Persepolis (film)
| Réalisation |
Vincent Paronnaud Marjane Satrapi |
|---|---|
| Scénario |
Vincent Paronnaud Marjane Satrapi |
| Acteurs principaux |
Chiara Mastroianni Catherine Deneuve Danielle Darrieux |
| Sociétés de production | 2.4.7. Films |
| Pays de production |
|
| Genre |
Animation Autobiographique Comédie dramatique |
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 2007 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Persepolis est un long métrage d'animation français[1] réalisé par Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi, sorti en France le [2]. Le film s'inspire de Persepolis, la bande dessinée autobiographique de Marjane Satrapi[3].
Présenté dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2007, le film a obtenu le prix du jury ex æquo avec Lumière silencieuse de Carlos Reygadas[4]. Le film a été nommé pour l'Oscar du meilleur film d'animation 2008[5].
Persepolis a été l'objet de plusieurs polémiques et interdictions, par exemple au Liban[6].
Synopsis
[modifier | modifier le code]Le film s'articule autour de quelques passages en couleur, symbolisant le présent, et de nombreux passages en noir et blanc, symbolisant les flashbacks de Marjane sur sa jeunesse précédant son deuxième exil, pour la France.
Au présent, Marjane est à l'aéroport d'Orly à Paris et s'apprête à prendre l'avion pour Téhéran. Au moment d'embarquer, elle décidera de rester et restera la journée entière à l'aéroport, se remémorant son passé en Iran.
De retour chez ses parents, elle se marie pour pouvoir mener sa relation amoureuse au grand jour. Après une année avec cet homme qu'elle connaissait finalement mal, elle réalise qu'elle ne l'aime plus et en est très affligée. Un soir, une fête à laquelle elle participe se termine tragiquement : les gardiens de la révolution interviennent pour réprimer cette fête jugée immorale et pourchassent jusque sur les toits les jeunes hommes qui y participaient. Dans sa fuite, l'un d'entre eux tombe et décède. Cet événement terrible décide Marjane à quitter son mari, sa famille et son pays où elle ne peut vivre comme elle l'entend. Sa famille la soutient dans ces choix difficiles. Marjane part pour la France.
Fiche technique
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- Titre : Persepolis
- Réalisation et scénario : Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi
- Dialogues : Sylvie Peyrucq
- Production : Xavier Rigault et Marc-Antoine Robert
- Décors : Marisa Musy
- Musique : Olivier Bernet
- Montage : Stéphane Roche
- Son : Thierry Lebon, Eric Chevallier et Samy Bardet
- Société de production : 2.4.7. Films, en coproduction avec France 3 Cinéma, The Kennedy/Marshall Company et French Connection Animations
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Format : 1,85:1 - son Dolby Digital - 35 mm
- Genre : animation, autobiographique, comédie dramatique
- Durée : 95 minutes
- Date de sortie : 2007
- France : (Festival de Cannes 2007), (sortie nationale)
- Canada :
- Allemagne :
- États-Unis :
Distribution
[modifier | modifier le code]Voix originales
[modifier | modifier le code]- Chiara Mastroianni : Marjane Satrapi (adulte et adolescente)
- Catherine Deneuve : Taji Satrapi
- Danielle Darrieux : la grand-mère de Marjane
- Simon Abkarian : Ebi Satrapi
- Gabrielle Lopes Benites : Marjane (enfant)
- François Jérosme : Anouche Satrapi
- Tilly Mandelbrot : Laly
- Marjane Satrapi : Frau Doktor Schloss
- Sophie Arthuys : Voix additionnelles
Voix anglaises
[modifier | modifier le code]- Chiara Mastroianni : Marjane (adulte et adolescente)
- Catherine Deneuve : la mère de Marjane
- Sean Penn : le père de Marjane
- Gena Rowlands : la grand-mère de Marjane
- Iggy Pop : Anouche Satrapi, oncle de Marjane
Production
[modifier | modifier le code]Animation
[modifier | modifier le code]Dès 2003, devant le succès de sa série de bande-dessinée, Marjane Satrapi reçoit de nombreuses propositions, notamment des États-Unis, pour adapter Persepolis au cinéma[7], dont un projet sur le modèle du film Jamais sans ma fille, ou « une série télé à la Beverly Hills qui se passerait en Iran »[8]. Néanmoins, les jugeant irréalistes, elle les refuse tous. En 2004, deux producteurs français, Marc-Antoine Robert et Xavier Rigault, de la société de production 2.4.7. Films[9], la convainquent de passer à la réalisation : associée à l'auteur de bande dessinée Vincent Paronnaud, nommé coréalisateur, elle prend la tête d'une équipe de 90 animateurs et dessinateurs du studio d'animation Je suis bien content[10],[9], pour un projet d'adaptation des quatre volumes de la série en un film d'animation d'1h35[11], une entière liberté de création lui ayant été accordée[7]. En décembre 2004, elle annonce publiquement l'adaptation cinématographique de sa bande-dessinée dans le numéro 207 du magazine Studio[12].
Interrogé par Le Nouvel Obs, Vincent Paronnaud affirme que l'animation a été privilégiée à la prise de vues réelles afin de « conserver l'universalité du propos [du film] » et permettre au spectateur de s'identifier plus facilement aux personnages. Marjane Satrapi craignait également qu'en live action les passages oniriques et la scène de la rencontre avec Dieu ne fassent baroques ou vulgaires. En outre, l'animation traditionnelle est, selon Vincent Paronnaud, la technique qui se prête le mieux à l'adaptation du dessin de l'auteure de Persepolis. Les deux réalisateurs ont donc opté pour une animation réaliste, écartant un style d'animation proche de Disney, de Tex Avery ou du manga. Ils revendiquent ainsi une influence de « Fritz Lang et [de] l'expressionnisme allemand pour les ombres portées, [du] néoréalisme italien pour les scènes de famille, [et] Les Affranchis pour l'usage de la voix off »[13].
Marjane Satrapi annonce la mise en route de la production du film pour [14],[15]. Pendant quatre mois[13], l'illustratrice-réalisatrice et son coréalisateur rédigent une première version du scénario à la main[16]. Auprès des Inrocks, Vincent Paronnaud affirme que Marjane Satrapi et lui ont cherché à adapter au mieux « le côté énergique » de la bande-dessinée, en donnant au film un rythme soutenu. Pour les ellipses, le tandem privilégie ainsi les fondus enchaînés[13]. Afin d'éviter de faire de l'adaptation une œuvre contemplative, le coréalisateur a également demandé à l'auteure de Persépolis de sélectionner les scènes de la bande-dessinée qui lui paraissait les plus signifiantes. L'exil de Marjane Satrapi en Autriche devient ainsi le pivot du film[13]. Selon Vincent Paronnaud, le choix de ne pas retenir toutes les scènes de la bande-dessinée rend le film plus symbolique que l'œuvre originale[8].
Les acteurs
[modifier | modifier le code]Lors de la préparation de Persépolis, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud font le choix d'enregistrer les voix « avant la réalisation même du film », afin que les mouvements et les expressions des personnages soient construits à partir du jeu des comédiens[17]. Pour le rôle de la grand-mère, Marjane Satrapi retient l'actrice et chanteuse française Danielle Darrieux, estimant dans un entretien donné pour le dossier de presse du film qu'« il n’y avait qu’elle pour faire ça » et la décrivant comme « drôle, intelligente, pleine de fantaisie et de liberté »[17]. Auprès du journal Le Monde, elle réaffirme qu'« il était impossible de penser à une autre dame que Danielle Darrieux pour [sa] grand-mère »[18].
Pour le personnage de la mère, Marjane Satrapi choisit l'actrice et productrice française Catherine Deneuve, un choix qu'elle présente comme ancien : « Catherine Deneuve, c’était un rêve que j’avais pour la voix de ma mère »[17]. Elle souligne également la notoriété de l'actrice en Iran[17],[18]. Selon Marjane Satrapi, Catherine Deneuve accepte immédiatement de participer au film[17].
Le choix de Chiara Mastroianni intervient après celui de Catherine Deneuve. Marjane Satrapi indique avoir réalisé seulement par la suite que les deux actrices avaient déjà interprété à plusieurs reprises des rôles de mère et de fille au cinéma. Informée de l'existence du projet par sa mère, Chiara Mastroianni prend elle-même contact avec la réalisatrice pour effectuer des essais[17],[18]. Marjane Satrapi met aussi en avant son investissement dans la production, évoquant deux mois de répétitions ainsi que sa présence régulière au studio tout au long de la fabrication du film. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, elle déclare également : « C'est une fille incroyable, on lui a toujours donné des rôles de filles sérieuses, un peu dépressives, alors qu'elle a énormément d'humour »[18].
Enfin, l'acteur et dramaturge Simon Abkarian est choisi pour interpréter le père de Marjane Satrapi. Cette dernière résume ce choix en affirmant : « Simon Abkarian avait les mêmes moustaches que mon père et cette voix de velours »[18].
Musique
[modifier | modifier le code]Pour la musique du film, le coréalisateur Vincent Paronnaud fait appel au musicien Olivier Bernet[19], avec lequel il avait déjà travaillé pour son court-métrage, Raging blue, sorti en 2004[20],[21]. Les deux ne sont pas des inconnus : ensemble, ils avaient fondé un groupe de musique, Shunatao, et produit sept albums. Sans expérience dans la musique de long métrage, Olivier Bernet est mis à l'essai pendant un mois, afin de convaincre les producteurs. Il est engagé après avoir proposé de nombreuses démos, qui ne sont pas retenues dans la copie finale du film[20].
Olivier Bernet commence à composer très tôt dans le processus de création du film, dès la rédaction du scénario. Les réalisateurs lui laissent une liberté de création assez large, la principale directive étant « de [ne pas] tomber dans la world music »[20], « façon générique d’Ushuaïa »[8]. Devant faire avec un petit budget, il n'utilise pas un orchestre, mais s'entoure de trois violonistes, une violoncelliste et un contrebassiste. Un spécialiste de percussions iraniennes, tombak et daf, est également sollicité. Pour la scène où Marjane Satrapi écoute du Iron Maiden, Vincent Paronnaud demande à Olivier Bernet de composer une musique proche du style du groupe de metal, le montant réclamé par ce dernier pour 20 secondes d'utilisation étant jugé trop élevé. Les musiques du film sont enregistrées dans un studio situé dans le pays basque, du label Amanita[20].
La bande originale du film sort dans les bacs le [22]. Pour la version CD, les pistes audio 5.1 ont été converties en stéréo, tandis que la durée de certains titres est allongée d'une trentaine de secondes. Une nouvelle version de Eye of the Tiger par Chiara Mastroianni est enregistrée, et l'interprétation d'une chanson iranienne par Marjane Satrapi est ajoutée[20].
| Sortie | |
|---|---|
| Durée | 46 min 26 s |
| Genre |
Musique de film Chansons |
| Format | CD |
| Compositeur | Olivier Bernet |
| No | Titre | Durée | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1. | Persépolis thème | 2:51 | |||||||
| 2. | Téhéran disco | 1:32 | |||||||
| 3. | Tout ce qui est à vous m'appartient | 1:37 | |||||||
| 4. | Manifestations | 2:05 | |||||||
| 5. | La bonne leçon | 1:35 | |||||||
| 6. | L'épopée d'Anouche | 2:20 | |||||||
| 7. | Le prolétariat | 2:09 | |||||||
| 8. | Va-t'en ! | 0:41 | |||||||
| 9. | La guerre | 2:08 | |||||||
| 10. | Master of the Monsters (50 Toumans) | 1:51 | |||||||
| 11. | Dans la vie, tu rencontreras beaucoup de cons | 2:29 | |||||||
| 12. | Marche persane | 2:15 | |||||||
| 13. | Balèze | 1:26 | |||||||
| 14. | Rosen aus dem Süden (Hormones) | 0:43 | |||||||
| 15. | Musique de merde | 0:47 | |||||||
| 16. | Frenchie | 0:53 | |||||||
| 17. | Flower Power | 1:34 | |||||||
| 18. | Love and Hate | 2:20 | |||||||
| 19. | Sachertorte | 2:41 | |||||||
| 20. | The eye of tiger | 3:26 | |||||||
| 21. | Téhéran | 2:41 | |||||||
| 22. | Absurde | 1:51 | |||||||
| 23. | Clair de lune | 1:52 | |||||||
| 24. | Adieu | 2:39 | |||||||
| 46:26 | |||||||||
Accueil
[modifier | modifier le code]Réception critique et publique
[modifier | modifier le code]Après sa sortie le , le film attire au total plus d'1,2 million de spectateurs dans les salles. Selon le webzine ActuaBD, Persepolis réalise un très bon démarrage avec 1 996 entrées pour 23 copies lors de sa première journée de diffusion à Paris[23]. Il franchit le million d'entrées le [24]. Persepolis rapporte finalement 22 783 990 dollars au box-office mondial[25] pour un budget estimé à 6,06 millions d’euros[26].
En , Persepolis reçoit le prix du jury à Cannes, lors de la 60e édition du festival[27], ce qui suscite l'indignation de la présidence iranienne, qui juge le métrage anti-iranien et islamophobe[28]. Pour la 33e cérémonie des César, Persepolis est nommé pour le prix du meilleur film, de la meilleure adaptation, du meilleur premier film, du meilleur film d'animation et de la meilleure musique[29]. Le film gagne le César du meilleur premier film et celui de la meilleure adaptation[30],[31]. Le , le Centre national de la cinématographie annonce que Persepolis est sélectionné pour représenter la France à la 80e cérémonie des Oscars, en [32],[33]. Nommé pour l'oscar du meilleur film d'animation[30], le film de Marjane Satrapi ne remporte finalement aucun prix lors de la cérémonie[31].
Dans l'Hexagone, le film reçoit un très bon accueil de la presse[23]. Pour le journaliste Arnaud Schwartz dans La Croix, le film est une « évocation très pudique d'un éveil à la vie, intime et politique [et] un appel à la connaissance et un témoignage magnifique sur les richesses de la culture perse »[34]. Dans Télérama, le critique Pierre Murat affirme que « Persepolis est devenu un film, à la fois fidèle aux albums et plus ample, plus tragique [...] Dans de somptueux dégradés de gris, toutes ces silhouettes qui passent à la trappe semblent avalées par une diabolique machine à tuer. Imaginez Ubu dans l'univers expressionniste de Fritz Lang »[35]. Selon Marie-Noëlle Tranchant pour Le Figaro, Persepolis est une « grande fresque autobiographique [et] une entreprise vraiment originale [...] La stylisation du trait, la liberté d'interprétation du réel que permet le dessin animé apportent une force et un humour qui correspondent au tempérament de l'héroïne-auteur »[36].
En Iran, le film bénéficie d'une unique diffusion dans un centre culturel de la municipalité de Téhéran. La projection, réalisée en février 2008 à partir d'une copie DVD sous-titrée en persan dont plusieurs scènes et allusions à des relations sexuelles ont été censurées par les autorités culturelles iraniennes, reçoit une soixante-dizaine de spectateurs. Elle s'achève par un débat sur la nature du régime des Shah et les débuts de la république islamique d'Iran, animé par le critique de cinéma Hossein Moazzezinia, qualifié de conservateur par Le Figaro[37]. Le critique loue « les qualités techniques et d'écriture du film », mais déplore « une vision "partiale" de l'époque »[38]. Si le film est globalement bien accueilli par les spectateurs présents lors de la séance exclusive, il n'obtient pas l'aval du Ministère de la Culture et de l'Orientation islamique pour une éventuelle diffusion. En 2008, la copie DVD de Persepolis circule sur le marché noir iranien pour deux dollars[39],[38],[37].
Exploitation vidéo
[modifier | modifier le code]Persepolis connaît une première édition en DVD, publiée le [40]. En plus du film, le DVD contient des bonus, dont un making-of intitulé La Face cachée de Persépolis, des scènes du film commentées par Marjane Satrapi, deux teasers et deux bandes-annonces[41],[40]. Pour Aurélien Ferenczi, journaliste de Télérama, tandis que les bonus « mettent en évidence le choix d'un travail à l'ancienne [...] la qualité du DVD rend justice à la stylisation esthétique : les noirs sont profonds comme des fusains ». Il regrette néanmoins « qu'une interview de fond n'accompagne mieux la richesse géopolitique [du film] »[42].
Après une ressortie en salle le , une version remastérisée en 4K devient accessible au format Blu-ray UHD à partir du [43].
Postérité
[modifier | modifier le code]De la feuille à l'écran : Persépolis et la mutation de l’animation
[modifier | modifier le code]En novembre 2004, le studio d'animation Je suis bien content diffuse un dossier de production destiné à la société de production 2.4.7. Films[44]. D'emblée, le studio propose un pipeline de production mixte, mélangeant animation papier et animation sur ordinateur, en particulier à l'aide d'une palette graphique et des logiciels Flash, After Effects et Maya[45]. L'animation papier est privilégiée pour les plans rapprochés sur les personnages principaux afin de coller au style de dessin de Marjane Satrapi[46].
Selon Bérénice Bonhomme, l'animation papier a été un élément important de la communication autour du film, donnant l'impression que l'animation a entièrement été travaillé sans ordinateur[47]. Ainsi pour La Croix, Persepolis a principalement été réalisé « selon des techniques traditionnelles d'animation sur papier, l'ordinateur [n'ayant] été utilisé qu'en appoint »[34], tandis que d'après Télérama, le film bénéficie d'« une technique [d'animation] à l'ancienne (sans image de synthèse) »[35].
Analyse
[modifier | modifier le code]Une autobiographie animée
[modifier | modifier le code]« Mon point de vue reste subjectif. Je ne suis pas porte-parole de l'Iran ou d'une génération, je ne veux pas l'être. J'assume cette subjectivité, c'est elle qui permet l'identification. On ne peut pas s'identifier à un peuple, mais on peut s'identifier à une personne. »
Selon Thomas Sotinel, journaliste pour Le Monde, le film Persepolis est « le premier film de son genre - une autobiographie animée »[48].
Polémiques et interdictions
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La république islamique d'Iran s'est inquiétée de la sélection de ce film présentant ce qu'elle estime être « un tableau irréel des conséquences et des réussites de la révolution islamique » et en a diffusé une version censurée[49],[37]. Persepolis fut également interdit de diffusion au Liban fin [50] durant un temps, avant que la polémique nationale n'aboutisse à la levée de cette interdiction[51].
À la suite de la diffusion du film en Tunisie, le , environ 200 salafistes ont tenté de brûler l'immeuble qu'occupe la chaîne de télévision Nessma[52] avant de s'attaquer au domicile de son PDG, Nabil Karoui, quelques jours plus tard[53].
Programmé à la Cinémathèque de Tanger qui accueille les 25 ans de la fondation Groupama Gan pour le cinéma, Persepolis avait reçu le visa d'exploitation du Centre cinématographique marocain (CCM) et devait être projeté à trois reprises en . Toutefois, et sans la moindre explication, la Cinémathèque de Tanger a annulé les projections prévues du film de Marjane Satrapi. Le long-métrage est remplacé par Séminaire du manifeste des voleurs et Une vie de chat. Le film a disparu du site Internet de la Cinémathèque de Tanger[54].
Distinctions
[modifier | modifier le code]- 2004 : prix spécial Aide à la Création de la fondation Gan pour le Cinéma
- 2007 : prix spécial du jury du Festival de Cannes 2007 (ex-aequo avec Lumière silencieuse de Carlos Reygadas)
- 2007 : sélection officielle pour la Palme d'or
- 2007 : prix spécial du jury au Cinemanila International Film Festival
- 2007 : prix du public catégorie fiction au Festival international du film du Moyen-Orient[55]
- 2008 : prix des auditeurs de l'émission radiophonique Le Masque et la Plume
- 2008 : meilleur premier film lors de la cérémonie des César 2008
- 2008 : César de la meilleure adaptation lors de la cérémonie des César 2008.
- 2008 : nommé aux Oscars du cinéma 2008 dans la catégorie meilleur film d'animation (mais l'oscar est remporté par le film Ratatouille).
- 2008 : Palme dog (ex-aequo) pour le chien Yuki.
- 2008 : Globe de cristal du meilleur film.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Voir sur unifrance.org.
- ↑ (en) « Persepolis », sur www.filmaffinity.com (consulté le ).
- ↑ Charbanou Jochum-Maghsoudnia, « Marjane Satrapi. Persépolis », Droit et cultures [En ligne], 52 | 2006-2, mis en ligne le 2 avril 2009, consulté le 2 avril 2015.
- ↑ Le palmarès 2007, site officiel du festival de Cannes.
- ↑ Site officiel des Oscars, oscars.org.
- ↑ en savoir Le film d'animation "Persepolis" interdit au Liban, 26 mars 2008, Le Monde.
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- 1 2 3 Joseph Ghosn, « Entretien avec Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud : "Persepolis" », Les Inrocks, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Bonhomme 2023, § 1.
- ↑ Renaud Baronian, « "Persepolis" crève l'écran », Le Parisien, (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ Didier Pasamonik, « "Persépolis" de Marjane Satrapi bientôt au cinéma ? », sur ActuaBD, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Elodie Lepage, « Bulles de tendresse », TéléCinéObs, (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ « Le dessin animé de Marjane Satrapi, "Persépolis", est en cours de production », sur ActuaBD, (consulté le ).
- ↑ Bonhomme 2023, § 8.
- 1 2 3 4 5 6 Persepolis, dossier du presse du film, p. 9.
- 1 2 3 4 5 6 Thomas Sotinel, « Marjane Satrapi : "Une distance entre moi et l'histoire" », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
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- 1 2 3 4 5 Sylvain Rivaud, « Interview B.O : Olivier Bernet, Persepolis (2007) », sur Cinezik, (consulté le ).
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- 1 2 « Persépolis projeté à Téhéran », La Presse, (lire en ligne, consulté le )
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- 1 2 « Persepolis », sur Allociné (consulté le ).
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- ↑ Aurélien Ferenczi, « Persépolis l'universelle », Télérama, (lire en ligne, consulté le ).
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- ↑ Bonhomme 2023, § 10.
- ↑ Bonhomme 2023, § 11.
- ↑ Bonhomme 2023, § 12.
- ↑ Bonhomme 2023, § 9.
- ↑ Thomas Sotinel, « "Persepolis" : de la vie dessinée à la vie filmée », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Didier Péron, « "Persepolis" anime Téhéran », Libération, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ « Persépolis interdit au Liban », La Libre Belgique, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Géraldine de Margerie, « Persépolis : le film finalement autorisé au Liban », Les Inrocks, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Tunis : les salafistes en colère », Le Figaro avec AFP, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Tunis : la maison du PDG de Nessma TV attaquée », Le Monde avec AFP, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Aurélie Champagne, « "Persepolis" déprogrammé en loucedé d’un festival au Maroc », Rue89, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Alice Johnson, Deputy UAE Editor, « Marjane Satrapi: Drawn into a new life », Gufl News, (lire en ligne)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Bérénice Bonhomme, « Persepolis, entre papier et ordinateur », Création Collective au Cinéma, no 7 « Repenser la transition numérique », (DOI 10.4000/14ejb, lire en ligne).
- (en) Eleftheria Rania Kosmidou et Kate Corbin, « The eye of Persepolis' tiger : How melancholy and nostalgia resonate through Satrapi's animated film », Scene, vol. 4, no 1, , p. 51-61 (DOI 10.1386/scene.4.1.51_1, lire en ligne).
- « Persepolis, un film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud » [PDF] (dossier de presse), Diaphana Distribution, .
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Persepolis, bande dessinée dont le film est l'adaptation.
- Liste des longs métrages d'animation
- Histoire de l'Iran
- Révolution iranienne
- Guerre Iran-Irak
- Diaspora iranienne
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Site officiel
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à la bande dessinée :
- (fr) Une analyse de l'Observatoire international des crises
- (en) Site officiel en anglais
- Film français sorti en 2007
- Comédie dramatique française
- Film d'animation français
- Film autobiographique français
- Film français en noir et blanc
- Film partiellement en noir et blanc
- Film d'animation pour adultes
- Film avec une voix off
- Film réalisé par Marjane Satrapi
- Film réalisé par Vincent Paronnaud
- Film de France 3 Cinéma
- Film de The Kennedy/Marshall Company
- Film se déroulant dans les années 1980
- Film se déroulant dans les années 1970
- Film sur l'enfance
- Film sur la révolution iranienne
- Film sur l'immigration en France
- Film sur la diaspora iranienne
- Adaptation d'une bande dessinée française au cinéma
- Premier long métrage sorti en 2007
- Prix du jury au Festival de Cannes
- César du meilleur premier film
- Film avec un César de la meilleure adaptation
- Film nommé aux Oscars
- Film en français