Ancelle (Hautes-Alpes)

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Ancelle
Ancelle (Hautes-Alpes)
La plaine de Lachaup, Ancelle et l'Aiguille d'Ancelle.
Blason de Ancelle
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Gap
Intercommunalité Communauté de communes Champsaur-Valgaudemar
Maire
Mandat
Florent Basso
2020-2026
Code postal 05260
Code commune 05004
Démographie
Gentilé Ancellus
Population
municipale
917 hab. (2019 en augmentation de 2,34 % par rapport à 2013)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 37′ 27″ nord, 6° 12′ 26″ est
Altitude Min. 1 210 m
Max. 2 779 m
Superficie 50,66 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Gap
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Bonnet-en-Champsaur
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Ancelle

Ancelle est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village d'Ancelle est situé au sud du haut-Champsaur, à l'écart du Drac, à 1 350 mètres d'altitude, entouré par les sommets de la Petite Autane (2 519 m), de la Grande Autane (2 782 m), du Piolit (2 464 m), de l'Arche (2 256 m) et du puy de Manse (1 637 m).

Le village et ses principaux hameaux entourent la plaine de Lachaup, vaste étendue de deux kilomètres de diamètre et d'une altitude moyenne de 1 300 mètres, résultant de l'assèchement, dans les premiers siècles de notre ère, d'un lac glaciaire résiduel.

La commune est principalement étendue autour du torrent de la Roanne, qui la traverse d'est en ouest, et devient ruisseau d'Ancelle en aval. Cependant, elle se jette dans le Drac puis par la suite dans le fleuve de l'Isère au niveau de Grenoble et finit sa course dans les eaux salées de la Méditerranée.

La commune est composée de plusieurs hameaux distincts et assez distants les uns des autres ; par ordre d'importance décroissante : le Village, le Château, les Matherons, Saint-Hilaire, les Faix, les Taillas, Moissière, le Collet (ce dernier sur le versant sud).

Ancelle est située à 100 km de Grenoble et à 17 km de Gap.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Ancelle est une commune rurale[Note 1],[1]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 73 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (77,7 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (81,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (27,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (27,7 %), forêts (22,2 %), zones agricoles hétérogènes (10,7 %), prairies (9,2 %), zones urbanisées (2,4 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme sous le nom de Ancilla dès 739[8].

En Occitan Alpin, la commune se nomme Ancela.

Au VIIIe siècle, Abbon, propriétaire des terres environnantes[9], aurait confié un forest (pâturage) situé dans cette plaine à une de ses servantes (en latin ancilla) ; le nom d'Ancelle en serait dérivé[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire d'Ancelle est mal connue.

Le village d'Ancelle, bâti à 1 300 mètres d'altitude et entouré par plusieurs hauts sommets, est le type par excellence d'un pays sauvage et désolé, enseveli sous la neige pendant de longs mois, ses terres maigres et peu profondes ne produisaient que des céréales pauvres et ne permettaient d'entretenir qu'un bétail étique. L'homme n'est donc pas venu y établir un domicile, il y a été contraint. En effet, fixés en 412 dans le Dauphiné, les Wisigoths durent être refoulés dans les hautes vallées vers 438 par les invasions burgondes.

En 739, une communauté y est établie, dépendant de l'abbaye de la Novalaise. Au XIe siècle, le comte de Provence aurait conquis le pays, et en aurait confié l'administration à Alleaume de Faudon, dont les descendants s'installèrent sur la crête, au sud, autour de la tour Saint-Philippe, à 1 700 mètres d'altitude. Le village de Faudon fut abandonné dès le XIIIe siècle, et un nouveau village construit en bordure de la plaine. C'est à partir d'Ancelle qu'a été construit, à partir de 1450, le premier canal d'irrigation dirigé vers les terres gapençaises. Au début du XVIe siècle, les seigneurs du lieu vendirent leurs possessions à des nobles gapençais, dont la famille Rambaud, qui se fit construire un château un peu à l'écart du village, au sud du ruisseau d'Ancelle. Ce château est aujourd'hui disparu, mais le hameau qui l'entourait a gardé le nom de Château d'Ancelle.

21 septembre 1968 : un avion de transport Broussard de l'Armée de l'air s'écrase au col de Moissière, tuant le pilote (capitaine Jean Salette) et cinq officiers commandos parachutistes de l'air de la base aérienne 701 de Salon-de-Provence, morts carbonisés (le chef de bataillon Jean Bousquet ainsi que les capitaines Yves Charpentier, Bernard Pergeline, Bernard Billiet et Max Bonnaud).

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Parti d'argent et de sable au un lion brochant de l'un en l'autre, armé et lampassé de gueules[11].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[12]
Période Identité Étiquette Qualité
         
avant 1995 juillet 2020 Gilbert Jourdan[13]   Retraité des artisans, commerçants et chefs d'entreprise
juillet 2020 En cours Florent Basso[13],[14]   Technicien
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[16].

En 2019, la commune comptait 917 habitants[Note 3], en augmentation de 2,34 % par rapport à 2013 (Hautes-Alpes : +1,39 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1741 2201 3531 1731 1041 1831 1651 1631 196
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 1671 0631 1151 1111 1101 1931 1161 0721 038
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 014949891850800762715707573
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
552589641649600619784831896
2018 2019 - - - - - - -
921917-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Culte[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Ancelle est d'abord un village centré sur l'agriculture et l'élevage, essentiellement ovin (six à sept mille têtes).

La plaine de Lachaup produit de bons fourrages, les pentes du Cuchon, des Autanes et du Piolit servent de pâturages.

Depuis les années 1950, Ancelle a développé un tourisme familial, destiné pour l'essentiel aux Marseillais : ski en hiver, promenade en été, Ancelle n'a rien d'une station comparable à Merlette ou à Superdévoluy.

La station de ski[modifier | modifier le code]

Créée en 1953, la station de ski est gérée par la commune. Le domaine skiable d'Ancelle représente 25 km de pistes sur trente hectares, dont les trois quarts bénéficient d'un enneigement artificiel, un stade de slalom et pour sports de glisse ainsi qu'un Snowpark. Il se déroule dans un cadre de moyenne montagne habillé d’une forêt de mélèzes. Le domaine skiable alpin est composé de quinze pistes : six vertes, cinq bleues, deux rouges et deux noires. Ancelle procède depuis 2010 à un important programme d'investissement visant à renouveler les installations existantes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Blason des Rambaud de Montgardin et d'Ancelle : Alias d'azur, au pin d'or, chargé au sommet d'une colombe d'argent[19].
Domaine skiable de Ancelle
Ancelle.
  • L'église Sainte-Catherine-d'Alexandrie, construite au XVIIe siècle et bénie en 1865.
  • L'église Saint-Martin-de-Tours, construite au XIXe siècle.
  • La chapelle Saint-Hilaire, construite au XIXe siècle.
  • La chapelle Saint-Pierre-aux-Liens, construite en 1803.
  • Le site de l'antique village de Faudon (ruines).
  • Le château d'Hugues Rambaud, qui a été rasé. Vers 1890, Joseph Roman, historien des Hautes-Alpes, archiviste, archéologue… pouvait encore nous parler des ruines de ce château réparé à la fin du XVIe siècle par Jacques Rambaud, l'un des capitaines Furmeyer avant d'être vendu aux Provensal qui deviendront de puissants seigneurs du Gapençais. Il constatait qu'une partie des pierres a été utilisée pour construire certaines maisons du hameau de Château d'Ancelle. Il parlait notamment de la porte principale du style architectural de l'époque du roi Henri III, surmontée par un écusson de la famille Rambaud, qui posséda la seigneurie d'Ancelle. Le hameau est toujours aussi intéressant du point de vue architectural, mais vous ne trouverez même plus une pierre de ce vestige de notre passé, un cimetière entouré de parpaings a été construit à son emplacement.
  • La stèle commémorative du crash aérien du 21 septembre 1968, qui tua six officiers, au col de Moissière (entre Ancelle et La Bâtie-Neuve)[20].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Encyclopédie du Champsaur, par Robert Faure de Prégentil, imp. Louisjean, Gap, 2005 (ISBN 2-909956-49-0).
  • Notice sur Faudon et les deux Ancelle (Hautes-Alpes), par l'abbé J. Reynier, curé de Chateau d'Ancelle, Éditions de la librairie des Hautes-Alpes, Gap, 1992 (ISBN 2-909956-00-8).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, page 291 (ISBN 2600028838).
  9. Ancelle et ses environs dans BnF, lat. 13879 Manuscrit du Testament d'Abbon, Bibliothèque nationale de France. Département des manuscrits
  10. Cependant dans le village, on dénomme ancelles des planchettes de bois servant à assurer l'étanchéité des toits ; une étymologie serait peut-être à rechercher de ce côté.
  11. labanquedublason2
  12. Site de la préfecture des Hautes-Alpes, consulté le 9 mai 2008 (fichier au format Excel)
  13. a et b « Résultats des élections municipales 2020 », sur le site du Télégramme de Brest (consulté le )
  14. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le )
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  19. G.1513-AD Gap, Armorial Haut alpin, Héraldique et généalogie, Dauph. 16° Q83.D7344.272.
  20. Azur & Or (magazine trimestriel de l'Association nationale des officiers de réserve de l'Armée de l'air), numéro 219, décembre 2021, page 32.