Mizoën

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Mizoën
Image illustrative de l'article Mizoën
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Arrondissement de Grenoble
Canton Oisans-Romanche
Intercommunalité Communauté de communes de l'Oisans
Maire
Mandat
Bernard Michel
2014-2020
Code postal 38142
Code commune 38237
Démographie
Population
municipale
197 hab. (2014)
Densité 9,6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 03′ 04″ nord, 6° 08′ 35″ est
Altitude Min. 955 m – Max. 2 964 m
Superficie 20,6 km2
Localisation

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Liens
Site web www.mizoen.fr

Mizoën est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ses habitants sont appelés les Mizoënnais (Mizoënnaises) .

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue générale.

Mizoën est situé en Oisans, une région des Alpes entre le département de l’Isère et des Hautes-Alpes, correspondant au bassin de la rivière Romanche et de ses affluents (l'Eau d'Olle, la Lignarre, la Sarenne, le Vénéon, le Ferrand).

À une altitude de 1 186 m, la commune de Mizoën est placée sur un promontoire dominant la Romanche (rivière des rochers née des glaciers de la Casse Déserte) et le Ferrand (qui signifie, selon la racine latine, Ferus : « le sauvage », et qui naît au pied des cimes des Sauvages, appartenant au massif des Grandes Rousses).

Depuis 1973, la commune de Mizoën est incluse dans la zone « périphérique » du Parc national des Écrins, donc vouée à des aménagements « doux », c'est-à-dire limités. Depuis 2014, la commune a adhéré à la nouvelle charte du parc et est ainsi intégrée dans la zone dite « d’adhésion ».

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Les Aymes, au-dessus du glissement de terrain du Chambon en 2016.

Deux hameaux qui lui sont rattachés : Les Aymes, à une altitude de 1 290 m, et Singuigneret, à 1 360 m.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Mizoën est entouré des communautés de Mont-de-Lans au sud, de La Grave à l'est, de Besse et Clavans-en-Haut-Oisans au nord, et du Freney-d'Oisans à l'ouest, à l'entrée des gorges de l'Infernet.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En occitan ou provençal, Mizoën pourrait signifier « au midi »

Histoire[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des communautés de l'Oisans, Mizoën fut un pays de marchands colporteurs qui se livraient au commerce d’articles de mercerie, de tissus et peut-être, à l'occasion, de plantes des montagnes ou de cristaux. Certains allaient par exemple à Lyon, à Autun, dans le Charolais et à Genève[1].

Mizoën fut un fief protestant. Un pasteur fut envoyé par Calvin dès 1562. Quand on sait que la Réforme s'établit en Dauphiné en 1522 par Guillaume Farel, compagnon de Calvin, on peut supposer que les gens de Mizoën furent rapidement conquis par cette religion nouvelle. Les marchands furent probablement les diffuseurs de ces idées et les sympathisants de la communauté protestante, parrainant les nouveau-nés, finançant le temple et l'école, constituant une sorte de « banque coopérative » dite du denier des pauvres, mais aussi d'entraide en faveur des jeunes partant au commerce.

L'épisode protestant s'arrête avec les vexations ordonnées par Louis XIV autour des années 1680, la révocation de l'édit de tolérance en 1685 et la suppression de tout statut légal aux « prétendus réformés ». Le dernier pasteur, Jean Bonnet, prend la route de l'exode, puis les familles et groupes de familles s'exilent les années suivantes en direction de la Suisse[2], de l'Allemagne (jusqu'en Saxe et au Brandebourg), voire des Pays-Bas. Ils gagnent la frontière de Savoie par le col des Prés Nouveaux, puis Genève, avant de se disperser dans les pays d'accueil. Certains sont emprisonnés, d'autres exécutés, certains envoyés aux galères... En 1689, la communauté a perdu les deux tiers de ses habitants. Les biens des « déserteurs » sont loués à de « bons catholiques » mais de nombreuses terres restent incultes.

Depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à une période récente, les cultures principales étaient le seigle, le froment, l'orge, l'avoine, la pomme de terre, des légumes (choux, choux-raves, haricots, pois, poireaux, betteraves, bettes, carottes..), tout le nécessaire pour subsister. Les alpages se développent à partir de 1 700 mètres et s'étendent en travers des vallonnements aux formes douces jusque vers 2 400 mètres d'altitude. Ce grand espace pastoral, dont une partie était fauchée encore au début du XXe siècle, se nomme « le plateau d'Emparis ». Le plateau d'Emparis a été classé dès 1991 et une grande zone de 2 400 ha, s’étendant sur 3 communes, Clavans, Besse et Mizoën a été déclarée site Natura 2000. Ces deux classements ont permis et permettront à l’avenir de protéger les espèces menacées comme la laiche bicolore, l’avoine odorante, des tourbières et autres sites remarquables. Il ne reste plus aujourd’hui que deux éleveurs d’ovins et de caprins, avec près de 150 bêtes.

Le barrage du Chambon et l'église de Mizoën.
Le barrage du Chambon et sa retenue d'eau, et Mizoën (sur la droite de l'image).

À la fin du XIXe siècle, une industrie électrochimique et électro-métallurgique s'installe dans la basse vallée de la Romanche. En 1896, pour desservir cette nouvelle industrie, un chemin de fer relie l'Oisans à Grenoble. Après la Première Guerre mondiale, notamment en 1921, les industriels de la Romanche, Alès Froges-Camargue, Ugine-Kuhlmann, Keller et Leleux, créent une Société des Forces motrices de la Haute-Romanche qui va entreprendre la construction d'une réserve hydraulique au Chambon pour garantir une fourniture régulière d'électricité. Les travaux préparatoires sont lancés. Le grand chantier bouleverse l'équilibre économique et social de la haute vallée, avec l’afflux de main-d'œuvre étrangère entre 1925 et 1935. La construction du barrage du Chambon (1935) et sa retenue d’eau située en grande partie sur le territoire de Mizoën peut être considérée comme le passage de l'ère traditionnelle à l'ère moderne, de la société paysanne à la société industrielle.

Dans la foulée de «l'or bleu», le développement touristique, grâce à « l’or blanc », a permis la création de prestigieuses stations de sports d'hiver avec notamment l'Alpe d'Huez, rendue célèbre aussi en été par le Tour de France pour sa montée aux 21 lacets et les Deux Alpes (du Mont de Lans et de Venosc), connue pour son ski d’été sur le glacier à 3 600 m. Ces deux stations, qui toutes deux offrent de multiples activités sportives sont aujourd’hui devenues les poumons économiques de la vallée dont Mizoën bénéficie grâce à sa proximité.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 avril 2014 André Jouanny Apparenté PCF  
avril 2014 en cours Bernard Michel SE Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 197 habitants, en augmentation de 7,65 % par rapport à 2009 (Isère : 3,74 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
504 508 566 638 661 629 655 680 663
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
637 657 601 552 549 509 473 423 408
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
382 389 352 305 252 323 189 150 121
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
125 112 90 94 122 163 172 183 197
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sports[modifier | modifier le code]

Paysage vu des Clots.
La « fontaine pétrifiante », sur le sentier allant au refuge des Mouterres.

La localisation en montagne et pleine nature de Mizoën est propice à la pratique de sports de plein air, notamment la randonnée pédestre (sur le sentier de grande randonnée 54 (Tour de l'Oisans), par exemple). Le plan d'eau du Chambon comporte une base nautique. Les stations proches de l'Alpe d'Huez et des Deux-Alpes, permettent la pratique de nombreux sports été comme hiver (VTT, escalade, ski alpin, snowboard, parapente, etc.).

Plusieurs refuges de montagne se trouvent sur la commune[7].

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église.

Espaces verts et fleurissement[modifier | modifier le code]

En mars 2017, la commune confirme le niveau « trois fleurs » au concours des villes et villages fleuris, ce label récompense le fleurissement de la commune au titre de l'année 2016[8].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Gite d'étape l'Emparis.

Cuisine[modifier | modifier le code]

  • ravioles de Mizoën

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Germaine Lemétayer, « Histoire des familles et histoire des minorités : Les Vieux, de Paray-le-Monial au refuge », Siècles. Cahiers du Centre d’histoire « Espaces et Cultures », no 19,‎ (ISSN 1266-6726, lire en ligne)
  2. « Fragment du journal d'un réfugié dauphinois à Vevey. 1686 », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (1852-1865), vol. 14, no 7/8,‎ , p. 251–258 (lire en ligne)
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  7. « Géoportail », sur www.geoportail.gouv.fr (consulté le 19 juillet 2017)
  8. « Les villes et villages fleuris > Isère », sur le site officiel du « Concours des villes et villages fleuris » (consulté le 7 août 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]