Forest-Saint-Julien

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Forest-Saint-Julien
La chapelle Saint-Antoine.
La chapelle Saint-Antoine.
Blason de Forest-Saint-Julien
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Arrondissement de Gap
Canton Canton de Saint-Bonnet-en-Champsaur
Intercommunalité Communauté de communes Champsaur-Valgaudemar
Maire
Mandat
Fabrice Borel
2014-2020
Code postal 05260
Code commune 05056
Démographie
Population
municipale
302 hab. (2014)
Densité 43 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 38′ 05″ nord, 6° 08′ 11″ est
Altitude Min. 1 015 m
Max. 1 631 m
Superficie 6,95 km2
Localisation

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Forest-Saint-Julien est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Forest-Saint-Julien est située dans le Champsaur, sur la rive gauche du Drac, entre la plaine de Chabottes,dont elle est séparée par le ruisseau d'Ancelle, et Saint-Laurent-du-Cros, dont elle est séparée par le torrent de Riou[1].

Le village proprement dit est à une altitude de 1045 mètres, à proximité du Drac. Mais la commune s'étend vers le sud jusqu'au Puy de Manse, qui culmine à 1637 mètres. Le hameau de Manse, qui se situe approximativement au centre de la commune, et où se trouve la mairie, est à 1165 mètres, et de nombreuses habitations sont dispersées sur les hautes plaines jusqu'à 1300 mètres d'altitude.

Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Forest vient du latin foras, qui a donné fora en occitan. Ce nom signifie "hors de", et désigne les constructions érigées entre les habitations permanentes et les zones d'estivage[2]. A ne pas confondre avec l'occitan la forest, qui désigne la forêt mais qui n'est pas utilisé dans les Hautes-Alpes où on désigne la forêt par le bosc.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Jean Garnier    
mars 2008 en cours Fabrice Borel[3] UMP-LR Agriculteur

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 302 habitants, en augmentation de 8,24 % par rapport à 2009 (Hautes-Alpes : 2,89 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
309 267 353 413 441 465 475 508 508
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
538 537 543 534 562 528 513 522 445
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
418 417 426 393 385 364 356 300 263
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
227 231 197 177 178 218 276 298 302
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La « voie romaine »[modifier | modifier le code]

On appelle ainsi un chemin, pavé par endroits, qui descend du col de Manse vers le Drac en traversant la commune de Forest-Saint-Julien.

Les historiens n'attestent aucune voie romaine à proprement parler dans le Champsaur : la plus proche, la Via Domitia, qui reliait le col de Montgenèvre à la basse vallée du Rhône, passait par Gap[8],[9]. Cependant les Romains aménageaient des voies secondaires pour sécuriser leurs déplacements les plus fréquents autour des voies principales. Comme il est avéré qu'ils traversaient le Champsaur pour relier la vallée de la Durance à la région grenobloise, la présence d'une « voie » d'importance secondaire est plausible.

Un vieux Dictionnaire topographique des Hautes-Alpes évoque une voie qui « s'embranchait sur la voie Domitia à Ictodurum (aujourd'hui le Vieux-Manse, commune de la Rochette), traversait le Drac, et allait rejoindre aux environs de Saint-Firmin la voie de Briançon à Mens. »[10] Si cette thèse était confirmée, et surtout si son itinériare pouvait être précisé, il pourrait s'agir de cette « voie romaine ».

Une autre hypothèse est qu'il s'agirait d'une de ces nombreux « chemins de Rome » (camins roumieus en occitan), grands chemins parcourus par les « routiers » du Moyen Âge en Occitanie.

Le « chemin des morts »[modifier | modifier le code]

Cet autre chemin descend aussi des hauteurs de la commune jusqu'au Drac, mais son histoire est tout autre.

À la fin du Moyen Âge, le forest[11] de Saint-Julien et le hameau de Manse dépendaient de la paroisse de Saint-Julien, située sur l'autre rive du Drac. Lorsqu'il y avait un mort au forest ou à Manse, il fallait le descendre en carriole jusqu'au pont sur le Drac, après lequel se trouvait le cimetière paroissial. Le trajet n'était pas facile, et un chemin fut spécialement aménagé pour ces transports.
Il fallut qu'un crue du Drac emporte le pont pour que les habitants de la rive gauche obtiennent d'avoir leur église et leur cimetière, avant de devenir une commune au sens actuel du terme.

Mais le chemin a gardé son nom.

Les aqueducs du ruisseau d'Ancelle[modifier | modifier le code]

Forest-Saint-Julien, comme les communes voisines, est parcourue par de nombreux canaux. Le canal de Pont-du-Fossé et le canal de Gap, principaux canaux de la région, arrivent tous deux de l'est, et doivent, à l'entrée de la commune, franchir le ravin du ruisseau d'Ancelle. Pour chacun d'eux un aqueduc a été construit.

Le « Viaduc des gorges » vu de la rive gauche, côté aval.

Celui de Pont-du-Fossé, le plus ancien, est proche de Pont-de-Frappe. Construit entre 1869 et 1882, il a cessé d'être utilisé en 1969. C'est un pont en maçonnerie en pierres de taille de moyen appareil de 75 mètres de longueur, qui fait suite à un souterrain de 285 mètres de long. Il comporte deux avant-ponts de 10 mètres de long, et six arches de plein cintre, dont la principale a 10 mètres d'ouverture et domine le torrent de 9 mètres ; les cinq autres arches, deux côté rive droite et trois côté rive gauche, sont de plein cintre de 5 mètres d'ouverture. Le canal est porté par une bâche de 1,50 mètre de large et 1,10 de profondeur[12]. L'ouvrage, fortement détérioré, a été entièrement restauré en 2012 à l'initiative d'une association locale, avec l'aide des collectivités publiques (communes, département, région, état) et de quelques mécènes. Interdit d'accès pendant plusieurs années, il est désormais proposé à la visite dans le cadre des parcours de découverte du « Pont blanc », sous le nom de « Viaduc des gorges ».

Celui du canal de Gap, lui aussi restauré récemment, est de plus grande dimension. C'est une simple structure linéaire, où la conduite est couverte. Mais il est situé dans une zone plus difficilement accessible, et on ne peut pas le voir d'en-dessous, ce qui limite son intérêt touristique.

La « gare » et le « chemin de fer »[modifier | modifier le code]

La tranchée du "chemin de fer" près de la "gare" de Forest-Saint-Julien (août 2007) ; à gauche, l'amorce d'un siphon faisant passer un canal sous la ligne

Au début du XXe siècle, la ville de Gap et les communes du Champsaur s'unirent pour construire, avec l'aide de l'État, une voie ferrée qui devait rejoindre à Corps la ligne du chemin de fer de la Mure, réalisant ainsi une liaison vers Grenoble. Il s'agissait d'une ligne à voie métrique, plus facile à installer dans ce relief difficile.

Dès 1906, les travaux avaient commencé entre Gap et le col de Manse (altitude 1269 mètres). En 1913, la construction de la descente du col jusqu'à la vallée du Drac fut entreprise. Longeant d'abord la route en direction du nord-ouest, la voie—ou du moins la plateforme—contournait Serre-Richard (commune de Saint-Laurent-du-Cros), et, faisant un crochet vers l'est, revenait vers Forest-Saint-Julien par une ligne droite comportant deux petits viaducs, sur le Riou Gras et sur le Riou Faubert, suivie d'une boucle de 180 degrés en tranchée, qui débouchait à l'emplacement de la future « gare de Pont-de-Frappe ». De là elle allait rejoindre la route nationale au pied du col Bayard (Brutinel, altitude 1000 mètres).

La première Guerre mondiale interrompit les travaux. Mais il restait encore fort à faire pour atteindre Corps, et l'heure n'était plus aux investissements coûteux dans les voies ferrées d'intérêt secondaire. En 1928, au moment même où le SG-LM atteignait Corps, la construction du tronçon sud fut suspendue par le Ministère. La ligne n'atteignit jamais Corps, rendant inutiles tous les travaux préparatoires réalisés dans le Champsaur[13].

Article détaillé : Ligne du Champsaur.

La plateforme, avec sa tranchée en courbe et ses deux viaducs intacts, reste une belle promenade.

Le bois du « pas de l'ours »[modifier | modifier le code]

On raconte que, en l'an 605, alors que saint Arey, évêque de Gap, revenant de Rome, descendait du col de Freissinières, son attelage fut attaqué par un ours, qui tua l'un des bœufs qui le tirait. Arey ordonna alors à l'animal de prendre sous le joug la place du bœuf disparu. L'ours, docile, se laissa atteler, et Arey arriva à Gap dans cet équipage original. Reconnaissant à l'animal qui finalement ne l'avait guère dérangé, il le libéra. L'ours partit se réfugier dans les bois sous le col de Manse[14].

Toutes les curiosités décrites ici ont été balisées sur le terrain et reliées entre elles par un « sentier de découverte » à l'initiative d'une association locale[15].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. riou, nom occitan pour ruisseau
  2. André Faure, Noms de Lieux & Noms de Famille des Hautes-Alpes, Gap, ESPACI OCCITAN, , 412 p. (ISBN 2-9131-3100-X)
  3. « Liste des maires du département des Hautes-Alpes (mise à jour 15 mai 2014) », sur le site de la préfecture des Hautes-Alpes, (consulté le 14 mars 2015).
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  8. Philippe Auran, Guy Barruol, Jacqueline Hursch, D'une rive à l'autre, éd. Les Alpes de Lumière, 2006 (ISBN 2-906162-81-7), page 15
  9. l'Almanach Dauphinois 2003, pp. 64 à 69.
  10. J. Roman, Dictionnaire topographique du département des Hautes-Alpes, Imprimerie nationale, Paris, 1884, rééd. Lacour, Nîmes, 2000, (ISBN 2-84406-757-3), page XXI
  11. nom local donné aux pâturages, et par extension, aux hameaux qui se constituaient autour de ces pâturages
  12. Données relevées sur le panneau descriptif dressé au voisinage de l'ouvrage
  13. Gisel Chautant, Le chemin de fer du Champsaur, ou les péripéties d'un projet inabouti, éditions du Buech, 2011, (ISBN 978-2-918 043133).
  14. Cette légende est racontée ailleurs sous d'autres formes. Voir à ce sujet Arey ou Boscodon.
  15. Association le Pont blanc, siège : Mairie de Forest-Saint-Julien