Premier ministre

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Le Premier ministre est le chef du gouvernement dans les régimes au pouvoir exécutif bicéphale.

Dans certains régimes parlementaires, entre autres celui du Royaume-Uni, le Premier ministre et son gouvernement sont responsables devant le parlement. Le Premier ministre est généralement élu par le Parlement, éventuellement sur proposition du chef de l'État, ou bien nommé directement par le chef de l'État.

Le terme « Premier ministre » insiste sur sa primauté par rapport aux autres ministres du gouvernement ou cabinet auquel il appartient. Pour la Grande-Bretagne, en anglais, il dispose de deux traductions : Prime minister pour le gouvernement central à Londres, First minister pour les gouvernements régionaux en Irlande du Nord et en Écosse. Toutefois, selon les juridictions, d'autres termes équivalents sont utilisés :

Histoire[modifier | modifier le code]

En France, le cardinal de Richelieu a été souvent désigné comme Premier ministre, « principal ministre et chef du Conseil » de Louis XIII. L'expression de chef du Conseil est à l'origine du titre de président du Conseil que porteront les chefs du gouvernement français jusqu'en 1958. Aussi est-il parfois considéré comme le premier des Premiers ministres que le monde ait connu. Son action englobe aussi bien des dimensions culturelles et religieuses qu'administratives, coloniales, politiques et diplomatiques.

Au Royaume-Uni, sous le règne de George Ier, serait apparue la fonction de Primus inter pares avec la nomination de Walpole comme premier titulaire du poste. Le nouveau roi, jusqu'alors électeur de Hanovre, marquant son attachement à ses origines allemandes par son refus d'apprendre l'anglais, eut besoin d'un ministre particulier pour coordonner l'action de tous les autres et traduire ses ordres (donnés en allemand). L'expression latine fut traduite en anglais à partir du français comme Prime minister. Cependant, le titre officiel du Premier ministre restera jusqu'en 1934 celui de Premier Lord du Trésor (First Lord of Treasury).

Premiers ministres par États[modifier | modifier le code]

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

La fonction de Premier ministre d'Afrique du Sud est abolie en 1984 et intégrée dans les attributions du président de la République.

Algérie[modifier | modifier le code]

Sur le plan politique, l’Algérie a adopté un régime républicain depuis son indépendance en 1962. Le chef de l’État détient également le pouvoir de nommer son Premier ministre et les membres du gouvernement sur proposition de ce dernier.

Antigua-et-Barbuda[modifier | modifier le code]

Arabie saoudite[modifier | modifier le code]

Le roi d'Arabie saoudite est également Premier ministre. Son successeur désigné, le prince héritier, reçoit le titre de premier vice-Premier ministre.

Australie[modifier | modifier le code]

Australie-Occidentale[modifier | modifier le code]

Nouvelle-Galles du Sud[modifier | modifier le code]

Queensland[modifier | modifier le code]

Victoria[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Cameroun[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Justin Trudeau, actuel premier ministre canadien.

Le Canada fait partie du Commonwealth. Pour cette raison, son système parlementaire est fortement inspiré de celui qui a cours au Royaume-Uni. Tout comme au Royaume-Uni, les pouvoirs de la reine du Canada, représentée par le gouverneur général, sont symboliques à quelques exceptions près.

Lors d'une élection fédérale, chaque parti politique fédéral tente de faire élire le plus de membres possibles au Parlement. Une fois élus, ils sont appelés députés et siègent à la Chambre des communes du Canada. Le premier ministre doit obtenir la confiance de la Chambre ; en pratique, il est le chef du parti qui a le plus de députés. À ce moment, il devient le chef du gouvernement et le chef du cabinet des ministres. Il n'est pas légalement nécessaire qu'il soit député, mais c'est de tradition.

Son parti peut être majoritaire, c'est-à-dire posséder suffisamment de députés pour toujours obtenir la majorité lors des différents votes en chambre, ou minoritaire. Dans l'histoire du pays, ce dernier cas s'est présenté à quelques reprises. Dans cette situation, selon différentes règles de procédures, la Chambre des communes peut demander que le premier ministre soit destitué. Cette procédure est appelée une motion de confiance. S'il est destitué, le gouverneur général peut soit appeler la population aux élections selon les procédures en vigueur, soit demander à autrui de former un gouvernement.

La résidence officielle du premier ministre du Canada est située au 24, promenade Sussex à Ottawa. Le titulaire actuel du poste est le libéral Justin Trudeau.

Provinces[modifier | modifier le code]

Les provinces et territoires du Canada ont recours à un système de représentation semblable à ce qui est en vigueur au niveau fédéral, avec un premier ministre, un gouvernement et un Parlement. Ce dernier statue sur des situations moins régaliennes que la Chambre des communes du Canada.

Chine[modifier | modifier le code]

République démocratique du Congo[modifier | modifier le code]

Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

Croatie[modifier | modifier le code]

Le chef du gouvernement croate a pour titre constitutionnel Président du gouvernement de la République de Croatie (Predsjednik Vlade Republike Hrvatske), mais il est appelé habituellement Premier, emprunt au français qui correspond à Premier ministre.

Fidji[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre exerce le pouvoir exécutif dans cette république parlementaire, ou le président de la République a un rôle cérémoniel.

France[modifier | modifier le code]

En France, sous la Ve République, le Premier ministre[1] est désigné par le président de la République pour déterminer et conduire la politique générale de la France, notamment en établissant le budget.

Il est habituellement choisi parce qu'il est à la tête du courant politique le plus puissant de la majorité parlementaire de l'Assemblée nationale, ou parmi ses représentants, sinon parmi les personnalités proches de ce courant majoritaire. Le président de la République a toutefois la liberté de nommer une personnalité qui n'est ni député ni sénateur avant sa nomination à la tête du gouvernement : c'était le cas de Georges Pompidou, de Raymond Barre, ou plus récemment, de Dominique de Villepin. Toutefois, le président disposait d'une majorité parlementaire à chaque fois et cette liberté n'est pas exercée en période de cohabitation. Une fois élu président de la République, Georges Pompidou déclara que « le Premier ministre n'est que le premier des ministres ».

Lorsqu'il est d'un courant politique opposé à celui du président de la République, on parle de cohabitation car, dans ce cas, les deux chefs du pouvoir exécutif agissent dans leurs domaines de compétence respectifs.

En cas d'insatisfaction publique, il peut être proposé au Premier ministre de renouveler la totalité ou une partie de son gouvernement, on parle alors de remaniement ministériel, ou même être remplacé après avoir présenté sa démission au président de la République.

Il réside à l'Hôtel Matignon, situé à Paris, rue de Varenne, dans le VIIe arrondissement.

Sous les Républiques précédentes (IIIe République, de 1876 à 1940, et IVe République, de 1946 à 1958), le chef du gouvernement portait le titre de président du Conseil (appellation abrégée de président du Conseil des ministres). Une exception cependant : on parla plutôt de « vice-président du Conseil » dans les premiers temps de la IIIe République, de 1871 à 1876, et ce pour respecter la logique puisque le Conseil des ministres était théoriquement présidé par le président de la République.

Les réunions solennelles avaient lieu, comme aujourd'hui, au palais de l'Élysée, en présence du président de la République, mais celui-ci ne présidait pas formellement les séances du Conseil, alors que c'est le cas maintenant.

C’est actuellement Jean Castex qui occupe le poste de Premier ministre, depuis le , sous la présidence d’Emmanuel Macron.

Guinée[modifier | modifier le code]

Grèce[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

Indonésie[modifier | modifier le code]

Iran[modifier | modifier le code]

Irlande[modifier | modifier le code]

Islande[modifier | modifier le code]

Israël[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

Le chef du gouvernement italien a pour titre constitutionnel président du Conseil des ministres (Presidente del Consiglio dei ministri), mais est souvent appelé Premier, emprunt au français qui correspond à Premier ministre. Le président du Conseil des ministres est le chef du gouvernement de la République italienne. Il dirige et coordonne à ce titre la politique générale du gouvernement italien.

Japon[modifier | modifier le code]

Liban[modifier | modifier le code]

Lituanie[modifier | modifier le code]

Luxembourg[modifier | modifier le code]

Madagascar[modifier | modifier le code]

Maroc[modifier | modifier le code]

La fonction de Premier ministre au Maroc est créée en 1955 en remplacement de la fonction de Grand vizir, que Mohammed El Mokri sera le dernier à occuper.

Sous Mohammed V, la fonction de Premier ministre est occupée par un chef de cabinet, véritable chef du gouvernement qui disposait du pouvoir exécutif. À partir de 1960, après le mandat d'Abdallah Ibrahim, le prince héritier (futur Hassan II) occupe ce poste.

En 1962, le poste est transformé en celui de Premier ministre, qui dispose du pouvoir exécutif général alors que roi dispose d'un pouvoir d'attribution.

Après des émeutes en 1965, l'état d'exception est proclamé. Hassan II règne en monarque absolu jusqu'en 1970, où une nouvelle Constitution voit le jour, avec un Premier ministre qui ne dispose que de peu de pouvoir face au pouvoir royal.

La Constitution de 2011 donne au Premier ministre le titre de « chef du gouvernement » et lui octroie des pouvoirs relativement renforcés. Il est désormais choisi au sein du parti arrivé en tête aux élections de la Chambre des représentants. Le roi garde cependant la main sur plusieurs domaines notamment le religieux, le diplomatique, l'intérieur et le militaire.

Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

Pakistan[modifier | modifier le code]

Palestine[modifier | modifier le code]

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Mark Rutte, actuel Premier ministre néerlandais.

Le Premier ministre des Pays-Bas est le chef du gouvernement du Royaume des Pays-Bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le pays fonctionnant sous un régime de monarchie parlementaire constitutionnelle, il est le détenteur du pouvoir exécutif et la principale personnalité politique du pays. En outre, depuis 1947, il est automatiquement et simultanément ministre des Affaires générales.

Le libéral Mark Rutte est, depuis le , le titulaire de ce poste.

Territoires d'outre-mer[modifier | modifier le code]

Les Premiers ministres des États néerlandais d'outre-mer dirigent les gouvernements insulaires. Leur activité est supervisée par un gouverneur représentant le roi et un Parlement local.

Pologne[modifier | modifier le code]

Le chef du gouvernement polonais a pour titre constitutionnel président du Conseil des ministres (Prezes rady ministrów), mais il est appelé habituellement Premier, emprunt au français qui correspond à Premier ministre.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Le chef de gouvernement du Royaume-Uni est le Prime Minister (Premier ministre). Presque toujours, il est le chef du parti le plus représenté au Parlement et est nommé par le monarque. Ses pouvoirs se sont développés graduellement depuis le XVIIIe siècle.

Le « P.M. » a beaucoup de pouvoir : il est le chef de l’exécutif et dirige également la majorité dans la législature, par ses whips. C’est le Premier ministre qui désigne la nomination ou démission des autres ministres (la reine fait l’arrêté officiel à son conseil). C’est ainsi que le Premier ministre peut faire accepter certaines décisions importantes sans consultation des autres ministres.

Écosse, pays de Galles et Irlande du Nord[modifier | modifier le code]

L’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande du Nord ont de l’autonomie depuis la fin du XXe siècle. Les chefs de gouvernement s'appellent First Minister (Premier ministre). En Irlande du Nord, le Premier ministre doit partager son pouvoir avec un deputy First Minister (vice-Premier ministre) de l'autre communauté (et donc d'un autre parti).

Suède[modifier | modifier le code]

Tchad[modifier | modifier le code]

Thaïlande[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre de Thaïlande est le chef du gouvernement de Thaïlande, président du Conseil des ministres. Cette fonction existe depuis la révolution de 1932, quand le pays devint une monarchie constitutionnelle.

Tonga[modifier | modifier le code]

La Constitution de 1875 dispose dans son article 51 que le Premier ministre est nommé et révoqué par le monarque. De 1875 à 2010, le monarque nommait ainsi le Premier ministre selon son bon plaisir, et dirigeait l'exécutif, le Premier ministre n'ayant pas de fonctions constitutionnelles clairement établies. Jusqu'en 2006, tous les Premiers ministres furent issus de la noblesse tongienne, voire de la famille royale. Le Prince Fatafehi Tuʻipelehake, frère cadet du roi, occupa ainsi le poste pendant vingt-six ans, de 1965 à 1991. Depuis 2010, à la suite de réformes introduisant davantage de démocratie, le Premier ministre est un député à l'Assemblée législative, élu Premier ministre par ses pairs, et exerce l'essentiel des pouvoirs exécutifs, le monarque les lui ayant cédés.

L'actuel Premier ministre, depuis , est ʻAkilisi Pohiva[2].

Tunisie[modifier | modifier le code]

Nommé par le président de la République, qui a la possibilité de le démettre, le chef du gouvernement est à la tête du gouvernement tunisien. Le poste est actuellement occupé par Youssef Chahed.

Turquie[modifier | modifier le code]

Ukraine[modifier | modifier le code]

Vanuatu[modifier | modifier le code]

Le Vanuatu connaît un régime parlementaire, où le Président a un rôle essentiellement cérémoniel, et le Premier ministre est à la tête du gouvernement[3]. L'article 37 de la Constitution dispose ainsi que « [l]e Premier Ministre et le Conseil des ministres sont investis du pouvoir exécutif du Peuple, lequel s'exerce dans les conditions prévues par la Constitution ou par la loi ». La Constitution dispose en outre que le Premier ministre est un député élu par ses pairs ; ceux-ci peuvent le démettre par une motion de confiance[4]. L'actuel premier ministre, depuis , est Serge Vohor, de l'Union des Partis modérés[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il faut signaler que la graphie Premier ministre, utilisée en France de manière croissante depuis une cinquantaine d'années, contrevient à la règle qui régit la majusculation d'une expression formée d'un nom et d'un adjectif. Selon la règle, il suffit, pour majusculer l'ensemble d'un groupe nominal, de donner une majuscule au nom lorsqu'il est placé en tête du groupe (ex. : la République française, l'Éducation nationale), et on doit ne mettre une majuscule aux deux mots que si l'adjectif précède le nom (ex. : l'Ancien Régime). En l'occurrence, ministre étant le nom et premier l'adjectif, les graphies premier ministre et Premier Ministre, qui étaient utilisées antérieurement à la graphie sus-mentionnée, sont plus conformes à l'orthographe française.
  2. (en) "Akilisi Pohiva Tonga's new PM", Radio New Zealand, 29 décembre 2014
  3. (en) Présentation du Parlement sur le site officiel du Parlement du Vanuatu
  4. (fr) Constitution du Vanuatu
  5. (en) "Vohor takes Vanuatu's top job but instability expected to continue", ABC Radio Australia, 25 avril 2011