Crime et Châtiment

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Crime et Châtiment
Auteur Fiodor Dostoïevski
Genre Roman
Version originale
Titre original Преступление и наказание
Éditeur original Ruskii Vestnik
Langue originale Russe
Pays d'origine Flag of Russia.svg Empire russe
Date de parution originale 1866
Version française
Traducteur Victor Derély (1884), D. Ergaz (1950), André Markowicz (1996)
Lieu de parution Paris
Éditeur Plon (1884), Éditions Gallimard (1950), Éditions Actes Sud (1996)
Date de parution 1950, 1996

Crime et Châtiment (Преступление и наказание) est un roman de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski publié en 1866.

Cette œuvre est une des plus connues du romancier russe et exprime les vues religieuses et existentialistes de Dostoïevski, en insistant sur le thème du salut par la souffrance. Le roman dépeint l'assassinat d’une vieille prêteuse sur gage et de sa sœur cadette par Raskolnikov, un ancien étudiant de Saint-Pétersbourg, et ses conséquences émotionnelles, mentales et physiques sur le meurtrier.

Sommaire

Personnages [modifier]

Bas-relief sur la maison de Raskolnikov
  • Rodion Romanovitch Raskolnikov : le personnage principal du roman.
  • Avdotia Romanovna Raskolnikova appelée aussi Dounia ou Dounietchka : la sœur de Raskolnikov.
  • Poulkheria Alexandrovna Raskolnikova : mère de Raskolnikov et de Dounia.
  • Semion Zakharovitch Marmeladov : mari de Katerina Ivanovna et le père de Sonia.
  • Sofia Semionovna Marmeladova souvent appelée Sonia ou Sonietchka : fille de Semion Zakharovitch Marmeladov. Elle se prostitue pour subvenir aux besoins de sa famille.
  • Katerina Ivanovna Marmeladova : seconde femme de Marmeladov, donc la belle-mère de Sonia.
  • Dimitri Prokovitch Razoumikhine : ami dévoué de Raskolnikov.
  • Arkadi Ivanovitch Svidrigaïlov : ancien employeur d'Advotia Romanovna (Dounia).
  • Piotr Petrovitch Loujine : futur mari d'Advotia Romanovna (Dounia).
  • Andreï Semionovitch Lébéziatnikov : compagnon de chambre de Loujine.
  • Aliona Ivanovna : l'usurière.
  • Lizaveta Ivanovna : sœur de l'usurière.
  • Nikodim Fomitch : chef de la police.
  • Ilia Petrovitch aussi appelé « Poudre »  : lieutenant de Fomitch.
  • Porphiri Petrovitch : juge d'instruction chargé de l’enquête du meurtre de l'usurière
  • Alexandre Grigorievitch Zamiotov : un ami de Razoumikhine travaillant pour la police.
  • Nastassia Petrovna : servante dans l'immeuble de Raskolnikov.
  • Zossimov : un ami médecin de Razoumikhine.

Résumé [modifier]

Rodion Romanovitch Raskolnikov est un étudiant sans le sou, âgé de vingt-trois ans. Par manque d'argent, il a dû abandonner ses études et vit dans un quartier mal famé de Saint-Pétersbourg. Rongé par la pauvreté, il s'isole du reste du monde. Alors qu'il vend son dernier bien, la montre de son père, à une usurière, une idée lui vient à l'esprit : un meurtre est-il moralement tolérable s'il conduit à une amélioration de la condition humaine ? Il a décidé d'assassiner l'usurière depuis quelque temps, mais son plan ne se déroule pas comme prévu et il commet un double meurtre. Pris de remords et de culpabilité, il se rend compte qu'il ne peut être pardonné et qu'il ne sera jamais un grand homme, comme il l'espère tant. Raskolnikov passe du crime au châtiment.

Après être tombé malade et être resté au lit, cloué par la fièvre, pendant plusieurs jours, Raskolnikov s’imagine que tous ceux qu’il rencontre le suspectent du meurtre ; la connaissance de son crime le rend presque fou. Mais il rencontre Sonia Semionovna, une prostituée dont il tombe amoureux. Dostoïevski utilise cette relation comme une allégorie de l’amour de Dieu pour l’humanité déchue et du pouvoir de rédemption de l’amour. Mais Raskolnikov n’est racheté que par l’aveu du meurtre et la déportation en Sibérie.

Au-delà du destin de Raskolnikov, le roman, avec sa grande galerie de personnages variés, traite de sujets tels que la charité, la vie de famille, l’athéisme, l’alcoolisme, et de la recherche identitaire avec le regard aigu que Dostoïevski portait sur la société russe de son temps. Même si Dostoïevski rejetait le socialisme, le roman est aussi une critique du capitalisme qui se mettait en place dans la société russe de cette époque.

Raskolnikov pense être un « surhomme », et qu’avec une bonne raison, il pourrait exécuter un acte ignoble — le meurtre de l’usurière — si cela peut l’amener à faire le bien. Il cite souvent Napoléon, estimant qu’il a eu raison de répandre autant de sang : « Si un jour, Napoléon n’avait pas eu le courage de mitrailler une foule désarmée, nul n’aurait fait attention à lui et il serait demeuré un inconnu. »

Raskolnikov estime qu’il peut transcender les limites morales en tuant l’usurière, en volant son argent et en l’utilisant pour faire le bien. Il soutient que si Isaac Newton ou Johannes Kepler avaient dû tuer une ou même cent personnes pour éclairer l’humanité de leurs idées, cela en aurait valu la peine.

Le vrai châtiment de Raskolnikov n’est pas le camp de travail auquel il est condamné, mais le tourment qu’il endure tout au long du roman. Ce tourment se manifeste sous la forme d’une paranoïa, autant que de la prise de conscience qu’il n’est pas « surhomme », puisqu’il est incapable de supporter ce qu'il a fait.

Première partie [modifier]

Raskolnikov, ancien étudiant désœuvré à Saint-Pétersbourg, sort de chez lui pour emprunter de l'argent auprès de la vieille usurière Alena Ivanovna. Il se promène et se décide à entrer dans un café.

Il y fait la connaissance de Semion Zakharitch Marmeladov, fonctionnaire désespéré : celui-ci a déserté son travail après avoir peiné à en retrouver, et bu tout son argent ; il a également accepté la prostitution de sa fille Sonia. Long récit de Marmeladov avec notamment la tirade du Jugement Dernier où il s'auto-accuse : peinture de la misère et de la lâcheté de la condition humaine. Raskolnikov reconduit Marmeladov dans son taudis où celui-ci est accueilli par le désespoir de sa femme.

Le lendemain, Raskolnikov, réduit à l'oisiveté dans son pauvre appartement, reçoit une longue lettre de sa mère Pulchérie. Celle-ci lui annonce un prochain envoi d'argent ainsi que le mariage à venir de Dounia, la sœur de Rodia. Ce dernier est d'emblée hostile au fiancé Pierre Petrovitch Loujine, qu'il ne connaît pourtant pas encore.

Il sort et rumine sa rage en errant dans Pétersbourg au hasard ; il s'emporte contre un inconnu louche qui suit une jeune fille ivre dans la rue et le menace (anecdote qui montre son dérèglement progressif et son caractère brusque). Première évocation de l'ami Razoumikhine.

Un rêve hante Raskolnikov depuis plusieurs mois : tuer la vieille peau. Il s'assoupit dans un bar et fait un cauchemar[1] : jeune enfant, il voit une petite jument être fouettée à mort par son propriétaire saoul, puis se faire achever d'un coup de hache. Il l'interprète comme une annonce du meurtre de la vieille prêteuse.

Les coïncidences se multiplient (via des discussions écoutées) et Raskolnikov, superstitieux, y voit un signe du destin. Il se laisse désormais conduire par une main plus forte que lui qui guide ses pas au crime (tout est déjà prémédité jusqu'aux moindres détails). Le lendemain, il dort toute la journée, puis à l'heure du crime, une « agitation extraordinaire, fébrile et comme incohérente s'empar(e) soudain de lui » (p.103 éd. LGF). Dissimulant une hache sous son manteau, il va sonner chez la vieille. (Le coup de sonnette : instauration d'un moment « sacré » qui sera revécu plusieurs fois).

Il tue la vieille Alena Ivanovna, seule chez elle, puis commence à fouiller dans ses affaires pour la voler. Mais la sœur de la vieille, l'innocente Élisabeth Ivanovna, rentre à ce moment par la porte restée ouverte. Pris au dépourvu, Raskolnikov la tue d'un coup de hache. Il panique et ferme la porte ; puis Koch et Pestriakov (clients de l'usurière) arrivent : suspicieux, ils vont chercher le concierge, ce qui permet à Raskolnikov de s'échapper sans être vu. Il rentre ensuite chez lui, remet la hache à sa place incognito et s'allonge dans son lit sans pour autant arriver à s'endormir.

Deuxième partie [modifier]

  1. Le lendemain du crime, alors qu'il n'a pas encore effacé toutes les preuves Raskolnikov reçoit une convocation du commissariat. Il décide de s'y rendre sur-le-champ malgré son anxiété et sa fièvre croissante. Une fois arrivé sur les lieux il fait la rencontre du commissaire Nikodim Fomitch ainsi que de son lieutenant Ilia Petrovitch qui lui explique le motif de sa convocation: sa logeuse a porté plainte pour non remboursement de dettes. Tandis que Raskolnikov effectue la déposition, pris d'un délire fiévreux il décide de tout avouer au commissaire et c'est alors qu'il réalise que ce dernier est en train d'en discuter avec son lieutenant, il décide donc de s'en aller mais s'évanouit. Il reprend rapidement connaissance, mais craint d'avoir éveillé les soupçons sur lui, il rentre alors chez lui rapidement afin d'éliminer les preuves de l'assassinat.
  2. Il décide donc de se débarrasser des pièces à convictions qu'il a volé chez les sœurs Ivanovna et songe à les jeter dans le fleuve. Il part mais se ravise en cours de route, il préfère les enterrer dans un lieu discret, sous une pierre. Une fois sa tâche accomplie et après avoir erré quelque temps, il arrive (par hasard ou non ?) près de la maison de son ami Razoumikhine. Il monte chez son ami sans trop savoir pourquoi et le trouve en train de traduire des livres allemands pour gagner de l'argent. Razoumikhine lui offre de l'argent pour l'aider mais il refuse et s'en va, il est de plus en plus malade. Il rentre donc chez lui et entend sa logeuse se faire battre dans la cage d'escalier par Ilia Petrovitch. Nastassia, la servante de l'immeuble rentre dans sa chambre pour lui apporter de la soupe, il l'interroge sur ce qui vient de se passer, elle répond qu'il n'y a eu aucun bruit dans l'escalier. Raskolnikov a eu une hallucination, il perd connaissance.
  3. Raskolnikov se réveille après un certain temps de maladie, il voit à son chevet Razoumikhine, Nastassia et un commis lui apportant une somme d'argent de la part de sa mère. Razoumikhine lui raconte comment il l'a retrouvé et comment il a arrangé l'affaire avec sa logeuse. Il lui apprend aussi que pendant son délire il a parlé des pièces à convictions qu'il a cachées, et ce en présence des policiers (sans pour autant que les témoins de cette scène ne sachent à quoi il a fait allusion). Raskolnikov pris de panique veut s'enfuir mais se rendort. A son réveil, 6 heures plus tard, il retrouve Razoumikhine qui lui a acheté une nouvelle garde-robe avec une partie de l'argent reçu de sa mère.
  4. Entre à ce moment là Zossimov qui vient pour examiner l'état de Raskolnikov puis commence à discuter avec son ami Razoumikhine du meurtre des sœurs Ivanovna. On apprend que la police a arrêté un peintre, ami de Razoumikhine qui travaillait dans l'appartement du dessous.
  5. La discussion entre Razoumikhine et Zossimov est interrompu par l'arrivée de M. Loujine qui se présente. L'accueil est froid surtout de la part de Raskolnikov qui en vient à s'énerver contre Loujine et le somme de partir. Ce dernier s'exécute. Raskolnikov s'énerve ensuite contre Razoumikhine et Zossimov et les contraint à partir aussi.
  6. Raskolnikov sort de son appartement résolu à abréger le mal-être qui le ronge depuis le crime. Il erre dans les rues de Saint-Pétersbourg, puis se pose dans un café et rencontre le secrétaire du commissariat Zamiotov. S'ensuit une discussion sur le crime et le meurtre. Le comportement de Raskolnikov est de plus en plus étrange. Il quitte le bar avec l'intention d'aller se suicider et rencontre Razoumikhine avec lequel il se dispute et refuse son invitation a une soirée chez ce dernier. Il arrive sur un pont et voit une femme se jeter puis être repêchée ce qui le dissuade d'en faire autant. Il décide d'aller se rendre au commissariat et passe devant l'immeuble des sœurs Ivanovna, il monte et découvre l'appartement en travaux. Il quitte les lieux et poursuit son chemin. Il est comme pris de délire.
  7. Le héros aperçoit en sortant de l'immeuble, un homme ivre écrasé par un cheval: c'est Semion Zakharovitch Marmeladov. Il le transporte avec l'aide de passants jusqu'à chez lui. Marmeladov meurt un peu plus tard, laissant sa famille seule. Raskolnikov offre son aide et de l'argent à sa femme Katerina Ivanovna. Il quitte l'appartement avec la promesse de revenir. Une des filles le rattrape pour lui demander son nom et son adresse. En sortant il décide de se rendre à l'invitation de son ami Razoumikhine qui le raccompagne chez lui. Une fois arrivé, le héros découvre sa sœur et sa mère qui l'attendaient dans son appartement. Il s'évanouit.

Troisième partie [modifier]

  1. Raskolnikov congédie avec froideur sa mère et sa sœur et s'endort pendant que Razoumikhine complètement ivre ( gris , selon le texte du roman ) et amoureux de Avdotia Romanovna les raccompagne dans leur appartement provisoire. Il leur promet de retourner voir Raskolnikov, seul une première fois juste après les avoir laissées et une seconde fois un peu plus tard avec son ami médecin Zossimov. Après avoir tenu parole, il va dormir avec Zossimov dans l'immeuble de Raskolnikov afin de surveiller l'état de celui-ci.
  2. Le lendemain Razoumikhine se réveille et se rend chez Advotia et Poulkheria afin de prendre de leur nouvelles. S'ensuit une longue discussion sur l'état physique et mental de Raskolnikov ainsi que sa vie ses trois dernières années. Elles font lire à Razoumikhine la lettre que Advotia a reçue ce matin même de la part de Loujine qui expliquait ce qui s'était passé lors de la rencontre entre ce dernier et Raskolnikov ainsi que ce qu'avait fait le jeune homme la veille. Ils se rendent ensuite tous les trois chez le jeune homme.
  3. Ils arrivent à l’appartement et voient Zossimov au chevet de Raskolnikov qui semble aller bien mieux. Il commence par s'excuser auprès de sa mère et sa sœur pour son comportement de la veille et s'explique sur ce qu'il a fait la veille dans la soirée, notamment chez les Marmeladov. Il lit ensuite la lettre de Loujine et maintient son opposition contre le mariage entre Loujine et sa sœur ; de plus il critique violemment ce dernier.
  4. Entre à ce moment-là Sofia Semionovna Marmeladova qui vient lui faire part de son invitation à l'enterrement le lendemain de Semion Marmeladov (enterrement possible grâce au don de Raskolnikov) et à son invitation chez Katerina pour un repas funéraire. Le jeune homme congédie ensuite sa mère et sa sœur qu'il retrouvera le soir à 18 heures avec Loujine et dit à Sonia qu'il passera la voir l'après-midi. Puis il se rend avec Razoumikhine chez Porphiri Petrovitch, connaissance de son ami et juge d'instruction de l'affaire des sœurs Ivanovna. Raskolnikov veut récupérer les objets qu'il avait laissés chez l'usurière ainsi que savoir ce que sait Petrovitch sur lui.
  5. Raskolnikov et Razoumikhine arrivent chez Porphiri Petrovitch; Zamiotov le secrétaire du commissariat est aussi présent. L'accueil de Petrovitch est assez étrange, il semble avoir des doutes sur Raskolnikov. Commence alors un jeu de questions-réponses entre Petrovitch et le jeune homme; le juge d'instruction tente de le piéger en le questionnant sur ses actions (c'est-à-dire ceux de Raskolnikov) des derniers jours ainsi que sur sa vision du meurtre. On apprend que Raskolnikov a écrit un article quelques mois plutôt sur le crime dans lequel il distingue deux types d'hommes: les gens ordinaires qui n'ont pas le droit de tuer et les gens extraordinaires qui, eux, peuvent tuer au nom d'un principe supérieur(C'est précisément dans ce chapitre que le narrateur évoque des personnalités célèbres comme Napoléon , Issac Newton , Kepler et même le prophète de l'islam Mohammed). Cette vision semble intéresser profondément le juge d'instruction. Raskolnikov et Razoumikhine s'en vont.
  6. Raskolnikov se sent de plus en plus fiévreux et rentre chez lui (En effet, alors que les deux jeunes hommes se dirigeaient vers la demeure provisoire de Dounia et Pulchérie, Raskolnikov fut saisi d'effroi à l'idée que Porphyre nourrit des soupçons contre lui et qu'il s’apprête alors à perquisitionner chez lui; il décide alors à brûle-pourpoint de rentrer chez lui pour bien se rassurer qu'il ne reste aucune pièce à conviction quelque part ) tandis que Razoumikhine s'en va tout seul chez la mère et la sœur de son ami. Une fois chez lui, Le jeune homme s'endort et rêve de l'appartement des soeurs Ivanovna. A son réveil, un homme le regarde: c'est Arkadi Ivanovitch Svidrigaïlov, l'ancien employeur de sa sœur qui tient à lui parler.

Quatrième partie [modifier]

  1. Loujine et André Lebeziatnikov sont invités au repas de funérailles, organisé chez la veuve Catherine Ivanovna, suite à la mort de M. Marmeladov. Les deux hommes refusent d'y aller. Loujine demande à André d'aller chercher Sonia pour une certaine affaire.Quand elle arrive, Loujine lui offre un billet de 10 roubles comme sa propre obole car il souhaitait tant venir en aide à la veuve, sa belle-mère.
  2. Ceux qu'on attendait comme principaux convives, pour le repas funéraire, ne sont pas là. Par contre, on voit arriver le Polonais (un des locataires d'Amalia Ivanovna) ,deux compatriotes de celui-ci, un employé de chancellerie, un vieillard et un manutentionnaire. A table, les deux femmes (c'est-à-dire la veuve et sa logeuse) se mettent d'abord à se dire mutuellement de légères plaisanteries puis elles prennent au sérieux leur piquant dialogue et en arrivent à s'insulter et à se menacer. La veuve a failli fouler aux pieds un bonnet dont Amalia était coiffée quand soudain quelqu'un ouvra la porte et s’arrêta au seuil : Loujine.

Cinquième partie [modifier]

  1. Loujine et André Lebeziatnikov sont invités au repas de funérailles, organisé chez la veuve Catherine Ivanovna, suite à la mort de M. Marmeladov. Les deux hommes refusent d'y aller. Loujine demande à André d'aller chercher Sonia pour une certaine affaire. Quand elle arrive, Loujine lui offre un billet de 10 roubles comme sa propre obole car il souhaitait tant venir en aide à la veuve, sa belle-mère.
  2. Ceux qu'on attendait comme principaux convives, pour le repas funéraire, ne sont pas là. Par contre, on voit arriver le Polonais (un des locataires d'Amalia Ivanovna) ,deux compatriotes de celui-ci, un employé de chancellerie, un vieillard et un manutentionnaire. A table, les deux femmes (c'est-à-dire la veuve et sa logeuse) se mettent d'abord à se dire mutuellement de légères plaisanteries puis elles prennent au sérieux leur piquant dialogue et en arrivent à s'insulter et à se menacer. La veuve a failli fouler aux pieds un bonnet dont Amalia était coiffée quand soudain quelqu'un ouvre la porte et s’arrête au seuil : Loujine.
  3. À ce moment, Catherine Ivanovna accourt vers Loujine pour chercher défense auprès de lui. Celui-ci, furieux et venu pour une autre affaire, remarque à la veuve qu'il ne peut pas se mêler à ses éternelles disputes avec l'autre. Aussitôt, il accuse Sonia de lui avoir volé un billet de 100 roubles quand elle était chez lui (sur son invitation). Toute la société (c'est-à-dire les invités à table) se trouble et on commence à proférer des sottises et menaces. Catherine, éperdue, somme Loujine de fouiller Sonia. Il refuse et veut appeler la police. Après quoi, la veuve se met à fouiller elle-même les poches de sa belle-fille. Soudain, un billet de banque, plié en 8, tombe par terre. La figure de Loujine s'illumine et Amalia suggère qu'on devrait envoyer Sonia au bagne. André était aussi venu par hasard quelques minutes après l'arrivée de Loujine. A la vue de cette scène André dit : "Quelle bassesse !". Ensuite il explique, devant toute l'audience, comment Loujine avait introduit doucement ce billet dans l'une des poches de Sonia (sans que celle-ci s'en aperçoive) au moment où elle prenait congé de lui. Il s'ensuivit un nouveau désordre et un vacarme plus puissant. Loujine prend la fuite. Sonia rentre chez elle un moment plus tard. Raskolnikov, quant à lui, s'en va non à son taudis mais plutôt chez Sonia.
  4. Raskolnikov, arrivé chez elle, se sentait très faible et semblait redouter quelque chose. Lorsque les deux jeunes gens parlèrent un peu, soudain, Sonia remarque qu'il ne se sentait pas à l'aise. Après de vagues paroles, Raskolnikov avoue à Sonia (comme il le lui avait promise) que c'est lui l'assassin d'Elisabeth. Sonia perd contenance et croit un moment qu'il est tout bonnement devenu fou. Mais au bout d'un instant, elle se rend compte qu'il disait vrai. Raskolnikov lui explique qu'il a tué pour sauver sa mère et sa sœur qui plongeaient dans l'indigence. Après quoi, il affirme à Sonia qu'il ne s'agit pas de cela : Il lui dit qu'il avait tué pour lui, rien que pour lui-même (pour se sentir un Napoléon). Sonia fond sur-le-champ en larmes et promet Rodia qu'elle le suivrait au bagne, en Sibérie, si on le découvrirait. Sur ces entrefaites, André Lebeziatnikov fait irruption.
  5. Lebeziatnikov vient retrouver Sonia chez elle. Celle-ci était en compagnie de Raskolnikov. André leur dit que la veuve, Catherine Ivanovna, a perdu sa raison en sortant mendier dans la rue et en déguisant ses mioches en saltimbanques. Après quoi, tous se mettent en chemin vers la malheureuse. Une fois auprès d'elle, personne ne peut la faire rentrer chez elle. En effet, elle prétendait jouer l'orgue de Barbarie. Essoufflée, hors d'elle, courant furieusement derrière ses enfants, elle tombe par terre. Aussitôt le sang jaillit de sa bouche. On emmène la phtisique chez Sonia et, un moment plus tard, elle meurt. Le chapitre finit par un dialogue entretenu par Rodia et Svidrigailov dans lequel ce dernier évoque certaines expressions qu'a dites Rodia lorsqu'il parlait à Sonia avant l'arrivée de Lebeziatnikov.

Sixième partie [modifier]

  1. Raskolnikov rentre chez lui. Son ami Rasoumikhine vient le retrouver. Une fois chez lui, ce dernier lui dit que sa mère, Pulchérie Alexandrovna, est tombée grièvement malade car elle n'accepte pas l'idée d'aller mendier les caresses de son fils. Rasoumikhine lui met aussi au courant que Dounia a reçu dernièrement une lettre. De son coté, Rodia dit à son ami que Dounia est venue avant-hier le voir. Une minute plus tard, Rasoumikhine prend congé de chez son ami. Celui-ci, après un instant de réflexion, se décide d'aller en finir une fois pour toutes avec le juge d'instruction Porphyre. A peine dans l'escalier, Rodia le rencontre. Celui-ci vient le voir pour une affaire. Porphyre dit qu'il ne resterait que le temps d'une cigarette.
  2. Porphyre fait tout d'abord des allusions en s'adressant à Raskolnikov et ce en lui disant que Nicolas (Mikolka) est venu avouer avoir tué la vieille usurière. Après quoi le juge d'instruction rit méchamment et déclare à brûle-pourpoint à Rodia que c'est lui l'assassin. Raskolnikov s'étonne mais se plonge tout de suite dans une profonde angoisse, voire épouvante. Porphyre gagne la porte au moment même.
  3. Raskolnikov se décide d'aller voir Svidrigailov. Celui-ci l'intrigue beaucoup ces derniers temps, surtout après certaines allusion... Les deux hommes se rencontrent par hasard dans un cabaret où ils parlent longtemps sur différents sujets.
  4. Les 2 hommes sont toujours ensemble et à ce moment-là ils se mettent à parler de Dounia. Svidrigailov lui relate comment vivait sa sœur, en tant que gouvernante, lorsque Marfa était encore en vie. Rodia parait se fâcher à plusieurs reprises mais ne recourt point à la violence. Svidrigailov lui dit également qu'il a à peine pris une fiancée n'ayant presque que 16 ans.
  5. Raskolnikov et Svidrigailov se rendent chez Sonia. Elle n'est pas chez elle. Peu de temps après, Svidrigailov va à la rencontre de Dounia. Une fois avec elle, il l'amène chez lui. Svidrigailov parle à la fille de son frère et lui déclare tout à coup qu'il est prêt à lui obéir totalement ainsi à voyager avec elle, n'importe où. Brusquement, Svidrigailov tente d'abuser de la jeune fille. Celle-ci se laisse tout d'abord faire mais ensuite exhibe un revolver et, après bien de menace, le vise à la tête. Heureusement, la balle ne fait qu'effleurer ses cheveux. Après quoi, elle tire de nouveau mais finit par jeter l'arme. Svidrigailov approche d'elle et essaie de lui parler davantage. Elle lui signifie de s'éloigner.Celui-ci, furieux et aigri, y consentit et somme Dounia de gagner la porte.
  6. Svidrigailov sort de chez lui et s'en va à un cabaret. Ensuite il se dirige vers un hôtel pour y passer la nuit. Soudain, après son arrivée, tandis qu'il était endormi, il fait un rêve affreux où il voit une jeune fille saisie d'épouvante. Il essaie de la calmer en l'emportant à son lit. Soudain, il se réveille. Il quitte l’hôtel, va errer auprès de la Néva, aperçoit un beffroi, s'en approche, rencontre un soldat debout aux alentours, lui adresse quelques mots et se suicide en se tirant une balle à la tempe droite avec le pistolet de Dounia.
  7. Rodia sort de chez lui pour se rendre chez sa famille. Arrivé chez elles, il ne trouve que sa mère. Il lui dit qu'il devrait bientôt voyager trop loin pour gagner sa vie et lui promet de retourner dans neuf mois. Celle-ci, en larmes, lui donne ses bénédictions et lui fait ses adieux. Puis il rentre chez lui et s'étonne en trouvant Dounia en train de l'attendre. Rodia dit à sa sœur que le temps presse et qu'il doit aller se livrer. Les 2 personnes gagent la porte. Dounia s'en va chez elle, lui chez Sonia.
  8. Une fois chez elle, il lui parle un peu mais lui dit soudain qu'il est grand temps d'aller se dénoncer. C'est ce qu'il fait : il se dirige vers le commissariat. Sonia s’apprête à l'accompagner mais il le lui défend. Une fois en rue, il se livre à une longue méditation où il se demande à qui il ferait mieux de se dénoncer. Aussitôt, il se résout à tout raconter à Monsieur Poudre (Le lieutenant de Nicolas Fomitch). Une fois au commissariat, il ne trouve pas Poudre à son bureau. Un instant plus tard, celui-ci fait irruption. Rodia se ravise et décide de ne rien dire. Il descend les escaliers. Dans la rue, près du commissariat, il trouve Sonia. Il sourit amèrement et remonte vers le commissariat. Poudre, après l'avoir revu, ordonne qu'on apporte de l'eau pour le lui offrir. Rodia sort de son mutisme et commence: C'est moi qui ai assassiné à coups de hache pour les voler la vieille prêteuse sur gages et sa sœur Elisabeth. Illia Petrovitch ouvre la bouche. De tous cotés on accourt...

Épilogue [modifier]

  1. Rodia se voit alors jugé de passer en Sibérie, à l'un des bagnes qui s'y trouvent, huit années de prison (Travaux forcés de seconde catégorie). Rasoumikhine épouse Dounia. Pulchérie Alexandrovna meurt peu de temps après la détention de son fils sans jamais savoir le sort qu'il a subi. Sonia se met en devoir de visiter régulièrement le jeune homme et fait part à Dounia et son époux de ses nouvelles.
  2. Rodia tombe malade; on l'amène à l’hôpital du bagne. Pendant sa maladie, il fait un affreux songe où il semblait voir le monde désolé par un fléau venu de l'Asie. Hommes et choses, tout périssait. Cependant, il croit apercevoir quelques uns qui vont survivre (ce sont des élus). Un beau matin, peu de temps après sa maladie, il s'en va travailler au bord d'un fleuve où on avait établi un four à cuir. Soudain, il sort du hangar et s’assoit. Là, très loin dans les steppes, il voit les tentes des nomades. Tout d'un coup Sonia apparaît à ses cotés et ils se trouvent seuls. Rodia se jette à ses pieds et les embrassent. Sonia se rend enfin compte de l'amour dont Rodia faisait preuve envers elle. Sonia retombe malade mais elle était envahie d'un amour infini et noble pour Rodia qu'elle en oublie ses souffrances. Là commence alors la régénération d'un homme, son passage graduel d'un monde à un autre. FIN

Analyse [modifier]

La douleur psychologique qui poursuit Raskolnikov est une thématique chère à Dostoïevski et se retrouve dans d’autres de ses œuvres, comme Les Carnets du sous-sol et Les Frères Karamazov (son comportement ressemble beaucoup à celui d’Ivan Karamazov). Il se fait souffrir en tuant la prêteuse sur gages et en vivant dans la déchéance, alors qu’une vie honnête mais commune s'offre à lui. Razoumikhine était dans la même situation que Raskolnikov et vivait beaucoup mieux, et quand Razoumikhine lui propose de lui trouver un emploi, Raskolnikov refuse et convainc la police qu’il est le meurtrier, alors qu’elle n’avait aucune preuve. Il essaye en permanence de franchir les frontières de ce qu’il peut ou ne peut pas faire (tout au long du récit, il se mesure à la peur qui le tenaille, et tente de la dépasser), et sa dépravation (en référence à son irrationalité et sa paranoïa) est souvent interprétée comme une expression de sa conscience transcendante et un rejet de la rationalité et de la raison. C’est un thème de réflexion fréquent de l’existentialisme.

Friedrich Nietzsche fit l’éloge des écrits de Dostoïevski (« Dostoïevski est la seule personne qui m'ait appris quelque chose en psychologie »)[2],[3],[4] en dépit de leur théisme et Walter Kaufmann considérait les œuvres de Dostoïevski comme la source d’inspiration de la Métamorphose de Franz Kafka. Raskolnikov pense que les grands hommes peuvent se permettre de défier la moralité et la loi, comme il le fait en tuant quelqu’un. Dostoïevski utilise aussi Sonia pour montrer que seule la foi en Dieu peut sauver l’homme de sa dépravation, ce en quoi Dostoïevski diffère de nombreux autres existentialistes. Bien que cette philosophie particulière soit propre à Dostoïevski, parce qu’elle insiste sur le christianisme et l’existentialisme (le point de savoir si Dostoïevski est un vrai existentialiste est débattu), des thèmes comparables peuvent être trouvés dans les écrits de Jean-Paul Sartre, d'Albert Camus, Hermann Hesse et de Franz Kafka.

Adaptations théâtrales [modifier]

Éditions françaises [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Souvenir personnel de Dostoïevski (voir p.87 éd. LGF)
  2. (fr) (en) Le 08 Novembre 1880 : Parution des Frères Karamazov, evene, ?. Consulté le 28 août 2012.
  3. (fr) (en) Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski, Encyclopédie Larousse, ?. Consulté le 28 août 2012.
  4. (fr) (en) Raskolnikov, meurtrier cérébral, Le magazine littéraire, 9 février 2012. Consulté le 28 août 2012.

Voir aussi [modifier]

Article connexe [modifier]

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