Traités Salt sur la limitation des armements stratégiques

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Traités de réduction des armes nucléaires signés par
les États-Unis et l'URSS / Russie
Sigle Année
signature
Année
ratification
Salt I 1972 1972
Salt II 1979 Pas fait
INF 1987 1988
Start I 1991 1994
Start II 1993 1996 États-Unis
2000 Russie
Sort 2002 2003
New Start 2010 2011

Les négociations sur la limitation des armes stratégiques, mieux connues par l'acronyme Salt, abréviation de l'anglais Strategic Arms Limitation Talks, sont les noms donnés aux processus de négociations entamés en 1969 entre les États-Unis et l'URSS, qui aboutissent à la conclusion des traités de Salt I en 1972 et Salt II en 1979.

Contexte[modifier | modifier le code]

Lors de la Détente qui a suivi la crise de Cuba (1962), les deux superpuissances tentent de réduire la course aux armements en limitant leurs programmes d'armements respectifs. Il est de l'intérêt de chaque partie de planifier en commun l'évolution future des arsenaux pour éviter les risques de voir l'autre prendre un avantage unilatéral décisif. Ainsi, à partir de 1969, des négociations sont engagées et aboutissent à des résultats considérables dont un premier accord le [1]. Cet accord complète celui du (le « téléphone rouge ») et vise à empêcher le déclenchement d'une guerre nucléaire « par malentendu ou accident »[1].

Lorsque les accords Salt I sont signés, l'URSS a déjà des difficultés financières et, malgré la propagande, la population civile commence à ressentir le manque, notamment pour l'alimentation, il est donc important pour l'Union soviétique de réduire son budget militaire. La situation est différente aux États-Unis, mais la guerre du Viêt Nam et le programme Apollo sont deux gouffres énormes dans l'économie de la superpuissance, il est donc aussi dans leur intérêt de ralentir la production d'armes stratégiques.

Accords Salt I[modifier | modifier le code]

Les traités Salt I sont signés le à Moscou entre les Américains et les Soviétiques par Richard Nixon et Léonid Brejnev et se composent de deux volets :

  • un accord provisoire de cinq ans sur la limitation de la fabrication d'armes stratégiques et de l'installation des rampes de lancement de missiles balistiques (missiles souvent désignés par l'abréviation ICBM) ;
  • le traité ABM prévoit la limitation des missiles antimissiles ABM (anti missiles balistiques).

Ces traités sont ratifiés le 3 octobre 1972 par les États-Unis et l'Union soviétique[2].

Conclu pour une durée de cinq ans, l'accord provisoire relatif aux armes stratégiques expire le 3 octobre 1977. Toutefois, les États-Unis annoncent le 23 septembre 1977 qu'ils continueront de l'observer tant que continuent de se dérouler en parallèle les négociations relatives au traité Salt II. L'Union soviétique fait une annonce similaire le 25 septembre 1977[2].

Accords Salt II[modifier | modifier le code]

Jimmy Carter et Léonid Brejnev signent l'accord Salt II à Vienne (Autriche) le .

Les négociations continuent entre les deux grandes puissances. Le à Vienne, Jimmy Carter pour les Américains et Léonid Brejnev pour les Soviétiques signent le traité Salt II. Celui-ci apporte des limitations supplémentaires par rapport à Salt I et définit un plafond précis de bombardiers et de lance-missiles tolérés, ce qui implique la destruction du surnombre. Il interdit également l'envoi d'armes nucléaires dans l'espace et le Fractional Orbital Bombardment System.

Du fait de la dégradation des relations Est-Ouest, dûe au constat en 1978-1979 que l'URSS profitait davantage que les Etats-Unis de la détente, le Sénat des États-Unis refusa pendant six mois les sollicitations du Président Carter de ratifier le traité et le président renonça finalement à cette requête après l'invasion soviétique en Afghanistan. On a fait remarquer toutefois que l'intervention du 27 décembre 1979 intervenant six mois après la signature du traité alors qu'il avait fallu seulement quatre mois (26 mai-3 octobre 1972) pour obtenir la ratification du traité SALT entre Nixon et Brejnev, ce refus persistant a peut-être levé les hésitations du Kremlin à répondre positivement aux demandes insistantes d'intervention, formulées par le gouvernement afghan depuis le printemps 1979 à l'Union Soviétique [3]. Toutefois, même sans avoir été ratifié, les termes du traité furent respectés dans la pratique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La Vieille 1998.
  2. a et b NTI SALT I 2011
  3. Pierre Melandri, "La politique extérieure des Etats-Unis depuis 1945" Paris, PUF, 1982

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karin Calvo-Goller et Michel Calvo, Les Accords Salt Contenu - Application - Contrôle, éd. Bruylant, 1987, 510 p.
  • Jean-Marc La Vieille, Droit international du désarmement et de la maîtrise des armements, L'Harmattan, .
  • (en) Karin Calvo-Goller et Michel Calvo, The Salt agreements : Content, Application, Verification, Brill, 1987, 428 p, [lire en ligne].
  • (en) Nuclear Threat Initiative (NTI), Strategic Arms Limitation Talks (SALT I), (lire en ligne).
  • (en) U.S. Department of State, Strategic Arms Limitation Talks (SALT I) (narrative) (lire en ligne).
  • (en) Amy F. Woolf, The New Start Treaty: Central Limits and Key Provisions, Congressional Research Service, , 39 p. (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]