Muhammad al-Mahdi

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Muhammad al-Mahdi
محمد المهدي
Illustration.
Calligraphie représentant son nom au Masjid al-Nabawi à Médine
Fonctions
12ème et dernier Imam des Chiites Duodécimains
En fonction depuis Occultation mineure
c. 5 Janvier 874 (âgé de 5 ans)
Occultation Majeure
c. 941 (âgé de 73 ans)
Son imamat est toujours en cours et continue jusqu'à sa réapparition
Prédécesseur Hasan al-Askari
Biographie
Date de naissance c. 19 juillet 868 EC

15 Sha'aban 255 ou 256 de l'Année de l'Hégire

Lieu de naissance Samarra
Nature du décès Disparu, croyance de l'Islam Chiite dû à l'Occultation
Sépulture Sanctuaire Al-Askari, Irak
Mosquée de Jamkaran, Iran
Mosquée Al-Sahlah, Irak
Nationalité Arabe, Banû Hâchim
Père Hasan al-Askari
Mère Narjis[1]
Entourage
Religion Islam, chiisme

Muhammad al-Mahdî (arabe : أبو القاسم محمد بن الحسن المهدي Abû al-Qāsim Muḥammad ben al-Hasan al-Mahdīy, en arabe : مَهْدِيّ Mahdīy signifie (homme) guidé par Dieu) aussi connu comme l'Imam Zaman (Persan : امام زمان‎), est pour les chiites duodécimains le dernier Imâm de la lignée des Douze et le sauveur ultime de l'humanité dans l'eschatologie chiite, qui émergera à la fin des temps accompagné de Isa (Jésus-Christ) avec pour ordre de rétablir la paix et la justice sur Terre comme elle aura été remplie d'injustice[2][3].

Dans la tradition chiite jafarite, l'Imam serait né le 15 Sha'aban de l'année 255 du calendrier de l'Hégire et en l'an 869 du l'ère commune, à Samarra dans l'actuel Irak.

Attributs[modifier | modifier le code]

La tradition chiite imamite rapporte que l'Imam al-Mahdî fera partie des Ah-al-bayt, il sera un descendant de Ali ibn Abi Talib, Fatima Zahra, Ali Zayn al-Abidin et Hasan al-Askari. Il sera le Douzième Imam des Imams de Ah-al-bayt, sa vie sera prolongée, son occultation sera prolongée et sous son apparence l'Islam gouvernera le monde.

Le père de Muhammad al-Mahdî est Hasan al-Askarî, onzième imam chiite qui, selon la tradition, est mort empoisonné par le calife abbasside Al-Mu`tamid en 874. Sa mère Malika, était une princesse byzantine descendante de Barnabé, l’apôtre de Jésus, réduite en esclavage après les conquêtes arabes; elle fut mariée secrètement avec l'imam Hasan al-Askarî, puis renommée Narjis Khatun[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Abbassides persécutaient les chiites, de ce fait les imams devaient rester très prudents, l'idée de se cacher et de ne s'adresser aux fidèles qu'à travers des messagers était bien acceptée. Plus d'un siècle avant, les Ismaéliens avaient dû pratiquer cela, leurs trois premiers imams étaient restés cachés endossant le rôle de simples commerçants, ne s'adressant aux croyants qu'à travers des porte-parole appelés hujja (arabe : حُجّة ujja, argument; preuve; témoignage).

On sait si peu de chose sur Muhammad al-Mahdi que les musulmans n’adhérant pas au chiisme duodécimain peuvent douter de son existence historique. Sa naissance fut tenue secrète et les espions abbassides, malgré leur recherches, ne purent le trouver. À la mort de Hassan al-Askarî, un de ses disciples, Muhammad ibn Nusayr al Namirî, ne crut pas en l’existence de cet héritier et il créa une secte dissidente, les Nusayrites.

À la mort de son père, il n’a que cinq ans. Au cours des funérailles, son oncle Ja`far ben `Ali s'apprêtait à diriger la prière lorsque l'enfant vint dire à son oncle : « Éloigne-toi mon oncle, seul un imam peut conduire la prière de funérailles d'un autre imam ». L'oncle s'écarta et Muhammad al-Mahdi affirma ainsi son droit au titre d'imam. Alertés, les soldats essayèrent de le trouver afin de le tuer, mais en vain. L'enfant se serait volatilisé, il aurait été vu la dernière fois dans une pièce (sardar) de la maison familiale. Il se serait enfui par un puits[5].

Dès cet instant, la première occultation débuta, c'est la petite occultation « Ghaybat-é-Soughrâ » (arabe : غيبة ġayba, absence ; occultation ; disparition). Il aurait assumé l'Imamat à l'âge de 5 ans alors que suivait la mort de son père Hassan al-Askari[6]. Dès les premières années de son Imamat, il ne contactera ses disciples qu'à travers l'intermédiaire des Quatre Représentants (arabe: الارْبع نُوّاب nuww āb al-arba`, les quatre représentants) appelés les portes (arabe: باب bāb), pendant une période 69 ans.

  1. Uthman ibn Sa'id al-Asadi (874-917).
  2. Abu Jafar Mohammad Bin Uthman (917-918)
  3. Abû al-Qasim Hussein ben Ruh an-Nawbakhti (918-938)
  4. Abû al-Hassan `Ali ben Muhammad as-Samarri (938-939)

En cas de problème ou de question à poser à l'Imam, les croyants s'adressaient au représentant qui rapportait ensuite la réponse de l'Imam, authentifiée par son sceau et sa signature. Les représentants récoltaient aussi l'aumône légale (arabe : زكاة zakāt, aumône) et la taxe du cinquième (arabe : خُمْس ums, cinquième ; khums) au nom du douzième imam.

En 939, l'Imam fit annoncer la mort prochaine du dernier représentant et l'entrée dans la grande occultation. Quelques jours après cette annonce, as-Samarri était mort. Depuis ce temps l'Imam ne s'est plus manifesté. C'est l'ère de la grande occultation « Ghaybat-é-Koubrâ ». Les musulmans chiites croient que l'Imam va réapparaitre pour mettre fin à l'oppression et ramener la justice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Islamique messianisme, al Mahdi: Étude du concept principal de l'Imâm sauveur par les Shi'ites Duodécimains, Abdulaziz Sachedina, P136
  2. Amir-Moezzi, Mohammad Ali, « La figure de ‘Alī b. Abī Ṭālib entre histoire et eschatologie (suite) », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses. Résumé des conférences et travaux, no 124,‎ (ISSN 0183-7478, lire en ligne)
  3. « Le Moyen Orient / Sunnisme et chiisme : les différences doctrinales », sur www.linternaute.com (consulté le 22 juillet 2018)
  4. « mahdisme »
  5. « Samarra-fin-lignee-imams-chiites »
  6. « A Samarra, la fin de la lignée des imams chiites », Le Temps, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]