Mizoën

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Mizoën
Mizoën
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Intercommunalité Communauté de communes de l'Oisans
Maire
Mandat
Bernard Michel
2020-2026
Code postal 38142
Code commune 38237
Démographie
Population
municipale
191 hab. (2017 en diminution de 2,05 % par rapport à 2012)
Densité 9,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 03′ 04″ nord, 6° 08′ 35″ est
Altitude Min. 955 m
Max. 2 964 m
Superficie 20,6 km2
Élections
Départementales Canton de l'Oisans-Romanche
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Liens
Site web www.mizoen.fr

Mizoën est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes[1].

Positionnée en secteur de haute montagne à proximité des stations de ski du massif de l'Oisans que sont L'Alpe d'Huez et Les Deux-Alpes, ses habitants sont dénommés les Mizoënnais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue générale.

Situation et description[modifier | modifier le code]

Mizoën est situé en Oisans, une région des Alpes entre le département de l’Isère et des Hautes-Alpes, correspondant au bassin de la rivière Romanche et de ses affluents (l'Eau d'Olle, la Lignarre, la Sarenne, le Vénéon, le Ferrand).

À une altitude de 1 186 m, la commune de Mizoën est placée sur un promontoire dominant la Romanche (rivière des rochers née des glaciers de la Casse Déserte) et le Ferrand (qui signifie, selon la racine latine, Ferus : « le sauvage », et qui naît au pied des cimes des Sauvages, appartenant au massif des Grandes Rousses).

Depuis 1973, la commune de Mizoën est incluse dans la zone « périphérique » du Parc national des Écrins, donc vouée à des aménagements « doux », c'est-à-dire limités. Depuis 2014, la commune a adhéré à la nouvelle charte du parc et est ainsi intégrée dans la zone dite « d’adhésion ».

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Mizoën est entouré des communautés de Mont-de-Lans au sud ( celle-ci a fusionné avec Vénosc, composant ainsi la commune nouvelle des Deux-Alpes), de La Grave à l'est, de Besse et Clavans-en-Haut-Oisans au nord, et du Freney-d'Oisans à l'ouest, à l'entrée des gorges de l'Infernet.

Rose des vents Clavans-en-Haut-Oisans Besse Rose des vents
Le Freney-d'Oisans N La Grave (Hautes Alpes)
O    Mizoën    E
S
Les Deux Alpes

Climat[modifier | modifier le code]

Le Haut Oisans est soumis à un climat de type montagnard continental, présentant des étés relativement secs et chauds et des hivers froids et connaît un phénomène d'ombre pluviométrique, avec seulement 800 millimètres de précipitations moyennes dans le secteur de Mizoen et de Saint-Christophe-en-Oisans[2].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Voies de communication[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Les Aymes, au-dessus du glissement de terrain du Chambon en 2016.

Deux hameaux qui lui sont rattachés : Les Aymes, à une altitude de 1 290 m, et Singuigneret, à 1 360 m.

Risques naturels[modifier | modifier le code]

Risques sismiques[modifier | modifier le code]

La totalité du territoire de la commune de Mizoën est situé en zone de sismicité n°3 (sur une échelle de 1 à 5), dite « modérée, » comme la plupart des communes de son secteur géographique, le massif de l'Oisans[3].

Terminologie des zones sismiques[4]
Type de zone Niveau Définitions (bâtiment à risque normal)
Zone 3 Sismicité modérée accélération = 1,1 m/s2

Autres risques[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

En occitan ou provençal, Mizoën pourrait signifier « au midi »

Histoire[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des communautés de l'Oisans, Mizoën fut un pays de marchands colporteurs qui se livraient au commerce d’articles de mercerie, de tissus et peut-être, à l'occasion, de plantes des montagnes ou de cristaux. Certains allaient par exemple à Lyon, à Autun, dans le Charolais et à Genève[5].

Mizoën fut un fief protestant. Un pasteur fut envoyé par Calvin dès 1562. Quand on sait que la Réforme s'établit en Dauphiné en 1522 par Guillaume Farel, compagnon de Calvin, on peut supposer que les gens de Mizoën furent rapidement conquis par cette religion nouvelle. Les marchands furent probablement les diffuseurs de ces idées et les sympathisants de la communauté protestante, parrainant les nouveau-nés, finançant le temple et l'école, constituant une sorte de « banque coopérative » dite du denier des pauvres, mais aussi d'entraide en faveur des jeunes partant au commerce.

L'épisode protestant s'arrête avec les vexations ordonnées par Louis XIV autour des années 1680, la révocation de l'édit de tolérance en 1685 et la suppression de tout statut légal aux « prétendus réformés ». Le dernier pasteur, Jean Bonnet, prend la route de l'exode, puis les familles et groupes de familles s'exilent les années suivantes en direction de la Suisse[6], de l'Allemagne (jusqu'en Saxe et au Brandebourg), voire des Pays-Bas. Ils gagnent la frontière de Savoie par le col des Prés Nouveaux, puis Genève, avant de se disperser dans les pays d'accueil. Certains sont emprisonnés, d'autres exécutés, certains envoyés aux galères... En 1689, la communauté a perdu les deux tiers de ses habitants. Les biens des « déserteurs » sont loués à de « bons catholiques » mais de nombreuses terres restent incultes.

Au premier plan : Mont-de-Lans. La retenue d'eau du barrage du Chambon s'aperçoit au-delà. Le village dans le tiers gauche de l'image est Mizoën ; dans la partie droite : ses hameaux de Singuigneret et des Aymes. Carte postale ancienne (vers 1938 ?).

Depuis le XVIIIe siècle et jusqu’à une période récente, les cultures principales étaient le seigle, le froment, l'orge, l'avoine, la pomme de terre, des légumes (choux, choux-raves, haricots, pois, poireaux, betteraves, bettes, carottes...), tout le nécessaire pour subsister. Les alpages se développent à partir de 1 700 mètres et s'étendent en travers des vallonnements aux formes douces jusque vers 2 400 mètres d'altitude. Ce grand espace pastoral, dont une partie était fauchée encore au début du XXe siècle, se nomme « le plateau d'Emparis ». Le plateau d'Emparis a été classé dès 1991 et une grande zone de 2 400 ha, s’étendant sur 3 communes, Clavans, Besse et Mizoën a été déclarée site Natura 2000. Ces deux classements ont permis et permettront à l’avenir de protéger les espèces menacées comme la laîche bicolore, l’avoine odorante, des tourbières et autres sites remarquables. Il ne reste plus aujourd’hui que deux éleveurs d’ovins et de caprins, avec près de 150 bêtes.

Le barrage du Chambon et l'église de Mizoën.
Le barrage du Chambon et sa retenue d'eau, et Mizoën (sur la droite de l'image).

À la fin du XIXe siècle, une industrie électrochimique et électro-métallurgique s'installe dans la basse vallée de la Romanche. En 1896, pour desservir cette nouvelle industrie, un chemin de fer relie l'Oisans à Grenoble. Après la Première Guerre mondiale, notamment en 1921, les industriels de la Romanche, Alès Froges-Camargue, Ugine-Kuhlmann, Keller et Leleux, créent une Société des Forces motrices de la Haute-Romanche qui va entreprendre la construction d'une réserve hydraulique au Chambon pour garantir une fourniture régulière d'électricité. Les travaux préparatoires sont lancés. Le grand chantier bouleverse l'équilibre économique et social de la haute vallée, avec l’afflux de main-d'œuvre étrangère entre 1925 et 1935. La construction du barrage du Chambon (1935) et sa retenue d’eau située en grande partie sur le territoire de Mizoën peut être considérée comme le passage de l'ère traditionnelle à l'ère moderne, de la société paysanne à la société industrielle.

Dans la foulée de «l'or bleu», le développement touristique, grâce à « l’or blanc », a permis la création de prestigieuses stations de sports d'hiver avec notamment l'Alpe d'Huez, rendue célèbre aussi en été par le Tour de France pour sa montée aux 21 lacets et les Deux Alpes (du Mont de Lans et de Venosc), connue pour son ski d’été sur le glacier à 3 600 m. Ces deux stations, qui toutes deux offrent de multiples activités sportives, sont aujourd’hui devenues les poumons économiques de la vallée dont Mizoën bénéficie grâce à sa proximité.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1988 avril 2014 André Jouanny Apparenté PCF  
avril 2014 en cours Bernard Michel SE Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[8].

En 2017, la commune comptait 191 habitants[Note 1], en diminution de 2,05 % par rapport à 2012 (Isère : +2,75 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
504508566638661629655680663
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
637657601552549509473423408
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
382389352305252323189150121
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1251129094122163172183197
2017 - - - - - - - -
191--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune est rattachée à l'académie de Grenoble.

Équipements sportifs[modifier | modifier le code]

Paysage vu des Clots.
La « fontaine pétrifiante », sur le sentier allant au refuge des Mouterres.

La localisation en montagne et pleine nature de Mizoën est propice à la pratique de sports de plein air, notamment la randonnée pédestre (sur le sentier de grande randonnée 54 (Tour de l'Oisans), par exemple). Le plan d'eau du Chambon comporte une base nautique. Les stations proches de l'Alpe d'Huez et des Deux-Alpes, permettent la pratique de nombreux sports été comme hiver (VTT, escalade, ski alpin, snowboard, parapente, etc.).

Plusieurs refuges de montagne se trouvent sur la commune[11].

Médias[modifier | modifier le code]

Historiquement, le quotidien à grand tirage Le Dauphiné libéré consacre, chaque jour, y compris le dimanche, dans son édition de l'Isère-Sud, un ou plusieurs articles à l'actualité du canton et de la communauté de communes, ainsi que des informations sur les éventuelles manifestations locales, les travaux routiers, et autres événements divers à caractère local.

Cultes[modifier | modifier le code]

La communauté catholique et l'église paroissiale (propriété de la commune) sont rattachées à la paroisse Saint Bernard en Oisans comme la plupart des communes de l'Oisans. Cette paroisse est elle-même rattachée au diocèse de Grenoble-Vienne[12].

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église.

Espaces verts et fleurissement[modifier | modifier le code]

En , la commune confirme le niveau « trois fleurs » au concours des villes et villages fleuris, ce label récompense le fleurissement de la commune au titre de l'année 2016[13].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Gite d'étape l'Emparis.

Patrimoine culinaire[modifier | modifier le code]

  • Les ravioles de Mizoën

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]


Escutcheon to draw-fr.svg

Mizoën possède des armoiries dont l'origine et le blasonnement exact ne sont pas disponibles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site habitants.fr, page sur le nom des habitants des communes de l'Isère, consulté le 8 mars 2020
  2. [PDF] Changements climatiques dans les Alpes : impacts et risques naturels, Rapport technique no 1 de l'ONERC, mars 2008.
  3. Site de la préfecture de l'Isère, carte des zones de sismicité, consulté le 20 octobre 2019.
  4. Arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » - Légifrance
  5. Germaine Lemétayer, « Histoire des familles et histoire des minorités : Les Vieux, de Paray-le-Monial au refuge », Siècles. Cahiers du Centre d’histoire « Espaces et Cultures », no 19,‎ (ISSN 1266-6726, lire en ligne, consulté le 18 juillet 2017)
  6. « Fragment du journal d'un réfugié dauphinois à Vevey. 1686 », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (1852-1865), vol. 14, nos 7/8,‎ , p. 251–258 (lire en ligne, consulté le 18 juillet 2017)
  7. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  11. « Géoportail », sur www.geoportail.gouv.fr (consulté le 19 juillet 2017)
  12. Site du diocèse de Grenoble-Vienne, page sur la paroisse Saint-Bernard
  13. « Les villes et villages fleuris > Isère », sur le site officiel du « Concours des villes et villages fleuris » (consulté le 7 août 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]