Baloutchistan (Pakistan)

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Baloutchistan
Balochistan
بلوچستان
Drapeau de Baloutchistan
Drapeau
Carte du Pakistan avec le Baloutchistan en rouge.
Carte du Pakistan avec le Baloutchistan en rouge.
Administration
Pays Drapeau du Pakistan Pakistan
Capitale Quetta
Plus grande villes Quetta, Khuzdar
Nombre de villes
de plus de 20 000 Hab.
19
Ministre en chef Sanaullah Zehri
(2015-2018)
Nombre de députés 14 sur 272, soit 5 %
Nombre de sénateurs 22 sur 100, soit 22 %
Pouvoir législatif Assemblée provinciale du Balouchistan (65 députés)
Gouverneur Mohammad Khan Achakzai
Démographie
Population 13 162 222 hab.[1] (rec. 2011)
Densité 38 hab./km2
Rang 4e
Géographie
Superficie 347 190 km2
Rang 1er
Divers
Langues nationales officielles anglais, ourdou
Langues provinciales de facto baloutche, pachto, hazaragi, etc.
Liens
Site web balochistan.gov.pk

Le Baloutchistan (en ourdou : بلوچِستان ou en anglais : Balochistan) est l'une des quatre provinces fédérées du Pakistan, qui se confond en grande partie avec la région historique du Baloutchistan qui déborde sur l'Iran et l'Afghanistan. Elle doit son nom au peuple baloutche.

La province est la plus grande du pays, mais aussi la moins peuplée et la plus pauvre alors qu'elle est principalement rurale. Quelque treize millions de personnes peuplent la province. Diverses ethnies et tribus y sont présentes, dont notamment les Baloutches et les Pachtounes, dont la cohabitation est parfois difficile. Sa capitale, Quetta, est de loin la ville la plus importante de la province, bien que cette dernière abrite par ailleurs le port stratégique de Gwadar.

Le Baloutchistan bénéficie, comme les autres provinces du Pakistan, de certains pouvoirs dans le cadre d'une organisation fédérale de l’État. Elle possède ainsi une Assemblée provinciale élue directement par le peuple ainsi que d'un gouvernement local possédant un chef appelé ministre en chef. Son gouverneur est nommé par le président de la République. Toutefois, la province connait un mouvement séparatiste, parfois violent, depuis la création du Pakistan. Le conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan a également régulièrement touché la province.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Baloutchistan.

Durant la période du Raj britannique, le Baloutchistan est divisé en quatre États princiers : Makran au sud-ouest, Kharan à l'ouest, Las Bela au sud-est, et Kalat à l'est. Ils se placent sous souveraineté britannique en 1876. En 1935, la province est frappée par un séisme dont l'épicentre se situe près de Quetta et fait des dizaines de milliers de victimes.

Au moment de l'indépendance en 1947, le nord de l'actuelle province (Chief Commissioner's Province of Baluchistan) rejoint immédiatement le Pakistan, puis les quatre États princiers suivent en mars 1948. Toutefois, ces derniers reforment une union autonome entre 1952 et 1955, puis sont fusionnés dans la province du Pakistan occidental, correspondant à l'actuel Pakistan. L'enclave de Gwadar, appartenant jusque-là au Sultanat d'Oman, est finalement intégrée au pays en octobre 1958. À l'indépendance du Bangladesh, l'actuelle province du Baloutchistan dans sa forme actuelle est instaurée en 1970.

Le Baloutchistan connait depuis l'indépendance du Pakistan un mouvement séparatiste provenant de l'ethnie baloutche, qui a débouché sur plusieurs conflits armés les opposants à l'armée pakistanaise à divers moments. Les combats les plus intenses ont eu lieu peu après l'indépendance, en 1955, puis dans les années 1960 et surtout les années 1970, qui connaissent les affrontements les plus violents. Les combats ont repris en 2004. La région est également un refuge pour les dirigeants des talibans afghans[2], dont notamment la choura de Quetta, l'organe politique des talibans. Elle est également devenue un point de repli pour les talibans pakistanais qui s'opposent au pouvoir pakistanais dans le cadre du conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île d'Astola (en), située près de la côte du Baloutchistan.

Le Baloutchistan est situé dans le sud-ouest du Pakistan et constitue de loin la plus grande province du pays. Avec ses 347 190 kilomètres carré de superficie, il représente à lui tout seul 44 % du pays. La province se trouve sur le bord oriental du plateau iranien. Il est bordé à l'ouest par l'Iran, au nord par l'Afghanistan et à l'est par le province de Khyber Pakhtunkhwa, du Pendjab et du Sind.

La province est constituée d'un vaste désert rocheux et aride, principalement montagneux, à l'exception du Katch Gandava, situé au nord-est au pied des montagnes. Au sud, la zone côtière de la province, donnant sur la mer d'Arabie, fait partie du Mékran. Le climat est aride, très chaud et sec en été et doux en hiver.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 1998, la population au Baloutchistan atteint 6,57 millions d'habitants, de loin la province la moins peuplée du pays, et à peine deux fois plus peuplée que les régions tribales. Seul 24 % de la population étaient alors urbaines et le taux d'alphabétisation se situait à 25 %, dont 34 % pour les hommes et 14 % pour les femmes[3]. Selon les résultats préliminaires d'un recensement qui n'a pas été mené à son terme par les autorités pakistanaises, la province compterait 13,2 millions d'habitants en 2011[4].

La province est peuplée de plusieurs ethnies dont les principales sont les Baloutches, qui sont originaires de la province, et les Pachtounes surtout présents dans le nord et arrivés plus récemment dans la province, en partie des immigrés venus de l'Afghanistan voisine. Selon le recensement de 1998, 55 % des habitants de la province parlent le baloutche et 30 % le pachto, les langues liées à ces deux principales ethnies[5]. Les Hazaras, les Brahouis, les Mèdes, les Sindhis ou les Khoras habitent également la province.

Administration[modifier | modifier le code]

Les villes[modifier | modifier le code]

La ville de Quetta, capitale de la province, vue de nuit.

La liste ci-dessous recense les huit villes de la province dépassant 40 000 habitants selon une estimation de 2009.

Rang Ville District Est. 2009[6]
1 Quetta district de Quetta 859 973
2 Khuzdar district de Khuzdar 141 395
3 Chaman district de Killa Abdullah 107 660
4 Turbat district de Kech 81 846
5 Sibi district de Sibi 77 076
6 Hub district de Lasbela 64 662
7 Zhob district de Zhob 55 455
8 Gwadar district de Gwadar 44 473

Les districts[modifier | modifier le code]

La province est divisée 27 districts.

Carte des districts du Baloutchistan.
no  District Capitale Pop. (1998)[7] no  District Capitale Pop. (1998)[7]
1 Awaran Awaran 118 173 16 Killa Saifullah Killa Saifullah 193 553
2 Barkhan Barkhan 103 545 17 Lasbela Uthal 312 695
3 Kachhi Dhadar 288 056 18 Loralai Loralai 295 555
4 Chagai Chagai 300 000 19 Mastung Mastung 179 784
5 Dera Bugti Dera Bugti 181 310 20 Musakhel Musakhel 134 056
6 Gwadar Gwadar 185 498 21 Nasirabad Nasirabad 245 894
7 Harnai Harnai 140 000 22 Nushki Nushki 137 500
8 Jafarabad Dera Allah Yar 432 817 23 Panjgur Panjgur 234 051
9 Jhal Magsi Jhal Magsi 109 941 24 Pishin Pishin 367 183
10 Kalat Kalat 237 834 25 Quetta Quetta 744 802
11 Kech Turbat 413 204 26 Sherani Sherani
12 Kharan Kharan 132 500 27 Sibi Sibi 180 398
13 Kohlu Kohlu 99 846 28 Washuk Washuk 118 171
14 Khuzdar Khuzdar 417 466 29 Zhob Zhob 275 142
15 Killa Abdullah Chaman 2 068 490 30 Ziarat Ziarat 33 340

Économie[modifier | modifier le code]

Le port de Gwadar en 2007.

Le gaz naturel, le charbon ainsi que l'onyx sont les principales ressources naturelles de cette province. Très peu développé économiquement, le Baloutchistan, bien que rattaché au régime fédéral d'Islamabad, vit toujours selon des lois féodales et sous le joug de quelques grands seigneurs, les « Mirs », à qui appartiennent les terres et les populations qui y vivent. La population de la province est très pauvre et les infrastructures y sont largement absentes. Toutefois, le développement du port de Gwadar a plus récemment créé des espoirs, avec des projets d'autoroute et chemins de fer pour le desservir.

Conflits armés[modifier | modifier le code]

Les « guerres baloutches » frappent la province depuis l'indépendance du pays en 1947. C'est un conflit de basse intensité mais toutefois persistant. Il émane de l'ethnie majoritaire localement, qui réclame l'indépendance ou l'autonomie ainsi qu'une meilleure répartition des richesses naturelles de la province pour sa population. Le mouvement mené par exemple par le Front de libération du Baloutchistan a été réprimé par l'armée pakistanaise, qui est accusé avec les services secrets de disparitions forcées.

Parallèlement, la province est également touchée depuis 2004 par le conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan qui frappe surtout les régions tribales et la province de Khyber Pakhtunkhwa, voisins du Baloutchistan au nord. Les talibans pakistanais qui se battent contre l'armée pakistanaise ont souvent trouvé refuge dans la région, à l'instar de Abdullah Mehsud qui y est mort en 2007.

Politique[modifier | modifier le code]

L'Assemblée provinciale du Baloutchistan est monocamérale et constitue le pouvoir législatif de cette province fédérée. Sur ses 65 membres, 51 sont élus directement par le peuple au suffrage universel direct uninominal majoritaire à un tour, et leur mandat est de cinq ans. Les quatorze membres restants sont élus par les autres membres, dont onze sont réservés à des femmes et trois à des minorités religieuses[8]. La province dispose également d'un gouvernement local autonome qui découle de son Assemblée. Le ministre en chef (Chief Minister) est le chef de ce gouvernement et il est responsable devant l'Assemblée[9]. Le pouvoir fédéral de l'État est en revanche représenté par le Gouverneur, qui est nommé par le Président de la République sur le conseil du Premier ministre.

Les différences forces politiques de la province correspondent en partie aux deux principales ethnies de la province, à savoir les Pachtounes vivants au nord, représentées notamment par le parti islamiste Jamiat Ulema-e-Islam (F), le Parti national Awami et le Pukhtoonkhwa Milli Awami Party. Les Baloutches, vivant au sud, ont eux été représentés ces dernières années par le Parti national baloutche et le Parti national, notamment. Lors des dernières élections provinciales de 2013, la Ligue musulmane du Pakistan (N), le Pukhtoonkhwa Milli Awami Party et le Parti national sont devenus respectivement les trois principales forces de l'Assemblée, et ont formé un gouvernement de coalition. Le poste de ministre en chef est alors revenu à Abdul Malik Baloch et le poste de Gouverneur à Mohammad Khan Achakzai.

Composition de l'Assemblée provinciale du Baloutchistan après les élections de 2013.
Élections législatives de 2013 dans le Baloutchistan
Parti Voix  % Députés fédéraux[n 1] Députés provinciaux[n 2] +/-
Ligue musulmane du Pakistan (N) 134 758 10,28 % 1 19 en augmentation 18
Pukhtoonkhwa Milli Awami Party 167 900 12,80 % 3 14 en augmentation 14
Parti national 76 018 5,80 % 1 10 en augmentation 10
Jamiat Ulema-e-Islam (F) 207 167 15,80 % 4 8 en diminution 2
Ligue musulmane du Pakistan (Q) 53 305 4,06 % 0 6 =
Parti national baloutche 81 217 6,20 % 1 2 en diminution 5
Jamote Qaumi Movement 11 976 0,91 % 0 1 en augmentation 1
Parti national Awami 31 122 2,37 % 0 1 en diminution 2
Majlis-e-Wahdat-e-Muslimeen Pakistan 8 799 0,67 % 0 1 en augmentation 1
Autres partis 186 920 14,25 % 0 0 en diminution 38
Indépendants 352 300 26,86 % 0 3 en augmentation 3
Total (participation : 42,50 %) 1 311 482 100 % 10 65
  1. Députés élus directement dans les circonscriptions
  2. Composition finale de l'Assemblée provinciale du Pendjab
Source : Commission électorale du Pakistan (sièges nationaux, sièges provinciaux et votes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Population shoots up by 47 percent since 1998 sur The News International, le 29 mars 2012
  2. Pakistan: un responsable américain de l'ONU enlevé, leparisien.fr, 2 février 2009
  3. (en) Demographic indicators - 1998 Census sur pbs.gov.pk
  4. (en) Population shoots up by 47 percent since 1998 sur The News International, le 29 mars 2012
  5. (en) Percentage Distribution of Households by Language Usually Spoken and Region/Province,1998 Census sur pbs.gov.pk
  6. (en) Pakistan: largest cities and towns and statistics of their population sur World Gazetteer
  7. a et b (en) District wise data sur Population Census Organization.
  8. (en) Part IV - Chapter 2 : Pronvincial assemblies sur The Constitution of Pakistan.
  9. (en) IV - Chapter 3 : The pronvincial governments sur The Constitution of Pakistan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]