Mohammad Ali Foroughi

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Mohammad Ali Foroughi
(fa) محمدعلی فروغی
Zoka-ol-Molk
(fa) ذكاءالملک
Illustration.
Fonctions
Ministre de la Cour Impériale

(8 mois et 17 jours)
Prédécesseur Mohammad Ali Farzin
Successeur Hossein Ala'
42e Premier ministre d'Iran

(6 mois et 10 jours)
Monarque Reza Chah
Mohammad Reza Chah
Prédécesseur Ali Mansour
Successeur Ali Soheili
38e Premier ministre d'Iran

(2 ans, 2 mois et 20 jours)
Monarque Reza Chah
Prédécesseur Mehdi Gholi Hedayat
Successeur Mahmoud Jam
35e Premier ministre d'Iran

(8 mois et 12 jours)
Monarque Reza Chah
Prédécesseur Reza Pahlavi
Successeur Hassan Mostofi ol-Mamalek
Ministre des finances
Premier ministre Reza Pahlavi
Premier ministre Hassan Pirnia
Premier ministre Hassan Pirnia
Premier ministre Samsam os-Saltaneh
Ministre des affaires étrangères
Premier ministre Reza Khan
Premier ministre Hassan Mostofi ol-Mamalek
Ministre de la justice
Premier ministre Samsam os-Saltaneh
Hassan Mostofi ol-Mamalek
Président du Majlis
Prédécesseur Esmail Momtaz od-Dowleh
Successeur Hossein Pirnia
Membre du Parlement iranien
Biographie
Nom de naissance Mohammad Ali Foroughi
Date de naissance
Lieu de naissance Téhéran
Drapeau de la Perse Perse
Date de décès
(à 65 ans)
Lieu de décès Téhéran
Drapeau de l'Iran Iran
Sépulture Cimetière Ibn Babawayh
Nationalité iranien
Parti politique Parti de la Renaissance

Mohammad Ali Foroughi (en persan : محمدعلی فروغی), également connu sous le nom de Zoka ol-Molk (en persan : ذکاءالملک) est un homme politique iranien né le 1er janvier 1877 et mort le . Il a été Premier ministre de l'Iran à trois reprises.

Né à Ispahan, il étudie à l'école Dar ol-Fonoun de Téhéran. Il devient directeur de l'école de sciences politiques d'Iran en 1907 et embrasse une carrière politique en 1909 en devenant représentant de Téhéran au Majles. Il deviendra ensuite porte-parole et sera ministre dans plusieurs gouvernements. Foroughi joua un rôle important dans l'accession au pouvoir de Mohammad Reza Chah après que Reza Chah fut forcé d'abdiquer et de s'exiler par les Britanniques et les Soviétiques le , pendant la Seconde Guerre mondiale. Démissionnant l'année suivante, Mohammad Ali Foroughi est nommé ambassadeur d'Iran aux États-Unis.

Il est mort à 65 ans, peu après l'accession au trône de Mohammad Reza Chah. Son fils, Mohsen Foroughi, était un architecte fameux et l'un des plus grands collectionneurs d'art antique iranien de son époque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mohammad Hassan Khan, le père de Foroughi

Mohammad Ali est né en 1877 à Téhéran. Son père Mirza Mohammad Hoseyn Foroughi était parmi les notables du pays. Il a travaillé comme traducteur (Dar al-Tarjomeh) sous Naser al-Din Shah, puis est devenu chef des agences de traduction. Naser al-Din Shah a également reçu le titre de Zoka al Molk lui (l'intelligence du Royaume). Après la mort de son père, le titre passa à Mohammad-Ali.

Le père de Mohammad Ali a veillé personnellement sur l'éducation de son fils. La facilité d'apprendre des langues semblait être de famille, car Mohammad Ali appris dans sa jeunesse, non seulement sa langue maternelle persane, mais aussi l'arabe, le français et l'anglais. A 17 ans, Mohammad-Ali comme son père avant lui commença à travailler dans le bureau de traduction.

En 1899 Mohammad Ali Foroughi commença à enseigner à Téhéran dans le récemment fondé le Collège des sciences politiques (Madreseh-e-e olum siyasi), dont la direction avait été transféré à son père. Comme il n'y avait pas de manuels d'histoire et de sciences politiques en persan, Foroughi écrivit plusieurs manuels, tels que « L'histoire des peuples de l'Asie », « L'histoire de l'Iran » et « Histoire de Rome ». En plus de ses cours en histoire, Foroughi dispensa également des cours en économie et en droit. En préparation de son cours en économie, il a traduisit « richesse des nations » d'Adam Smith. Après la mort de son père Foroughi a repris en 1907 la direction de l'université.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

La carrière politique de Foroughi commença en 1909 avec son élection au parlement nouvellement formé. C'est aussi à cette époque qu'il adhère à des sociétés semi-secrètes ou secrètes telles que Jāme'-e ādamīyat (Société de l'humanité) et la loge maçonnique Bīdārī-e Īrān (Éveil de la Perse) [1]. En 1911 Foroughi devient ministre des Finances, puis ministre de la Justice. Après la fin de la Première Guerre mondiale Foroughi fut membre de la délégation iranienne, qui avait été envoyé par Ahmad Shah Qajar à la Conférence de paix de Paris en 1919 à Versailles. Cependant, après intervention du gouvernement britannique, la délégation ne fut pas admise à la conférence et dû rentrer au pays les mains vides.

Foroughi déplorait souvent l'apathie politique de ses compatriotes:

« Nous n'avons aucune nation et aucune opinion publique. ... Il n'y a pas d'espoir d'un avenir politique tant qu'il n'y aura pas d'opinion publique. [2] "

En 1923 Foroughi repris des postes ministériels dans les cabinets qui suivirent le coup d'état de Seyyed Zia'eddin Tabatabai et de Reza Khan, plus tard Reza Shah. Quand Reza Khan est devenu le Premier ministre Foroughi a repris le poste de ministre des Affaires étrangères. Foroughi a soutenu les efforts de Reza Khan pour abolir la monarchie en Iran et la remplacer par une république. Après que le clergé ait décidé de s'opposer à une république, craignant l'érosion de leur pouvoir et la sécularisation de la société, Reza Khan développa avec l'aide de Foroughi le plan de destituer Ahmad Shah Qajar pour couronner Reza Khan comme le nouveau Shah. Foroughi travailla en tant que président d'une commission constitutionnelle parlementaire qui amenda la Constitution de 1906 pour permettre la fondation de la dynastie des Pahlavi. Le 12 décembre 1925 Reza Shah vu la couronne lui être remise par décision du Parlement. Lors de la cérémonie du couronnement en avril 1926, Foroughi tint un discours élogieux sur la nouvelle dynastie et l'avenir de la Perse.

Premier Ministre et ministre sous Reza Chah[modifier | modifier le code]

Le Premier Ministre Foroughi vers 1925

Foroughi resta un an premier ministre, mais il démissionna en juin 1926. Les réformes en cours et urgentes portées par Abdolhossein Teymourtash et Ali-Akbar Davar revinrent au nouveau Premier ministre Hassan Mostofi. Foroughi fut envoyé comme ambassadeur en Turquie. De retour en Iran, il devait reprendre en 1930 pour un peu de temps le nouveau poste de ministre de l'économie, mais il fut réquisitionné dans le cadre d'une crise pétrolière avec l'Angleterre et voyagea en qualité de représentant des intérêts persans à la Société des Nations à Genève, pour faire peser la balance en faveur de son pays.

De gauche à droite ː Mahmoud Jam, Ali Akbar Davar, Mohammad Ali Foroughi et Ali Mansour, vers 1930

En août 1933 Foroughi devint une nouvelle fois Premier ministre et il le resta jusqu'au 3 décembre 1935. Reza Chah lui avait demandé sa démission, après Foroughi ait tenté d'intervenir pour son beau-fils Mohammad Vali Asadi, le trésorier de la mosquée Goharshad à Mashad. Asadi avait été arrêté comme l'un des principaux responsables des manifestations violentes de juillet 1935 contre les réformes vestimentaires, en particulier l'abolition du voile. Asadi fut condamné par un tribunal militaire à mort et exécuté le 21 décembre 1935 [3].

Retrait politique et érudition[modifier | modifier le code]

Foroughi s'occupa alors de son travail scientifique et publia un nouveau trois volumes « Histoire de la philosophie européenne » , traduisit des œuvres de Descartes et de Socrate en persan et il travailla sur un dictionnaire persan des termes philosophiques. Lorsque Foroughi avait été premier ministre en 1935, l'Académie de la langue et de la littérature persane (Farhangestan) avait été fondée. Maintenant, après avoir pris sa retraite de la politique, Foroughi écrivit sur les commentaires et les éditions étendues des œuvres de Ferdowsi, Saadi, Hafez et Rumi. Il admis alors volontiers préférer ces travaux littéraires que ses activités politiques.

Invasion anglo-soviétique[modifier | modifier le code]

Mohammad Ali Foroughi et Mohammad Reza Chah Pahlavi
Tank soviétique à Tabriz, août 1941

Les travaux érudits de Foroughi furent brusquement interrompus par l'invasion anglo-soviétique de l'Iran en 1941. Reza Chah le contacta et lui demanda s'il voulait prendre une nouvelle fois le poste de chef du gouvernement. En dépit de sa mauvaise santé Foroughi accepta. 21 jours après sa nomination au poste de Premier ministre, Reza Shah fut contraint de démissionner, à cause de la pression britannique, et abdiqua en faveur de son fils Mohammad Reza Pahlavi. Foroughi écrivit la lettre de démission, qui fut ensuite signeé par Reza Chah le 16 septembre 1941 au matin.

Une course contre la montre s'engagea ensuite ː Reza Chah quitte la capitale pour se rendre à Ispahan, et Foroughi fait sécuriser la quartier du Baharestan, où se trouve le siège du Majlis, par le général Ahmad Amir Ahmadi. Ali Soheili, ministre des afffaires étrangères, signale à Foroughi que les ministres plénipotentiaires britannique et soviétique ont fait savoir qu'il refuseraient de reconnaître Mohammad Reza Pahlavi chah d'Iran. Il fallait donc aller faire prêter serment au prince héritier avant que leurs troupes n'investissent la capitale. Le chah et Foroughi arrivent au Parlement à 14h ; à 15h10, le prince héritier prête serment et devient empereur. À 16h, à peine Foroughi et Mohammad Reza Chah ont quitté le Parlement que les troupes alliés investissent Téhéran ; il est trop tard pour elles : les Alliés ne prendront pas le risque de déposer le nouveau chah, au risque de s'aliéner la population. Foroughi a réussi un coup de maître et probablement sauvé l'intégrité territoriale de son pays - et la dynastie régnante [4].

Foroughi resta sous Mohammad Reza Premier ministre, et a négocié avec les ambassadeurs britannique et soviétique, l'accord tripartite du Parlement iranien le 29 janvier 1942, qui confirmait l'intégrité territoriale de l'Iran et le retrait des troupes soviétiques et britanniques six mois après la fin de la guerre. L'accord devait avoir après la fin de la guerre en 1945, un rôle décisif dans l'aide financière des États-Unis et dans l'invasion du nord de l'Iran par les troupes soviétiques et dans la résolution soutenue par le gouvernement des Soviets en Azerbaïdjan.

Le 8 janvier 1942, un attentat eut lieu à Téhéran pour assassiner le Premier ministre Foroughi. L'assassin Mohammad Ali Roshan tira plusieurs coups de feu sur Foroughi, mais il survécut. En mars 1942 Foroughi démissionna, du fait de sa mauvaise santé, de son poste de Premier ministre et devint ministre de la Cour. Mohammad Reza Chah lui offrit le poste d'ambassadeur iranien aux États-Unis. Mais avant que Foroughi ne puisse prendre ses fonctions, il mourut le 26 novembre 1942 d'une insuffisance cardiaque.

Travaux littéraires[modifier | modifier le code]

Tombe de Mohammad Ali Foroughi Zoka ol-Molk au cimetière Ibn Babawayh, Rey

Foroughi a publié de nombreux livres, y compris

« L'histoire de l'Iran »

« L'histoire des peuples de l'Asie »

« L'histoire romaine »

« Étiquette constitutionnelle »

« Introduction à la physique »

« Larges pensées »

« Pensée socratique »

« Histoire de la philosophie européenne »

« Message à l'Ouest »

« La nature de la musique »

« Conférences sur l'effet de l'art »,

ainsi qu'un livre sur Shahnameh.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Plus tard en Iran, une loge maçonnique portera le nom de Loge Foroughi.
  2. Mohammad-Ali Foroughi, Iran dar 1919 (la Perse en 1919), Rahnamay-e Ketab, , p. 832
  3. (en) Mohammad Gholi Majd, Great Britain and Reza Shah, Floride, University Press of Florida, , p. 219
  4. (en) Abbas Milani, The Shah, Londres, St Marin's Press, (ISBN 9780230115620)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Bomati et Houchang Nahavandi, Mohammad Réza Pahlavi, le dernier shah - 1919-1980, éditions Perrin, 2013, (ISBN 2262035873) (un chapitre lui est consacré).