La commune de Saint-Jacques-en-Valgodemard est située sur la rive gauche de la Séveraisse, dans son cours inférieur, face à celle de Saint-Firmin. C'est une commune de moyenne montagne (les lieux habités sont entre 850 et 950 mètres d'altitude), adossée au flanc nord-ouest du massif du Petit-Chailol. Son exposition en ubac lui donne un climat relativement difficile, aggravé par la pénétration des vents remontant la vallée du Drac proche.
Bien que la vallée ait un profil en V assez marqué, entre des sommets approchant les 2800 mètres d'altitude de part et d'autre, on trouve au voisinage du lit de la Séveraisse plusieurs petites plaines alluviales, au bord desquelles se sont installés les villages constituant l'habitat de la commune.
Sur les cinq kilomètres du rivage de la Séveraisse sur la commune, seuls deux ponts donnent accès à la rive droite : un au bas du Séchier, permettant de rejoindre la grand-route du Valgaudemar, et un au bas de Lallée, conduisant à Saint-Firmin.
Limites communales entre Saint-Jacques-en-Valgodemard et ses communes adjacentes.
La commune est constituée de plusieurs hameaux, principalement situés sur la route (D 16) qui traverse la commune d'est en ouest, de l'Ubac de Saint-Maurice à la route nationale 85. Ces différents hameaux sont, d'ouest en est :
Entrepierre et Les Pâris, sur la route départementale D316 reliant la commune de Saint-Jacques à Chauffayer (commune d'Aubessagne) ;
Lallée, qui tend à devenir le centre vital de la commune, et qui abrite notamment "Nostra meïsou", la nouvelle mairie, ainsi que la maison natale du géologue David Martin ;
Saint-Jacques, le chef-lieu, qui est isolé sur une butte dominant cette route, et ne communique qu'avec Lallée. Le hameau de Saint-Jacques, qui ne compte que quelques maisons d'habitation, abrite notamment l'église éponyme ainsi que le cimetière communal ;
Le Séchier, qui a abrité la mairie de la commune dans les années 80-90 après la fermeture de celle de Saint-Jacques et avant son transfert à Lallée ;
La Chaup, hameau situé à l'extrémité orientale de la commune.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[2]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[3] et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à 1 000 mm, minimale en été[4]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[5],[6].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 8,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,3 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 133 mm, avec 8,6 jours de précipitations en janvier et 6,2 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Firmin à 1 km à vol d'oiseau[7], est de 9,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 120,1 mm[8],[9].
La température maximale relevée sur cette station est de 38,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −23,5 °C, atteinte le [Note 1].
Au , Saint-Jacques-en-Valgodemard est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[11].
Elle est située hors unité urbaine[12]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[12]. Cette aire, qui regroupe 73 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[13],[14].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de donnéeseuropéenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (87,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (88,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :
forêts (47,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (33,8 %), zones agricoles hétérogènes (12,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (5,9 %)[15].
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le nom de la localité est attesté sous la forme Sanctus Jacobus en 1179 dans le cartulaire de l'abbaye de Saint-Chaffre ; Sanctus Jacobus de Valle Gaudemarii en 1390. La paroisse est placée sous le vocable de Saint Jacques le Majeur. Renommée Jacques Républicain lors de la Révolution de 1789. Le nom de la commune a été complété par -en-Valgodemard en 1936, en rapport de la nomination établie par les Cassini sur leur carte topographique et géométrique, la première établie à l'échelle du royaume de France dans son ensemble. Le village est situé en " Vallée de Godemard", toponyme issu du roi burgonde Godemar III.
Sant Jaume en Gaudemar en provençal haut-alpin.
Le hameau de Lallée, s'est orthographié "Lallé"[16] jusqu'au début du XXe siècle, jusqu'à ce que sa graphie se stabilise en "Lallée" (sans apostrophe).
Le canal des Herbeys dans les bois au-dessus de Saint-Jacques.
L'occupation humaine de Saint-Jacques semble assez ancienne ; une maison du hameau de la Chaup date du XVIe siècle.
Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, le seigneur des Herbeys fait construire un canal de dérivation de la Séveraisse pour permettre l'irrigation des terres d'Aubessagne. Ce canal, qui prend sa source à l'Ubac de Saint-Maurice, traversait toute la commune, accroché au flanc de la montagne au-dessus des chacun de ses hameaux. Il est aujourd'hui toujours en fonction. L'eau s'y écoule pendant les beaux jours et pas en hiver (l'entrée d'eau est alors fermée). Mais ce canal semblerait menacé car il se dit que peu de riverains paient les taxes nécessaire à son entretien[réf. nécessaire].
C'est en 1936 que la commune de Saint-Jacques, comme d'ailleurs sa voisine Saint-Maurice, a adjoint à son nom le suffixe « -en-Valgodemard », dont l'écriture reprend celle choisit par les Cassini sur leur célèbre carte.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[21].
En 2023, la commune comptait 113 habitants[Note 3], en évolution de −23,13 % par rapport à 2017 (Hautes-Alpes : +1,55 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
La commune de Saint-Jacques-en Valgodemard compte plusieurs monuments et sites remarquables :
Outre l'église paroissiale Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Philippe de Saint-Jacques-en-Valgodemard, au chef-lieu, la commune possède plusieurs chapelles, situées dans les principaux hameaux (Lallée, le Séchier, la Chaup), et même au lieudit les Paris, dans un vallon caché au sud-ouest de la commune, à côté d'un gîte rural :
Chapelle de la Nativité-de-Notre-Dame de l'allée ;
Chapelle des Pâris de Saint-Jacques-en-Valgodemard ;
Le canal des Herbeys, ancien canal d'irrigation qui amenait l'eau de la Séveraisse jusqu'à Chauffayer depuis le XVIIIe siècle, et abandonné au début du XXe, traverse la commune d'est en ouest. Il est suivi par un sentier de randonnée pédestre (facile).
Le moulin du Séchier, ancien moulin à grains racheté par la commune, est un lieu de rencontres et de séjours collectifs[24].
Plans d'Henry-Jacques Le Même du groupe scolaire du premier degré à une classe de l'école communale construite en 1953 au hameau de Lallée sur la commune de Saint-Jacques-en-Valgaudemar.L'ancienne école communale construite à l'entrée du hameau de Lallée en 1953 par l'architecte Henry Jacques Le Même. Cet édifice, qui a été labellisé "Architecture contemporaine remarquable" (ACR)[25], est le seul prototype de "Groupe scolaire du premier degré à une classe" dans les Alpes, construit dans le cadre d'un programme lancé en 1948 par le ministère de l'éducation nationale. Faute d'élève, l'école a fermé ses portes en 1989. Le bâtiment a connu une nouvelle vie dans les années 2000, avec l'installation de la mairie, baptisée «Nostra meïsou », dans ses locaux.
La maison natale de David Martin, géologue et premier conservateur du Musée de Gap, au hameau de Lallée.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑ a et bDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )