Académie Goncourt

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L’académie Goncourt est un cénacle littéraire, fondé en 1900, suivant le désir formulé par Edmond de Goncourt (1822-1896) dans son testament olographe déposé le 7 mai 1892 chez son notaire Maître Duplan, désir auquel il associait son frère précédemment disparu, Jules de Goncourt (1830-1870), les deux frères ayant décidé dès 1862 de laisser après eux des mémoires et une académie en leur nom pour forcer les portes de la gloire. L'objet étant de décerner chaque année un prix pour « un ouvrage d'imagination en prose paru dans l'année », des indemnités substantielles devant également être allouées à chacun des membres de la société. Mais le prix Goncourt n'est pas le seul prix décerné par l'académie, qui attribue en outre chaque année les prix Goncourt de la poésie, de la nouvelle, de la biographie, du premier roman et de la jeunesse.

Historique[modifier | modifier le code]

Les frères Goncourt touchant une rente de 5 000 francs or par an (l’équivalent de 30 000 €) depuis le décès de leur mère en 1848, peuvent vivre de leur plume, contrairement à de nombreux auteurs du XIXe siècle qui sont obligés pour faire vivre leur famille de se tourner vers la « littérature de consommation » (écriture pour le théâtre de boulevard, le vaudeville ou écrire des romans-feuilletons), sous peine de vivre dans la misère comme Baudelaire, Gérard de Nerval.

En 1862, ils décident qu’après leur mort, leurs biens seront vendus (vente aux enchères notamment de leur collection de livres et d'œuvres d'art), leur capital placé et que les intérêts de cette somme serviront à leur académie Goncourt pour rémunérer dix hommes de lettres[1] 6 000 francs or par an (rente annuelle de chaque membre de l'académie) et pour décerner un prix annuel de 5000 francs or décerné lors d'un dîner de décembre[2].

L'exécution des volontés d'Edmond de Goncourt, confiée par celui-ci à Alphonse Daudet et Léon Hennique, rencontre l'hostilité de sa famille et une bataille juridique s'engage. Défendue par l'avocat Raymond Poincaré, la nouvelle société littéraire gagne finalement son procès le 1er mars 1900, année de sa première réunion avec l'effectif complet le 7 avril à Passy, au domicile de Léon Hennique[3]. La Société littéraire des Goncourt est fondée lorsque ses statuts sont établis en 1902 mais c'est le décret du 19 janvier 1903 du président du Conseil Émile Combes reconnaissant l'Académie Goncourt d'utilité publique, qui marque sa reconnaissance officielle. Le premier prix Goncourt est décerné le 21 décembre 1903[4].

La mort d'Alphonse Daudet l'empêcha de se voir attribuer un des couverts de la société, lequel fut attribué à son fils Léon Daudet, alors que Léon Hennique s'en voyait attribuer un autre.

L'académie se réunit finalement lors d'un déjeuner mensuel (le premier mardi de chaque mois sauf en août), de 1903 à 1919 dans divers restaurant de Paris, puis à partir de 1920 uniquement au restaurant Drouant, rue Gaillon[5].

Membre actuels[modifier | modifier le code]

Liste des académiciens par couvert[modifier | modifier le code]

Premier couvert[modifier | modifier le code]


1900-1942 : Léon Daudet
1942-1944 : Jean de La Varende
1944-1954 : Colette
1954-1970 : Jean Giono
1971-1977 : Bernard Clavel
1977-2004 : André Stil
2004- : Bernard Pivot

Deuxième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1907 : Joris-Karl Huysmans
1907-1910 : Jules Renard
1910-1917 : Judith Gautier
1918-1924 : Henry Céard
1924-1939 : Pol Neveux
1939-1948 : Sacha Guitry
1949-1983 : Armand Salacrou
1983- : Edmonde Charles-Roux

Troisième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1917 : Octave Mirbeau
1917-1947 : Jean Ajalbert
1947-1973 : Alexandre Arnoux
1973-1995 : Jean Cayrol
1995- : Didier Decoin

Quatrième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1940 : J.-H. Rosny aîné
1940-1942 : Pierre Champion
1943-1971 : André Billy
1971-2012 : Robert Sabatier
2013 : Paule Constant

Cinquième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1948 : J.-H. Rosny jeune
1948-1967 : Gérard Bauër
1967-1968 : Louis Aragon
1969-1983 : Armand Lanoux
1983-2008 : Daniel Boulanger
2008- : Patrick Rambaud

Sixième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1935 : Léon Hennique
1936-1950 : Léo Larguier
1951-1977 : Raymond Queneau
1977-2008 : François Nourissier
2008- : Tahar Ben Jelloun

Septième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1918 : Paul Margueritte
1919-1923 : Émile Bergerat
1924-1937 : Raoul Ponchon
1938-1948 : René Benjamin
1949-1971 : Philippe Hériat
1972-2011 : Michel Tournier
2011- : Régis Debray

Huitième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1926 : Gustave Geffroy
1926-1929 : Georges Courteline
1929-1973 : Roland Dorgelès
1973-1995 : Emmanuel Roblès
1995- : Françoise Chandernagor

Neuvième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1925 : Élémir Bourges
1926-1937 : Gaston Chérau
1937-1958 : Francis Carco
1958-1996 : Hervé Bazin
1996-2011 : Jorge Semprún
2012- : Philippe Claudel

Dixième couvert[modifier | modifier le code]


1900-1949 : Lucien Descaves
1950-1970 : Pierre Mac Orlan
1970-2011 : Françoise Mallet-Joris
2012- : Pierre Assouline

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hommes refusés par l'Académie française et qui devront se réunir au cours d'un dîner les mois de novembre, janvier, février, mars, avril et mai.
  2. Robert Kopp, « Une machine à faire lire », sur L'Alsace,‎ 4 novembre 2011
  3. Michel Caffier, L'Académie Goncourt, Presses Universitaires de France,‎ 1994, p. 19
  4. Paul Delnoy, Les libéralités et les successions : Précis de droit civil – 3e édition, De Boeck Supérieur,‎ 2009, p. 151-190
  5. Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1903 à 1921 émission de Pierre Assouline sur France Culture le 27 juillet 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]