Roger Gicquel

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Roger Gicquel
Image illustrative de l’article Roger Gicquel
Roger Gicquel en 1983.

Naissance
Thiers-sur-Thève, Oise
Décès (à 77 ans)
Plouër-sur-Rance, Côtes-d'Armor
Nationalité Française
Profession Journaliste
Autres activités Écrivain
Présentateur
Producteur
Années d'activité 1961-2003
Distinctions honorifiques Chevalier de l’Ordre du Mérite
Médias
Pays France
Média Télévision
Fonction principale Présentateur du journal de 20 heures (1975-1981)
Télévision TF1
Autres médias France 3 Ouest
France Inter
Europe 1
Le Parisien libéré
Le Pays briard
Le Peuple breton
Normandie-Matin

Roger Gicquel, né le à Thiers-sur-Thève dans l'Oise et mort le à Plouër-sur-Rance dans les Côtes-d'Armor, est un journaliste français. Il est connu pour avoir présenté le journal de 20 heures de TF1 de 1975 à 1981.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roger Gicquel est le fils de petits commerçants. Son père, Alphonse Gicquel, est d'origine bretonne, à Quelneuc dans le Morbihan. À l'adolescence, il rêve de devenir écrivain[1].

Durant les années 1950, Roger Gicquel entreprend une carrière d'acteur. De 1953 à 1960, il est également steward de la compagnie aérienne UAT (la compagnie UTA sera fondée en 1963 par la fusion de l'UAT et de la TAI)[2], avant de s'orienter vers le journalisme.

Il entre d'abord au Parisien libéré en Seine-et-Marne en 1961[3]. C'est à Coulommiers qu'il débute. Le , il se marie à Boissy-le-Châtel, près de Coulommiers. Roger Gicquel effectue ses reportages en 2 CV. Il fréquente ses confrères de la presse locale, de la Liberté de Seine-et-Marne et du Pays briard qu'il retrouve à l'auberge « La Moderne » à Saint-Cyr-sur-Morin[4]. Puis Le journal lui demande[Quand ?] de créer Normandie-Matin, édition locale du Parisien en Haute-Normandie[5]. Il a entre autres à sa charge les rédactions locales d'Elbeuf et des Andelys, puis celles d'Évreux, Louviers et Vernon[5].

En 1971, il quitte Normandie-Matin pour devenir pendant deux ans consultant au service Information de l'Unicef[2]. Puis il occupe le poste de directeur de l'information de l'ORTF[3].

Encouragé à faire de la radio par Roland Dhordain, fondateur de France Inter, Roger Gicquel rejoint cette station et y crée une revue de presse, qu'il présente de 1968 à 1973. Il y est également grand reporter à partir de 1969.

En 1975, il devient présentateur du journal de 20 heures de TF1 malgré son manque total d'expérience[6]. En concurrence avec Antenne 2, la chaîne lui demande d'« incarner l'information » pour mieux se différencier et fidéliser le public[7]. Chaque soir, Roger Gicquel commence son journal par un éditorial dans lequel il donne son avis. Cette personnalisation, qui a par la suite semblé dépassée, marque le passage à l'antenne de Roger Gicquel, regardé chaque soir par des millions de Français. Inspiré par le journaliste Walter Cronkite, présentateur du journal de la chaîne américaine CBS News, il revendique son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et sa liberté de ton[6] : « Je prétendais qu'on pouvait ouvrir le journal sur un raz-de-marée dans le delta du Gange même sans images plutôt que sur la naissance d’un baleineau dans un zoo aquatique de Tokyo »[précision nécessaire]. Ladislas de Hoyos, présentateur vedette des journaux de fin de semaine sur TF1 de 1990 à 1991 et prédécesseur de Claire Chazal, suivra la même démarche.

Il est notamment célèbre pour sa phrase d'ouverture du journal de 20 heures le  : « La France a peur »[8], qui souligne l'émotion provoquée par l'enlèvement et la mort à Troyes du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry. Cette formule est cependant tronquée, car quelques minutes plus tard, il précise que cette peur est un sentiment auquel il ne faut pas s'abandonner.

Quittant la présentation du journal télévisé en 1981, Roger Gicquel occupe ensuite plusieurs postes au sein de TF1. Il réalise et produit des grands reportages et documentaires d'actualité, tout en tenant une chronique sur Europe 1 jusqu'en 1982[2]. Il revient à l'antenne de TF1 à partir de 1983, à la présentation et à la production de l'émission Vagabondages dans laquelle il reçoit des personnalités du monde culturel notamment. Il quitte la chaîne en 1986, au moment de sa privatisation[2],[9]. De 1987 à 1994, il retrouve France Inter avec la revue de presse du week-end[2].

En 1994, il fait son retour à la télévision à la demande de Jean-Pol Guguen, directeur de la station régionale France 3 Ouest[2], où il anime et produit chaque samedi En flânant[5]. à partir de 1995, il se retirera progressivement du monde de la télévision , pour prendre sa retraite officiellement en 2003.

Il meurt à Plouër-sur-Rance près de Saint-Malo dans les Côtes-d'Armor le à l'âge de 77 ans des suites d'un infarctus[2]. Il est inhumé dans cette même ville[10].

Vie personnelle et engagements[modifier | modifier le code]

Roger Gicquel choisit de s'installer en 1997 sur les rives de la Rance dans les Côtes-d'Armor. Revenu en Bretagne après sa carrière de journaliste, de producteur et de présentateur, il y écrit des livres où transparait sa passion pour cette région.

De à , il est l'auteur d'une chronique mensuelle dans Le Peuple breton, magazine d'opinion édité par l'Union démocratique bretonne (UDB)[11]. Tout au long des années 2000, il milite aux côtés de l'UDB et des Verts[12]. Il s'engage également au niveau associatif, notamment avec Eau et rivières de Bretagne, association qui milite entre autres contre les algues vertes[13].

Il est officier de la Confrérie des fins gousiers d'Anjou[14].

Présentateur de télévision[modifier | modifier le code]

  • 1975-1981 : Journal de 20 heures (TF1)
  • 1983-1986 : Vagabondages (TF1)

Publications[modifier | modifier le code]

Discographie
  • J'aurais tant voulu, 45 tours, EMI, 1981.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Roger Gicquel est chevalier de l’ordre national du Mérite[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Chancel, « Radioscopie », INA,
  2. a b c d e f et g « Roger Gicquel décède d'un infarctus »,Le Figaro, .
  3. a et b Christophe Decroix, « Sur RTL, Patrick Poivre d'Arvor rend hommage à Roger Gicquel », RTL, .
  4. Gérard Roger, « Nécrologie. Roger Gicquel a vécu la vie de la Brie », Le Pays Briard, .
  5. a b et c José Alcala, « Mort du journaliste Roger Gicquel », Caméra diagonale,
  6. a et b (fr) « Press : the importance of being Walter », Time,
  7. David Buxton, Philippe Riutort et Francis James, Vulgarisateurs, essayistes, animateurs : interventions et engagements médiatiques en France depuis les années 1980, Paris, L'Harmattan, , 235 p. (ISBN 978-2-296-08382-0, LCCN 2009479360, lire en ligne), p. 43-44
  8. Roger Gicquel : « La France a peur », INA, consulté le 2 juin 2020.
  9. Guy-Pierre Bennet, « Roger Gicquel : "La télé rend fou ; moi, elle m’a rendu lucide" », Revue-medias.com,
  10. « Roger Gicquel est mort », Le Parisien, 6 mars 2010.
  11. Loïc Josse et Ronan Leprohon, « Kenavo Roger », Le Peuple breton, no 555,‎ , p. 35 (ISSN 0245-9507)
  12. Roger Gicquel, « Le plaidoyer de Roger Gicquel pour la liste Bretagne verte unie et solidaire », sur Brest-ouVert, (consulté le 5 novembre 2011) : « L’alliance entre les Verts et l’UDB représente l’option à laquelle je crois pour peser sur la politique régionale »
  13. «Roger Gicquel est mort» AP, Associated Press
  14. « Fins Gousiers d'Anjou - Les Officiers de la Confrérie », sur www.finsgousiers.fr (consulté le 21 février 2019)
  15. Guy-Pierre Bennet, « Roger Gicquel est mort », Associated Press, .

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]