Jean-Richard Bloch

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Jean Bloch, dit Jean-Richard Bloch, né le à Paris 8e et mort le à Paris 1er, est un écrivain, essayiste, homme politique, journaliste et poète français. Il est le fils de Richard Bloch (1852-1933) et Louise Lévy.

Signature de Jean-Richard Bloch

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une scolarité secondaire au lycée Condorcet, il suit des études d'histoire et de géographie en même temps qu'il écrit ses premiers textes, des nouvelles et un roman. Il rencontre en 1905 Marguerite Herzog[N 1], soeur d'André Maurois, qu'il épouse en 1907. Agrégé d'histoire la même année, il devient professeur au lycée de Lons-le-Saunier, puis à Poitiers à partir de la rentrée de 1908. Il se fait mettre en congé en 1909 afin de se consacrer à l'écriture. Il fonde en 1910 - sous le pseudonyme de Jean Richard - une publication intitulée L'Effort[1], qui devient L'Effort Libre deux ans plus tard, à laquelle collaborent notamment des artistes peintres comme Gaston Thiesson et Bernard Naudin[N 2].

Engagé en 1914, caporal, puis sous-lieutenant et lieutenant dans l'infanterie, il est blessé à trois reprises. Après la guerre, il collabore à La Vie Ouvrière et à L'Humanité, ainsi qu’à la revue Clarté. Socialiste depuis qu'il était étudiant, il adhère au Parti communiste français dès 1921. Il contribue, avec Romain Rolland et un comité d'écrivains, en 1923, à la création de la revue Europe dont son frère Pierre Abraham figure parmi les premiers collaborateurs[2].

Il milite en faveur de la cause antifasciste et du Front populaire. Après la crise du 6 février 1934, il adhère au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA) et à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). Il participe en août 1934 au Congrès des écrivains soviétiques à Moscou. Il participe avec Louis Aragon à la fondation du quotidien communiste Ce soir en mars 1937, dont il assure la direction à la Libération.

D’avril 1941 à janvier 1945, Jean-Richard Bloch séjourne en Union Soviétique, où il réalise des émissions à la radio de langue française[précision nécessaire]. C’est à Moscou que Bloch rédige le 25 avril 1941 des « Notes sur les Français » à l'intention d'André Marty[3] qu’Oliver Todd qualifie de « modèle de délation »[3]. Une de ces notes, conservées aux archives du Komintern[3], rapporte des propos qu'André Malraux aurait tenus au début de la guerre à l'ambassade du Chili devant un fonctionnaire d'ambassade communiste : «Il n’y a qu’une seule solution [pour les communistes] : le mur. » [3]

Jean-Richard Bloch est élu par l'Assemblée nationale pour exercer le mandat de conseiller de la République de 1946 à 1947.

Sa fille France Bloch-Sérazin, décapitée à Hambourg en 1943, fut une héroïne de la Résistance. Son autre fille, Claude, avait épousé, en 1939, le poète espagnol Arturo Serrano y Playa, officier républicain en exil.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Jean-Richard Bloch[modifier | modifier le code]

  • Le Théâtre du peuple, critique d'une utopie, 1910, essai
  • Lévy, Premier livre de contes, 1912
  • ... et Cie, 1917, roman
  • Carnaval est mort, 1920, essai
  • Sur un cargo, 1924, récit de voyage
  • La Nuit kurde, 1925, roman
  • Le Dernier Empereur, 17 novembre 1926, Théâtre de l'Odéon
  • Les Chasses de Renaut, 1927, nouvelles
  • Cacahouettes et bananes, 1929, récit de voyage
  • Destin du théâtre, 1930, essai
  • Destin du siècle, 1931, essai
  • Sybilla, 1932
  • Offrande à la politique, 1933, essai
  • Naissance d’une culture, 1936, essai
  • Espagne ! Espagne !, 1936
  • Toulon et autres pièces, 1948
    • Une perquisition à Paris en 1940
    • Naissance d'une cité
    • La Première du Mariage de Figaro
  • L'Homme du communisme, 1949, biographie de Staline
  • De la France trahie à la France en armes. Commentaires à Radio-Moscou 1941-1944, 1949

Correspondances de Jean-Richard Bloch[modifier | modifier le code]

  • Jean-Richard Bloch & Jean Paulhan, Correspondance 1926-1940, éd. établie, préfacée et annotée par Bernard Leuilliot, Editions Claire Paulhan, 2014.
  • Jean-Richard Bloch & André Spire, Correspondance 1912-1947, éd. établie, préfacée et annotée par Marie-Brunette Spire, Editions Claire Paulhan, 2011.

Sur Jean-Richard Bloch[modifier | modifier le code]

  • Europe, no 446, juin 1966 Sommaire
  • Pierre Abraham, Les trois frères, Éditeurs Français Réunis, 1971
  • Jean-Richard Bloch, Destin du Siècle, présentation et notes de Michel Trebitsch, Presses universitaires de France, 1996
  • Jean-Richard Bloch ou l'écriture et l'action, sous la direction de Annie Angremy et Michel Trebitsch, Bibliothèque nationale de France, 2002
  • Auteur de l'avant-propos de Force-Bonté, premier ouvrage de littérature francophone, publié en 1926 par Bakary Diallo. Lire Edward A. Jones. “Diallo and Senghor as Interpreters of the New French Africa” in The French Review, Vol. 21, No. 6. (May, 1948), pp. 444-449.
  • "Jean-Richard BLOCH, la vie à vif", documentaire de Marie CRISTIANI -ANEKDOTA Film-France 3 Poitou-Charentes, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marguerite Bloch (1886-1975), née Herzog, appartenait à la bourgeoisie juive d'Elbeuf : sa famille - qui avait quitté l'Alsace annexée en 1871 par les Allemands - y avait fondé une fabrique de draps. Frappée par l'armistice de juin 1940, Marguerite Bloch a écrit un journal : Sur les routes avec le peuple de France 12 juin - 29 juin 1940, édition établie et annotée par Philippe Niogret & Claire Paulhan, préface de Danielle Milhaud-Cappe, Editions Claire Paulhan, 2010.
  2. « Et c'est justement la nouvelle génération qui était le plus attaché à cette idée européenne. À Paris je trouvai rassemblé autour de mon ami Bazalgette tout un groupe de jeunes hommes qui, au contraire de la génération précédente, avaient répudié tout nationalisme étroit et tout impérialisme agressif : Jules Romains, qui écrivit plus tard, en pleine guerre, son grand poème Europe, Georges Duhamel, Charles Vildrac, Durtain, René Arcos, Jean-Richard Bloch, tous rassemblés à l'« Abbaye », puis à l'« Effort libre », étaient des pionniers passionnés d'un européanisme à venir et inébranlables, comme l'épreuve du feu le montra durant la guerre, dans leur haine de tout militarisme, - une jeunesse telle que la France en a rarement engendré de plus vaillante, de plus doué, de plus moralement résolue ». Le monde d'hier. Stefan Zweig

Références[modifier | modifier le code]

  1. Qui se présente comme une "revue de civilisation révolutionnaire"
  2. Article « Pierre Abraham » de l'Encyclopedia Universalis, rédigé parPierre Gamarra
  3. a, b, c et d Olivier Todd, André Malraux, une vie, Gallimard, 2001, p. 299 et 642-643, n. 4.

Liens externes[modifier | modifier le code]