Introduction à la psychanalyse

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Introduction à la psychanalyse
Auteur Sigmund Freud
Genre Psychanalyse
Version originale
Titre original 'Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse'
Langue originale Allemand
Pays d'origine Autriche
Lieu de parution original Vienne
Date de parution originale 1917
Version française
Traducteur S. Jankélévitch (Première traduction)
Lieu de parution Paris
Date de parution 1921

Introduction à la psychanalyse (Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse) est un ouvrage qui reproduit des cours donnés par Freud de 1915 à 1917, « devant un auditoire composé de médecins et de profanes des deux sexes »[A 1] et publié en 1917. Il est destiné à exposer de manière accessible aux non-spécialistes, certains principes et objets constitutifs de la psychanalyse, tels ceux d'inconscient, de libido, de rêve, d'actes manqués et de névrose.

Ouvrage populaire dès sa publication, il sera traduit en seize langues du vivant de Freud[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

L'introduction à la psychanalyse comprend une introduction qui tient lieu de présentation générale de la psychanalyse et est organisé en trois ensembles de conférences :

  • Les quatre premières traitent des actes manqués
  • Les onze suivantes concernent le rêve
  • Les treize dernières exposent une « Théorie générale des névroses »

Introduction[modifier | modifier le code]

L'introduction de l'ouvrage est l'occasion d'une présentation générale à un public — essentiellement des médecins — que Freud considère comme néophyte. Ainsi Freud y insiste-t-il sur les différences entre la psychanalyse et la médecine et soulève les difficultés inhérentes à la psychanalyse.

La première de ces difficultés est épistémologique et liée à « l'enseignement même de la psychanalyse »[A 2] : la médecine est du domaine du visible, utilisant l'expérimentation et la dissection, ou encore, en psychiatrie, la présentation de malades. Tandis que la psychanalyse « ne comporte qu’un échange de paroles entre l’analysé et le médecin »[A 3] qui n'est pas du domaine du « palpable ». Freud remarque pourtant l'importance du langage dans la vie des êtres humains : « Les mots provoquent des émotions et constituent pour les hommes le moyen général de s’influencer réciproquement »[A 4] que ce soit dans une relation affective ou hiérarchique. Mais il souligne que même à cet échange de parole, il n'est pas possible d'assister, car il repose sur un rapport particulier vis-à-vis de l'analyste et sur « ce qu’il y à de plus intime dans la vie psychique »[A 5]. Dès lors, Freud propose comme moyen d'accès préalable à la psychanalyse d'observer son corps et sa personnalité, le mieux étant évidemment de commencer une analyse avec un « psychanalyste compétent »[A 6].

Une seconde difficulté que soulève Freud, tient à la formation médicale reçue par son auditoire : c’est de concevoir les troubles sous formes de causes anatomiques, physiologiques et organiques tandis que la psychanalyse est étrangère à ses causalités, étant du domaine purement psychologique[B 1]. Freud prend ainsi soin de se distinguer de la philosophie spéculative, de la psychologie descriptive et de la psychologie expérimentale et même de la psychiatrie, incapables d'« offrir le moyen de comprendre un trouble psychique quelconque »[A 7].

La troisième difficulté réside dans le fait que les processus psychiques sont principalement inconscients, à rebours de l'idée communément admise avant lui qui identifie le psychique et le conscient, Freud affirme que le psychique « se compose de processus faisant partie des domaines du sentiment, de la pensée et de la volonté [...] il y a une pensée inconsciente et une volonté inconsciente »[A 8]. Il n'est pas sans noter qu'en cela elle « s’aliène d’avance la sympathie de tous les amis d’une froide science et s’attire le soupçon de n’être qu’une science ésotérique et fantastique qui voudrait bâtir dans les ténèbres et pêcher dans l’eau trouble »[A 9].

La quatrième et dernière difficulté tient au fait de l'importance de la sexualité pour le psychisme et l'humain : « des impulsions qu'on peut qualifier seulement de sexuelles, au sens restreint ou large du mot, jouent, en tant que causes déterminantes des maladies nerveuses et psychiques, un rôle extraordinairement important et qui n'a pas été jusqu'à présent estimé à sa valeur. Plus que cela : elle affirme que ces mêmes émotions sexuelles prennent une part non négligeable aux créations de l'esprit humain dans les domaines de la culture, de l'art et de la vie sociale »[A 10]. Selon Freud, il s'agit là également d'une cause des résistances vis-à-vis de la psychanalyse et notamment parce que la vie en société exige le refoulement et la sublimation des pulsions sexuelles et que la psychanalyse vient ainsi heurter des principes éducatifs et des sentiments moraux par ses découvertes.

Les actes manqués[modifier | modifier le code]

Cette partie reprend sous une forme synthétique les thèses exposées dans Psychopathologie de la vie quotidienne. Freud donne le nom générique d'actes manqués au lapsus c'est-à-dire lorsque quelqu'un dit ou écrit autre chose que ce qu'il voulait dire, à l'oubli (oubli momentané d'un nom ou d'un rendez-vous), aux pertes d'objets ou des erreurs (sur des choses que nous connaissons parfaitement). Il les nomme également des accidents. Freud reconnaît que la fatigue ou les nerfs peuvent jouer (les facteurs psycho-physiologiques (p. 56) mais il est des situations de pleine capacité de nos moyens où les lapsus se produisent tout de même. Et il est des situations, où par exemple l'erreur de langage, l’acte manqués sont plus qu'un accident pour le psychanalyste. Ce sont des actes qui sont des processus psychique qui font sens et Freud précise : « Pour nous, ce « sens » n’est autre chose que l’intention qu’il sert et la place qu’il occupe dans la série psychique. Nous pourrions même, dans la plupart de nos recherches, remplacer le mot « sens » par les mots « intention » ou « tendance » » (p. 50). Et si l’on peut objecter que les lapsus sont affaires de ressemblance sonore avec le mot que l’on voulait dire, Freud souligne qu'il arrive parfois quelqu'un dise le contraire de ce qu'il voulait dire. Freud souligne qu'il en est de même pour tous les types d'actes manqués : « Les actes manqués ont un sens et indiquent les moyens de dégager ce d'après les circonstances qui accompagnent l’acte. » (p. 66)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Ouvrages de référence[modifier | modifier le code]

  • Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse, Paris, Payot,‎ 1921
  1. « On vous a habitués à assigner aux fonctions de l’organisme et à leurs troubles des causes anatomiques, à les expliquer en vous plaçant du point de vue de la chimie et de la physique, à les concevoir du point de vue biologique, mais jamais votre intérêt n’a été orienté vers la vie psychique dans laquelle culmine cependant le fonctionnement de notre organisme si admirablement compliqué. C’est pourquoi vous êtes restés étrangers à la manière de penser psychologique et c’est pourquoi aussi vous avez pris l’habitude de considérer celle-ci avec méfiance, de lui refuser tout caractère scientifique et de l’abandonner aux profanes, poètes, philosophes de la nature et mystiques. » p. 30
  1. p.9
  2. p. 27
  3. p. 27
  4. p. 28
  5. p. 28
  6. p. 27
  7. p. 31
  8. p. 32
  9. p. 32
  10. p. 33

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de psychanalyse, Paris, Fayard,‎ 2011, p. 273

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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