National Iranian Oil Company

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National Iranian Oil Company
شركت ملى نفت ﺍﻳﺮﺍﻥ
logo de National Iranian Oil Companyشركت ملى نفت ﺍﻳﺮﺍﻥ
Dates clés 1948
Personnages clés Seyed Kazem Vaziri Hamaneh, président du conseil ; Gholamhosein Nozari, directeur général ; Abdol-Mohammad Delparish, directeur de la planification, Abbas Allahdad, directeur financier
Forme juridique Entreprise publique
Siège social Drapeau d'Iran Téhéran (Iran)
Activité Pétrochimie
Produits Pétrole
Gaz naturel
Pétrochimie
Stations-service
Site web www.nioc.ir

La National Iranian Oil Company (NIOC) ou Société nationale iranienne du pétrole (SNIP) (en persan : شركت ملى نفت ﺍﻳﺮﺍﻥ, Sherkat Melli Naft Iran), est une entreprise produisant et distribuant du gaz naturel et du pétrole dont le siège est situé à Téhéran. L'entreprise est publique et appartient au ministère du Pétrole iranien dont le ministre est actuellement (2016) Bijan Namdar Zangeneh. Elle a été fondée en 1948. En 2005, la compagnie possède aussi 50 % du gisement de gaz offshore de Rhum, en mer du Nord, qui est le plus grand gisement britannique non exploité.

La NIOC a été fondée avec des objectifs d'exploration, de développement, de production, de marketing et de vente de pétrole brut et de gaz naturel. La NIOC possédant toutes les réserves d'hydrocarbures d'Iran est considérée comme une des plus grandes firmes pétrolières du monde.

Les réserves de pétrole et de gaz de la NIOC sont actuellement de 561,9 milliards de barils et 41,14 billion de m³. En 2004, le fait que l'Iran soit le quatrième producteur mondial d'hydrocarbures place la NIOC dans les 4 plus grosses compagnies pétrolières mondiales[1].

Les capacités de production de la NIOC incluent plus de 4 millions de barils de pétrole brut et 300 millions de m³ de gaz naturel par jour. La compagnie exporte grâce à ses installations sur les îles de Kharg, Lavan et Sirri, mettant 17 jetées à la disposition des tankers afin d'exporter gaz et pétrole.

Gisements[modifier | modifier le code]

Plus grands gisements iraniens (onshore)
Nom du gisement bbl/j (barils par jour)
Agha Jari 200 000
Ahvaz-Asmari 700 000
Bangestan (devrait augmenter jusqu'à 550 000) env. 245 000
BibiHakimeh 130 000
Gachsaran 560 000
Karanj-Parsi 200 000
Marun 520 000
Pazanan 70 000
Rag-e-Safid 180 000
Plus grands gisements iraniens (offshore)
Nom du gisement bbl/j (Barils par jour)
Abuzar 125 000
Dorud 130 000
Salman 130 000
Siri A&E 95 000
Soroush/Nowruz 60 000

Histoire[modifier | modifier le code]

1901-1951 avant l'indépendance iranienne[modifier | modifier le code]

En mai 1901, William Knox D'Arcy reçoit une concession du Shah d'Iran pour chercher du pétrole et c'est en mai 1908 qu'il découvre du pétrole[2] faisant en même temps la première découverte commerciale au Moyen-Orient. En 1923, Burmah emploie le futur premier ministre britannique, Winston Churchill comme consultant afin qu'il fasse pression sur le gouvernement du Royaume-Uni pour permettre à la Compagnie pétrolière anglo-perse (APOC) d'obtenir les droits exclusifs sur les ressources pétrolières persanes. Il réussira dans sa mission et ceux-ci seront accordés avec succès[3].

En 1935, le Shāh Rezā demande à la communauté internationale d'appeler dorénavant la Perse, «l'Iran», ce qui se explique le changement de nom de la Compagnie pétrolière anglo-perse (APOC) qui devient la Compagnie pétrolière anglo-iranienne. Après la Seconde Guerre mondiale, le nationalisme iranien prend de l'ampleur, surtout en ce qui concerne les ressources naturelles iraniennes exploitées par les entreprises étrangères sans indemniser équitablement les citoyens iraniens. L'AIOC et le gouvernement pro-occidental iranien, dirigé par le Premier ministre Ali Razmara, ont d'abord pu résister à la pression des nationalistes et éviter de réviser les conditions de concession de l'AIOC en faveur de l'Iran. En mars 1951, Ali Razmara est assassiné et c'est Mohammad Mossadegh, un nationaliste, qui est élu comme nouveau premier ministre par le Majlis, le parlement d'Iran[4].

Avant la révolution (1951-1979)[modifier | modifier le code]

En avril 1951, le Majlis nationalise l'industrie pétrolière iranienne et crée la National Iranian Oil Company (NIOC)[5]. L'APOC stoppe sa gestion de l'Iran et organise un embargo mondial très efficace contre le pétrole iranien. Le gouvernement britannique, qui possédait l'APOC, entend dénoncer et contester cette nationalisation auprès du tribunal de la Cour internationale de justice de La Haye, mais sa plainte est rejetée[6].

Au printemps 1953, le nouveau président américain Dwight D. Eisenhower autorise la CIA à organiser un coup d'État contre le gouvernement Mossadeq, connu sous le nom de coup d'État iranien de 1953[7]. En août 1953, le putsch assied le général pro-occidental Fazlollah Zahedi au poste de nouveau Premier ministre, et marque le retour en Iran du Shah Mohammad Reza Pahlavi après son bref séjour en Italie [8]. Le plan anti-Mossadeq (plus connu sous le nom de code "Operation Ajax" et "Operation Boot" ) a été orchestré par la CIA et par le MI6[7],[9],[5].

En 1954, l'APOC devient la British Petroleum Company. Le retour du shah ne signifiait pas que British Petroleum serait capable de monopoliser le pétrole iranien comme auparavant. Sous la pression des États-Unis, British Petroleum accepte à contrecœur d'adhérer à un consortium d'entreprises, fondé en octobre 1954, pour ramener le pétrole iranien sur le marché international. Elle est constituée à Londres en tant que société holding appelée «Iranian Oil Participants Ltd» (IOP). Les membres fondateurs de la PIO sont British Petroleum (40 %), Gulf (plus tard Chevron, 8 %), Royal Dutch Shell (14 %) et la Compagnie française des pétroles (plus tard Total S.A., 6 %). Quatre autres partenaires détenaient une participation de 8 % dans la société : Aramco - Standard Oil de Californie (SoCal, plus tard Chevron) - Standard Oil du New Jersey (plus tard Exxon, puis ExxonMobil) - Standard Oil Co. de New York (plus tard Mobil, puis Exxon Mobil) - Texaco (plus tard Chevron).

Tous les membres de la PIO ont reconnu que NIOC possédait le pétrole et les installations en Iran et que le rôle de la PIO était d'exploiter et de gérer au nom de NIOC. Pour faciliter cela, la PIO a créé deux entités opérationnelles constituées aux Pays-Bas et toutes deux ont été déléguées à NIOC. Semblable à l'accord "50/50" entre Arabie saoudite et Aramco de 1950[10], le consortium a accepté de partager les bénéfices sur une base de 50-50 avec l'Iran, "mais pas d'ouvrir ses livres aux auditeurs iraniens ou de permettre aux Iraniens de siéger au conseil des administrateurs ». Les négociations menant à la création du consortium, de 1954-55, ont été considérées comme un exploit de la diplomatique.

Après 1979[modifier | modifier le code]

En Iran, la PIO a continué à fonctionner jusqu'à la Révolution islamique iranienne de 1979. Dès la révolution le nouveau régime de l'Ayatollah Khomeiny confisque tous les biens de la société en Iran. Selon le site Web de la société: la victoire de la Révolution islamique iranienne a annulé l'accord de consortium de 1954 et tous les règlements s'y afférents. La prise de pouvoir par la République islamique a entraîné le retrait des employés étrangers de l'industrie pétrolière iranienne. Les employés domestiques ont pris le contrôle total de la direction et du management de la société[11].

Actuellement[modifier | modifier le code]

En avril 2012, à la suite d'une cyberattaque dont l'origine est restée inconnue, la société déconnecte plusieurs ordinateurs d'Internet [12].

En novembre 2016, la NIOC signe avec Total un protocole d’accord afin de développer la phase 11 de South Pars ( projet appelé projet South Pars 11 (SP 11)). South Pars est connu pour être le plus grand gisement mondial de gaz naturel. Il est évalué que la capacité de production du projet serait de 1,8 milliard de pieds cube par jour, ce qui équivaut à 370 000 barils équivalent pétrole par jour. Le gaz qui sera produit alimentera le réseau iranien[13].

Le 16 novembre 2016, la National Iranian Oil Company et DNO ASA, entreprise pétrolière norvégienne, annoncent la signature d'un memorandum of understanding (MoU) afin de réaliser une enquête sur le développement du champ Changuleh qui se situe à l'ouest de l'Iran[14],[15]. Ce champ a été découvert en 1999 mais n'a jamais été développé. En 2016 les experts estimaient qu'il pouvait détenir plus de 2 milliards de barils de pétrole[16].

Les réserves de pétrole de la NIOC[modifier | modifier le code]

Les réserves de pétrole disponibles des NIOC, au début de 2001, étaient de l'ordre de 99 milliards de barils (1,57 × 1010 m3). Mais en 2002, le résultat de l'étude de NIOC a mis en avant une croissance des réserves. Effectivement ces dernières ont augmenté d'environ 317 milliards de barils (5,04 × 1010 m3). Après 2003, l'Iran a fait des découvertes importantes qui ont conduit à l'ajout de 7,7 milliards de barils (1,22 × 109 m3) de pétrole aux réserves disponibles de l'Iran[17].

Fin 2006, les réserves disponibles d'hydrocarbures liquides de la Société nationale iranienne du pétrole étaient, selon l'organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de 1384 milliards de barils (soit 2,200 × 1011 m3)[18].

La grande majorité des réserves de pétrole brut de l'Iran sont situées dans les immenses champs terrestres de la région du Khouzistan dans le sud-ouest iranien, près de la frontière irakienne. Au total, l'Iran possède 40 champs productifs: 27 terrestres et 13 off-shore (en mer). Le pétrole brut de l'Iran est généralement à teneur moyenne en soufre et se situe entre 28 ° et 35 ° API.

En 2012, 98 plates-formes étaient opérationnelles dans les champs on-shore, 24 dans les champs offshore et seule une plate-forme opérait dans la mer Caspienne. En 2014, L'Iran envisage d'augmenter le nombre de ses plates-formes de forage opérant dans ses champs pétroliers terrestres et offshore de 36 unités pour atteindre 134 unités.

Structure organisationnelle[modifier | modifier le code]

La société est entièrement détenue par le gouvernement iranien. L'Assemblée générale de la NIOC se compose de:

L'assemblée générale de la NIOC se compose du président, du vice-président, du directeur général de l'organisation de gestion et de planification, des ministres du Pétrole, de l'Énergie, de l'Industrie et des Mines, du Travail et des Affaires sociales ainsi que du ministre de l'Économie et des Finances. L'assemblée générale est le plus haut organe de décision de la compagnie, elle détermine les grandes lignes de la stratégie de l'entreprise, approuve les budgets annuels, les plans des opérations et de financement ainsi que les comptes. L'assemblée des directeurs de la compagnie a l'autorité et les responsabilités majeures pour approuver tous les plans opérationnels dans le cadre défini par l'assemblée générale, approuve les transactions et les contrats, et prépare les budgets, les comptes et les rapports à présenter à l'assemblée générale.

Un conseil supervise l'implémentation des grandes lignes de la stratégie définies par l'assemblée générale et s'occupe des opérations via le directeur des opérations.

Membres du conseil[modifier | modifier le code]

Nom Fonction principale Fonction au sein du conseil
Bijan Zanganeh Ministre du Pétrole Président
Roknodin Javadi P-DG Vice-president
Bijan Allipour P-DG de NISOC Membre du conseil
Mohamad Delparish Manager of Integrated Planning Membre du conseil
Mohsen Ghamsari Directeur des affaires étrangères Membre du conseil
Ghadir Movahedzadeh Directeur des Finances Membre du conseil
Hormoz Ghalavand Exploration Manager Membre du conseil

Filiales[modifier | modifier le code]

La NIOC a divisé les tâches et délègue des responsabilités à ses filiales. En fait, les directeurs de la NIOC agissent principalement dans le domaine de la stratégie et de la supervision, alors que les filiales s'occupent de l'exécution des tâches de tout un spectre d'opérations telles que l'exploration, le forage, la production et la livraison de pétrole brut et de gaz naturel, à la fois pour l'exportation et pour la consommation domestique.

Les filiales de la NIOC sont :

  • Central Iranian Oil Fields Company
  • National Iranian Gas Export Co.
  • National Iranian South Oil Co.
  • National Iranian Offshore Oil Co.
  • National Iranian Central Oil Co.
  • Khazar Oil Exploration and Production Co.
  • Petroleum Engineering and Development Co.
  • Pars Oil and Gas Co.
  • Pars Special Economic Energy Zone Co.
  • National Iranian Oil Terminals Co.
  • National Iranian Drilling Co.
  • North Drilling Co.
  • Iran Petro Development Co.
  • Ahwaz Pipe Mills Company
  • Petropars
  • Iranian Fuel Conservation Org.
  • National Iranian Tanker Co.
  • Exploration Service Company (ESC)
  • Kala Naft London Ltd.
  • Kala Naft Canada Ltd.
  • Naftiran Intertrade Co. Switzerland
    • Iranian Oil Company (GB)

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Selon le géographe Richard Heede[19], en 2013 la société nationale iranienne du pétrole occupait la 3e place sur la liste des compagnies émettant le niveau mondial d'émissions de CO2 le plus élevé (derriere Saudi Aramco et la société russe Gazprom). En effet cette année-là, elle a émis prés de 739 millions de tonnes de CO2 ce qui représente 2,1% des émissions mondiales de 2013[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Les acteurs du marché du pétrole », Oléocène.org (consulté le 30 novembre 2006)
  2. David Carment, Australian Dictionary of Biography, National Centre of Biography, Australian National University (lire en ligne)
  3. « The greatest 20th century beneficiary of popular mythology has been the cad Churchill - Independent.ie », Independent.ie, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  4. (en) P. Avery, William Bayne Fisher, G. R. G. Hambly et C. Melville, The Cambridge History of Iran, Cambridge University Press, (ISBN 9780521200950, lire en ligne)
  5. a et b « The C.I.A. in Iran: Britain Fights Oil Nationalism », sur www.nytimes.com (consulté le 17 novembre 2016)
  6. (en) Jerzy Sztucki, Interim Measures in The Hague Court: An Attempt at a Scrutiny, Brill Archive, (ISBN 9065440933, lire en ligne)
  7. a et b « How a Plot Convulsed Iran in '53 (and in '79) », sur www.nytimes.com (consulté le 17 novembre 2016)
  8. « Royalists Oust Mossadegh; Army Seizes Helm », sur partners.nytimes.com (consulté le 17 novembre 2016)
  9. (en) William Roger Louis, Ends of British Imperialism: The Scramble for Empire, Suez, and Decolonization, I.B.Tauris, (ISBN 9781845113476, lire en ligne)
  10. (en) Ralf Boscheck, Christine Batruch, Stewart Hamilton et Jean-Pierre Lehmann, Strategies, Markets and Governance: Exploring Commercial and Regulatory Agendas, Cambridge University Press, (ISBN 9781139472173, lire en ligne)
  11. Sigma vod web2, « National Iranian Oil company-About us », sur en.nioc.ir (consulté le 17 novembre 2016)
  12. (en) Brian Prince, « Iran Took Systems Offline After Cyber Attack Hit Oil Industry », SecurityWeek,‎ (lire en ligne)
  13. Jean-Guy Debord, « Synthèse de l'actualité du pétrole et du gaz semaine du 7 au 13 novembre 2016 », sur www.euro-petrole.com (consulté le 13 novembre 2016)
  14. Jean-Guy Debord, « Synthèse de l'actualité du pétrole et du gaz semaine du 14 au 20 novembre 2016 », sur www.euro-petrole.com (consulté le 23 novembre 2016)
  15. (en) « Norway’s DNO oil and gas operator », sur The Iran Project (consulté le 25 novembre 2016)
  16. « DNO Signs MoU to Develop Iran's Changuleh Oil Field », sur www.dno.no (consulté le 23 novembre 2016)
  17. (en) « Oil reserves in Iran », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  18. « sources OPEP »
  19. « Rick Heede Biography », sur www.climatemitigation.com (consulté le 13 novembre 2016)
  20. « Just 90 companies are to blame for most climate change, this 'carbon accountant' says », Science | AAAS,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]