Chabottes

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Chabottes
Chabottes
Chabottes village.
Blason de Chabottes
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Gap
Intercommunalité Communauté de communes Champsaur-Valgaudemar
Maire
Mandat
Roland Aymerich
2020-2026
Code postal 05260
Code commune 05029
Démographie
Gentilé Chabottins
Population
municipale
856 hab. (2018 en augmentation de 6,87 % par rapport à 2013)
Densité 86 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 38′ 38″ nord, 6° 10′ 18″ est
Altitude Min. 1 028 m
Max. 1 347 m
Superficie 9,96 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Gap
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Bonnet-en-Champsaur
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Chabottes

Chabottes est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Chabottins.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Chabottes est située dans la haute vallée du Drac, au cœur du Champsaur, au sud-ouest du massif des Écrins. Abritée au nord par le massif du Vieux Chaillol, elle jouit d’un climat intermédiaire entre le climat méditerranéen de montagne des Alpes du Sud et celui plus froid et humide des Alpes du Nord. La commune est traversée d'est en ouest par le Drac, qui sépare le coteau de la rive droite, où se situe le chef-lieu, et la large plaine agricole de la rive gauche, traversée par la route départementale 944, principal accès au haut Champsaur (Pont-du-Fossé, Champoléon, Orcières). Il est à noter qu'en aval de Chabottes, jusqu'à Grenoble, plus aucune commune ne s'étend de part et d'autre du Drac.

La commune de Chabottes est incluse dans la zone périphérique du parc national des Écrins.

Chabottes est situé à 18 kilomètres au nord de Gap, préfecture des Hautes-Alpes, et à 9 kilomètres à l'est du chef-lieu de canton Saint-Bonnet-en-Champsaur.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Le principal axe de communication de la commune est la route départementale 944 reliant Gap à Orcières. Cet axe important se situe sur la rive gauche du Drac et passe par les hameaux de Basse-Plaine et Haute-Plaine. Le chef-lieu, situé sur les pentes de la rive droite, est relié à cette route par la section terminale de la départementale 945 en provenance de Saint-Bonnet-en-Champsaur. Il est aussi traversé par la départementale 43 qui le relie à Saint-Michel-de-Chaillol au nord et à Chabottones et Pont-du-Fossé à l'est.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Chabottes est une commune rurale[Note 1],[1]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 73 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (57,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (32,3 %), forêts (31 %), terres arables (22,8 %), zones urbanisées (6,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (5,2 %), prairies (2,4 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes de Chabotis en l274[8], Locus de Chabotis en 1307, Chabottes dès 1516.

Le nom de Chabottes est la francisation directe du nom occitan vivaro-alpin chabota, qui désigne une cabane en pierres sèches en forme de ruche traditionnelle, parfois recouverte de chaume.

En provençal haut-alpin, lou Chabot désigne une cabane, ou une hutte en pierres sèche, que l'on trouvera en Provence sous le nom de Borie[9]. Ce toponyme est sous la forme plurielle et rappelle l'existence ancienne de ces cahutes de pierres sèches.

Le lieu-dit Chabottonnes, situé entre Chabottes et Saint-Jean-Saint-Nicolas, est le diminutif de Chabottes[10]. Il rappelle aussi l'existence de petites cahutes ayant imposé ce toponyme à ce lieu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chabottes est située sur un ancien chemin préhistorique[réf. nécessaire].

Chabottes fut très tôt évangélisée par les moines de l'abbaye de la Novalaise. Au Xe siècle, ce sont ceux de Cluny qui prirent le relais, laissant néanmoins la fondation de la paroisse à l'abbaye auvergnate de Saint-Chaffre.

La seigneurie de Chabottes dépendait au Moyen Âge à la fois du Dauphin et du seigneur de Montorcier. En 1339, le dauphin Humbert II donna à son écuyer Étienne de Roux les moulins de Chabottes, une infrastructure au revenu important pour l'époque. Ce dernier les unit à un fief créé pour lui sous le nom de Prégentil, dont le manoir se trouve sur la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas.

Durant son histoire, la commune de Chabottes fut souvent secouée par les conflits, d'abord en 1369 avec son pillage par une troupe de « routiers » provençaux, puis durant les guerres de religion et enfin en 1692 avec les armées du duc de Savoie, qui mirent à sac toute la région.

Comme nombre de communes haut-alpines, Chabottes a été le refuge de huguenots fuyant la répression instituée par Louis XIV.

En 1789, la population de cette commune était de 550 âmes réparties sur 996 hectares de terres, puis monta à 714 habitants à la fin du XIXe siècle. La population locale déclina lentement par la suite, à cause de l'exode rural puis de la Première Guerre mondiale.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

En 2017, Christiane Mioletti, maire de Chabottes, a été démise de ses fonctions par le préfet après sa condamnation à trois ans d'inéligibilité et quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Gap pour favoritisme dans l'attribution d'un marché public[11],[12]. Christiane Mioletti n'a pas fait appel[13].

Ce jugement est la conclusion d'une affaire qui a débuté en 2014. Outre la maire, les patrons de deux entreprises ont été condamnés pour avoir bénéficié de favoritisme. L'un d'eux siégeait au conseil municipal[14].

Roland Aymerich a été élu maire en décembre 2017.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1979 mars 2008 Jean-Yves Dusserre UMP Conseiller général (1992-2014)
Président du Conseil Général (2008-2014)
Sénateur (octobre-décembre 2014)
mars 2008   Christiane Mioletti[15] UMP-LR Retraitée
décembre 2017 En cours Roland Aymerich[16],[17]   Ancien cadre

Jumelages[modifier | modifier le code]

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[19].

En 2018, la commune comptait 856 habitants[Note 3], en augmentation de 6,87 % par rapport à 2013 (Hautes-Alpes : +1,02 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
542529623617707705714771741
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
733733732750714684727670674
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
626590587596573551534489431
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
469430461453518610709757834
2018 - - - - - - - -
856--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[20] puis Insee à partir de 2006[21].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune dépend de l'académie d'Aix-Marseille. Les élèves de Chabottes commencent leur scolarité à l'école primaire du village, qui regroupe 119 enfants[22].

Santé[modifier | modifier le code]

Culte[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

La commune de Chabottes compte plusieurs infrastructures sportives dont un stade, un mur d'escalade et un terrain de moto-cross.

Économie[modifier | modifier le code]

Chabottes.

Son activité s’équilibre entre l’agriculture, le tourisme, le commerce et l'artisanat.

Cette commune de 996 hectares, située à une altitude comprise entre 1050 et 1 350 mètres se divise en deux parties bien distinctes : la plaine, agricole, secteur de cultures bocagères, et le coteau, de moyenne montagne, où se trouvent les alpages. Elle fait partie des zones de production de l'agneau de Sisteron, des vins Hautes-Alpes IGP, y compris primeurs et des vins de la Méditerranée, ainsi que des pommes des Alpes de Haute-Durance[23].

Depuis 1962, on peut constater une remontée de la population, due en grande partie à l’essor du tourisme hivernal, lié au développement des stations de sports d'hiver du haut Champsaur (Saint-Léger-les-Mélèzes, Chaillol, Orcières 1850, etc.), mais aussi au tourisme estival (le « plan d’eau du Champsaur » sur la commune voisine de Saint-Julien-en-Champsaur, les nombreux itinéraires de randonnée pédestre ou en VTT, les sites d'escalade).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église paroissiale de la nativité, située au lieu-dit «les Estèves », construite entre 1853 et 1855. Elle est inscrite à l'inventaire complémentaire des monuments historiques, depuis le [24].
  • L'église paroissiale de l'Assomption, construite entre 1864 et 1884, est inscrite à l'inventaire complémentaire des monuments historiques, depuis le [25].
  • Le calvaire monumental, de 1934, dominant le village.
  • L'« aqueduc des gorges », au-dessus de Pont-de-Frappe, récemment rénové.
  • Croix de chemin dite Croix de la Passion, au lieu-dit « le Villard », du XIXe siècle[26]
  • Ferme dite Maison Davin, au lieu-dit « les Thomés », du XVIIe siècle[27]
  • ensemble de quatre chapelles funéraires, au lieu-dit « la Plaine », du XIXe siècle[28]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • La commune de Chabottes a vu naître le [29], au hameau du Fangeas (appelé château de Phanjas par certaines biographies), François Para du Phanjas[30], jésuite et philosophe, auteur entre autres ouvrages des Principes de la saine philosophie conciliés avec ceux de la religion (1774). L'abbé Para est mort à Paris en 1797.
  • Jean Faure, dit Faure du Serre, né au hameau des Michauds le , et retiré à Saint-Michel-de-Chaillol après une carrière préfectorale contrariée par ses convictions ultra-royalistes, s'est fait connaître par ses pièces en vers, épiques ou héroï-comiques, inspirées par les événements dont il était le témoin[31].
  • Jean-Yves Dusserre, (1953-2014), homme politique, conseiller général du canton de Saint-Bonnet-en-Champsaur, président du conseil général des Hautes-Alpes puis sénateur des Hautes-Alpes.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Ranguis, Histoire du Mandement de Montorcier, 1905, réimpression Vollaire, Gap 1978, pages 101 à 111 et 224 à 231.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Ernest Nègre - 1998 - Toponymie générale de la France: Formations dialectales (suite) et françaises, page 1402.
  9. Robert Bouvier, Origine des quartiers de Marseille, éd. Jean-Michel Garçon, Marseille, 1988, (ISBN 2-9502847-0-1), page 31.
  10. Xavier de Fourvières, Lou pichot tresor, éd. Marcel Petit, Raphèle-les-Arles, 1944-45 (sans ISBN), page 121.
  11. « Hautes-Alpes : la maire de Chabottes condamné à 3 ans d'inéligibilité et 4 mois de prison avec sursis pour favoritisme. Elle s'exprimera sous peu », sur D!CI TV & Radio (consulté le ).
  12. « CHABOTTES », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. « Hautes-Alpes : Christiane Mioletti a tranché. Elle n'est plus maire de Chabottes, ne fera pas appel de sa condamnation et ne se représentera pas », sur D!CI TV & Radio (consulté le ).
  14. Brian Orsini, « Alpes : Le maire de Chabottes a-t-il fait du favoritisme ? », La Provence,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. « Liste des maires du département des Hautes-Alpes (mise à jour 15 mai 2014) », sur le site de la préfecture des Hautes-Alpes, (consulté le ).
  16. « Résultats des élections municipales 2020 - Maire sortant », sur le site du Télégramme de Brest (consulté le )
  17. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le )
  18. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  20. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  21. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  22. école primaire du village
  23. Produits agricoles IGP ou AOC
  24. Notice no IA00070598, base Mérimée, ministère français de la Culture
  25. Notice no IA00070596, base Mérimée, ministère français de la Culture
  26. Notice no IA00070605, base Mérimée, ministère français de la Culture
  27. Notice no IA00070604, base Mérimée, ministère français de la Culture
  28. Notice no IA00070602, base Mérimée, ministère français de la Culture
  29. « Le père Para du Phanjas (1724-1797) », sur Blogspot.fr (consulté le ).
  30. Para du Fanzas pour Jean Ranguis
  31. Ses principales pièces ont été publiées en 1892 sous le titre « Œuvres choisies », et rééditées en 1986 par le Groupe folklorique du Pays gavot