Chahdortt Djavann

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Chahdortt Djavann
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Chahdortt Djavann en 2012.
Biographie
Naissance
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شهدخت جوانVoir et modifier les données sur Wikidata
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Chahdortt Djavann, en persan : شهدخت جوان, son prénom se dit littéralement : fille de roi et son nom de famille : Jeune. Elle est née en Iran et vit depuis 1993 à Paris où elle a étudié la psychologie sociale et l'anthropologie[1]. Elle est romancière, essayiste et consultante internationale, de langue et de nationalité française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Chahdortt Djavann était un grand féodal d’Azerbaïdjan iranien ; il fut emprisonné et tous ses biens furent confisqués. Il a élevé sa fille « dans l'amour des livres et la détestation des mollahs ». En juin 1980, alors qu'elle a 13 ans[2], elle est incarcérée pour avoir manifesté contre le régime.

Elle arrive en France en 1993 sans être francophone. Elle apprend le français en étudiant les manuels de Lagarde et Michard, en lisant d’un bout à l’autre le Robert et les œuvres de Maupassant, de Camus, de Gide, ou encore de Romain Gary... Le français est chronologiquement la septième langue qu'elle pratique[3],

En arrivant en France, elle fait des petits boulots, puis commence des études universitaires en psychologie sociale et en anthropologie[4],[5].

Elle s’inscrit à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Elle y rédige son mémoire sur « L’endoctrinement religieux et l’islamisation du système d’éducation en Iran après l’instauration du régime islamique » - une étude basée sur l’analyse des manuels scolaires. En 1998, elle débute sa thèse : « La création littéraire dans la langue de l’Autre », en travaillant sur les œuvres de Cioran, Ionesco et Beckett. Elle écrit son premier roman : Je viens d’ailleurs. Elle rédige un pamphlet sur le voile islamique, que les éditions Gallimard publient aussitôt, en septembre 2003. Elle y fait une analyse anthropologique et historique du voile islamique et de sa portée culturelle, traditionnelle, psychologique, sociale, sexuelle, juridique et politique ; elle demande que le voile des mineures soit reconnu comme une maltraitance à leur endroit. « Voiler une mineure signifie qu’elle est nubile… Le voile définit la mineure comme un objet sexuel… Le voile définit la femme psychologiquement, socialement, sexuellement et juridiquement comme sous-homme. »[6].

Son deuxième roman, Autoportrait de l’autre, est publié en janvier 2004. Dans Que Pense Allah de l’Europe ?, pamphlet publié en 2004, toujours chez les éditions Gallimard, elle analyse la stratégie des islamistes « djihad souterrain » en France et en Europe. « … Ils veulent imposer leur vision totalitaire d'un islam politique et prosélyte… peser politiquement en Europe et instaurer, à l’instar de l’Iran, des républiques islamiques dans les pays musulmans… ». Elle critique les intégristes islamistes: « ceux qui veulent imposer leur vision totalitaire d'un islam politique et prosélyte », elle déclare que la critique des religions est « non négociable » et invite « l'immense majorité des musulmans silencieux de France » à manifester contre l'idéologie islamiste[4].

Son roman Comment peut-on être français ? (Flammarion 2006) est une satire sociale et politique en partie épistolaire : une correspondance imaginaire avec Montesquieu.

Son roman La Muette (Flammarion 2008) est la confession d’une gamine de quinze ans condamnée à la pendaison, dans les prisons des mollahs – une fiction réaliste et documentée[7].

Dans l’épilogue de Je ne suis pas celle que je suis, publié en 2011 chez Flammarion,  Chahdortt Djavann écrit : « Rien n’était moins probable qu’un exil en France, rien ne me destinait à une vie française… même dans mes rêves les plus osés, j’étais à mille lieues de m’imaginer écrivain de langue française. » Bien que l’auteure utilise certaines de ses expériences, elle précise : «  Je ne crois pas à l’autobiographie… Je suis mon personnage et je ne le suis pas… »

La dernière séance (Fayard, 2013) est la suite de Je ne suis pas celle que je suis - entrelacement des séances de psychanalyse à Paris et du récit du parcours mouvementé de l’héroïne d’Istanbul à Paris.

Big Daddy (Grasset, 2015) est un thriller social dont l’action se situe dans l’Amérique profonde, portrait d’un pervers criminel et grandiloquent qui prend pour fiston un gamin des rues, et d’une avocate de la grande bourgeoisie irano-américaine.

Son roman Les putes voilées n’iront jamais au Paradis ! (Grasset, 2016) donne la voix à des prostituées assassinées en Iran[8].

Dans Comment lutter efficacement contre l'idéologie islamique (Grasset, 2017) l'auteur analyse les multiples stratégies des mouvements islamistes et propose des solutions pour endiguer leurs progrès en Europe.

Dans Iran J'accuse ! (Grasset 2018) Chahdortt Djavann analyse la réal-politique des pays européens et surtout celle des États-Unis à l'égard du régime islamique de l'Iran.

Son dernier roman : Et ces êtres sans pénis! (Grasset, 2021) est qualifié par Le Monde, (23 avril 2021) " d'une intelligence et d'un humour irrésistibles"

Chahdortt Djavann est passionnée d’échecs.

Ses ouvrages sont traduits en plusieurs langues, ils ont été plébiscités par la critique et plusieurs d'entre eux ont connu un grand succès commercial.

Elle a écrit de nombreux articles ou tribunes dans Le Monde et Le Figaro.

Prix et décoration[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anne Fulda, « Chahdortt Djavann, l'enragée tranquille », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le )
  2. Jean-Claude Raspiengeas, « Chahdortt Djavann ou le difficile exil », La Croix,‎ (lire en ligne)
  3. « Chahdortt Djavann - Les putes voilées n'iront jamais au Paradis! », sur https://www.youtube.com, (consulté le )
  4. a et b Anne Fulda, « Chahdortt Djavann, l'enragée tranquille », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 21 / dimanche 22 mars 2015, page 39.
  5. Par Jean-Claude Raspiengeas, « Chahdortt Djavann ou le difficile exil », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  6. « Sur les rayons des libraires - Les putes voilées n'iront jamais au paradis - Chahdortt Djavann - Roman - Grasset | « Questions de citoyens » », sur www.questionsdecitoyens.be (consulté le )
  7. Bernard Pivot, « L'enfer des prostituées - leJDD.fr », LeJDD.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « Les putes voilées n'iront jamais au paradis », Editions Grasset,‎ (lire en ligne, consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]