Saint-Julien-en-Beauchêne

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Saint-Julien-en-Beauchêne
Le village de St Julien
Le village de St Julien
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Gap
Canton Serres
Intercommunalité Communauté de communes du Haut Buëch
Maire
Mandat
Jean-Claude Vallier
2014-2020
Code postal 05140
Code commune 05146
Démographie
Population
municipale
125 hab. (2013)
Densité 2,1 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 37′ 01″ Nord 5° 42′ 37″ Est / 44.6169444444, 5.71027777778
Altitude Min. 847 m – Max. 2 365 m
Superficie 59,43 km2
Localisation

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Liens
Site web saintjulienenbeauchene.com

Saint-Julien-en-Beauchêne est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Julien-en-Beauchêne est une commune du nord-ouest du département des Hautes Alpes et limitrophe du département de la Drôme.

La commune comprend plusieurs hameaux, pour certains éloignés de plus de cinq kilomètres du bourg : Neuvillard, Baudinard, Durbon, Baumugne(s), La Rochette, Montama, les Oches, Vaunières et le Rose.

Saint-Julien-en-Beauchêne est situé dans le Pays du Buëch ou Bochaine, plus précisément dans la vallée du Grand Buëch.

Le territoire de la commune est bordé à l’est par le Dévoluy, à l’ouest par le Diois, au nord par le col de la Croix Haute puis le Trièves et au sud par le Bochaine méridional. Il est traversé par la rivière du Grand Buëch, qui forme l’axe naturel nord-sud de communication entre Grenoble et la vallée de la Durance. Cet axe est emprunté par les voies routières et ferroviaires (route nationale 75 et TER ), les activités de transport fluvial sur le Buëch ont cessé. On rappelle à ce sujet que la rivière a longtemps été utilisée pour le flottage du bois entre Saint-Julien et Sisteron.

Deux sentiers de grande randonnée traversent le village; le GR 94 qui passe à Montama et à Vaunières et se poursuit dans le Diois, et le GR 94 C qui passe à Durbon et au col de Recours et se poursuit vers le Dévoluy.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est arrosée par le Buëch, ainsi que par plusieurs torrents affluents, dont la Bouriane et Vaunièrette.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Saint- Jul(l)ien est attesté dès le début du XIIe siècle, sans doute dédié à Saint Julien de Vienne, évêque de Vienne (Isère) au VIe siècle. L'église paroissiale est aujourd'hui dédiée à Saint Blaise bien qu'elle fut longtemps dédiée à un autre Saint, Charles, comme en attestent les relations de visite des évêques de Gap qui ne manquaient pas de rappeler qu'ils conservaient la nue-propriété de la paroisse même si les chartreux en avaient l'usufruit.

Dura bonis sed utilis.JPG

Le nom Biochana apparait dans la première charte (octobre 1116) concernant l'établissement du monastère de Durbon. Il s'agit d'une latinisation du nom local pour la région du Buëch. Le nom Buëch lui-même pourrait venir de l'occitan "bioch" qui désigne le fond du tonneau, allusion à la forme du cirque de montagnes où naît la rivière.

Le nom de Durbon serait une sorte d'acronyme de la devise des chartreux locaux, "dura bonis...sed utilis", une autre origine, plus vraisemblable car le nom Durbon préexiste la fondation du monastère, serait la "bonne eau" à partir du celte "dwr" (dur ou dour, eau, qui a donné Durance, par exemple). Les (h)Oches désignent les défrichements clos (bas latin). Vaunière(s) désigne la vallée noire. Mont(h)ama(t) désigne le hameau du mont. Baudinard, autrefois écrit Beldisnar, évoque en occitan le lieu d'un bon dîner. Baumugne est une francisation de l'occitan balma, grotte. Les noms de Neuvillard et de la Rochette parlent d'eux-même.

Histoire[modifier | modifier le code]

La présence humaine est avérée depuis le paléolithique dans tout le Bochaine, notamment grâce aux découvertes de mobiliers taillés, faites à l'occasion des travaux de construction de la voie ferrée dont le tracé emprunte la vallée du Grand Buëch.

Les fouilles des grottes et abris ont révélé la présence de mobiliers épipaléolithiques et néolithiques dans toute la zone, par exemple sous l’abri des Corréardes à Lus-la-Croix-Haute, dans la grotte des Ours à Aspres-sur-Buëch et dans la grotte de la Tyrolienne à Agnielles-en-Beauchêne. Des lames polies provenant de Saint-Julien ont été versées aux collections de l’Institut de Paléontologie Humaine du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.

Beaucoup plus près de nous, l'époque romaine n'a guère laissé de traces. Les voies romaines alpines passaient en effet un peu à l'est du Bochaine par le col Bayard (voire le col du Festre) ou à l'ouest par le col de Cabre.

À la fin du haut Moyen Âge le Bochaine fait partie du Saint Empire Romain Germanique, cette appartenance est cependant contestée par les comtes de Provence, à l'évidence plus proches géographiquement. L'empereur se débarrasse du problème et confie l'ensemble de cette zone (y compris une partie de la ville de Gap même, tandis que l'autre reste au comte de Provence) à l'évêque de Gap, qui, situation tout à fait originale, cumule pour la région la totalité des pouvoirs religieux et civils. Il exerce ces pouvoirs sans pratiquement de contestation après avoir fait la nécessaire allégeance à

Le site de La Rochette.jpg

l'empereur. Ces pouvoirs et cette allégeance seront régulièrement renouvelés et notamment par Frédéric Barberousse à Gap en 1184. Les évêques de Gap apparaissent ainsi dans les chartes en tant que "évêque et comte de Gap".

C'est dans ce contexte politique qu'il convient de replacer l'histoire "récente"de Saint-Julien-en-Beauchêne. Cette histoire est intimement liée à celle de la Chartreuse établie dès le début du XIIe siècle au hameau de Durbon, à 6 km au nord-est du bourg de Saint-Julien dans le vallon du torrent Bouriane qui recueille les eaux du cirque montagneux environnant, et dans le territoire donc de la paroisse de Saint-Julien.

La Chartreuse de Durbon est richement dotée en 1116 par l'évêque de Gap et quelques seigneurs locaux, dans la partie nord du territoire controlé par l'évêque et formant une sorte de marge à son évêché. Elle rivalise un temps avec l’ordre des Templiers (indépendant, donc, de la structure épiscopale puisque directement relié au Pape) qui a établi une Maison du Temple dans le village voisin de Lus-la-Croix-Haute. Mais elle prend le pas sur lui au XIVe siècle.

Le "cartulaire vert" de Durbon, dont une transcription manuscrite extrêmement bien lisible est conservée par les archives départementales à Gap, permet de retracer l’histoire et le développement de la Chartreuse, et donc du village, dans cette première période. Plus de 300 chartes y sont reprises, notamment celles par lesquelles les seigneurs locaux, seigneur de Beldisnar, seigneur de Vaunières, seigneur de Monthamat, seigneur de la Rochette, (quatre hameaux de Saint-Julien) cèdent des terres dans les secteurs de Bouriane, Cheylard, Durbonas...

La Chartreuse de Durbon acquiert, essentiellement par des donations, accessoirement par des achats, un patrimoine foncier considérable dans le Bochaine immédiat, mais également dans le Dévoluy, le Trièves et le Diois, et beaucoup plus loin même, puisqu'elle possède une saline à ...Hyères dans la Var actuel. Elle développe par ailleurs des activités économiques significatives dans les domaines agricoles (élevage et exploitation forestière), mais aussi industriels (mines et métallurgie), dont Durbon est l'épicentre.

La révolution met fin à la domination du monastère. Les biens de la Chartreuse sont confisqués, puis dispersés ou vendus. On notera, à ce sujet, les cessions enregistrées à Serres en prairial et messidor de l’an 4 (juin 1796) et portant sur plusieurs «domaines et montagnes à St Julien», ventes de l’administration centrale du département des Hautes Alpes à des habitants de Gap. On a très peu de traces, en revanche, des 1200 ouvrages qui constituaient la bibliothèque des chartreux au moment de la révolution.

En 1794, le village change de nom pour prendre celui de "Durbon sur Buëch", cela ne dure guère, deux années plus tard il reprend le nom de Saint Julien. On peut penser que certains ont réalisé que le nom de Durbon n'était pas moins laïc que celui de Saint Julien, en ce qu'il renvoyait à la chartreuse et à sa devise éponyme, "dura bonis sed utilis" (littéralement: "renforce le bien, mais l'utile", implicitement: "sois bon mais sois efficace").

La disparition de la chartreuse entraine une récession économique et en conséquence, démographique. La population de la commune passe ainsi de 800 habitants au moment de la révolution à 500 en 1870. Une courte période de reprise intervient. Elle correspond à la construction de la voie ferrée et aux importants chantiers de génie civil qui en découlent. Ce nouveau grand axe de communication fait de Saint-Julien une étape appréciée dans le franchissement des Alpes occidentales. Une activité de production, de stockage et d’expédition par fer, de glace naturelle à partir des eaux gelées du Buëch se développe en amont du bourg. Elle se perpétuera jusque dans les années 1930 et assurera, pendant les périodes hivernales, un complément de revenu au village.

L’exode rural se poursuit, les activités pastorales déclinent régulièrement, en revanche les activités industrielles de découpe du bois issu de l’important massif forestier environnant se maintiennent encore au milieu du XXe siècle dans plusieurs scieries réparties le long du cours de la rivière. Les activités agricoles -essentiellement pastorales- se perpétuent encore aujourd'hui, pour la plupart dans les hameaux. Une certaine activité touristique et agro-touristique s'est installée autour du thème de la randonnée notamment.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Jean-Claude Gast DVG  
mars 2014 en cours Jean-Claude Vallier[1] SE Retraité Fonction publique
vignette

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 125 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
750 809 790 743 738 712 700 746 678
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
587 600 590 503 594 532 564 511 452
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
440 434 400 320 294 281 284 272 233
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2008 2009
181 139 101 114 120 108 120 124 126
2013 - - - - - - - -
125 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

A 6 km à l'est du bourg, par une route qui s'élève jusqu'au hameau de Durbon à 1150m d'altitude, on trouve l'emplacement de la chartreuse. Des vastes bâtiments (notamment la chapelle) qui composaient le monastère de Durbon, quelques ruines sont encore visibles aujourd'hui. Elles permettent de visualiser l'importance de cette communauté qui a dominé l'économie de la région jusqu'au XVIIIe siècle. La maison principale du monastère est toujours en place, elle a toutefois souffert de sa transformation en exploitation agricole après la révolution.

Garnesier domine le bourg.JPG

On peut admirer, dans l'église du village, deux tableaux qui appartenaient à cette chartreuse du temps de sa puissance, et appartiennent désormais à la commune. Il s'agit d'une part d'une assomption de Philippe de Champaigne de 1671 et, d'autre part, d'une sainte famille de Francesco Trevisani peinte vers 1700.

Les ruines de la haute tour qui aidait à la défense et permettait de contrôler l’accès sud de la vallée du Grand Buëch et du village, au lieu-dit « La Rochette » donnent aujourd’hui encore une bonne idée de sa fonction et de ses dimensions. Cette tour, dite « des sarrasins », domine la forteresse naturelle formée par la barre rocheuse qui ferme presque complètement la vallée du Buëch à cet endroit là. Le vocable "sarrasins" à propos de cette tour relève de la légende. La présence des sarrasins dans la région est certes avérée, à Gap et Montmaur notamment, elle ne l'est en revanche pas dans le Bochaine. Cette défense visait plus probablement les barbares de l'est. L'importance du site de La Rochette est confirmée par l'existence dès le XIIe siècle d'une église (dont on ignore l'emplacement exact, et qui dépendait de l'Abbaye Saint-Géraud d'Aurillac - cf la bulle du Pape Innocent III du 10 mai 1198, qui cite La Rochette en Bochaine) et d'un château - siège du seigneur de La Rochette - dont il reste cette tour.

Les chapelles des hameaux de Vaunières (6 km au nord-ouest du bourg )et de Baumugnes (5 km au Sud-est du bourg) construites au XVIIe siècle, ont été très bien conservées et restaurées, leur charme et leur simplicité sont intacts.

La plupart des maisons du village sont construites selon des principes classiques de l'architecture rurale alpine. Dans le bourg elles sont serrées les unes contre les autres, formant des groupes séparés par quelques andrones. Sans cave, le premier niveau des maisons est composé d'une suite d'espaces avec voute en arc-de-cloitre qui étaient réservés aux animaux, le deuxième niveau, auquel on accède par un grand escalier extérieur en pierre est souvent structuré avec ce même type de pièces voutées qui ont, pour certaines, conservé des éléments de mobiliers adaptés à cette forme particulière. L'exemple le plus intéressant de ces constructions est à voir au hameau de Vaunières avec l'imposante maison des Imbert, typique de cette architecture. C'est à l'occasion de travaux sur une autre de ces maisons du même hameau, qu'a été découvert en 1970 un trésor composé d'un lot de pièces d'or anciennes et scellé dans un des murs. La partie revenant au propriétaire du produit de la vente de ces pièces a été utilisé pour financer la restauration de nombreux bâtiments du hameau.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jean Giono fut un résident régulier de St-Julien-en-Beauchêne. Il séjournait en général à l'hôtel des Alpins à l'entrée nord du village. C'est toutefois un des hameaux du village, et non le bourg lui-même, que Giono a immortalisé dans son roman Un de Baumugnes. Baumugne(s), havre de paix, est le vrai héros de cette histoire qu'il situe à la fin du XIXe siècle.

Le peintre Paul Signac fréquenta également le village. On citera son tableau "St Julien en Beauchêne" peint en 1916, ainsi que plusieurs aquarelles représentant le bourg du village.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Cartulaire de Durbon (1116-1216). Transcription manuscrite du XIXe - Archives départementales des Hautes Alpes.

J. Giono, Un de Baumugnes, éditions Grasset 1929.

M. Charronnet, Monastères de Durbon et Berthaud, éditions Alph. Merle Grenoble.

Nuage sur Garnesier.JPG

J. Roman, Histoire de la ville de Gap 1892, éditions JC Richaud.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Liste des maires du département des Hautes-Alpes », sur le site de la préfecture des Hautes-Alpes,‎ (consulté le 20 mars 2015).
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2008, 2009, 2013.