Balkans

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Balkans
Carte topographique des Balkans.
Carte topographique des Balkans.
Localisation
Pays Drapeau de l'Albanie Albanie
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie
Drapeau de la Croatie Croatie
Drapeau de la Grèce Grèce
Drapeau du Kosovo Kosovo (reconnaissance partielle)
Drapeau de la Macédoine Macédoine
Monténégro Monténégro
Roumanie Roumanie
Serbie Serbie
Drapeau de la Slovénie Slovénie
Drapeau de la Turquie Turquie (Thrace orientale)
Coordonnées 42° N 22° E / 42, 2242° Nord 22° Est / 42, 22  
Mers Méditerranée et Noire

Géolocalisation sur la carte : Europe

(Voir situation sur carte : Europe)
Balkans
Les Balkans. Leur limite au nord est fixée par les fleuves Danube-Save-Kupa, excluant de facto la Slavonie croate et la Voïvodine serbe des Balkans.

Les Balkans sont une des trois « péninsules » d'Europe du Sud, mais cette appellation traditionnelle est parfois contestée en l'absence d'un isthme : les géographes préfèrent le terme de « région ». Elle est bordée par des mers sur trois côtés : l'Adriatique et l'Ionienne à l'ouest, la mer Égée au sud et la mer de Marmara et la mer Noire à l'est. Au nord, on la délimite généralement par les cours du Danube, de la Save et de la Kupa. Cette région couvre une aire totale de plus de 550 000 km2 et regroupe une population de près de 53 millions d’habitants.

Origine et utilisation du terme[modifier | modifier le code]

Dans l’Antiquité, le nom des montagnes aujourd'hui nommées « Balkans » était Αίμος (Haemos en grec et Haemus en latin), mot thrace signifiant, selon Teodor Capidan, « neigeux ». Ce nom désignait la chaîne de montagnes traversant la Bulgarie d’est en ouest (« Grand Balkan »), qui est appelée Стара Планина (Stara Planina, « vieille montagne ») en bulgare, en serbe et en slavon (ainsi qu’en tchèque, slovaque, lituanien, estonien).

L’appellation byzantine Aimos / Emmon / Emmona se retrouve dans la forme turque Emine-Balkan, l’adjectif balkan pouvant désigner en turc soit des « montagnes boisées », soit des « montagnes glissantes » (c’est l’un des sens des mots turcs bal : « poisseux », « miel », et kan : « gluant », « sang » ; mais, à l’époque romantique, les autres sens de ces deux mots ont donné naissance à une légende très populaire selon laquelle balkan signifierait « de miel et de sang » pour désigner aux yeux des Turcs un pays riche en douceurs, fruits, chaleur, richesses de la terre, mais farouchement défendu par d’indomptables guerriers[1],[2]). En fait les Ottomans désignaient leurs possessions du sud-est de l’Europe sous le nom de Roumélie (Rum-eli c'est-à-dire « pays des Romains ») ou, plus récemment, Avrupa-i Osmani (« Europe ottomane »).

Bien que l’appellation Balkan ne soit pas attestée avant le XIVe siècle, les protochronistes, influents dans les Balkans (leurs thèses sont enseignées dans les écoles) attribuent à ce nom une grande ancienneté et le font remonter au proto-indo-européen bhelg (« arrête, crête, faîte ») via bala-khana (« maison élevée » en persan, une langue iranienne[3]) ou via balkô (« chaîne rocheuse » en proto-germanique, à l’origine du vieux frison balka, du norrois balkr et du vieil anglais balca duquel dérive balk « bloc » en anglais moderne).

Quoi qu’il en soit, c’est en 1808 que l’expression « péninsule des Balkans » (Balkanhalbinsel) apparaît chez le géographe allemand Johann Zeune. En élargissant ainsi le terme de « Balkans » bien au-delà du Grand Balkan, Zeune lui donna la signification antique du nom « Haemos » qui désignait toutes les chaînes de l’Europe du Sud-Est, depuis les Alpes slovènes jusqu’à la mer Noire, avec une importance analogue aux Apennins pour la péninsule italienne. Malgré les critiques formulées par des géographes comme Theobald Fischer dès 1839, cette idée, discutable sur le plan géomorphologique, perdure dans le domaine politique et culturel, et comme concept géographique aux limites d’ailleurs variables selon les auteurs.

Au XIXe siècle, lors des combats pour la libération des divers peuples de la région contre les dominations impériales ottomane et austro-hongroise, une certaine condescendance a donné, dans l’historiographie occidentale, une connotation péjorative au terme « Balkans » : ainsi, « balkanisation » désigne un processus de déstructuration politique ; en fait, cette « balkanisation » a surtout été voulue par le congrès de Berlin. Tout cela a conduit à utiliser le terme plus neutre d'« Europe du Sud-Est ». C’est ainsi que le journal en ligne Balkan Times s'est lui-même renommé Southeast European Times en 2003.

Limites[modifier | modifier le code]

Les "Balkans" ou Europe du Sud-Est peuvent avoir plusieurs étendues, selon la définition adoptée :

  • la définition d'origine, due aux géographes allemands et austro-hongrois, désigne la région bas-danubienne et balkanique[4], incluant les Balkans au sens strict, les pays ex-yougoslaves en entier, l'Albanie, la Roumanie et la Moldavie, région parfois élargie jusqu'à la Hongrie ; la première utilisation connue du terme « Europe du Sud-Est » est due à un chercheur autrichien, Johann Georg von Hahn (1811-1869) ;
  • une définition intermédiaire (utilisée par exemple par Paul Garde dans Les Balkans[6]) y inclut les pays ex-yougoslaves en entier, l'Albanie et la Roumanie, mais pas la Moldavie, malgré le passé commun des deux pays[7].

Géographie[modifier | modifier le code]

Dans la définition la plus communément acceptée, cette région couvre une aire totale de plus de 550 000 km2. Sa limite au nord est fixée par les fleuves Danube-Save-Kupa. Le relief de la péninsule des Balkans culmine à 2 925 m au mont Musala dans le massif de Rila (Bulgarie) ; le mont Olympe (Grèce) est en seconde position avec 2 919 m. La majeure partie de la péninsule est montagneuse, avec des altitudes moyennes de 500 m, des dénivellations importantes, des cours d'eau d'une longueur moyenne de 250 à 300 km, des bassins versants étroits et de petite taille (10 000 à 20 000 km2).

Les plaines, petites et peu nombreuses, se situent le long des cours d'eau et des côtes. Quatre principales chaînes de montagnes, toutes datant de l'orogénèse alpine, rayonnent autour d'une région centrale, située autour du massif du Šar, au sud de la dépression du Kosovo-polje:

  • la chaîne dinarique, qui longe l'Adriatique vers l'ouest en direction des Alpes, et forme la ligne de partage des eaux entre cette mer et le bassin du Danube ;
  • la chaîne du Pinde, vers le sud, qui forme la ligne de partage des eaux en Grèce continentale :
  • la chaîne des Balkans, vers l'est en direction de la mer Noire, qui forme la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Maritsa et celui du Danube ;
  • la chaîne du Rhodope, vers le sud-est en direction de la mer Égée.

Le climat est méditerranéen le long des côtes de la mer Adriatique et de la mer Égée, océanique et subtropical humide le long des côtes de la mer Noire, et continental dans l'intérieur et au nord du 42e parallèle.

Une population de près de 53 millions d’habitants vit dans la péninsule, soit une densité moyenne de 96 hab./km2.

De son ancien statut de capitale impériale sous plusieurs vastes Empires depuis l’an 395, Istanbul a hérité la place de première ville des Balkans, dépassant de loin toutes les autres, comme tout au long de son histoire :

Biogéographie[modifier | modifier le code]

Selon les données palynologiques[8] et paléontologiques disponibles, à la fin de la dernière glaciation, celle du Würm, les Balkans (ainsi que les péninsules ibériques et italiennes, le Sud de la France et probablement les Carpates méridionales) ont joué le rôle de « refuge glaciaire » pour la biodiversité végétale[9] dont diverses espèces d'arbres[10] et animales[11]. Les espèces reliques de la période glaciaire ont subsisté parce que les barrières montagneuses (Balkans, Alpes, Pyrénées) ont freiné les migrations des espèces méditerranéennes du sud vers le nord, contrairement à ce qui s'est passé en Amérique du Nord. Ainsi, le lion était, dans l'Antiquité archaïque, présent en Grèce et en Turquie méridionale, mais pas au nord du Taurus ni des Rhodopes qui firent office de barrières biogéographiques. Au nord de ces chaînes, le sommet de la chaîne alimentaire était occupé par les loups et les ours, toujours présents de nos jours. L'aurochs, le bison, le tarpan, l'onagre et le bièvre ont également été présents dans la péninsule au nord des Rhodopes, comme en témoignent fossiles et toponymes[12]

Géologie[modifier | modifier le code]

Carte géologique simplifiée des Balkans.
La chaîne des Balkans centraux, en Bulgarie.
Belgrade, la ville blanche, la plus grande ville slave des Balkans, en Serbie.
Église de style byzantin du XIIIe siècle sur les rives du lac d'Ohrid en Macédoine.
Forteresse de Tsarevets dans la capitale de la Bulgarie médiévale, Veliko Tarnovo.
Vieille ville de Raguse, à Dubrovnik, en Croatie.
Pont ottoman du XVIIIe siècle, rebâti en 2004, à Mostar, en Bosnie-Herzégovine.

Comme la plupart des marges méditerranéennes, la péninsule des Balkans présente une géologie complexe, due au fait qu'il s'agit de la zone de jonction de plusieurs boucliers anciens et qu'elle se situe à la limite, très fragmentée, des plaques tectoniques africaine et eurasiatique. Elle est formée pour partie par un bâti hercynien, voire antérieur, et pour partie par des régions appartenant à la Téthys alpine, à ses talus continentaux et à la bordure de la plateforme carbonatée arabo-africaine.

Durant le mésozoïque, la péninsule se trouvait dans l'océan Téthys dont la Méditerranée est un vestige, et constituait au sein de celui-ci un archipel semblable à ce qu'est aujourd'hui l'Insulinde. L'ensemble a été violemment resserré entre les plaques africaine, eurasiatique et anatolienne, lors des phases orogéniques himalayo-alpines, qui ont entraîné la fracture de la plaque eurasiatique, créant la micro-plaque égéenne et d'immenses nappes de charriage constituées de calcaires et flyschs plissés entre les massifs cristallins et métamorphiques[13].

Le rapprochement entre les plaques a fait surgir les monts Dinariques, le Pinde, l'Olympe, les Balkans et le Rhodope. Ce mouvement tectonique de 4 cm par an en moyenne a aussi fait surgir des volcans comme le mont Théra (dans l'île du même nom qui s'est effondrée à la suite d'une grande éruption au IIe millénaire avant notre ère et qui est encore actif : un nouveau cône s'élève au centre de la caldeira. Le volcanisme jadis bien plus intense a laissé de nombreuses intrusions de roches magmatiques dans toute la péninsule, où les sources thermales sont nombreuses.

Deux failles restent très actives : la première parcourt l'Égée d'est en ouest (de Rhodes à l'ouest de la Crète) puis remonte le long du Péloponnèse jusqu'à Corfou ; la seconde va des Dardanelles aux Sporades puis rejoint le golfe de Corinthe. Le mouvement alpin et les charriages se sont manifestés durant les trois derniers millions d'années par l'apparition de nombreuses failles et fossés d'effondrement, provoquant des tremblements de terre réguliers : la moitié des secousses annuelles en Europe ont lieu dans les Balkans et surtout en Grèce.

C'est dans ce cadre géomorphologique que s'est mis en place le réseau hydrographique actuel. À la fin de la glaciation de Würm, la remontée des mers d'une centaine de mètres a dessiné les côtes actuelles, ainsi que les plaines littorales et les deltas des fleuves[14].

Concernant les divisions géologiques-géographiques on parle généralement, chez les géologues, de « Dinarides » pour la partie occidentale de la péninsule (boucliers pannonien et adriatique, et leurs marges), et d'« Hellénides » pour la partie orientale (boucliers moesien, hellénide et anatolien et leurs marges). Les marges des boucliers anciens ont été soulevées lors de l'orogenèse alpine, et la péninsule est quadrillée de failles secondaires mais tectoniquement toujours actives.

Pays des Balkans[modifier | modifier le code]

Selon la carte topographique de l'encadré, les Balkans englobent :

En totalité[modifier | modifier le code]

En partie[modifier | modifier le code]

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Les Balkans peuvent être subdivisés selon au moins sept critères différents[15].

Politique[modifier | modifier le code]

Du point de vue politique, quatre organisations régionales rassemblent diversement les pays des Balkans :

Langues[modifier | modifier le code]

Les langues parlées dans les Balkans sont :

Carte linguistique des Balkans au début du XXe siècle
Les alphabets dans les Balkans et en Europe de l'Est

Définition culturelle[modifier | modifier le code]

Les pays balkaniques, selon la définition linguistique et culturelle (voir Union linguistique balkanique).

Le terme « Balkans » fait avant tout référence à une aire culturelle, c'est-à-dire un ensemble composé de groupes et de langues différents, mais qui partagent néanmoins un certain nombre de traits culturels communs, héritage d'un passé commun. Le géographe Georges Prévélakis[18] et les historiens aroumains Papacostea et Neagu Djuvara expliquent cet héritage commun par l'existence de six ou sept couches d'un millefeuille historique balkanique qui feraient aujourd'hui de cette région, une aire culturelle à part entière, et qui, selon leurs termes, définissent un Homo balcanicus :

  • le substrat thraco-illyre et hellène, qui commence lors des premières migrations indo-européennes, 2000 ans avant notre ère, et agit jusqu'aux premières constructions étatiques de la région (décrites dans l'Iliade neuf siècles avant notre ère, mais probablement antérieures);
  • la romanisation, qui a contribué à l'unification balkanique à travers le réseau des routes et des cités, et s'est poursuivie par une synthèse culturelle dans le bassin du bas-Danube. Celle-ci se diffuse par l'intermédiaire des Thraco-romains et de leurs descendants les « Valaques » (Aroumains et Roumains), populations pastorales qui survivent sur les piémonts, tandis que dans les plaines s'installeront les Slaves ;

Les linguistes, en tout cas, affirment[19] qu'il existe une Union linguistique balkanique qui se manifeste, à travers la diversité des langues d'origines différentes (y compris le turc qui n'est pas indo-européen) par des traits syntaxiques, grammaticaux et phonologiques communs.

Toutefois, cette unité culturelle n'est guère reconnue par les historiographies grecque, bulgare et des pays de l'espace yougoslave, qui minimisent l'apport de la romanisation et l'influence turque, considérant que les particularités et les spécificités de chaque groupe ethnique l'emportent largement sur les traits communs. Depuis l'émergence du nationalisme romantique du XIXe siècle et xénophobe du milieu du XXe siècle, chaque État balkanique s'est réapproprié son histoire en minimisant les apports des peuples voisins et en magnifiant celui de sa majorité ethnique actuelle, de manière à projeter dans le passé les nations actuelles, comme si elles s'étaient constituées dès l'Antiquité ou le haut Moyen Âge[20].

Quoi qu'il en soit, il existe des traditions culturelles spécifiquement balkaniques telles que les Коледа/Colinde, les Màrtis (Μάρτης)/Martenitsa/Mărțișor ou les Broucolaques, considérées comme un héritage thrace et/ou illyrien.

Les peuples et cultures des Balkans ont pu, parfois, susciter des réactions de type raciste. Édouard Thouvenel, alors ambassadeur de France à Constantinople, écrit en 1852 à Napoléon III que « l'Orient est un ramassis de détritus de races et de nationalités dont aucune n'est digne de notre respect »[21]. Des productions à succès comme le film « Le père Noël est une ordure », à travers le personnage de Preskovitch et les spécialités immangeables du « dobitchu » et du « kloug aux marrons », ont fait dire à des connaisseurs de la culture balkanique tels Jean-Marie Martin que « ne pouvant pas, légalement, se moquer des pays voisins de la France et encore moins des africains, des arabes ou des juifs, certains humoristes comme la troupe du Splendid se sont engouffrés dans le vide juridique qui leur permet de véhiculer les pires clichés sur les Balkans, et ces comédiens ne sont pas les seuls, loin de là »[22]. Enfin, le racisme envers les Roms des Balkans peut s'appliquer par extension à tous les Balkaniques comme dans le cas du cinéaste Cristian Mungiu représenté en mendiant plaintif dans l'émission Les Guignols de l'info lors du festival de Cannes de 2013[23].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Sources[24]

Préhistoire et protohistoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

  • IXe siècle av. J.-C. : débuts des civilisations dorienne, ionienne, éolienne et thrace, avec des cités autonomes fortifiées et des royaumes sur le pourtour de la mer Égée.
  • VIIe siècle av. J.-C. : début de la colonisation grecque le long des côtes, depuis les îles d’Apsoris (auj. Creš) et de Pelagosa (auj. Palagruža) en mer Adriatique jusqu’au pourtour de la mer Noire, en passant par le pourtour de la mer Ionienne.
  • 667 av. J.-C. : fondation par des colons doriens de la cité de Byzance (future Constantinople).
Orphée, fils du roi de Thrace Œagre, charmant les animaux sauvages, mosaïque, Dallas Museum of Art.

Antiquité tardive[modifier | modifier le code]

L’arrivée des premiers Slaves sur les rives de l’Adriatique.
  • 533554 : les généraux de Justinien, notamment Bélisaire, reconquièrent l’Afrique du Nord, l'Espagne du Sud et l’Italie sur les Vandales et les Ostrogoths : ils reprennent le sud de la Dalmatie tandis qu’au nord et en Pannonie, règnent les Lombards. Simultanément, des groupes de Slaves commencent à s’installer dans l’Empire.

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Les Balkans en 1340.
Janissaires ottomans, fils de sujets chrétiens élevés par les Turcs selon le système du devchirmé.

Période ottomane[modifier | modifier le code]

  • 1380-1394 : les Turcs ottomans conquièrent les états bulgares et la Serbie, encerclant Constantinople. La Bosnie est rattachée à la Hongrie. La Dobrogée est rattachée à la Valachie.
  • 1453 : les Turcs ottomans prennent Constantinople : Constantin XI Paléologue le dernier empereur de l’Empire romain d’Orient, y laisse la vie. L'Empire ottoman conquiert la Bosnie, la Dobrogée, et vassalise les « principautés danubiennes » de Valachie et Moldavie. La Dalmatie reste vénitienne, la Croatie hongroise ; seules la république de Raguse et la principauté de Cetinjé, sur l'Adriatique, sauvegardent leur indépendance.
  • 1526 : les Turcs ottomans conquièrent la Slavonie (partie nord-est de la Croatie) et le Banat.
  • XVIIe au XVIIIe : une partie des Slaves (Bosniaques de langue serbo-croate, Pomaques de langue bulgare), un petit groupe de Valaques (les Mégléno-roumains) et la grande majorité des Albanais se convertissent à l’islam pour ne plus payer le Haraç (double-capitation sur les non-musulmans) et pour échapper à la Pédomazoma (enlèvement des garçons pour en faire des Janissaires) : ils quittent ainsi le Millet des Rum (« Roumis ») pour celui des Osmanlı, sujets de plein-droit du sultan ottoman (« Turcs », non dans le sens linguistique, mais religieux et politique).
  • 1699 : l’Autriche prend aux Ottomans la Slavonie et la Croatie centrale.
  • XVIIIe : l’Empire ottoman commence à décliner : l’Autriche et la Russie développent des visées stratégiques sur les Balkans et y pénètrent (1718, 1735, 1774, 1787). De 1718 à 1739 l’Autriche annexe la Serbie. Tout au long du siècle, elle enrégimente les Serbes fuyant la domination turque dans les garde-frontières de ses « Confins militaires », établis aux limites de l’Empire ottoman en 1702, où elle leur distribue des terres, en Croatie centrale, en Slavonie et dans le Banat. C'est l’origine des régions à majorité locale serbe (Krajina ou Vojvodina) dans ces régions. Quant à la Russie, elle se pose en protectrice du Millet des Rum (chrétiens orthodoxes).
  • 1797 : à la suite de l’effondrement de Venise devant Bonaparte, l’Autriche annexe l’Istrie, la Dalmatie et la république de Raguse.

Recul ottoman et ré-émergence des peuples chrétiens[modifier | modifier le code]

Période moderne[modifier | modifier le code]

  • 1885-1886 : guerre entre la Serbie et la Bulgarie : la Serbie attaque la Bulgarie mais subit une lourde défaite.
  • 1897 : Guerre des trente jours entre la Grèce et l'Empire ottoman: l'attaque grecque échoue, et la Grèce doit céder à la Turquie les cols de la Thessalie du nord.
  • 1908 : l'Autriche-Hongrie évacue le sandjak de Novibazar, mais annexe la Bosnie-Herzégovine. L'indépendance du Royaume de Bulgarie est définitivement reconnue.
  • 1911 : l'Italie s'empare du Dodécanèse.
  • 1912-1913 : Guerres balkaniques :
    • dans la première, le Monténégro, la Serbie, la Bulgarie et la Grèce se partagent les territoires encore ottomans dans la péninsule, à l'exception d'une partie de l'Albanie devenue indépendante en 1913 (grâce à l'appui austro-hongrois et allemand) et de la Thrace orientale autour des détroits et de Constantinople; la Bulgarie porte l'essentiel de l'effort de guerre contre les Ottomans, tandis que la Serbie occupe la Macédoine bulgarophone;
    • dans la seconde, la Bulgarie qui tente de prendre aux Serbes la Macédoine bulgarophone, est attaquée et vaincue par ses alliés de la veille, auxquels se joignent les Turcs (qui reprennent la Thrace autour d'Edirne, restée turque jusqu'à nos jours) et la Roumanie (qui annexe la Dobroudja du Sud).
En Serbie (1914). László Mednyánszky.
Le Pacte balkanique de 1934.
Conservé à la Bildarchiv der Österreichischen Nationalbibliothek de Vienne, le fameux accord des « zones d'influence » contresigné par Churchill et Staline à Moscou le , qui livre la Grèce aux intérêts britanniques et la Roumanie et Bulgarie aux intérêts soviétiques.
Évolution de la région des Balkans
660 avant notre ère
530 avant notre ère
430 avant notre ère
330 avant notre ère
150 avant notre ère
Époque du Christ
200 de notre ère
400 de notre ère
500 de notre ère
550 de notre ère
680 de notre ère
800 de notre ère
865 de notre ère
965 de notre ère
1200
1150
1250
1300
1350
1375
1400
1500
1600
1700
1730
1750
1810
1850
1890
1914
1918
1919
1922
1940
1942
1945
2015
Fichier:Image:AtlBalkrelig.jpg
Traditions religieuses en 2015
Projet de drapeau des Balkans par-delà les nationalismes[28].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Les cartes de l'animation sont une synthèse des ouvrages suivants : H.E. Stier (dir.): Grosser Atlas zur Weltgeschichte, Westermann 1985, ISBN 3-14-100919-8 ; DTV Atlas zur Weltgeschichte, 1987 traduit chez Perrin, ISBN 2-7242-3596-7 ; Putzger historischer Weltatlas Cornelsen 1990, ISBN 3-464-00176-8 ; Atlas historique Georges Duby Larousse 1987, ISBN 2-03-503009-9 ; série des Atlas des peuples d'André et Jean Sellier à La Découverte : Europe centrale : 1992, ISBN 2-7071-2032-4 et Orient : 1993, ISBN 2-7071-2222-X ; Történelmi atlasz a középiskolák számára (« Atlas historique pour les collèges »), Kartográfiai Vállalat Szerkesztőbizottsága, Budapest 1991, ISBN 963-351-422-3 ; Atlas pour l'histoire de la Roumanie de Ştefan Pascu (dir.), éd. Didactică și pedagogică, Bucarest 1983 ; Atlas istorico-geografic de l'Académie roumaine, 1995, ISBN 973-27-0500-0 ; partie historique du Meyers Handatlas, du Bibliographisches Institut de Leipzig, 1931, et sont aussi disponibles séparément sur Wikimedia Commons :

  1. http://www.lemonde.fr/cinema/article/2012/02/21/au-pays-du-sang-et-du-miel-le-geste-courageux-mais-insense-d-angelina-jolie_1646361_3476.html
  2. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/07/27/004-serbie-nouveau-gouvernement-dacic.shtml
  3. Petăr Dobrev : Nepoznatata drevna Bălgarija (L'ancienne Bulgarie inconnue), éd. Ivan Vazov, Sofia, 2001, ISBN 954-604-121-1 et Maria N. Todorova, Imagining the Balkans (1997) Oxford University Press, New York books.google.fr
  4. Hosch, Nehring, Sundhaussen (Hrsg.), Lexikon zur Geschichte Südosteuropas, S. 663, (ISBN 3-8252-8270-8)
  5. http://www.palgrave.com/products/title.aspx?is=0333793471
  6. Paul Garde, Les Balkans, Flammarion, 1999, ISBN 2-08-035181-8
  7. Les géographes roumanophones de Roumanie et de Moldavie, arguant de l'origine et de l'histoire commune jusqu'en 1812, y incluent systématiquement leurs deux pays ; les géographes occidentaux et slaves, en revanche, en excluent la Moldavie et souvent aussi la Roumanie, la première en raison de son appartenance à la sphère d'influence russe de 1812 à 1918, de 1940 à 1941 et depuis 1944, la seconde parce que seuls 10 % de son territoire (la Dobrogée du Nord) se trouvent au sud du Danube.
  8. B. Diaconeasa, S. Farcaş, Aspects concernant les refuges glaciaires, à la lumière des analyses palynologiques de séquences datées C14 ; Contribuţii Botanice, 2002
  9. G Lang, Some aspects of European late- and post-glacial flora history; Acta Botanica Fennica, 1992 (résumé)
  10. Bennett, K.D., Tzedakis, P.C., Willis, K.J., 1991, Quaternary refugia of north European trees, Journ. of Biogeogr., 18: 103-115.
  11. RS Sommer & A. Nadachowski, Glacial refugia of mammals in Europe: evidence from fossil records ; Mammal Review, 2006 - Wiley Online Library ; 36: 251–265. doi: 10.1111/j.1365-2907.2006.00093.x ([Résumé])
  12. Alexandru Filipașcu : Animaux sauvages du temps de nos ancêtres (ro : « Sălbăticiuni din vremea strămoșilor noștri », Ed. Științifică, Bucarest 1969.
  13. Ion Argyriadis, Actes du colloque « Michel Durand-Delgas », Société Géologique de France, Paris, 3-4 décembre 2013 et Franck Auriac, Olivier Deslondes, Thomas Maloutas, Michel Sivignon, Atlas de la Grèce., CNRS-Libergéo-Documentation française 2003, p. 5-11.
  14. Atlas de la Grèce., p. 16-19.
  15. Paul Garde : Les Balkans, Dominos Flammarion, 1999, ISBN 2-08-035181-8 et Georges Prevelakis, Les Balkans, culture et géopolitique, Nathan, 2004, ISBN 2-09-190223-3
  16. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j http://www.strategicsinternational.com/31_02.pdf
  17. « Romaphobie » - LeMonde.fr et Press kit: Issues - Multi-ethnic States and the Protection of Minority Rights - World Conference Against Racism
  18. Georges Prevelakis, Les Balkans, culture et géopolitique, Nathan, 1004, ISBN 2-09-190223-3
  19. Le premier savant à remarquer les ressemblances entre les langues balkaniques fut le slovène Jernej Kopitar en 1829, mais ce ne fut qu'à partir des années 1920 qu'elles furent théorisées, avec comme contributeurs importants Gustav Weigand et Kristian Sandfeld-Jensen (Linguistique balkanique, 1930). Puis le roumain Alexandru Rosetti lança le terme d'union linguistique balkanique en 1958. Theodor Capidan alla plus loin en affirmant que leur structure était susceptible d'être réduite à un type balkanique commun. Le modèle actuellement accepté par la majorité des linguistes est celui du polonais Zbigniew Gołąb.
  20. Ernest Gellner, Nations et nationalisme, Bibliothèque historique Payot, 1999 et Éric Hobsbawn, Nations et nationalisme depuis 1780: programme, mythe, réalité, Folio histoire 2002.
  21. Sur One War at a Time by Dean B. Mahin, p. 96-97 et Archives nationales, microfilms sous la cote 255AP sur Archives nationales.
  22. Jean-Marie Martin sur [1]
  23. Le terme Ròma est adopté par l'Union romani internationale (IRU, voir Article Rom) mais en France les distinctions ethniques ne sont pas reconnues, car citoyenneté et nationalité se confondent (voir : Un amendement au projet de loi sur l'immigration autorise la statistique ethnique Le Monde), et par conséquent les Roms ayant un passeport bulgare ou roumain sont officiellement dénommés « Bulgares » ou « Roumains », même si certains hommes politiques dérogent à cette règle, comme Nicolas Sarkozy ou Manuel Valls qui en 2011 et 2013, ont tous deux affirmé que « Les Roms n'ont pas vocation à rester en France, mais à rentrer dans leurs pays », contredisant ainsi les porte-parole de ces communautés tel Nicolae Păun du Partida le Romange (parti Rom) qui affirment, eux, que « Les Roms ont depuis toujours vocation à voyager et à s'intégrer là où ils choisissent de vivre ».
  24. * Georges Castellan, Histoire des Balkans, Fayard 1999 ; Histoire de l’Albanie et des Albanais, Armeline, 2001 ; Un pays inconnu : la Macédoine, Armeline, 2003 ; Serbes d’autrefois : aux origines de la Serbie moderne, Armeline, 2005 ;
    • L. Genet, Histoire contemporaine, Hatier, 1970, p. 408 à 411 ;
    • Hans-Erich Stier (dir.), Grosser Atlas zur Weltgeschichte, Westermann, Braunschweig, 1985, ISBN 3-14-100919-8.
  25. Il ne faut pas confondre la langue romane dalmate, disparue au XIXe siècle, avec les dialectes dalmates actuels du Serbo-croate, qui est une langue slave du sud.
  26. Eqrem Çabej, Eric Hamp, Georgiev, Kortlandt, Walter Porzig, Sergent et d’autres linguistes considèrent, dans une perspective paléolinguistique ou phylogénétique, que le proto-albanais s’est formé sur un fond thraco-illyrien vers le VIe siècle, à l’intérieur des terres, subissant un début de romanisation encore sensible dans la langue moderne, tandis que les emprunts les plus anciens de l’albanais aux langues romanes proviennent du diasystème roman oriental et non de l’illyro-roman qui était la langue romane anciennement parlée en Illyrie après la disparition de l'illyrien (pendant l'occupation romaine, l'illyro-roman a remplacé l’illyrien à la manière du gallo-roman remplaçant le celtique en Gaule). Comme les lieux albanais ayant conservé leur appellation antique, ont évolué selon des lois phonétiques propres aux langues slaves et que l’albanais a emprunté tout son vocabulaire maritime au latin et au grec, ces auteurs pensent que les ancêtres des Albanais ont vécu à l’est de l'actuelle Albanie et que régions côtières de ce pays (thème du Dyrrhacheion) étaient initialement gréco-latines. De nos jours, l’existence en albanais de mots empruntés au roman oriental balkanique et en roumain de mots de substrat apparentés à des mots albanais, corrobore cette manière de voir.
  27. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ , p. 195
  28. D'après le Mouvement pour la paix dans les Balkans sur [2] et Patrick Simon, Itinéraire d'un pacifiste dans les Balkans, éd. Fleur de Lys, Laval, Québec, 2005, 318 pages, ISBN 2-89612-279-6, l'étoile au milieu symbolise la fraternité, les cinq étoiles autour symbolisent les albanais, les slaves, les est-romans, les grecs et les turcs ; ce projet est visiblement inspiré du logo de la Société des Nations et du drapeau de la Voïvodine.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Balkans » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ (Wikisource)
  • Jean-Michel Cantacuzène, « Mille ans dans les Balkans », Éditions Christian, Paris, 1992. (ISBN 2-86496-054-0).
  • Georges Castellan, « Histoire des Balkans : XIVe-XXe siècle », Fayard, Paris, 1999.
  • Joëlle Dalegre « Grecs et Ottomans 1453-1923. De la chute de Constantinople à la fin de l’Empire ottoman » L’Harmattan Paris (2002) (ISBN 2747521621)
  • Pierre du Bois de Dunilac, « La question des Balkans », Revue des relations internationales, no 103, 2000, p. 271 à 277.
  • Paul Garde, « Les Balkans. Héritages et évolutions », Flammarion, Paris, 2010.
  • Barbara Jelavich, « History of the Balkans », Cambridge University Press, 1983.
  • Dimitri Kitsikis, « La Montée du national-bolchevisme dans les Balkans », Avatar, Paris, 2008.
  • Ernest Weibel, « Histoire et géopolitique des Balkans de 1900 à nos jours », Ellipses, Paris, 2002.