Défense de la France

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Le mouvement Défense de la France est une organisation française de résistance à l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale ; son journal clandestin, Défense de la France, est à l'origine de France-Soir.

En janvier 1944, Défense de la France entre dans le Mouvement de libération nationale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un des membres du mouvement, Jacques Lusseyran, a évoqué son histoire dans le livre Et la lumière fut.

Le mouvement[modifier | modifier le code]

À l'origine actif essentiellement en zone Nord, le mouvement Défense de la France se caractérise par une activité centrée sur la diffusion de son journal clandestin, créé en juillet 1941 par un groupe d'étudiants parisiens, réunis autour de Philippe Viannay, fondateur et principal dirigeant, de son épouse Hélène Viannay, ainsi que de Robert Salmon, Jacques Lusseyran, Jean-Daniel Jurgensen ou Charlotte Nadel.

La nièce de Charles de Gaulle, Geneviève (Geneviève de Gaulle-Anthonioz) rejoint en 1943 le noyau fondateur du mouvement. Elle est arrêtée ainsi que 68 autres membres du mouvement dans une souricière au 68 rue Bonaparte, à la librairie Au Vœu de Louis XIII (dans le VIe arrondissement de Paris).

Le journal dénonce les attentats et les actions armées jusqu'en 1942. Il apporte d'abord son soutien au général Giraud, avant de se rallier à de Gaulle en juin 1943. Non représenté au Conseil national de la Résistance (CNR), Défense de la France adhère à la fin de 1943 au Mouvement de libération nationale.

Le journal[modifier | modifier le code]

Page recto du journal Défense de la France du 15 décembre 1943

Quelques étudiants parisiens décident de fonder un journal clandestin pour dénoncer l’occupation de la France. Bénéficiant de l’appui d’industriels et d’imprimeurs, les jeunes résistants parviennent à réaliser un journal de plus en plus professionnel qui obtient le tirage le plus élevé de la presse clandestine en janvier 1944.

Les premiers numéros sont imprimés sur une machine offset Rotaprint[1], cachée dans les caves de la Sorbonne, avec en exergue cette phrase de Blaise Pascal : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger ».

D’abord centré sur l’action non violente, le mouvement s’engage dans l’action armée en 1944. Malgré les coups portés par les polices allemande et française, Défense de la France parvient à imprimer son journal et ceux d’autres mouvements jusqu’à la Libération[2].

Parmi les imprimeurs, on trouve Pierre Virol (arrêté en 1944, mort en déportation au kommando d'Ellrich le 23 janvier 1944) et son gendre Robert (mort le 27 décembre 1944 dans le même kommando). A la Libération, à partir du 11 août, il est imprimé à Rennes, sur les presses du journal Ouest-France, se présentant comme "quotidien du soir du Mouvement de la Libération nationale".


Relayé par les réseaux Combat et Témoignage chrétien, à Grenoble, Clermont-Ferrand, Lyon et en Bretagne, Défense de la France devient le plus fort tirage de la presse clandestine, avec 450 000 exemplaires par jour dès janvier 1944[1].

En mars 1944, après de multiples déménagements, il est hébergé dans un bâtiment industriel sur trois niveaux, rue Jean-Dolent, derrière la prison de la Santé, dans le XIVe arrondissement, avec une machine "double jésus" de six tonnes, la « Grosse Margot », une linotype, un massicot, et une réserve de papier, d’essence, de vivres, d’eau et de deux tonnes de charbon de bois pour la clicherie.

France-Soir

Le journal poursuit une longue carrière après la guerre sous le titre France-Soir. À sa création en novembre 1944[3] par Robert Salmon et Philippe Viannay, France Soir est assimilé, jusque dans son titre, au journal de créé en 1941 par eux[4].

Le premier numéro de France-Soir paraît le 7 novembre 1944 avec un double titre, France-Soir - Défense de la France. Philippe Viannay, ancien chef des maquis FFI de Seine-et-Oise[5], fonde aussi en 1945 avec Jacques Richet le Centre de formation internationale avant de le transformer l’année suivante en Centre de formation des journalistes (CFJ). Mais en 1947, il perd le contrôle de France-Soir[6].

Personnalités du mouvement[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignages
Notices
Ouvrages historiques
  • Cécile Vast et François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la résistance, Paris, Robert Laffont,‎ 2006, « Défense de la France », p. 119 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marie Granet, Défense de la France, Histoire d'un mouvement de Résistance (1940-44), Paris, PUF,‎ 1960
  • Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la Résistance. Défense de la France, 1940-49, Paris, Seuil,‎ 1995

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]