Gérard de Villiers

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Gérard de Villiers
Description de l'image Defaut.svg.
Nom de naissance Gérard Adam de Villiers
Naissance
Paris (France)
Décès (à 83 ans)
Paris (France)
Activité principale
Écrivain, journaliste, éditeur
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Roman d'espionnage, roman policier, reportage, souvenirs

Œuvres principales

SAS

Gérard de Villiers, né le dans le 15e arrondissement de Paris et mort le dans le 16e arrondissement de la même ville, est un écrivain, journaliste et éditeur français. Il est notamment connu pour avoir écrit la série de romans d'espionnage SAS.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gérard Adam de Villiers est le fils de Jacques Boularan, auteur de théâtre sous le pseudonyme de Jacques Deval[1], et de Valentine Adam de Villiers[2]. La famille Adam de Villiers est une famille bourgeoise d'apparence noble de l'île de La Réunion[3]. Diplômé de l'IEP Paris et de l'ESJ Paris, ayant fait la guerre d'Algérie comme officier, il travaille plus tard à Minute[4], Rivarol, Paris-Presse, France-Dimanche[5], Réalités, Africa[réf. souhaitée] (projet de revue mensuelle du groupe Réalités), pour le site Atlantico, etc[6].

À la mort de Ian Fleming en août 1964, l'éditeur Philippe Daudy lui propose d'écrire des romans d'espionnage avec un héros récurrent. Gérard de Villiers accepte la proposition et crée un personnage : Son Altesse Sérénissime le prince Malko Linge, surnommé « S.A.S. ». Outre cette série qui connaît un très grand succès populaire (150 millions de livres vendus de 1965 à 2013)[7], il écrit des livres de Mémoires : Sabre au clair et pied au plancher, Mes Carnets de grand reporter. On lui doit aussi des livres d'enquête, notamment en 1970 Papillon épinglé où il démystifie le récit prétendument autobiographique d'Henri Charrière, Papillon. Et, en 2005, une enquête sur l'enlèvement en Irak des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot[8].

Gérard de Villiers se décrit comme « résolument à droite, libéral, anticommuniste, anti-islamiste, anticommunautariste, antisocialiste », et il déclare avoir été accusé, à tort, de racisme[9].

Le , il est arrêté par la police et emmené devant le substitut du parquet qui lui demande le règlement immédiat d'une somme approchant les trois millions de francs pour dette fiscale, sous menace d'un emprisonnement immédiat (contrainte par corps) en cas de non règlement. Il appelle alors son éditeur (Plon) qui envoie un coursier avec un chèque de 2 964 497 francs. Il doit alors au fisc dix-sept millions de francs, pénalités comprises[10].

Le , Gérard de Villiers, qui est largement ignoré sinon méprisé[11] par la critique littéraire en France, se voit consacrer un long article à la une du New York Times. Dans cet article, l'auteur, journaliste confirmé spécialiste des relations internationales, explique la valeur et la fiabilité étonnantes des informations contenues dans les romans de Gérard de Villiers[12], au point que de nombreux diplomates lisaient ses livres[13]. Selon un agent de la CIA, ses livres contiennent « beaucoup d'informations. Il est en contact avec tous les services de sécurité et il en connaît tous les acteurs »[14]. Hubert Védrine, interrogé à son sujet déclare : « L'élite française prétend ne pas le lire, mais ils le lisent tous[15]. » L'hebdomadaire Courrier international a publié une traduction de cet article en février 2013[16]. Ses livres de la série SAS figuraient, paraît-il, parmi les favoris de Jacques Chirac[17].

Tombe de Gérard de Villiers au cimetière de Passy.

En août 2013, M, le magazine du Monde consacre sa couverture et publie un long article illustré sur l'auteur de SAS et révèle que Gérard de Villiers a travaillé pour le SDECE qui utilisait SAS pour faire de la désinformation[18]. Cet article, ainsi que deux autres datés de 2013, sont reproduits à la fin du tome 200 La Vengeance du Kremlin.

Il meurt à Paris le [19] des suites d'un cancer du pancréas[20]. Des journalistes et des écrivains lui ont aussitôt rendu hommage comme Renaud Girard, Vladimir Fédorovski, Jean des Cars et Jean-Sébastien Ferjou[21].

Vie privée et patrimoine[modifier | modifier le code]

Gérard de Villiers s'est marié quatre fois (avec, par ordre chronologique, Olga Vecchione en [22], Annick, Marie-Christine Harispuru et Christine Loncle le 28 octobre 1991[23]). Il était le père de deux enfants, Michel (avec Olga Vecchione) et Marion (avec Annick de Villiers[24] qui a également publié des romans). Il est inhumé au cimetière de Passy, à Paris.

Le numéro 3758 de la Revue des deux Mondes, paru en juillet-août 2014, a pour principal sujet d'étude et de réflexions la série SAS ; elle porte le titre « G. de Villiers : enquête sur un phénomène français ». Un article de Robert F. Worth, « Le romancier qui en savait trop », initialement publié dans The New York Times du 30 janvier 2013, indique en pages 40, 41 et 42 de la revue :

« Les livres de Gérard de Villiers ont fait de lui un homme très riche et il habite un hôtel particulier de taille impressionnante avenue Foch, à deux pas de l'Arc de Triomphe. J'y suis allé un jour, cet hiver, et après avoir attendu un peu sur le palier du quatrième étage, une lourde porte de bois s'est ouverte et je me suis retrouvé en face d'un homme à l'air distingué vêtu de tweed marron, au visage long et osseux, et aux yeux bleus. De Villiers se sert d'un déambulateur — résultat d'une dissection aortique deux ans plus tôt — mais se déplace malgré tout avec une surprenante rapidité. Il m'a conduit le long d'un couloir haut de plafond jusqu'à son bureau, qui sert aussi de sanctuaire de virilité vieille école et de pratiques érotiques douteuses. […] Il m'a immédiatement parlé de sa dissection aortique. Il avait failli mourir et avait dû passer trois mois sur un lit d'hôpital. […] De Villiers gagne entre 800 000 euros et un million d'euros par an et passe ses étés dans sa villa de Saint-Tropez : il vadrouille sur son bateau pendant la journée et se rend le soir à des fêtes dans son Austin mini des années quatre-vingt. »

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Œuvre de Gérard de Villiers.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : SAS.

Il est notamment l'auteur depuis 1965 des romans d'espionnage SAS, qui racontent les aventures du prince autrichien Malko Linge, employé par la CIA. En phase avec l'actualité de son époque (guerre civile ou autres), ses romans se caractérisent par une forte dose de violence et d'érotisme. Dans la série SAS, il emploie souvent l'expression « un ange passe », à tel point que certains lui en attribuent la paternité[25].

Dans son article duThe New York Times de 2013, Robert F. Worth affirme :

« Bien que Gérard de Villiers soit pratiquement inconnu aux États-Unis, ses éditeurs estiment que la série SAS s'est vendue à environ 100 millions d'exemplaires dans le monde, ce qui en ferait l'une des séries les plus vendues de l'histoire, comparable aux James Bond de Ian Fleming. SAS remporte sans doute la palme de la longévité des séries de fiction écrites par un seul et même auteur[26]. »

Il a également écrit :

Scénariste et producteur pour le cinéma[modifier | modifier le code]

Éditeur[modifier | modifier le code]

En tant qu'éditeur et directeur de collections, Gérard de Villiers a publié de nombreux styles de littérature, parmi lesquels des romans généralistes, fantastiques, ou pornographiques. Il s'agit notamment :

  • série Brigade mondaine : romans policiers de Michel Brice narrant les aventures de Boris Corentin, l'as des as de la Brigade de répression du proxénétisme et de son fidèle subordonné Aimé Brichot ; le premier est un don Juan, le second est père de famille
  • série L'Aventurier des étoiles de E. C. Tubb
  • série L'Implacable de Richard Sapir et Warren Murphy
  • série L'Exécuteur de Don Pendleton
  • série Blade, Voyageur de l'Infini, romans de science-fiction par un collectif d'auteurs sous le pseudonyme de Jeffrey Lord
  • série JAG, romans de science-fiction dans un monde post-apocalyptique, par un collectif d'auteurs sous le pseudonyme de Zeb Chillicothe
  • série Les fantasmes de la comtesse Alexandra, 27 titres par quatre auteurs successifs. Série espionnage érotique créée par Gérard de Villiers mettant en scène la célèbre fiancée de Malko Linge.
  • collection « Serge Brussolo » : romans d'épouvante de Serge Brussolo
  • collection « Serial Thriller » : thrillers de Serge Brussolo
  • collection « Les dossiers de Scotland Yard » (1991-2001) : romans d'énigme de J.B. Livingstone (pseudonyme de Christian Jacq). Il s'agit de rééditions au format de poche des romans parus en grand format aux Éditions du Rocher.
  • collection « L'inspecteur Buckingham » : romans d'énigme dans la tradition anglaise signés Margaret Ring (pseudonyme de Philippe de Baleine). Il s'agit de rééditions au format de poche des romans parus en grand format aux Éditions du Rocher.
  • Collection « Polar U.S.A. » (1988-1991) : 54 titres (romans noirs américains).
  • Éditions « Murder Inc. » (1999-2003) : 44 titres (romans noirs américains).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard de Villiers sur le site 13e rue.
  2. « Ensuite, toute mon enfance s’est déroulée au sein d’un véritable gynécée : entre ma mère, Valentine Adam de Villiers ; ses deux sœurs, Mino et Alie et leur mère, veuve du colonel de l’infanterie coloniale Luc-Jacques-Marie-Léon Adam de Villiers. » Gérard de Villiers in « Sabre au clair et pied au plancher », Fayard, 2005.
  3. Pierre-Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence.
  4. Gérard de Villiers n’est plus : SAS désormais orphelin…, Nicolas Gauthier, bvoltaire.fr, 1er novembre 2013
  5. « Gérard de Villiers : du succès posthume à ce que l’on ne savait pas sur l’homme », Atlantico.fr,‎ (lire en ligne)
  6. Voir sur atlantico.fr.
  7. Voir sur lalsace.fr.
  8. Gérard de Villiers, Otages : la vérité, Paris, Fayard, , 186 p., 22 cm (ISBN 2-213-62431-3, notice BnF no FRBNF39905382)
  9. Interview par Laurent de Saint-Périer, « Littérature Livre - Gérard de Villiers : "On m'a accusé de racisme mais c'est faux, j'aime l'Afrique" », jeuneafrique.com, 19 septembre 2012.
  10. « SAS dans les mailles du fisc », VSD no 221, semaine du 26 novembre au 1er décembre 1981, p. 13.
  11. Laurence Rosier et Marie-Christine Pollet (dir.), Les mauvais genres en classe de français ? : retour sur la question : échos de la journée d'étude du 7 décembre 2005, université libre de Bruxelles, Presses universitaires de Namur, 2007, p. 20 (ISBN 978-2-87037-552-5).
  12. The Spy Novelist Who Knows Too Much, Robert F. Worth, nytimes.com, 30 janvier 2013
  13. Voir sur rfi.fr.
  14. « Gérard de Villiers, l'homme le mieux renseigné du monde », sur Le Point,
  15. SAS – Gérard de Villiers, l’homme qui en savait trop, consacré par le « New York Times », blog.lemonde.fr, 31 janvier 2011
  16. « Gérard de Villiers : l'auteur de romans d'espionnage qui en savait trop », Courrier International, hors-série « Ces français qui s'exportent », 6 novembre 2013.
  17. Voir sur blog.francetvinfo.fr.
  18. Ariane Chemin et Judith Perrignon, « Gérard de Villiers : itinéraire d'un réac », M, le magazine du Monde, no 21330,‎ , p. 19-25 (lire en ligne).
  19. Voir sur LCI.
  20. Annonce de sa mort sur Twitter par son avocat.
  21. Voir sur quotidien.com.
  22. Laurent Amalric, « Gérard de Villiers : sa femme Christine n'ira pas à ses obsèques », Nice Matin, 3 novembre 2013 : « Sa première femme désormais retraitée niçoise, Olga Vecchione, épousée en juin 1957 et qui lui donna son fils comédien, Michel de Villiers. »
  23. « Biographie Gérard de Villiers », Who's Who in France.
  24. Voir sur parismatch.com.
  25. Annick Stevenson, « Un baroudeur planétaire », Le Progrès, 19 juin 2006.
  26. Article repris dans la Revue des deux Mondes, numéro 3758, juillet-août 2014, p. 39.
  27. Les Soucis de Si-Siou sur le site Bibliopoche.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Rémy-Hospital, La série de Gérard de Villiers : un cas de littérature populaire (1965-1997), Université Paris 3, 1999, 2 vol., 468 p. (thèse de Littérature et linguistique françaises et latines)
  • (en) David Coward, A History of French Literature: From Chanson de geste to Cinema, John Wiley & Sons, 2008, p. 511-512 (ISBN 9780470751954)
  • (en) Lee Server, « Gérard de Villiers », in Encyclopedia of Pulp Fiction Writers, Infobase Publishing, 2009, p. 263 (ISBN 9781438109121)
  • « Le Parisien condamné à Paris pour avoir diffamé Gérard de Villiers », Agence France-Presse, 28 janvier 2005
  • Patrick Besson, « Solderie; Le prince Malkovic », Le Figaro, 3 février 2000
  • Christophe Deloire, « Gérard de Villiers : Le mercenaire du polar », Le Point, 13 janvier 2005
  • « The Spy Novelist Who Knows Too Much » by Robert F. Worth, New York Times

Liens externes[modifier | modifier le code]