Saudi Aramco

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Image illustrative de l'article Saudi Aramco
illustration de Saudi Aramco

Création 1933
Personnages clés Amin ben Hamad Al-Nasser et Ali Al-Naimi
Forme juridique Société publique
Slogan Where energy is opportunity
Siège social Dhahran
Drapeau d'Arabie saoudite Arabie saoudite
Direction Amin ben Hamad Al-Nasser (P-DG)
Actionnaires État saoudien
Activité Pétrole et gaz
Produits Extraction de gaz et de pétrole
Filiales Saudi Aramco (United States) (d)
Effectif 65 282 (2016)
Site web www.saudiaramco.com

Capitalisation 3 000 Mds de $
Chiffre d’affaires 318 milliards de $ (2015)
en augmentation

Saudi Aramco, officiellement Saudi Arabian Oil Company, est la compagnie nationale saoudienne d'hydrocarbures (son nom est la contraction d'Arabian American Oil Company). Elle possède la quasi-intégralité des ressources en hydrocarbures du royaume et, du point de vue de ses réserves comme de celui de sa production, est de loin la première compagnie pétrolière mondiale. Son siège se trouve à Dhahran, dans l'est du pays. Son principal gisement pétrolier est Ghawar, plus grand gisement mondial.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Saudi Aramco commence le , quand le gouvernement saoudien signe, avec l'intervention de Karl Twitchell, un accord de concession avec Standard Oil of California (Socal) lui permettant de faire des prospections pétrolières en Arabie saoudite. Standard Oil of California transmet cette concession à une de ses filiales appelée California-Arabian Standard Oil. En , les premiers forages ont lieu à Dammam, à près de 700 mètres de profondeur. Entre 1935 et 1936, six puits sont creusés. Malgré cela, les résultats sont mitigés et en 1936, la Texas Oil Company achète 50 % de la concession. En 1936, le géologue spécialisé dans l’industrie pétrolière Max Steineke décide de mener un forage profond pour le 7e puits. Après quatre longues années de recherche infructueuse, c’est en 1938, à 1440 mètres de profondeur, qu’il trouve finalement du pétrole en quantité suffisante pour un usage commercial à Dhahran. Le puits est nommé « Dammam number 7 ». En , l’Arabie saoudite exporte pour la première fois du pétrole brut, en provenance du gisement de Ras Tanura. Le nom de la compagnie change en 1944 et devient Arabian American Oil Company (ou Aramco)[1].

L'expansion internationale[modifier | modifier le code]

En , à bord du croiseur « USS Quincy », une entrevue entre Roosevelt et Ibn Saoud, une semaine après Yalta, scelle le pacte du Quincy par lequel les États-Unis s'engagent à protéger militairement la dynastie des Saoud en échange de l'exploitation de ses richesses pétrolières[2].

En 1948, Standard Oil of California et Texas Oil Company accueillent un nouveau partenaire. Standard Oil of New Jersey prend 30 % d'Aramco, et Socony Vacuum en acquiert 10 %, laissant ainsi une part égale de 30 % à Standard Oil of California et Texas Oil Company.

Roosevelt et Ibn Saoud, photo prise en Égypte le 14 February 1945 à bord du croiseur « USS Quincy » de l'US Navy.

En 1950 est conclu un accord de partage des bénéfices nets à 50-50[2].

En 1972, le gouvernement saoudien prend, par décret royal, une part de 25 % dans Aramco par le biais d'une société ad hoc, puis monte à 60 % en 1973 en représailles au soutien américain à Israël lors de la guerre du Kippour et finalement procède à la nationalisation complète en 1980, avec effet rétroactif jusqu'en 1976[2]. En novembre 1988, la compagnie change son nom Arabian American Oil Company en Saudi Arabian Oil Company (ou Saudi Aramco).

En septembre 2015, Lanxess vend pour 1,2 milliard d'euros, 50 % de ses activités dans le caoutchouc synthétique, où il est leader mondial, à Saudi Aramco[3].

En 2005, Saoudi Aramco s'associe à la société française Total pour la construction de ce qui va devenir la plus grande raffinerie du monde, d'un type nouveau : Jubail. Située sur la côte est de l'Arabie saoudite, elle devient opérationnelle en . Ell est dirigée par la société Satorp (pour Saudi Aramco Total Refining and Petrochemical Company), coentreprise créée en 2008 et détenue à 62,5% par Saudi Aramco et à 37,5% par Total[4]. En , le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud d'Arabie saoudite inaugure la raffinerie de Jubail[5]. La raffinerie devrait pouvoir produire 400 000 barils par jour[6].

En , Saudi Aramco livre en partenariat avec l’américain GE la première éolienne au Royaume d'Arabie saoudite. Cette dernière va être mise en service en janvier 2017. La turbine est située dans le nord-ouest du Royaume, à Turaif, et va alimenter l'usine de Saudi Aramco[7].

Alors que, en octobre 2016, l'Égypte et l'Arabie saoudite sont en désaccord au sujet du conflit syrien, la compagnie pétrolière saoudienne décide de ne plus approvisionner l’Égypte en octobre[8]. Ils s’étaient mis d'accord en avril 2016 pour la fourniture par la société de 700.000 tonnes de produits pétroliers par mois, pour une valeur totale de plus de 20 milliards de dollars, cela sur une période de cinq ans[9]. En mars 2017, Aramco annonce qu'il va reprendre ses livraisons de produits pétroliers à destination de l'Égypte[10].

Au cours du même mois, la société annonce un investissement de 7 milliards de dollars dans la pétrochimie de l’entreprise malaysienne Petronas[11].

Après avoir formulé une offre de rachat en , Saudi Aramco fait l’acquisition de la plus grande raffinerie de pétrole des Etats-Unis, située à Port Arthur au Texas, en rachetant la totalité des parts de la Royal Dutch Shell. Via sa filiale Saudi Refining Inc, la société obtient la gestion totale de la raffinerie de Port Arthur Motiva, qui possède une capacité de raffinage de 600 000 barils par jour[12].

En mai 2017, Saudi Aramco signe un partenariat avec la société américaine McDermott, une compagnie d'ingénierie spécialisée dans les installations offshore, afin de developper de nouveaux projets dans le royaume saoudien[13]. Le même mois, Saudi Aramco signe un projet de coentreprise d'une valeur de 5,2 milliards de dollars avec la société d'ingénierie National Shipping Co et le spécialiste coréen de la construction navale, Hyundai Heavy Industries Co (HHI). La coentreprise permet de construire le plus grand chantier naval du Golfe, à Ras Al Khair[14].

En août 2017, Saudi Aramco signe un accord avec KBR, une société américaine d'ingénierie spécialisée dans le raffinage, la pétrochimie et l'énergie[15]. Ce partenariat vise à doubler le pourcentage de biens et de services liés à l'énergie produite localement à 70 % du total dépensé d'ici 2021. De plus ce contrat est signe dans le cadre d'une stratégie qui vise à encourager les partenaires internationaux de la société saoudienne à maintenir leur engagement à investir dans le royaume saoudien à travers la chaîne d'approvisionnement[16].

Ouverture de capital[modifier | modifier le code]

Le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane, fils du roi et homme fort du régime, annonce début qu'un projet de privatisation partielle de Saudi Aramco est à l'étude et qu'une décision sera prise dans les prochains mois. Le , il confirme son projet de céder moins de 5 % du capital du groupe pétrolier dans le cadre d'un appel public à l'épargne intégré dans le plan national Vision 2030[17].

La vente de ces actifs permettra d'alimenter le fonds souverain à hauteur de 2000 milliards de dollars, ce qui en ferait le plus important du monde[18]. Ce fonds, sur le modèle qatari ou norvégien, serait chargé d'investir dans des secteurs comme les technologies, les transports, l'industrie ou l'immobilier afin d'assurer la transition économique vers l'après-pétrole[19].

En , le P-DG annonce qu'il planifie une entrée en Bourse de la compagnie au second semestre 2018 à la Bourse de Riyad et sur au moins une autre Bourse étrangère[20].

Fin , Le gouvernement saoudien informe qu'il envisage de céder 49 % de la société d'Aramco en dix ans[21].

Éducation et culture[modifier | modifier le code]

En 2007, Aramco est chargé par le gouvernement saoudien de la construction de l’Université des sciences et technologies du roi Abdallah (KAUST) à Djeddah. Université privée mixte, elle est inaugurée le après deux années de construction[22],[23].

En 2008, Saudi Aramco prend part au projet de création du Centre du roi Abdelaziz pour la connaissance et la culture, à Dhahran. Le centre, lieu d’activités en lien avec la culture et l’histoire nationale, a été inauguré en 2016[24].

Construite par Saudi Aramco, la Cité des Sports du Roi Abdallah est inaugurée en . Elle est organisée autour du Stade Roi-Abdallah, infrastructure de 60 000 places construite en 14 mois[25].

En 2017, Aramco gère 141 écoles à travers l’Arabie saoudite[24].

Gouvernance[modifier | modifier le code]

En , Abdallah S. Jum'ah, alors président et chef de la direction de Saudi Aramco, prend sa retraite et Khalid A. Al-Falih, qui occupait le poste de vice-président exécutif des opérations de Saudi Aramco, est nommé nouveau président et chef de la direction de la société, un poste qu'il occupe officiellement à partir du [26],[27].

En , son excellence Khalid Al-Falih est nommé président du conseil d'administration de la compagnie et est remplacé au poste de P-DG, en , par Amin H. Al-Nasser[28].

Le , Energy Intelligence désigne Khalid A. Al-Falih dirigeant de l'année du secteur pétrolier 2016[29]. Le prix lui est remis, à Londres le 8 octobre, lors de la 37e conférence annuelle Oil & Money.

Production et réserves[modifier | modifier le code]

La production de pétrole d'Aramco est passée d'une moyenne de 547 000 barils par jour en 1950 à 3,55 millions de barils en 1970, puis 9,99 millions à l'orée des années 1980[2]. Saudi Aramco produisait 10,25 millions de barils par jour (Mb/j) en , soit deux fois plus que le numéro 2 mondial, le russe Rosneft, avec 5 Mb/j, suivi par l’américaine ExxonMobil, première major mondiale cotée en Bourse, avec 4 Mb/j. Ses réserves prouvées s’élèvent à 267 milliards de barils contre 40 pour Rosneft et 25 pour ExxonMobil. La valorisation du capital de Saudi Aramco pourrait atteindre 3 400 milliards de dollars[30].

Production[modifier | modifier le code]

Données 2016 d'après Aramco[31] :

Pétrole :

  • Production journalière moyenne de pétrole brut : 10,5 millions de barils (Mbl)
  • Production annuelle de pétrole brut : 3,828 milliards de barils, dont 2,799 exportés
  • Production annuelle de produits raffinés : 655 Mbl, dont 296 exportés
  • Capacités de raffinage (part Aramco, total mondial) : 5,365 Mbl/j

Gaz :

  • Production journalière moyenne : 260,8 milliards de barils
  • Production annuelle de gaz : 116 milliards de m³

Réserves[modifier | modifier le code]

  • Réserves récupérables estimées de pétrole brut : 261,1 milliards de barils
  • Réserves estimées de gaz : 8458 milliards de m³

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sultan al-Sughair, « Well No.7 that established KSA on world oil map », sur Arabnews.com,
  2. a, b, c et d Denis Fainsilber, Aramco, une saga en or noir, Les Échos, 13 janvier 2016.
  3. Lanxess sells 50 percent in rubber business to Saudi Aramco, Ludwig Burger, Reuters, 22 septembre 2015
  4. L'Usine Nouvelle, « Jubail : les dix chiffres vertigineux de l'une des plus grandes raffineries du monde - L'Usine de l'Energie », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne)
  5. Jean-Guy Debord, « Synthèse de l'actualité du pétrole et du gaz semaine du 28 novembre au 4 décembre 2016 », sur www.euro-petrole.com (consulté le 8 décembre 2016)
  6. (en) « Saudi Aramco, France's Total study mixed feed cracker - sources », sur Reuters.com,
  7. Anmar Frangoul, « Saudi Aramco and GE deliver first wind turbine to Saudi Arabia », sur CNBC, (consulté le 22 décembre 2016)
  8. « Privée de pétrole saoudien, l’Égypte cherche une alternative », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  9. « Égypte : deuxième mois consécutif sans pétrole saoudien - JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)
  10. « L'Arabie saoudite reprend les livraisons de pétrole vers l'Égypte après cinq mois d'interruption - JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)
  11. « Le roi d'Arabie saoudite en tournée géante en Asie », sur Lesechos.fr,
  12. (en) Douglas Ernst, « Saudi oil giant takes full command of largest US oil refinery, hopes for $2T IPO », sur Washingtontimes.com,
  13. Jean-Guy Debord, « McDermott and Saudi Aramco Announce Memorandum of Understanding at the First Saudi-U.S. CEO Forum », sur www.euro-petrole.com (consulté le 30 mai 2017)
  14. Aurélie M'bida, « Le géant pétrolier Saudi Aramco se lance dans la construction navale », sur Usinenouvelle.com,
  15. Jean-Guy Debord, « KBR sur Europétrole », sur www.euro-petrole.com (consulté le 14 août 2017)
  16. Jean-Guy Debord, « KBR signs Agreement with Saudi Aramco to Expand in-Kingdom Localization Efforts », sur www.euro-petrole.com (consulté le 14 août 2017)
  17. « L'Arabie saoudite mettra en Bourse moins de 5% d'Aramco », sur Le Figaro Bourse (consulté le 25 avril 2016).
  18. « Mohamed Ben Salmane, le prince qui voulait changer l'Arabie saoudite », sur La Tribune (consulté en 2016-23-25).
  19. « Arabie saoudite : un fonds souverain plus grand et ambitieux pour préparer l’après pétrole », sur Les Echos (consulté en 2016-23-25).
  20. « L'IPO de Saudi Aramco prévue au second semestre 2018-DG », sur Lesechos.fr,
  21. Cours du baril, « L'Arabie envisage de vendre 49% d'Aramco en 10 ans », Prix du baril de pétrole,‎ (lire en ligne).
  22. Georges Malbrunot, « L'université mixte Kaust, une «bulle occidentale» à Djedda », sur Lefigaro.fr,
  23. « KAUST, un joyau universitaire piloté par un Français », sur Lesechos.fr,
  24. a et b (en) Frank Kane, « Non-oil activities increasingly important for Aramco », sur Arabnews.com,
  25. (en) « Saudi Aramco to build 11 new sports stadiums », sur Alarabiya.com,
  26. « Al-Falih Appointed President & CEO », sur aramcoexpats.com (consulté le 29 novembre 2016)
  27. « New Saudi Aramco CEO Named - U.S.-Saudi Arabian Business Council », sur www.us-sabc.org (consulté le 29 novembre 2016)
  28. (en) « Profile: Amin al-Nasser, incoming CEO of oil giant Saudi Aramco », sur Alarabiya.net, (consulté le 14 août 2017)
  29. « Energy Intelligence | H.E. Khalid A. Al-Falih of Saudi Aramco is the 2016 “Energy Intelligence Petroleum Executive of the Year” », sur www.energyintel.com (consulté le 29 novembre 2016)
  30. L’Arabie saoudite pourrait mettre en Bourse le géant pétrolier Saudi Aramco, Les Échos, 7 janvier 2016.
  31. (en) [PDF] 2016 Annual review, ARAMCO, 2017.

Articles connexes[modifier | modifier le code]