Guerre civile du Yémen du Nord

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Guerre civile du Yémen du Nord
Description de cette image, également commentée ci-après
Royalistes yéménites repoussant un assaut blindé égyptien.
Informations générales
Date -
(8 ans, 2 mois et 5 jours)
Lieu Yémen du Nord
Casus belli Mort du roi Ahmad ben Yahya. Son fils Muhammad al-Badr lui succède.
Issue Victoire républicaine ; retrait des forces égyptiennes en 1967 ; reconnaissance du gouvernement républicain par l'Arabie saoudite en 1970.
Belligérants
Flag of the Mutawakkilite Kingdom of Yemen.svg Royaume mutawakkilite du Yémen
Mercenaires européens
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Soutenus par :
Drapeau de la Jordanie Jordanie
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Flag of North Yemen.svg République arabe du Yémen
Flag of the United Arab Republic.svg République arabe unie
Commandants
Flag of the Mutawakkilite Kingdom of Yemen.svg Muhammad al-Badr
Flag of the Mutawakkilite Kingdom of Yemen.svg Bruce Conde
Drapeau de l'Arabie saoudite Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud
Drapeau de la Jordanie Hussein de Jordanie
Flag of North Yemen.svg Abdullah as-Sallal
Flag of the United Arab Republic.svg Gamal Abdel Nasser
Flag of the United Arab Republic.svg Abdel Hakim Amer
Forces en présence
20 000 semi-réguliers (1965)[1]
200 000 miliciens (1965)
centaines de mercenaires
Flag of North Yemen.svg 3 000 soldats (1964)[2]
Flag of the United Arab Republic.svg 70 000 soldats (1965)[3]
Pertes
Flag of the Mutawakkilite Kingdom of Yemen.svg 40 000 tués[5]
Drapeau de l'Arabie saoudite 1 000 tués
Flag of North Yemen.svg inconnues
Flag of the United Arab Republic.svg 26 000 tués
100 000 à 200 000 tués au total[4]

La guerre civile du Yémen du Nord (1962 ثورة 26 سبتمبر) oppose entre le et le les forces royalistes du Royaume mutawakkilite du Yémen et les forces républicaines de la République arabe du Yémen. Ce conflit est souvent présenté comme une guerre par procuration entre l'Égypte et l'Arabie saoudite. Les historiens militaires égyptiens font parfois référence au conflit comme la « guerre du Viêt Nam de l'Égypte », du fait de la guérilla démoralisante livrée par les forces royalistes[6].

Historique du conflit[modifier | modifier le code]

Un conseiller militaire égyptien montrant à un soldat républicain comment utiliser une baïonnette sur un Mosin-Nagant.

Le conflit débute à la suite du coup d'État d'Abdullah as-Sallal contre le roi Muhammad al-Badr en 1962. Le roi s'exile en Arabie saoudite où il obtiendra le soutien des Saoudiens et des Occidentaux.

L'Arabie saoudite et le Royaume-Uni soutiennent alors militairement les royalistes tandis que les républicains sont soutenus par l'Égypte de Gamal Abdel Nasser et par l'URSS qui leur aurait livré des avions pendant le conflit[7]. Des mercenaires se rallient à la fois aux deux camps. L'armée égyptienne envoie 70 000 soldats et des armes chimiques (dont du gaz moutarde) afin de lutter contre les royalistes. Elle mobilise également une centaine de chasseurs et de bombardiers[8] dont des Iliouchine Il-28, des Yakovlev Yak-11, des Mikoyan-Gourevitch MiG-15 et 17.

En 1963-64, l'armée de l'air égyptienne avait 5 escadrons au Yémen, opérant à partir des aérodromes de Sanaa et d'Al Hudaydah.

Malgré cela, le conflit se transforme rapidement en une guerre d'usure. Due à son importante implication dans la guerre, l'Égypte a été affaiblie pendant la guerre des Six Jours contre Israël en juin 1967, date à partir de laquelle Nasser engage le retrait progressif de ses troupes du Yémen.

L'engagement égyptien coûtait chaque jour de 500 000 à 1 million de dollars USD au gouvernement de Nasser[9].

En 1965, les royalistes annoncent amnistier tout combattant républicain jusqu'à ce que le retrait égyptien soit effectif. Le roi al-Badr promet également de former un gouvernement démocratique reposant sur une assemblée nationale élue par le peuple. Les royalistes comptent alors dans leurs rangs de 40 à 60 000 combattants. Les pertes égyptiennes jusque-là s'élèvent à 15 194 soldats tués[10]. L'Égypte demande par conséquent un soutien direct de la part des Soviétiques. Les commandants militaires égyptiens se plaignent de n'avoir aucune carte topographique du terrain, mettant en péril les opérations militaires dans le pays.

A la faveur du retrait égyptien, les royalistes reprennent l'offensive et tentent vainement de s'emparer de Sanaa qu'ils assiègent de novembre 1967 à février 1968. Les combats se poursuivent de manière sporadique jusqu'en 1970, date à laquelle l'Arabie saoudite et les puissances occidentales reconnaissent le gouvernement républicain.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Hôpital de campagne du Comité international de la Croix-Rouge au Yémen du Nord entre 1962 et 1967.
Situation en 1967. Noir : territoires contrôlés par les républicains ; rouge : territoires contrôlés par les royalistes.
  • mars 1963 - février 1964 : offensives égyptiennes ;
  • 8 juin 1963 : première attaque à l'arme chimique égyptienne contre le village de Kawma, faisant 7 tués et 27 blessés.
  • septembre 1964 : sommet d'Alexandrie, rencontre entre Fayçal et Nasser afin d'essayer de trouver une solution pacifique au conflit ;
  • décembre 1964 - février 1965 : offensives royalistes ;
  • mars 1965 - 1967 : guerre d'usure ;
  • 1967 : résolution de Khartoum aboutissant au retrait des troupes égyptiennes ; début du siège de Sanaa (jusqu'en 1968).
  • 1970 : le conflit s'achève avec la reconnaissance du gouvernement républicain par l'Arabie saoudite.

Débordements et implications étrangères[modifier | modifier le code]

Des villages frontaliers, notamment Najran et Jizan, ainsi que des aérodromes saoudiens ont été attaqués entre 1962 et 1967 par les forces aériennes et navales égyptiennes afin d'empêcher les Saoudiens de livrer de la logistique et des munitions aux territoires sous contrôle royaliste au Yémen[11]. Ces raids ont ainsi contraint l'Arabie saoudite à acheter des missiles sol-air English Electric Thunderbird au Royaume-Uni et à transférer ses aérodromes à Khamis Mushait.

Les royalistes affirment à plusieurs reprises avoir abattu des Mikoyan-Gourevitch MiG-17 soviétiques, déclaration vérifiée par le Département d'État des États-Unis.

Entre 1962 et 1965, des mercenaires britanniques appuient également les royalistes. Selon le quotidien égyptien Al-Ahram diffusé à la radio du Caire le 1er mai 1964, plus de 300 officiers britanniques, français et autres seraient présents au Yémen afin de former les combattants royalistes. Ces affirmations sont catégoriquement niées par le gouvernement britannique. Israël et la Côte française des Somalis (aujourd'hui Djibouti) donnent l'autorisation aux Boeing C-97 Stratofreighter[réf. nécessaire] britanniques transportant des troupes aéroportées (nom de code Operation Gravy, plus tard renommée en Opération Porcupine) d'utiliser leurs bases aériennes pour le décollage et le ravitaillement.

Bilan humain[modifier | modifier le code]

1 000 soldats saoudiens furent tués contre 26 000 soldats égyptiens pendant le conflit. Selon des estimations, les pertes totales s'élèveraient jusqu'à 200 000 tués.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pollack, Arabs at War: Military Effectiveness, 1948-1991, p. 54.
  2. Pollack, Arabs at War: Military Effectiveness, 1948-1991, p. 53.
  3. Pollack, Arabs at War: Military Effectiveness, 1948-1991, p. 55.
  4. Joel David Singer, The Wages of War. 1816-1965, 1972.
  5. Kenneth M. Pollac, Arabs at war. Military Effectiveness 1948-1991, University of Nebraska Press, 2002, p.47-57.
  6. Youssef Aboul-Enein, The Egyptian-Yemen War : Egyptian perspectives on Guerrilla warfare
  7. Stanley Sandler, Ground Warfare: The International Encyclopedia. Vol.1, 2002 : p.977.
  8. Tom Cooper, « South Arabia and Yemen, 1945-1995 », sur http://www.acig.org, Air Combat Information Group, (consulté le 4 avril 2010)
  9. Middle East: MIDDLE EAST Journey to Jedda, Time Magazine, 27 août 1965
  10. Schmidt, Yemen: The Unknown War, p. 234
  11. Jones C. Britain and the Yemen Civil War, 1962-1965, p.65

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kenneth M. Pollack, Arabs at War: Military Effectiveness, 1948-1991. Studies in war, society, and the military. Lincoln, NE: University of Nebraska Press, 2002. 698 pages. (ISBN 0-8032-3733-2).
  • (en) Clive Jones, Britain and the Yemen Civil War, 1962-1965: Ministers, Mercenaries and Mandarins : Foreign Policy and the Limits of Covert Action, Sussex Academic Press, 2004 - 273 pages. (ISBN 9781903900239)
  • (en) Dana Adams Schmidt, Yemen: The Unknown War. New York: Holt, Rinehart, and Winston, 1968.

Liens externes[modifier | modifier le code]