 1977. (ISBN 0394723570)
  • (fr) Chahdortt Djavann : À mon corps défendant, l'Occident, Éditions Flammarion, Paris, 2007. (ISBN 9782081200999)
  • (fr) Jean-François Colosimo : Le paradoxe persan - Un carnet iranien -, Éditions Fayard, Paris, 2009. (ISBN 9782213629155)
  • (fr) Daniel Clairvaux, Iran : la contre-révolution islamique, Paris, L'Harmattan, 2013. (ISBN 9782343006314)
  • (fr) André Fontcouberte : L'exception iranienne : de la Perse au nucléaire. Éditions Koutoubia, 2009. (ISBN 9782361120061)
  • (en) Desmond Harney : The priest and the king : an eyewitness account of the Iranian revolution. I. B. Tauris & Co Ltd, 1997. (ISBN 978-1860643194)
  • (en) Fereydoun Hoveyda : The fall of the shah. Wyndham Books Ed., 1980. (ISBN 0671610031)
  • (fr) Ryszard Kapuściński : Le Shah. Éditions 10-18, 1999 (dernière édition). (ISBN 2264020865)
  • (en) Stephen Kinzer: All the Shah's Men: An American Coup and the Roots of Middle East Terror. John Wiley & Sons Ed., 2003, (ISBN 0471265179)
  • (fr) Houshang Nahavandi : La révolution iranienne : vérité et mensonges. Éditions L'Âge d'Homme, 1999. (ISBN 2825113115)
  • (fr) Houshang Nahavandi : Carnets secrets : chute et mort du Shah. Éditions Osmondes, 2003. (ISBN 2915036020)
  • (fr) Ramin Parham et Michel Taubmann: Histoire secrète de la révolution iranienne. Éditions Denoël, 2009. (ISBN 9782207260708)
  • (en) Sir Anthony Parsons : The pride and the fall - Iran 1974-1979 -. Jonathan Cape Publisher, 1984. (ISBN 978-0224021968)
  • (persan) Mahmoud Tolouï : Bazigaran-é Ar-é Pahlavi (Les acteurs de l'ère Pahlavi). Ed. Tak, Téhéran, 1993. (ISBN 964-5989-16-7)
  • (fr) Tim Weiner : Des cendres en héritage : l'histoire de la CIA. Éditions de Fallois, 2009. (ISBN 9782877066587)

Autobiographies et mémoires[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

Encyclopédies et dictionnaires[modifier | modifier le code]

  • (fr) Émile Lousse et Jacques de Launay : Dictionnaire des grands contemporains - De 1776 à nos jours -. Éditions Marabout Universités, 1969 (ASIN B0000DTP5K)
  • (en) Collectif d'auteurs, sous la direction de Ehsan Yarshater : Encyclopædia Iranica. Center for Iranian studies, University of Columbia Publ., 1985-2009. 15 vol. (ISBN 1568590504)

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Dossiers[modifier | modifier le code]

Documents audiovisuels[modifier | modifier le code]

Œuvres cinématographiques[modifier | modifier le code]

  • Liberation, court métrage de Michael et Justin Younesi, Seven Art Releasing (distributeur), États-Unis, 2009
  • Soraya, téléfilm de Lodovico Gasparini, EOS Entertainment, Italie-Allemagne, 2003
  • Persepolis, dessin animé de Marjane Satrapi, 2.4.7. Films, France-États-Unis, 2007

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Destins – Le chah d’Iran - de Frédéric Mitterrand, TF1, 1987.
  • The last shah of Iran de Tim Kirby, narrateur : Ben Kingsley, BBC/Arts & Entertainmen Network coproduction, 1996
  • Ces jours qui ont changé le Monde – Le chemin de la révolution, partie 2 (La fuite du shah d’Iran) – de Richard Bradley, épisode 27/31, Lion TV (BBC-History Channel), 2005
  • Le shah d’Iran, un homme à abattre de Reynold Ismard, France 5/Dargaud-Marina/INA Entreprise, 2004
  • Iran - Une puissance dévoilée 1905-2009 – de Jean-Michel Vecchiet, Arte Éditions, 2009
  • I knew the Shah de Rageh Omaar, Al Jazeera English, 2009
  • The fall of a shah de Maziar Bahari, Off-centre Productions, BBC World news, 2009

Reportages et interviews[modifier | modifier le code]

  • Interview accordée à Mike Wallace pour l'émission 60 Minutes, CBS, mars 1973
  • Interview accordée à Mike Wallace pour l'émission 60 Minutes, CBS, février 1974
  • Interview accordée à Mike Wallace pour l'émission 60 Minutes, CBS, octobre 1976
  • Interview accordée à Claude Smadja, reportage réalisé par Raymond Vouillamoz (septembre-octobre 1977) pour l'émission Temps présent, TSR, février 1978
  • Interview accordée à Édouard Lor pour le journal télévisé d'Antenne 2, diffusée le 23 août 1978
  • Entretien avec David Frost pour le programme d'information ABC 20/20, American Broadcasting Company, janvier 1980

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :