Défense de la France

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Défense de la France est le nom donné à un mouvement de la Résistance français pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a fondé et donné son nom au plus grand journal clandestin sous l'occupation : Défense de la France, qui devient ensuite France-Soir, dont le premier numéro paraît le 7 novembre 1944 avec un double titre, France-Soir - Défense de la France.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine développé essentiellement en zone Nord, le mouvement Défense de la France se distingue ensuite par une activité centrée sur la diffusion d'un journal clandestin du même nom, créé en par un groupe d'étudiants parisiens. Ce dernier était réuni autour de Philippe Viannay, fondateur et principal dirigeant, assisté de son épouse Hélène Viannay, ainsi que de Robert Salmon, Jacques Lusseyran, Jean-Daniel Jurgensen ou encore Charlotte Nadel. Parmi les imprimeurs de ce journal clandestin, figurait Pierre Virol, arrêté en 1944, mort en déportation au kommando d'Ellrich le 23 janvier 1944, et son gendre Robert, mort le 27 décembre 1944 dans le même kommando. A la Libération, à partir du 11 août, il est imprimé à Rennes, aux presses du journal régional Ouest-France,se présentant comme "quotidien du soir du Mouvement de la Libération nationale".

Le journal continuera une longue carrière après la guerre sous le titre France-Soir. À sa création en [1] par Robert Salmon et Philippe Viannay, France Soir est assimilé, jusque dans son titre, au journal de résistance Défense de la France créée en 1941 par les mêmes Robert Salmon et Philippe Viannay[2], dont les premiers numéros étaient imprimés sur une machine offset Rotaprint[3], cachée dans les caves de la Sorbonne, avec en exergue cette phrase de Pascal : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger ».

Relayé par les réseaux Combat et Témoignage chrétien, à Grenoble, Clermont-Ferrand, Lyon et en Bretagne, Défense de la France devient le plus fort tirage de la presse clandestine, un peu avant la Libération avec 450 000 exemplaires par jour dès janvier 1944[3]. En mars 1944, après de multiples déménagements, il est hébergé dans un bâtiment industriel sur trois niveaux, rue Jean-Dolent, derrière la prison de la Santé, dans le XIVe arrondissement, avec une machine "double jésus" de six tonnes, la « Grosse Margot », une linotype, un massicot, et une réserve de papier, d’essence, de vivres, d’eau et de deux tonnes de charbon de bois pour la clicherie.

Le premier numéro de France-Soir paraît le 7 novembre 1944 avec un double titre, France-Soir - Défense de la France. Philippe Viannay, ancien chef des maquis FFI de Seine-et-Oise[4], fonde aussi en 1945 avec Jacques Richet le Centre de formation internationale avant de le transformer l’année suivante en Centre de formation des journalistes (CFJ). Mais en 1947, il perd le contrôle de France-Soir[5].

La nièce de Charles de Gaulle, Geneviève, connue plus tard sous le nom de Geneviève de Gaulle-Anthonioz a rejoint en 1943 le noyau fondateur du mouvement. Elle fut arrêtée ainsi que 68 autres membres du mouvement dans une souricière du 68 rue Bonaparte, à la librairie Au Vœu de Louis XIII, dans le VIe arrondissement de Paris. Un des membres très actif du mouvement, Jacques Lusseyran, relate dans le livre Et la lumière fut l'activité de Défense de la France, l'extension du mouvement, l'arrestation, Buchenwald.

Le journal dénonce les attentats et les actions armées jusqu'en 1942. Il apporte d'abord son soutien au général Henri Giraud avant de se rallier à de Gaulle en . Non représenté au Conseil national de la Résistance (CNR), Défense de la France adhère à la fin de 1943 au Mouvement de libération nationale

Personnalités du mouvement[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Article sur France Soir sur le site web encyclopédique universalis.fr
  2. (fr) Julien Mielcarek, «France-Soir célèbre son 20 000e numéro » sur Ozap.com,
  3. a et b http://www.francesoir.fr/societe/2009/01/07/20-000e-numero-france-soir-est-issu-d-un-journal-clandestin-sous-l-occupation.html
  4. http://amicale.jmbuckmaster.free.fr/DOSSIERPRESSECLANDESTINE/texte/Biographie.htm
  5. http://www.biographie.tv/Philippe-Viannay.htm

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les ouvrages marqués du symbole Document utilisé pour la rédaction de l’article ont servi de source à cet article.

  • Cécile Vast et François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la résistance, Paris, Robert Laffont,‎ 2006, « Défense de la France », p. 119 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marie Granet, Défense de la France, Histoire d'un mouvement de Résistance (1940-44), Paris, PUF,‎ 1960
  • Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la Résistance. Défense de la France, 1940-49, Paris, Seuil,‎ 1995
  • Jacques Lusseyran, Et la lumière fut, Chatou, Les Trois Arches,‎ 1987 (ISBN 2-9049-9117-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]