Armand Meffre

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Armand Meffre est un acteur français né à Maubec (Vaucluse) le 16 mars 1929 et mort à Auxerre (Yonne) le 22 janvier 2009. Il est le mari de la réalisatrice Pomme Meffre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Armand Meffre passe son enfance dans la ferme de ses parents entre Robion et Maubec dans le Vaucluse. Il a fait toute sa scolarité à Robion et quitte l’école en 1941, après avoir obtenu son certificat d’études. Il aide alors ses parents à la culture de la vigne, de la pomme et des asperges. Parallèlement, il se consacre à la peinture et reçoit l’enseignement de Justin Grégoire, instituteur, peintre et graphiste, qui lui présente André Lhote. Ce dernier, après avoir vu son travail pictural, l’invite dans son académie parisienne de la rue d’Odessa, ce qu’il fera quand il s’installera plus tard dans la capitale. Il s’initie aussi au métier de comédien dans une troupe amateur. En 1956, Jean-Marie Boeglin, l’un des créateurs du Théâtre de la Cité à Villeurbanne, le remarque sur une scène de village et le recommande à Roger Planchon. Armand Meffre quitte alors la ferme familiale.

Comédien et auteur[modifier | modifier le code]

Avec Roger Planchon débute une collaboration qui durera quatre années. Armand Meffre jouera Molière, Bertolt Brecht, Michel Vinaver et créera le rôle de Paolo Paoli d’Arthur Adamov. En 1960, après avoir vécu à Lyon, il s’installe à Paris avec Pomme, qu’il a épousée en 1958. Sa carrière théâtrale s’étoffe sous la direction de Jean Deschamps, Jean Anouilh, Jean-Marie Serreau, Jacques Rosner, Roger Blin notamment, et plus tard Jean-Pierre Vincent, Jean-Louis Barrault, Stephan Meldegg, Lucian Pintilie, Klaus Michael Grüber et Olivier Py.

En 1977, débute sa carrière d’auteur. Après avoir publié des nouvelles dans L’Humanité Dimanche, lues par Jacques Pradel sur France Inter, il écrit Le Brise-lames, mis en scène par Jacques Echantillon. La pièce raconte la vie des pêcheurs de la communauté italienne de Sète. Le thème donnera également naissance à plusieurs peintures. En 1993, dans Anna Magnani, le temps d’une messe, mis en scène par Gérard Gelas, il imagine l’actrice, interprétée par Bernadette Rollin, se remémorant sa vie le jour de ses funérailles. Créée à Paris, la pièce sera jouée aussi à Rome et Moscou. Depuis 2012, elle fait partie du répertoire du théâtre Musk, à Tcheliabinsk, en Russie

Il est l'auteur de Ceux qui ne dansent pas sont priés d'évacuer la piste, publié chez Actes Sud, (1989), prix du premier roman aux journées du livre de Sablet. Félicien Teston, jeune ouvrier agricole que son statut de bâtard isole dans le monde paysan découvre un milieu d'émancipation et de légèreté à travers sa relation avec une jeune femme de la bourgeoisie marseillaise. La guerre de 1914 mettra fin à tous ses espoirs.

Acteur et scénariste[modifier | modifier le code]

Il est de 1970 à 1974 à la télévision, Pastouré dans la série populaire Maurin des Maures réalisé par Claude Dagues. Il tournera de 1961 à 1998 dans plus de cinquante téléfilms sous la direction de Marcel Bluwal (Vidocq, La Solitude de la pitié), Jean-Christophe Averty (Ubu roi), Gilles Grangier (Quentin Durward), Gérard Vergez (Dans un grand vent de fleurs), Claude Santelli (La Comète).

En 1976, après avoir joué un agriculteur de Cassenargues dans Les Lavandes et le réséda, réalisé par Jean Prat, il coécrit avec le cinéaste deux autres épisodes : Les lavandes et la liberté et Bataille pour les lavandes. En 1979, il adapte La fin du marquisat d’Aurel, un roman d’Henry de la Madelène. Cette série de quatre épisodes, réalisé par Guy Lessertisseur a pour personnage central Palamède d’Aurel (Pierre Vaneck), aristocrate du Haut-Vaucluse, pris dans la tourmente révolutionnaire de 1789. Armand Meffre y est Lopis, le fermier du gentilhomme devenu maire de la commune. Cette reconstitution, saluée à l’époque par toute la presse francophone (voir critiques ci-dessous), fait aujourd’hui référence sur cette période de notre histoire au point que l'INA l'a intégré dans son collection "Histoire".[réf. nécessaire] En 1983, il signe le scénario original et les dialogues du Pigeonnier, réalisé par Guy Jorré, avec Jacques Dufihlo. Ce « polar rural » expose la confrontation de deux mondes, celui des paysans et celui des citadins venus chercher le soleil du midi.

Le Marquisat d'Aurel dans la presse de l'époque[modifier | modifier le code]

  • « Grâce à Armand Meffre et Guy Lessertisseur, le souffle de la Révolution est passé une deuxième fois sur les vieilles pierres du village d'Aurel »", Télé 7 jours, 26/4/1980
  • « Armand Meffre a entrepris une reconstitution historique de la Révolution jusqu'à la Restauration », Le Quotidien de Paris, 20/4/1980
  • « Révolution au pays bleu », Sud-Ouest, 24/4/1980
  • « Armand Meffre, passionné de l'histoire de son pays a écrit les dialogues et s'est fait interprète de cette chronique savoureuse et grave qui en quatre épisodes fait écho à la Grande Histoire », Télérama, 26/4/1980
  • « Le Marquisat d'Aurel : la révolution dans les champs de lavande », La Tribune de Genève, 2/5/1980
  • « Armand Meffre, à partir d'un roman d'Henry de la Madelène, illustre bien la situation de certaines campagnes dans les époques troublées qui suivirent la révolution », Le Soir, 2/5/80

Au cinéma, il est Philoxène dans Jean de Florette et Manon des Sources (1986) réalisés par Claude Berri. Il a également tourné sous la direction d'Alain Cavalier, André Cayatte, René Allio, Henri Colpi, Gilles Béhat et Pomme Meffre, son épouse, dans Le Grain de sable avec Delphine Seyrig (1982).

Le provençal et l'italien[modifier | modifier le code]

Du provençal, la langue qu'il a entendue et parlée dans son enfance, il fera la matière d'une adaptation de Georges Dandin de Molière. Jordi Dandin, mis en scène par le Théâtre de la Carriera, sera jouée en 1986. Il prêtera également sa voix à une compilation discographique (disponible sur iTunes) des plus beaux poèmes de Frédéric Mistral parus dans la collection Trésors d'Occitanie (2000).

Sa passion et sa connaissance de l'italien le poussent à traduire et à adapter pour la radio Le Merle de Sylvestre de Renato Fucini (ORTF, 1959) puis Anonyme vénitien de Giuseppe Berto (France-Culture, 1974, la pièce sera jouée au Petit Odéon, en 1975 avec Bernadette Rollin et Pierre Santini)). Il adapte avec Simone de Vergennes, traductrice des romans d'Alberto Moravia en France, le roman de Giovanni Verga : Mastro don Gesualdo, pour France-Culture (21 épisodes, 1982).

La peinture[modifier | modifier le code]

Formé à l'école d'André Lhote, il cherchera toujours à travers cet enseignement les chemins d'une liberté picturale propre, essentiellement à travers ses aquarelles.[interprétation personnelle] Il consacrera également toute son énergie créatrice à restituer sa passion[non neutre] pour Sète, qu'il a découverte en participant à plusieurs reprises au festival de la ville. Il peint une série de toiles de toute taille, naviguant entre figuratif et abstraction.[réf. nécessaire] En 2005, le conseil général de l'Yonne lui consacrera une rétrospective, plus d'une centaine d’œuvres seront exposées aux Anciens abattoirs d'Avallon. Le conseil général de l'Yonne participera également à l'élaboration d'un livre "Soixante ans de peinture" édité en 2010 par les éditions Berg international. En 2014, Le Grand Hall Bérégovoy du bâtiment Colbert du Ministère des Finances à Paris (Bercy) a accueilli sous l'égide de son association culturelle "Place des Arts" une exposition de ses œuvres.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]