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Calendrier persan

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Le calendrier persan, aussi appelé calendrier Jalali ou encore calendrier iranien, est un calendrier solaire en usage notamment en Iran et en Afghanistan. Il descend des calendriers zoroastriens de la Perse pré-islamique. Son système d’alternance des années communes et des années bissextiles le rend plus précis que le calendrier grégorien. Sa désignation abrégée est SH, sigle de Shamsi Hijri.

Par exemple, le 8 décembre 2025, nous sommes le 17 Âzar 1404 dans le calendrier persan.

Structure du calendrier

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L’année compte 365 ou 366 jours et est composée de douze mois :

  • Les six premiers comptent 31 jours,
  • les cinq suivants 30 jours,
  • le dernier mois 29 ou 30 jours.

Les années sont comptées à partir de l’hégire, soit l'an 622 du calendrier julien ; cependant, la date du , traditionnellement retenue pour l’hégire, est remplacée par celle de l’équinoxe de printemps. Ainsi le 1er farvardin de l’an 1 correspond au du calendrier julien, l'équinoxe de printemps ayant eu lieu la veille à h 56 UTC[1], soit à 12 h 21, heure locale de Téhéran.

Années bissextiles

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Le système d’années bissextiles, mis en place par le mathématicien Omar Khayyam au XIe siècle, est plus complexe mais aussi beaucoup plus précis que le système grégorien. En effet, il fonctionne sur un cycle de 2 820 années dont 683 sont bissextiles. La durée moyenne de l’année dans un tel cycle est de (2137×365 + 683×366) / 2820 = 365,242 198 581 56 jours (contre 365,242 5 jours dans le calendrier grégorien), ce qui est presque égal à l’année tropique moyenne, c’est-à-dire la période de révolution de la Terre autour du Soleil, qui dure 365,242 190 516 2 jours.

Ceci est précisément la valeur de l'année tropique pour l'an 2000. Mais, au début du XIe siècle (en l'an 1000), elle était un peu plus élevée, précisément de 365,242 251 748 4 jours.

  • l'année tropique – du fait de la lente accélération actuelle de la précession des équinoxes (50,293 "/siècle en 2021 contre 50,288 "/siècle en 2000 et 50,266 "/siècle en 1900) – décroît lentement, actuellement de quelque 0,53 seconde par siècle, soit de 0,000 006 jour par siècle ;
  • la valeur moyenne ci-dessus pour un cycle de 2 820 ans correspondrait à la valeur de l'année tropique tout à la fin du XIXe siècle ;
  • la dernière valeur maximale de la durée de l'année tropique a été en −7502 de 365,242 569 738 1 jours, soit 365 jours 5 heures 49 minutes et 18 secondes, et la prochaine valeur minimale sera en l'an 10365 de 365,241 840 389 8 jours, soit 365 jours 5 heures 48 minutes et 15 secondes ;
  • la valeur moyenne pour toute cette période est de ~365,242 2 jours, soit 365 jours 5 heures 48 minutes et 46 secondes (soit la valeur de l'année tropique vers la fin de l'année 1845 que l'on retient en général) ;

En comparant cette valeur moyenne avec l'année grégorienne de 365,242 5 jours, soit 365 jours 5 heures 49 minutes et 12 secondes, l'écart est de 26 secondes. Pour une durée de 10 000 ans, il serait de 260 000 secondes, ou 72 heures, soit 3 jours de retard du calendrier grégorien sur l'année tropique.

Il y a une remédiation possible : en plus des années séculaires non divisibles par 400, qui, bien que divisibles par 4, restent non bissextiles selon la très simple règle grégorienne, il faudrait donc, d'une manière ou d'une autre, supprimer encore 3 autres années bissextiles qui seront à répartir sur cette durée de 10 000 ans, par exemple, en supprimant les années millénaires non divisibles par 4 000.

L'écart, avec l'année d'Omar Khayyam, serait de seulement de 20 minutes d'avance pour une durée de 10 000 ans.

L'année julienne de 365,25 jours, soit 365 jours et 6 heures, accumulerait, elle, un retard de 78 jours (tous ces calculs sont faits ici en temps des éphémérides, donc en jour solaire moyen de 1900 ; ils seraient différents en jours solaires moyens).

Toutefois il faut relativiser toutes ces comparaisons, car ce n'est pas l'année tropique qui doit être prise comme référence. La définition de l'année tropique est la durée nécessaire à ce que la longitude écliptique moyenne du Soleil, λ, croisse de 360°. Pour juger de l'exactitude d'un calendrier – qui a pour but de garder les saisons à leur place et d'éviter leur glissement dans l'année, et en particulier de garder l'équinoxe de printemps autour du 20 mars –, il faut considérer la durée écoulée entre deux passages du Soleil au point vernal, soit à l'équinoxe de printemps, ce qui correspond à l'année de saison d'équinoxe à équinoxe de printemps, ou année vernale. Du fait de l'ellipticité de l'orbite terrestre, la Terre se meut plus vite au périhélie qu'à l'aphélie et donc les quatre saisons n'ont pas des durées égales, ni constantes, car la lente rotation de l'orbite terrestre elliptique elle-même (de 61,9" par an comme écart annuel global, dont 50,3" dues à la précession annuelle, rétrograde, et 11,6" dues à la rotation propre du grand-axe dans le sens direct) fait que l'année vernale (365,242 374 8 jours, soit 365 jours 5 heures, 49 minutes et 1,2 seconde, soit ~15 secondes de plus que l'année tropique moyenne et ~11 secondes de moins que l'année grégorienne) est actuellement quasiment à mi-chemin entre la valeur actuelle de l'année tropique, soit l'année tropique moyenne, et l'année grégorienne, et va croissant, s'approchant actuellement, lentement mais sûrement, de la durée de l'année grégorienne. Ce sera en l'an 3600 qu'elles vont coïncider avec 365,242 5 jours, puis l'année grégorienne sera même légèrement dépassée jusqu'à l'an 5700 où l'année vernale, devenue décroissante vers 4650, redeviendra inférieure.

Le calendrier persan cumulerait donc un décalage d’un jour (avec la durée de l'année tropique de l'an 2000) au terme d’une période de : 1 / (365,242 198 581 56 - 365,242 190 516 2) = 1 / 0,000 008 065 36 = 123 987 ans[2].

Chaque cycle de 2 820 ans se décompose ainsi :

2 820 ans 21 × 128 ans 1 × 29 ans années bissextiles : no 5, 9, 13, 17, 21, 25 et 29.
3 × 33 ans années bissextiles : no 5, 9, 13, 17, 21, 25, 29 et 33 (pour chacune des 3 périodes).
1 × 132 ans 1 × 29 ans années bissextiles : no 5, 9, 13, 17, 21, 25 et 29.
2 × 33 ans années bissextiles : no 5, 9, 13, 17, 21, 25, 29 et 33 (pour chacune des 2 périodes).
1 × 37 ans années bissextiles : no 5, 9, 13, 17, 21, 25, 29, 33 et 37.

Les années sont numérotées à l’intérieur de chaque période de 29, 33 ou 37 ans. Dans chacune des périodes, la première année à être bissextile est la cinquième, puis tous les 4 ans. Mathématiquement, en numérotant à partir de 1 dans une période, une année n est bissextile si n > 1 et n mod 4 = 1

Les douze mois du calendrier persan ne coïncident pas avec ceux du calendrier grégorien, ni le début de l’année, qui commence à l’équinoxe de printemps, en général au . Les mois sont en revanche presque en phase avec le découpage zodiacal : en Afghanistan, ils prennent d’ailleurs le nom arabe des signes du zodiaque, tandis qu’en Iran ils ont des noms dérivés de concepts zoroastriens.

Dans le tableau ci-dessous, les dates peuvent varier légèrement en fonction de la date effective de l’équinoxe de printemps.

Période Durée Nom en Iran Signification
- 31 jours Farvardin [færværdin] فروردین Gloire de la conscience religieuse
- 31 jours Ordibehešt [ordiːbeheʃt] اردیبهشت Vertu suprême
- 31 jours Khordâd [xordɒːd] خرداد Santé, plénitude
- 22 juil. 31 jours Tir [tiːr] تیر Prompt, vif
23 juil. - 31 jours Mordâd [mordɒːd] مرداد [Im]mortalité*
- 22 sept. 31 jours Šahrivar [ʃæhriːvær] شهریور Territoire enviable
23 sept. - 22 oct. 30 jours Mehr [mehr] مهر Bonté, loyauté, amour
23 oct. - 21 nov. 30 jours Âbân [ɒːbɒn] آبان Eau
22 nov. - 21 déc. 30 jours Âzar [ɒːzær] آذر Feu
22 déc. - 20 janv. 30 jours Dey [dej] دی Créateur
21 janv. - 19 fév. 30 jours Bahman [bæhmæn] بهمن Bonne intention
20 fév. - 29 ou 30 jours Esfand [esfænd] اسفند Sainte dévotion
*Amordad, à l’origine. La forme actuelle, consacrée par l’usage, signifierait au contraire Mort.

Les jours de la semaine

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Jour transcription En persan
1 Samedi shambé شنبه
2 Dimanche yekshambé یک‌شنبه
3 Lundi doshambé دوشنبه
4 Mardi séshambé سه‌شنبه
5 Mercredi tchaharshambé چهارشنبه
6 Jeudi pandjshambé پنج‌شنبه
7 Vendredi djom'é جمعه

Comparaison avec le calendrier grégorien

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L'année persane commence vers le 21 mars de chaque année grégorienne et se termine vers le 20 mars de l'année suivante. Pour convertir l'année persane en année grégorienne équivalente, ajoutez 621 ou 622 ans à l'année persane, selon que celle-ci a commencé ou non.

Correspondance entre les calendriers persan et grégorien (les années bissextiles du calendrier persan sont indiquées par un astérisque*)[3]
Cycle
de 33 ans[4]
Année persane Année grégorienne Année persane Année grégorienne
1 1354* 21 mars 1975 – 20 mars 1976 1387* 20 mars 2008 – 20 mars 2009
2 1355 21 mars 1976 – 20 mars 1977 1388 21 mars 2009 – 20 mars 2010
3 1356 21 mars 1977 – 20 mars 1978 1389 21 mars 2010 – 20 mars 2011
4 1357 21 mars 1978 – 20 mars 1979 1390 21 mars 2011 – 19 mars 2012
5 1358* 21 mars 1979 – 20 mars 1980 1391* 20 mars 2012 – 20 mars 2013
6 1359 21 mars 1980 – 20 mars 1981 1392 21 mars 2013 – 20 mars 2014
7 1360 21 mars 1981 – 20 mars 1982 1393 21 mars 2014 – 20 mars 2015
8 1361 21 mars 1982 – 20 mars 1983 1394 21 mars 2015 – 19 mars 2016
9 1362* 21 mars 1983 – 20 mars 1984 1395* 20 mars 2016 – 20 mars 2017
10 1363 21 mars 1984 – 20 mars 1985 1396 21 mars 2017 – 20 mars 2018
11 1364 21 mars 1985 – 20 mars 1986 1397 21 mars 2018 – 20 mars 2019
12 1365 21 mars 1986 – 20 mars 1987 1398 21 mars 2019 – 19 mars 2020
13 1366* 21 mars 1987 – 20 mars 1988 1399* 20 mars 2020 – 20 mars 2021
14 1367 21 mars 1988 – 20 mars 1989 1400 21 mars 2021 – 20 mars 2022
15 1368 21 mars 1989 – 20 mars 1990 1401 21 mars 2022 – 20 mars 2023
16 1369 21 mars 1990 – 20 mars 1991 1402 21 mars 2023 – 19 mars 2024
17 1370* 21 mars 1991 – 20 mars 1992 1403* 20 mars 2024 – 20 mars 2025
18 1371 21 mars 1992 – 20 mars 1993 1404 21 mars 2025 – 20 mars 2026
19 1372 21 mars 1993 – 20 mars 1994 1405 21 mars 2026 – 20 mars 2027
20 1373 21 mars 1994 – 20 mars 1995 1406 21 mars 2027 – 19 mars 2028
21 1374 21 mars 1995 – 19 mars 1996 1407 20 mars 2028 – 19 mars 2029
22 1375* 20 mars 1996 – 20 mars 1997 1408* 20 mars 2029 – 20 mars 2030
23 1376 21 mars 1997 – 20 mars 1998 1409 21 mars 2030 – 20 mars 2031
24 1377 21 mars 1998 – 20 mars 1999 1410 21 mars 2031 – 19 mars 2032
25 1378 21 mars 1999 – 19 mars 2000 1411 20 mars 2032 – 19 mars 2033
26 1379* 20 mars 2000 – 20 mars 2001 1412* 20 mars 2033 – 20 mars 2034
27 1380 21 mars 2001 – 20 mars 2002 1413 21 mars 2034 – 20 mars 2035
28 1381 21 mars 2002 – 20 mars 2003 1414 21 mars 2035 – 19 mars 2036
29 1382 21 mars 2003 – 19 mars 2004 1415 20 mars 2036 – 19 mars 2037
30 1383* 20 mars 2004 – 20 mars 2005 1416* 20 mars 2037 – 20 mars 2038
31 1384 21 mars 2005 – 20 mars 2006 1417 21 mars 2038 – 20 mars 2039
32 1385 21 mars 2006 – 20 mars 2007 1418 21 mars 2039 – 19 mars 2040
33 1386 21 mars 2007 – 19 mars 2008 1419 20 mars 2040 – 19 mars 2041

De nombreuses civilisations indo-chinoises ont fondé leurs calendriers à la fois sur le cycle annuel du Soleil et sur le cycle régulier des phases de la Lune. Les cosmologues perses, les astronomes et les astrologues créèrent en leur temps des observatoires, et suivirent quotidiennement les légers changements de luminosité solaire.

À l’époque pré-islamique, un calendrier solaire de 365 jours était déjà en vigueur en Perse. L’année comptait 12 mois de 30 jours chacun ainsi que 5 jours additionnels. Ces 5 jours étaient à l’origine insérés entre le 8e et le 9e mois ; à compter de l’an mille environ, ils furent déplacés à la fin de l’année.

À cause du décalage de 0,2422 jours par rapport à l’année tropique, le début de l’année reculait d’un jour tous les 4 ans. Les califes arabes al-Mutawakkil (847-861) et al-Mu'tadid (892-902) proposèrent respectivement de décaler d’un coup le nouvel an de 57 et 60 jours, mais aucune de ces réformes ne semble avoir été respectée.

En 1079, Djalal ad-Din Malik Shah des Seljuq refixa le nouvel an à l’équinoxe de printemps. Avant que le système des années bissextiles ne se fixe, Omar Khayyam (mathématicien, astronome et poète) avait déjà proposé un cycle de 33 ans contenant 8 années bissextiles ce qui portait la durée moyenne de l’année à 365,2424 jours, précision déjà supérieure à celle du calendrier grégorien.

C’est en 1925 que le calendrier dans sa forme actuelle devint officiel en Iran, en 1957 en Afghanistan. Ce calendrier est aussi en usage dans les régions voisines, notamment dans les parties kurdes de la Mésopotamie.

En Iran, le passage à la nouvelle année est décrété par l’Institut de géophysique de Téhéran : si, le jour de l’équinoxe de printemps, le passage du Soleil à l’équateur, d’un point de vue géocentrique, se produit avant midi, heure de Téhéran, c’est le jour de l’an, sinon le jour de l’an a lieu le lendemain.

Les signes astrologiques (lion, cancer, balance...) sont aussi en coordination avec le début de chaque mois iranien : par exemple, le signe lion débute le et prend fin le , ce qui est en parfaite coordination avec le mois de « mordad ».

Notes et références

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  1. d'après le calcul sur le site de l'IMCCE « Comprendre - calculs astronomiques - Saisons », sur www.imcce.fr, (consulté le ).
  2. Calcul simple donnant un aperçu de la précision du calendrier, mais n'intégrant pas la variation séculaire de la durée de l'année exprimée en jours solaires moyens. Ce qui changerait la période au bout de laquelle ce décalage finirait par apparaitre, et certainement sur environ 100 000 ans…
  3. (en) Holger Oertel, « Persian calendar by Holger Oertel », sur Ortelius.de, (consulté le )
  4. (en) The Persian calendar for 3000 years, (Kazimierz M Borkowski), Earth, Moon, and Planets, 74 (1996), No. 3, pp 223–230. Disponible à [1].

Articles connexes

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  • Norouz, nouvel an perse, à l’équinoxe de printemps (env. )
    • Sadeh, fête célébrée 50 jours avant Norouz
    • Tchaharchanbé-Souri, fête célébrée le mardi soir du dernier mercredi de l’année
    • Sizdah bedar, fête célébrée 13 jours après Norouz
  • Shab-e Yalda, fête célébrée au solstice d’hiver (env. )

Liens externes

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