Michel Taubmann

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Michel Taubmann
Image illustrative de l'article Michel Taubmann

Naissance 1956
Paris
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession Journaliste

Michel Taubmann (né en 1956 à Paris) est un journaliste de télévision, écrivain et éditeur.  Il fut aussi le fondateur et le rédacteur en chef de la revue Le Meilleur des Mondes, puis le directeur de la revue Building. Il est en 2017 éditeur aux éditions de l’Archipel et éditorialiste politique sur la chaîne de télévision i24News.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, Michel Taubmann milite à l'extrême gauche, au sein du PSU puis d’organisations trotskistes telles que  l'Organisation Communiste des Travailleurs,  et les Comités Communistes pour l’Autogestion. Travaillant aux PTT tout en poursuivant ses études, il est délégué CGT au Centre de Tri Postal de la gare d’Austerlitz  au cours des années 1970.  Ses débuts dans le journalisme datent de 1979. Il couvre alors le congrès de Metz du Parti socialiste pour le journal « Autogestion ». Dans les années 1979-1982, il est pigiste pour différents journaux, notamment Libération, et pour la 3ème chaîne de télévision. Abandonnant le militantisme, tout en étant proche du Parti socialiste, Michel Taubmann devient journaliste à plein temps sur France 3 de 1982 à 1989, dans les stations de Nantes, Orléans, Limoges, Paris-Ile-de-France ainsi qu’à Soir 3.

De 1989 à 1992, il enseigne le journalisme principalement au CFPJ, le Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes, à Paris et à Montpellier. Dans ce cadre, il participe notamment à la formation de journalistes de télévision au Portugal, en Finlande, à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie. En 1992, il participe à la fondation de la chaîne franco-allemande ARTE. Il y restera jusqu’en 2008, occupant notamment pendant 8 ans le poste de directeur du bureau français de l’information. De 2005 à 2009, il a dirigé la revue Le Meilleur des Mondes avant de lancer en 2012 la revue Building ( « construire librement sa pensée ») qui cessera de paraître après 3 numéros l’année suivante. En 2013, il participe à Tel-Aviv au lancement de la télévision internationale I24News. Il en est pendant 18 mois le directeur-adjoint de l’information. Ayant quitté cette fonction il collabore toujours à cette chaîne, comme éditorialiste spécialisé dans la politique française. Après avoir travaillé comme directeur de collections aux éditions du Moment, il occupe désormais un poste identique aux éditions de l’Archipel. Ecrivain, Michel Taubmann a publié 11 livres. Les plus connus sont : « L’Affaire Guingouin » (1994) et «  Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn » ( 2011) . Il est aussi connu pour ses livres sur l’Iran, notamment « Histoire secrète de la Révolution iranienne » ( 2011).

Fondation du Cercle de l'Oratoire[modifier | modifier le code]

Préexistant au Cercle de l'Oratoire, un cercle d'amis se réunissait de manière informelle pour échanger leurs opinions sur les sujets d'actualité. C'est à la suite des attentats du 11 septembre 2001, que ce cercle se transforme en Cercle de l'Oratoire, transformation concrétisée par un appel soutenant l'intervention américaine en Afghanistan contre Al-Qaïda. La différence entre les deux listes parle d'elle-même. Lorsqu'en mars 2003, certains membres du Cercle de l'Oratoire signent un manifeste en faveur de l'intervention en Irak, d'autres s'y refusent. Une part importante des premiers participants abandonnent au fil du temps ce qui est devenu un club proche du néoconservatisme américain. Quelque temps plus tard, le Cercle envisage de fonder une revue, ce qui se concrétisera par la création d'un organe intitulé « Le Meilleur des Mondes » dont Michel Taubmann est le rédacteur en chef. Après des débuts difficiles, la revue finit par voir le jour en 2006 après une entente avec le directeur des Éditions Denoël, Olivier Rubinstein. À l'équipe fondatrice s'ajoutent de nouveaux collaborateurs tels Pascal Bruckner ou l'écrivain Olivier Rolin. Le cercle crée également l'association des Amis du Meilleur des Mondes dont la présidence est assurée par le philosophe André Glucksmann. Sur les évènements du Proche-Orient, la revue véhicule des idées proches de celles des néo-conservateurs américains[1].

Sur Mahmoud Ahmadinejad[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage La Bombe et le Coran publié en 2008, Michel Taubmann se propose d'étudier la personnalité et le parcours de l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad. « Né en 1956 dans une famille pauvre, Mahmoud Ahmadinejad a participé comme étudiant à la Révolution khomeiniste de 1979 dans les rangs des islamistes les plus radicaux» écrit-il[2]. Il poursuit : « Il fut longtemps un homme de l'ombre qui participa à de nombreuses missions secrètes liées au terrorisme international. Son ascension commence véritablement après la victoire du réformateur Khatami à l'élection présidentielle de 1997. Dirigeant des Bassidjis, une milice para-militaire, Mahmoud Ahmadinejad mène des opérations violentes contre tous ceux, étudiants, artistes, écrivains, qui croient à une évolution démocratique du régime. Son élection surprise à la présidence de la République en juin 2005 parachève la mainmise de la mouvance la plus obscurantiste sur l'État iranien. »[2]. Il affirme avoir enquêté auprès d'anciens proches du président iranien et d'opposants aujourd'hui en exil. Michel Taubmann met en cause le chef de l'État dans des actes de tortures, de multiples assassinats qu'il aurait lui-même exercé.

Selon l’édition du 4 février 2007 d’Iran Resist, Mahmoud Ahmadinejad, à la fin des années 1990, aurait été le représentant au Liban de la « Fondation des martyrs », destinée à financer le Hezbollah. Il entretiendrait d’anciennes relations avec Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, qu’il aurait rencontré en Corée du Nord à l’occasion d’un stage de formation dans les services de renseignement du dernier régime stalinien de la planète. On est loin de tout connaître sur les activités d’Ahmadinejad dans les années 1980. Pourtant le voile se lève peu à peu. L’une des opérations auxquelles il a participé vient d’être révélée récemment par Fereydoun Jourak. Ce cinéaste et scénariste iranien raconte avoir reçu l’ordre en 1989 de préparer un film destiné à la formation interne du contre-espionnage des forces armées. Il devait en écrire le scénario à partir d’entretiens avec un officier des services secrets, nommé Ahmadinejad. Totalement en confiance, le futur président lui aurait, pendant plusieurs heures, révélé par le menu son rôle dans l’assassinat du commandant Mohammad Hassan Mansouri. Ce pilote de F-14 dans l’armée impériale avait été maintenu en fonction sous le régime islamique pour les besoins de la guerre Iran-Irak.

Aujourd’hui en exil, Fereydoun Jourak raconte ce drame longtemps ignoré, y compris des opposants au régime : « Le commandant Mansouri, pilote au sein du 61e Bataillon de Chasseurs de l’armée de l’Air iranienne, prit la fuite, en 1983, lors d’un vol d’entraînement, et se posa en Arabie Saoudite pour protester contre la poursuite de la guerre après la défaite de l’envahisseur irakien à Khorram-Shahr en 1981 et la retraite forcée des armées ennemies. Mansouri entretenait d'étroites relations avec d’autres pilotes au sein de l’armée et les encourageait à le rejoindre en signe de protestation contre la poursuite de la guerre. Ce qui ne manqua pas d’alerter le régime qui le considéra dès lors comme une cible. Ahmadinejad, alors membre de la division d’élite Qods, reçut l’ordre de localiser et d’éliminer le pilote renégat. Ahmadinejad se met au travail en coordination avec le ministère de l’Information iranien, l’un des organes sécuritaires de l’État. Un piège est tendu à Istanbul (...) Il est localisé et abattu à l’arme chaude munie de silencieux »[3]. Le témoin ajoute un détail essentiel : « C’est Ahmadinejad qui assura la finition avant de prendre la fuite vers l’Iran par une frontière terrestre. »[2] Ce même témoignage attribue à Ahmadinejad « la responsabilité des coups de grâce dans un millier de cas dans les prisons iraniennes dans les années quatre-vingt ».

Un journaliste iranien membre du cercle de relations publiques Benador Associates, Amir Taheri, écrit dans Gulf News, le 4 juillet 2005 : « En 1981, il (Ahmadinejad) rejoint les brigades du terrible procureur-exécuteur Lajevardi, qui opèrent depuis la prison d’Evin où, chaque nuit, elles exécutent des centaines de prisonniers. Il est alors surnommé l’Acheveur : c’est lui qui tire la dernière balle dans le cerveau des agonisants. » Ce rôle, souvent imputé par des témoins à d’autres dignitaires du régime est celui que les Iraniens appellent khalâs-zan, ou le tristement célèbre « tireur de coup de grâce », ou encore « l’acheveur »[2]

Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage, Michel Taubmann avance que l'homme politique socialiste Dominique Strauss-Kahn aurait été victime d'un complot, ce que commente le quotidien Le Monde en le présentant comme « l'apologue de DSK »[4].

Critiques[modifier | modifier le code]

Un article du 6 mars 2006 publié dans le journal Libération, rédigé par Éric Aeschimann et intitulé « Les meilleurs amis de l'Amérique » critique les prises de position de Michel Taubmann et de ses amis du Cercle de l'Oratoire. Selon le journaliste: « les «anti-anti-Américains» vivent dans la hantise de l'islamisme, et parfois de l'islam tout court [...] Dans la petite tribu de l'Oratoire, on parle beaucoup d'«islamo-fascisme», de «fascisme vert», de «totalitarisme islamique». Autant de dénominations choisies pour inscrire l'islamisme dans la lignée du nazisme et du communisme et montrer qu'une nouvelle fois les démocraties sont confrontées au mal absolu. Pour Stéphane Courtois, «nous sommes repartis pour un nouveau tour de totalitarisme». «Après le nazisme et le communisme, l'islamisme est la troisième tentative de détruire la liberté individuelle», juge André Sénik. »

Il ajoute :

« Difficile de ne pas voir dans cette analyse quoi qu'on en pense sur le fond la trace de l'expérience politique de ceux qui la formulent. Sénik et Courtois, communistes repentis, pourfendent depuis trois décennies les crimes du stalinisme. André Glucksmann, ancien maoïste, s'est rendu fameux en défendant les boat people. Michel Taubmann a été formé chez les trotskistes, tendance « pabliste », où l'on a toujours dénoncé le goulag. « Notre point commun à l'Oratoire, c'est l'antitotalitarisme », assure-t-il. Voilà l'équation posée : être anti-anti-Américain, c'est être anti-islamiste, donc antitotalitaire. CQFD [..] Mais, experts de la région mis à part, la réalité du monde musulman n'est pas ce qui préoccupe le plus le club de l'Oratoire. Ni celle de l'Amérique d'ailleurs. Paradoxalement, la question centrale y est la France. Michel Taubmann le reconnaît volontiers: « La question américaine est importante parce que c'est une question posée à la France. » Pascal Bruckner a souvent écrit sur le sujet. À ses yeux, « les États-Unis nous ont sauvés à trois reprises : en 1917, en 1944, puis pendant la guerre froide, et c'est là une dette difficile à supporter. C'est un problème, pour un peuple, de se dire qu'il ne s'est pas libéré par lui-même ». Avec subtilité, Glucksmann devine dans l'antiaméricanisme l'esquisse d'un « isolationnisme français ». C'est « un mal français », résume Michel Taubmann et on sourit d'entendre un ancien gauchiste reprendre une expression dont Alain Peyrefitte, figure de la droite musclée des années 1970, s'était servi en son temps comme titre d'un ouvrage tonitruant. Hasard. Mais peut-être, aussi, volonté de rupture avec une gauche qui, depuis trente ans, n'a cessé de se heurter à ses propres contradictions. Au rayon de leurs ennemis, les « oratoriens » glissent facilement de l'islamisme à « l'islamo-gauchisme », puis au gauchisme tout court. Le sujet les rend intarissables [...] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. c.f. Eric Aeschimann, « Les meilleurs amis de l'Amérique », Libération, mardi 9 mai 2006.
  2. a, b, c et d Michel Taubmann, La Bombe et Le Coran, introd.
  3. Michel Taubmann, La Bombe et Le Coran.
  4. Affaire DSK : le journaliste américain Edward Epstein désavoué, Le Monde.fr, 7 décembre 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]