Jean Guéhenno

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'écrivain. Pour la commune ou le diplomate, voir Guéhenno et Jean-Marie Guéhenno.

Jean Guéhenno, selon l'état civil Marcel-Jules-Marie Guéhenno, né le 25 mars 1890 à Fougères (Ille-et-Vilaine) et mort le 22 septembre 1978 à Paris, est un écrivain et critique littéraire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Guéhenno a raconté son enfance pauvre dans son livre Changer la vie : fils d’un cordonnier d'une petite ville industrielle de Bretagne, il est contraint d’abandonner l’école à quatorze ans pour s’engager comme employé dans une usine de galoches, mais continue à étudier seul, après ses journées de travail. Il réussit à obtenir le baccalauréat.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale comme officier d’infanterie, Jean Guéhenno réussit ensuite le concours d’entrée à l’École normale supérieure et est reçu en 1920[1] à l’agrégation de Lettres. Il est nommé professeur de khâgne au Lycée Lakanal, et par la suite aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand. Il achève sa carrière dans l’Éducation nationale comme inspecteur général.

Jean Guéhenno se consacre par ailleurs à la critique littéraire, notamment à une étude approfondie de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, à qui il consacre les livres suivants : Jean-Jacques en marge des Confessions (1948), Jean-Jacques, roman et vérité (1950), Jean-Jacques, grandeur et misère d’un esprit (1952) et Jean-Jacques, histoire d’une conscience (1962). Il est l'auteur de nombreux autres ouvrages, dans lesquels il proposait un humanisme original, notamment L’Évangile éternel (1927), Caliban parle (1928) et La Foi difficile (1957) et Caliban et Prospero (1969).

C’est à cet humanisme que ressortit l’engagement politique de Jean Guéhenno entre les deux guerres. En 1927, il signe avec Alain, Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine, notamment, la pétition contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre, loi qui abroge, selon les signataires, toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion[2]. Cette pétition paraît dans le numéro du 15 avril 1927 de la revue Europe dont il deviendra le directeur de 1929. Il assurera cette fonction jusqu'en mai 1936. En 1935, il fonde l’hebdomadaire Vendredi.

Il participe en 1930 au troisième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands. Son engagement devait tout naturellement le conduire à rejoindre la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Il poursuivit clandestinement son activité littéraire pendant l'Occupation, sous le pseudonyme de Cévennes.

Il collabore au Figaro à partir de 1945.

Une partie de son œuvre est autobiographique : Journal d'un homme de 40 ans (1934), Journal des années noires, 1940-1944 (1947), Carnets du vieil écrivain (1971).

Paris, 35-37 rue Pierre Nicole. Plaque au domicile de Jean Guéhenno.

Jean Guéhenno fut élu à l’Académie française le 25 janvier 1962, par 15 voix au fauteuil d’Émile Henriot. Il fut reçu le 6 décembre 1962 par Jacques Chastenet (c’était la première cérémonie de réception à se tenir dans l’Académie rénovée), suscitant cet hommage de François Mauriac dans son Bloc-notes : « Quelque mal que vous pensiez de l’Académie, dans une vie exemplaire comme celle de Guéhenno, elle apporte une consécration irremplaçable. Le petit ouvrier breton qui, par la puissance de son esprit et par sa persévérance, est devenu ce maître éminent, ce haut fonctionnaire, et surtout cet écrivain, dessine sous nos yeux une image d’Épinal où la Coupole doit apparaître dans la dernière case. »

Jean Guéhenno est mort à Paris le 22 septembre 1978.

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • 1927 : L’Évangile éternel, Étude sur Michelet (Grasset)
  • 1928 : Caliban parle (Grasset)
  • 1931 : Conversion à l’humain (Grasset)
  • 1931 : Simon Mondzain (Nouvelle Revue française)
  • 1934 : Journal d'un homme de 40 ans (Grasset)
  • 1936 : Jeunesse de la France (Grasset)
  • 1939 : Voltaire, Bernard Palissy, Renan (en collaboration) (Gallimard)
  • 1939 : Journal d’une “Révolution” 1937-1938 (Grasset)
  • 1939 : Hommage à Dabit (en collaboration) (Nouvelle Revue française)
  • 1944 : Dans la prison (sous le pseudonyme de Cévennes) (Minuit)
  • 1945 : L’Université dans la Résistance et dans la France nouvelle (Office français d’édition)
  • 1946 : La France dans le monde (La Liberté)
  • 1947 : Journal des années noires (1940-1944) (Gallimard)
  • 1948 : Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.I. 1712-1750 (Grasset)
  • 1949 : La part de la France (Le Mont-Blanc)
  • 1950 : Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.II. 1750-1758 (Grasset)
  • 1952 : Voyages : tournée américaine, tournée africaine (Gallimard)
  • 1952 : Jean-Jacques en marge des “Confessions”. T.III. 1758-1778 (Gallimard)
  • 1954 : Aventures de l’esprit (Gallimard)
  • 1954 : La France et les Noirs (Gallimard)
  • 1957 : La foi difficile (Grasset)
  • 1959 : Sur le chemin des hommes (Grasset)
  • 1961 : Changer la vie, Mon enfance et ma jeunesse (Grasset)
  • 1964 : Ce que je crois (Grasset)
  • 1968 : La mort des autres (Grasset)
  • 1969 : Caliban et Prospero (Gallimard)
  • 1971 : Carnets du vieil écrivain (Grasset)
  • 1977 : Dernières lumières, derniers plaisirs (Grasset)
Posthumes
  • Entre le passé et l'avenir, Grasset, 1978 (textes réunis par Annie Guéhenno)
  • La Jeunesse morte, Éditions Claire Paulhan, 2008 (ce roman a été écrit entre décembre 1917 et octobre 1920)

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Louis Guilloux et Jean Guéhenno, Correspondance (1927-1967), La Part Commune, 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Liste des lauréats de l'agrégation sur le site de l'INRP. La liste indique : « Guéhenno Marcel, dit Jean ».
  2. Texte de la loi sur le site Legifrance. Elle a été votée en 1938, après plus de dix ans de débats.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Niogret, La revue Europe et les romans de l'entre-deux-guerres, L'Harmattan, Paris 2004
  • Patrick Bachelier et Alain Gabriel Monot, Jean Guehenno, La Part Commune, 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]