Béji Caïd Essebsi

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Béji Caïd Essebsi
الباجي قائد السبسي
Béji Caïd Essebsi au 37e sommet du G8, à Deauville (France), en mai 2011.
Béji Caïd Essebsi au 37e sommet du G8, à Deauville (France), en mai 2011.
Fonctions
Président de la République tunisienne
(élu)
En attente d'investiture –
Élection 21 décembre 2014
Prédécesseur Moncef Marzouki (provisoire)
Président de Nidaa Tounes
En fonction depuis le 29 juin 2012
Vice-président Mohamed Ennaceur
Prédécesseur Fondation du parti
11e Premier ministre tunisien
27 février 201124 décembre 2011
(9 mois et 27 jours)
Président Fouad Mebazaa (intérim)
Moncef Marzouki
Prédécesseur Mohamed Ghannouchi
Successeur Hamadi Jebali (chef du gouvernement)
6e président de la Chambre des députés
(7e président de la chambre basse)
14 mars 19909 octobre 1991
Législature VIIIe législature
Prédécesseur Slaheddine Baly
Successeur Habib Boularès
9e ministre tunisien des Affaires étrangères
15 avril 198115 septembre 1986
Président Habib Bourguiba
Premier ministre Mohamed Mzali
Rachid Sfar
Gouvernement Mzali
Sfar
Prédécesseur Hassen Belkhodja
Successeur Hédi Mabrouk
Ambassadeur de Tunisie en France
1er août 197014 décembre 1971
Président Habib Bourguiba
Prédécesseur Mohamed Masmoudi
Successeur Abdesselem Ben Ayed
6e ministre tunisien de la Défense
7 novembre 196912 juin 1970
Président Habib Bourguiba
Premier ministre Bahi Ladgham
Gouvernement Ladgham
Prédécesseur Mohamed Mzali
Successeur Hassib Ben Ammar
3e ministre tunisien de l'Intérieur
5 juillet 19658 septembre 1969
Président Habib Bourguiba
Gouvernement Bourguiba II
Prédécesseur Taïeb Mehiri
Successeur Hédi Khefacha
Député de la circonscription de Tunis
19891994
Législature VIIIe législature
19811986
Législature VIe législature
19691974
Législature IIIe législature
Biographie
Date de naissance 29 novembre 1926 (88 ans)
Lieu de naissance Sidi Bou Saïd (Régence de Tunis)
Nationalité tunisienne
Parti politique Néo-Destour/PSD/RCD, indépendant puis Nidaa Tounes
Conjoint Saïda Farhat
Enfant(s) Amel Caïd Essebsi
Mohamed Hafedh Caïd Essebsi
Salwa Caïd Essebsi
Khélil Caïd Essebsi
Profession Avocat

Béji Caïd Essebsi
Premiers ministres tunisiens

Béji Caïd Essebsi (الباجي قائد السبسي) alias BCE, né le 29 novembre 1926 à Sidi Bou Saïd, est un homme politique et avocat tunisien. Il est élu président de la République en décembre 2014.

Fils d'un agriculteur descendant d'un captif d'origine sarde, il effectue ses études secondaires au Collège Sadiki. Marqué par les événements du 9 avril 1938, qui déclenchent le début de son militantisme et son intégration dans la jeunesse du Néo-Destour, il étudie le droit à Paris, où il devient vice-président de l'Association des étudiants musulmans nord-africains et membre actif de la résistance contre le protectorat français. Grâce au soutien de Habib Bourguiba Jr., il obtient sa licence, avant de regagner Tunis pour exercer son métier d'avocat.

Après l'indépendance, il intègre les sphères du pouvoir, devenant directeur de la sûreté nationale à la suite d'un complot contre Habib Bourguiba. Secrétaire d'État adjoint à l'Intérieur auprès du ministre Taïeb Mehiri, il le remplace à son décès en 1965. Faisant face aux troubles liés à la guerre des Six Jours et à l'affaire Belkhodja, il est reconduit dans le gouvernement de Bahi Ladgham en tant que ministre de la Défense. Il quitte le gouvernement en 1970 pour devenir ambassadeur en France mais démissionne en raison d'un conflit au sein du parti au pouvoir concernant la gestion de l'État. Exclu du parti, il subit une traversée du désert avant de réintégrer le gouvernement de Mohamed Mzali, à la condition d'instaurer une démocratie et de mettre fin au pouvoir personnel de Bourguiba. En 1981, il est nommé ministre des Affaires étrangères, où il est confronté à plusieurs crises diplomatiques, notamment la guerre du Liban et l'opération « Jambe de bois ». Il quitte ses fonctions en 1986 pour devenir ambassadeur en Allemagne de l'Ouest.

Après le coup d'État du 7 novembre 1987, il intègre le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) du nouveau président Zine el-Abidine Ben Ali, redevient député puis préside la Chambre des députés, à la suite de quoi il se retire de la scène politique. Il y revient après la révolution de 2011 qui renverse Ben Ali, prenant la tête du gouvernement et organisant l'élection de l'Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution, à la suite de quoi il est remplacé par Hamadi Jebali, candidat de la coalition victorieuse de l'élection.

Il fonde en 2012 son propre parti, Nidaa Tounes, dans le but de rassembler l'opposition. Malgré les tentatives de l'exclure de la vie politique en raison de son appartenance au RCD, il mène son parti à la victoire aux élections législatives de 2014 puis remporte dans la foulée l'élection présidentielle face au président sortant, Moncef Marzouki.

Famille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille Caïd Essebsi.
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Descendant d'une lignée très anciennement issue d'un captif d'origine italienne, Béji Caïd Essebsi appartient à une famille de l'ancienne bourgeoisie tunisoise, composée d'agriculteurs issus de l'ancienne administration beylicale. Il est l'arrière-petit fils d'Ismaïl Caïd Essebsi, mamelouk d'origine sarde, capturé par des corsaires tunisiens puis introduit dans le palais de Mahmoud Bey en 1810, à l'âge d'à peu près dix ans. Les éducateurs du palais le chargent du cérémonial lié à la consommation de tabac où il acquiert le titre de Caïd Essebsi. Il finit par être adopté par le prince héritier, Hussein Bey, et gravit ainsi les échelons de la cour, jusqu'à acquérir plusieurs caïdats et fermes fiscales lucratives. Devenu un haut fonctionnaire et conseiller du bey, il épouse Fatma Beya, fille ou nièce de ce dernier, avec laquelle il a sept enfants, l'aîné étant Mohamed El Bey Caïd Essebsi (1850-1910), grand-père de Béji Caïd Essbsi. Il décède le 31 mai 1870 dans la résidence familiale, le Dar Caïd Essebsi, qu'il a construit à Bab Souika, dans le quartier de Bab Laqwas.

Mohamed El Bey Caïd Essebsi, devenu caïd-gouverneur et amir liwa (général de division), épouse Mahbouba Agha, fille ou petite-fille d'un général de la cour beylicale, probablement Moustapha Agha, devenu par la suite ministre de la Guerre. Ensemble, ils ont sept enfants qui deviennent tous agriculteurs, le plus jeune étant Hassouna, le père de Béji, né avant 1899 dans la résidence familiale de Bab Souika. Mahbouba décède en 1930, quatre ans après la naissance de Béji.

Bab Souika, quartier des familles Caïd Essebsi et Ben Jaafar

Hassouna Caïd Essebsi effectue ensuite des études au Collège Sadiki avant d'épouser Habiba Ben Jaafar, née avant 1899 à Bab Souika, plus précisément à Halfaouine. Elle est la fille de Mohamed Ben Jaafar, amine (chef de la corporation) des chaouachis et notable des souks de Tunis, et de Beya Ben Jaafar, fille d'un maître-artisan chaouachi. Sa famille, les Ben Jaafar, milite au sein du Néo-Destour, notamment son frère et ses cousins dont Nacer Ben Jaafar, dirigeant de la fédération néo-destourienne de Tunis et de sa banlieue, mais aussi Slaheddine Ben Jaafar, haut magistrat qui conduit les manifestations du 18 août 1961 à Bizerte. Son grand-père maternel, Mohamed Ben Jaafar, habite une maison à Bab Souika, à proximité de celle des Materi.

En 1897, Khadija Ferah meurt en couche, donnant naissance à Mahmoud El Materi. Le père de ce dernier, Mokthar El Materi, chaouachi et imam à la mosquée El Ksar, décède dix mois plus tard. En résulte alors un désordre familial et la grand-mère maternelle de Béji, Beya, qui vient en même temps d'accoucher d'une fille prénommée Fatma, se résout à le recueillir et lui donner le sein, en même temps qu'à sa fille, faisant de lui le frère de lait de Habiba, la mère de Béji, et de ce fait, l'oncle de lait de ce dernier. Mahmoud est récupéré par sa famille quand tout rentre dans l'ordre et deviendra le médecin de la famille[1]. Le couple Caïd Essebsi-Ben Jaafar vit modestement à Mateur, en exploitant une propriété agricole et un verger planté d'arbres fruitiers à Djedeida sur les rives de la Medjerda[2].

Mohamed Ben Jaafar accueille sa fille dans la maison de vacances familiale de Sidi Bou Saïd, village où les Tunisois s'installent en été et jusqu'au début de l'hiver. Alors que Habiba est enceinte, Hassouna est retenu à Mateur pour les besoins de son exploitation agricole. Lorsqu'elle éprouve ses premières douleurs, elle est transportée au mausolée du saint patron de la ville, Sidi Bou Saïd El Béji, sur instructions de Mohamed, pour accoucher sous la bénédiction de ce dernier, loin de la famille qui est à Tunis. Mohamed décide d'appeler le nourrisson Béji si c'est un garçon et Saïda si c'est une fille. C'est ainsi que Béji Caïd Essebsi est baptisé en l'honneur du saint, le 29 novembre 1926[2].

Sa mère donne ensuite naissance à Ismaïl, Fatma, Kamel Slaheddine en 1933 et Jémila en 1934. La famille quitte Mateur sur les conseils de Mahmoud El Materi et déménage à Hammam Lif, pour que Hassouna, malade, puisse bénéficier de cures thermales. Il y décède quand Béji n'est âgé que de dix ans et c'est donc sa mère qui élève ses enfants. Son épouse Saïda Farhat appartient à une famille de l'ancienne bourgeoisie tunisoise composée originellement de hauts dignitaires et de propriétaires terriens et fondée par le mamelouk Farhat Gaied Jbira[3].

Jeunesse et militantisme[modifier | modifier le code]

Façade du Collège Sadiki où Caïd Essebsi effectue ses études secondaires

Béji Caïd Essebsi étudie à l'annexe du Collège Sadiki, hébergé pendant l'année scolaire avec son frère cadet par un parent vivant une maison au numéro 3 de la rue Ben Dhrif. Le 9 avril 1938, il assiste aux affrontements qui ont lieu ce jour-là.

Au collège, les cours sont interrompus et Caïd Essebsi se rend à Hammam Lif, où sa mère et le reste de sa famille l'attendent. Il est alors témoin de la destruction du siège de la cellule locale du Néo-Destour, qui le marque également. Ces événements constituent le début de son activité de militant[2]. En 1941, âgé de quinze ans, il intègre la jeunesse destourienne du parti, en même temps qu'il entre en première année secondaire. Il est initié aux bases de l'action militante et au sentiment national, tout en apprenant les chants patriotique et l'hymne national. C'est ainsi qu'il entend parler pour la première fois de Habib Bourguiba[1]. Il rencontre par ailleurs le docteur Slimane Ben Slimane, haut dirigeant du Néo-Destour qui habite la même rue que lui et qui l'initie au militantisme et à la lutte pour la libération nationale.

Caïd Essebsi s'embarque alors dans une opération clandestine qui vise à déposer une bombe sur la voie du train traversant la ville de Tunis et menant vers le Sahel[1]. La bombe fabriquée, Béji Caïd Essebsi en parle à Ben Slimane, en compagnie d'Ali Zlitni, tous deux expriment leur désaccord et le mettent en garde contre cette tentative de transgression des règles du parti, tout en lui demandant d'effacer toute trace de cette opération[4]. Il rencontre Bourguiba pour la première fois à Hammam Lif, lorsque ce dernier est attendu à Tunis juste après sa libération du Fort de Vancia (Lyon). Celui-ci rend visite à Moncef Bey puis revient un peu plus tard pour voir son ami Sadok Boussofara. Caïd Essebsi l'observe sans pour autant l'approcher ou lui parler[5].

Manifestation du 9 avril 1938 qui marque Caïd Essebsi

Caïd Essebsi se rend à Paris où il étudie en 1950 à la faculté de droit. Là-bas, il est membre de la cellule destourienne ainsi que du comité de l'Association des étudiants musulmans nord-africains (AEMNA), sans avoir un contact particulier avec les hauts dirigeants du Néo-Destour. Camarade avec le fils du président du Néo-Destour, Habib Bourguiba Jr., qui n'habite pas dans le même quartier que lui, leur relation l'aide à plaider en faveur de militants du parti contre les autorités du protectorat français. Sa mère connaît également Mathilde Lorrain, épouse de Bourguiba[6]. Par ailleurs, Caïd Essebsi a un autre ami en France, Taïeb Mehiri, qu'il qualifie de mentor. En effet, ce dernier est son aîné au collège, habite dans la même rue que lui, et se rend quelque fois à la cellule destourienne où il s'adresse aux militants[5]. Caïd Essebsi devient bientôt vice-président de l'AEMNA et doit s'absenter pendant trois jours pour se rendre aux Pays-Bas, en vue de représenter l'association lors du Congrès international des étudiants arabes tenu à Leyde. En rentrant à Paris, il retrouve à la gare Bourguiba Jr. qui le convie à rencontrer son père, à l'invitation de ce dernier.

Réunion de la cellule destourienne à Paris où figure Béji Caïd Essebsi

La rencontre entre les deux hommes a lieu à l'hôtel Lutetia, lors d'une interview accordée par Bourguiba au rédacteur en chef du journal Le Monde, en présence de membres du Néo-Destour[7]. Caïd Essebsi est impressionné par l'autorité et l'assurance de Bourguiba et déclare que cette rencontre le marque, dans son livre Habib Bourguiba. Le bon grain et l'ivraie[8]. En dernière année, Caïd Essebsi occupe son temps en participant dans des activités militantes, tout en décidant de sauter la session de juin et de reporter son examen à la session de septembre. En mai 1952, Bourguiba Jr. le force à travailler quelques semaines avant l'examen. Le 13 juillet, il termine sa dernière épreuve orale et obtient sa licence en droit. Le même jour, en rentrant chez lui, deux agents de la sécurité se présentent et lui demandent de quitter le sol français, en raison de sa position de vice-président de l'AEMNA. Son passeport périmé est confisqué par la police et, le 15 juillet, il rentre officiellement à Tunis, prenant le train pour Marseille puis le bateau qui le conduit en Tunisie[9].

De retour au pays, il décide de faire un stage auprès d'une banque dirigée par le père d'un camarade universitaire. Mais il est accueilli par Fathi Zouhir, dirigeant d'un cabinet d'avocats important, qui lui propose de venir travailler auprès de lui, en tant que chargé des affaires des militants traduits devant le tribunal militaire. Le 3 octobre, il prête serment et commence à plaider[10]. Mais, à la suite de l'assassinat de Farhat Hached, Zouhir est arrêté alors que la Tunisie connaît des jours tragiques, durant lesquels Caïd Essebsi fait la connaissance d'Ahmed Tlili[11].

Béji Caïd Essebsi continue de militer en faveur de l'indépendance et œuvre pour défendre les militants tunisiens arrêtés. Durant ces deux années, il déclare avoir passé la majorité de son temps au tribunal militaire de Tunis, à Bab Menara, le matin et à la prison militaire de la kasbah de Tunis l'après-midi, où il rencontre plusieurs militants comme Tlili, qui lui demande d'assurer sa défense. Caïd Essebsi refuse, son affaire étant trop grave pour l'expérience du jeune avocat, Tlili étant accusé de complicité dans l'assassinat d'un gendarme français. Il en parle à ses confrères qui lui annoncent qu'un avocat français peut assurer la défense de Tlili. Mais ce dernier refuse, voulant être défendu par un Destourien tunisien. Lors du procès, il encoure la peine de mort mais, grâce à la défense de Caïd Essebsi, il est finalement acquitté[12].

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Le 20 mars 1956, l'indépendance est obtenue et des élections se tiennent pour élire une Assemblée constituante chargée de rédiger une Constitution. Dans ce contexte, Caïd Essebsi est chargé par le Néo-Destour d'animer la campagne électorale dans la région de Jendouba, sans pour autant être candidat car il ne remplit pas la condition de l'âge légal qui est de trente ans. Le 8 avril, l'Assemblée constituante ouvre ses travaux et finit par proposer à Lamine Bey de nommer Bourguiba comme Premier ministre. Ce dernier est nommé le 11 avril et annonce le 17 avril la composition de son premier gouvernement[13] dans lequel Caïd Essebsi devient conseiller chargé des Affaires sociales basé à Dar El Bey[14]. Alors que Bourguiba œuvre pour l'application de nouvelles réformes, notamment celle du statut des femmes face à une société conservatrice, Caïd Essebsi lui conseille de reporter le projet, ce que Bourguiba refuse en déclarant que si la réforme n'est pas appliquée tout de suite, il se pourrait qu'elle ne le soit jamais[15].

Béji Caïd Essebsi et Dag Hammarskjöld, le 26 juillet 1961 à Bizerte

Le 30 juin, Caïd Essebsi se rend en tant que représentant du Premier ministère à Genève (Suisse) avec une délégation dirigée par le ministre du Travail, Mohamed Chakroun, et qui vise à présenter la candidature de la Tunisie à l'Organisation internationale du travail[16]. Avant de quitter la ville, il reçoit un message dans lequel Bourguiba, en voyage à Paris pour rencontrer le président du Conseil français Guy Mollet, le réclame. Alors qu'il se rend à Paris, pour la première fois depuis son départ forcé en 1952, Bourguiba lui annonce qu'il a décidé de le nommer au ministère de l'Intérieur, auprès du ministre Taïeb Mehiri, pour une mission de six mois en tant que chef de l'administration régionale[17].

Face à l'arrivée croissante de réfugiés algériens, la Tunisie décide d'internationaliser le problème en faisant appel au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Caïd Essebsi est chargé du dossier et de l'évaluation du problème avec Zouhir Chili, fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères. Le 29 mai 1957, ils se rendent à Aïn Draham où ils sont victimes d'un incident. En effet, l'armée française pénètre sur le sol tunisien, en réplique à l'audace du gouverneur Naceur Ben Jaafar qui avait fait arrêter un commandant et des officiers français[18]. Des fusillades éclatent bien que Caïd Essebsi tente de calmer l'atmosphère. Il réussit à s'en sortir avec une jambe éraflée et se rend à Genève, auprès du HCR, où est établi un programme d'assistance internationale à long terme au profit des réfugiés algériens[19].

Caïd Essebsi en compagnie de Bourguiba, lors de l'inauguration du port de La Goulette

Travaillant dans une commission d'arbitrage budgétaire auprès du ministre des Finances, Hédi Nouira, il est libéré le 8 février 1958 à 16 heures pour aller se marier à Hammam Lif vers 18 heures, Taïeb Mehiri étant son témoin. Mais ce dernier ne peut venir, étant occupé avec le président Bourguiba et le ministre de la Défense, Bahi Ladgham, par le bombardement de Sakiet Sidi Youssef.

Les gouverneurs et amis conviés reçoivent l'ordre de regagner leurs gouvernorats et, le gouvernement étant préoccupé par cette affaire, seul les ministres Ahmed Ben Salah, Abdallah Farhat et Mustapha Filali assistent à la cérémonie. Le lendemain, se préparant à son voyage de noces, il reçoit un appel téléphonique du président qui le félicite et lui demande de ne pas partir dans cette période sensible[20]. Lorsque des troubles éclatent le 19 février, après que le colonel Mollot, commandant des forces françaises encore basées dans le sud du pays, a envahi le village de Remada et capturé les agents de la garde nationale, Caïd Essebsi est chargé de s'y rendre pour rétablir l'autorité gouvernementale et dénoncer les abus du colonel[21]. Une délégation composée de Habib Boularès, Caïd Essebsi, des membres du Néo-Destour et de l'armée se charge de cette mission[22]. En août 1962, Caïd Essebsi est invité par le président Bourguiba qui lui confie une nouvelle mission : le développement du tourisme, le ministère de l'Intérieur ayant retrouvé sa stabilité après la crise de Bizerte. Une commission est mise en place pour évaluer le secteur et mettre en place des projets.

Six mois plus tard, peu après la découverte du complot visant la destitution du président, Béji Caïd Essebsi apprend par la radio qu'il a été nommé directeur de la sûreté nationale, en remplacement de Driss Guiga qui prend sa place, chargé du dossier du complot[23] ; il conserve son poste jusqu'en 1965 alors que Taïeb Mehiri souffre d'un diabète qui s'aggrave de plus en plus. Béji Caïd Essebsi est nommé secrétaire d'État adjoint à l'Intérieur par le président Bourguiba. Mais ce dernier refuse, ne voulant pas embarrasser Mehiri. Puisque le président lui annonce que c'est ce dernier qui a proposé sa candidature, Caïd Essebsi accepte, tout en conservant son poste de directeur de la sûreté d'État[24].

Ministre sous Bourguiba[modifier | modifier le code]

Ministre de l'Intérieur[modifier | modifier le code]

Caïd Essebsi rend visite au président Bourguiba au palais présidentiel de Carthage

Le 29 juin 1965, Taïeb Mehiri meurt et des funérailles nationales sont organisées. Son poste reste vacant jusqu'au 5 juillet, date à laquelle le président nomme Béji Caïd Essebsi comme ministre de l'Intérieur. C'est alors le premier portefeuille qu'il occupe tout au long de sa carrière[24].

Le 5 juin 1967, la guerre des Six Jours éclate et entraîne une réaction violente des Tunisiens : des troubles ont lieu dans la capitale où plusieurs personnes attaquent boutiques, véhicules ainsi que le centre d'informations des États-Unis mais aussi l'ambassade du Royaume-Uni qui est incendiée. Bourguiba n'étant pas encore remis de son attaque cardiaque, Caïd Essebsi donne l'ordre de ne pas tirer sur les manifestants ; il reçoit des appels téléphoniques de membres du gouvernement lui demandant de faire appel à l'armée, ce qu'il refuse, soutenu en cela par Ahmed Mestiri[25]. Les troubles continuent durant la nuit, les manifestons saccageant les rues, pillant des magasins et criant des slogans hostiles à Israël, aux États-Unis et à l'OTAN. Malgré ces événements, Caïd Essebsi tient fermement à sa décision de ne pas utiliser les armes, place les bâtiments publics et les ambassades sous la protection de l'armée et demande l'arrestation des saccageurs ; quelques-uns appartiennent au Parti socialiste destourien (PSD) et sont arrêtés par erreur et libérés.

Ces actions lui valent des accusations de défaillance et d'atteinte à l'ordre public, ainsi que l'incrimination de militants du PSD. Le lendemain, pour apaiser l'atmosphère, il se rend avec Bahi Ladgham, alors secrétaire d'État à la présidence, visiter l'ambassade du Royaume-Uni ainsi que les boutiques endommagées ; ils découvrent aussi sur les vidéos des troubles que des membres du PSD y ont participé[26]. Caïd Essebsi est surpris du silence du président, qui n'a pas réagi aux manifestations, et demande une audience qu'il n'obtient pas. Ce n'est que le 9 juin, avant le Conseil des ministres, qu'il le reçoit en pyjama : Caïd Essebsi lui explique les faits et que la police ne peut massacrer le peuple alors que les Israéliens massacrent les Arabes, tout en lui montrant une photo d'un Tunisien brandissant la photo du président, et qui manifestait donc en son nom[27]. Dans l'après-midi, il est convoqué une seconde fois au palais présidentiel de Carthage, où Bourguiba limoge Fouad Mebazaa de la direction de la sûreté nationale et demande l'avis du ministre pour la nomination du nouveau titulaire ; Tahar Belkhodja est alors nommé[28].

Bourguiba décore Caïd Essebsi, ministre de l'Intérieur, du grand cordon de l'Ordre de l'indépendance, le 1er juin 1966

Le lendemain, ce dernier demande à exercer son autorité sur la police et la garde nationale avec rang de directeur général, ce que Caïd Essebsi refuse ; il décide d'en faire part à Bourguiba qui lui demande de le laisser faire[29]. Le 23 juin, Belkhodja est officiellement nommé directeur général de la sûreté nationale (DST) et décide la nomination de Hassan Babbou en tant que directeur de la police. Bientôt, le commandant de la garde nationale présente sa démission en raison d'une mésentente avec Belkhodja, qui le menace s'il persistait à rester à son poste. Quelques mois plus tard, Mohamed Ben Cheikh, chef des services administratifs et financier, Babbou, directeur de la police, et Salem Sabbagh, commandant de la garde nationale, présentent leurs démissions en dénonçant la désorganisation des services de la sûreté[30].

En octobre 1968, Belkhodja décide de limoger de hauts responsables dans son département, notamment le chef de la DST, de la brigade criminelle, du service de la documentation générale et des renseignements généraux, en raison de la disparition de documents importants sur une enquête ayant eu lieu sous la direction de Mehiri, alors ministre de l'Intérieur. En effet, une enquête a été menée sur l’existence d'une cellule baathiste. L'instigateur, un prénommé Tahar Ben Abdallah, avait été arrêté par le ministère avant d'être libéré sur ordre du ministre. Belkhodja demande l'accord du président pour les révoquer, ce qu'il obtient ; Béji Caïd Essebsi est alors en voyage en Libye pour rencontrer son homologue et averti par son chef de cabinet, Khelifa Bellamine, de ce qui se passe[31].

À son retour, le 17 octobre, l'affaire n'est ni mentionnée par Belkhodja, ni par Bourguiba. C'est le lendemain qu'il reçoit des arrêtés mettant fin aux fonctions des quatre responsables, Belkhodja lui demandant de les signer, ce qu'il refuse à la grande surprise de ce dernier qui dit avoir l'aval du président[32]. En fin de matinée, il reçoit l'appel téléphonique de Ladgham qui lui annonce que le président veut obtenir des explications concernant l'affaire des révocations, soulignant qu'il y attache beaucoup d'importance. Le 21 avril, une réunion se tient au palais de Carthage : Bourguiba se dit étonné de la disparition du dossier et de la décision de Mehiri qu'il juge grave. Caïd Essebsi prend alors la parole pour indiquer que la libération de cet homme a eu lieu sous son conseil, alors qu'il était directeur de la sûreté nationale, jugeant l'affaire insignifiante. Le président fait alors appel au chef du service de la documentation générale, Mohamed Ayachi, qui annonce au président qu'un dossier aussi important ne peut disparaître et qu'il existe encore en huit exemplaires. En novembre, Sabbagh témoigne de l'organisation de la sûreté nationale et annonce de grandes révélations qui mènent à la création d'une commission d'enquête sur l'affaire Belkhodja[33]. Une enquête a lieu et des documents importants sont retrouvés, soit des fiches de surveillance de plusieurs membres du gouvernement. À la suite de cette découverte, Belkhodja est destitué le 6 décembre 1968[34].

Le 8 septembre 1969, un remaniement ministériel a lieu. Caïd Essebsi quitte le poste de ministre de l'Intérieur et devient ambassadeur aux États-Unis, cédant sa place à Hédi Khefacha[24]. Cependant, ce dernier tarde à prendre ses fonctions car il est en visite officielle au Canada. Le 13 septembre, la passation des pouvoirs a finalement lieu[35].

Le 15 mars 2012, le Comité pour la défense des victimes de torture du mouvement yousséfiste, présidé par Me Mabrouk Kourchid, dépose deux plaintes contre d'anciens officiels de la sûreté de l'État et du ministère de l'Intérieur, dont Caïd Essebsi, pour actes de torture[36]. Un groupe d’avocats constitue le 21 mars un comité de soutien et de défense à la suite de ce qui est qualifié « d’attaque médiatique et judiciaire »[37].

Ministre de la Défense[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du 2 novembre 1964, Béji Caïd Essebsi est désigné par Bourguiba en tant que tête de liste du PSD dans la circonscription de Tunis, tout en conservant son poste en tant qu'ambassadeur Les élections sont remises en cause pour manque de démocratie, la majorité des députés du parti au pouvoir étant élus[38].

Caïd Essebsi, ministre de la Défense, en visite de travail avec le Premier ministre Bahi Ladgham

Se préparant pour rejoindre son nouveau poste à Washington, il est reconduit dans le nouveau gouvernement de Ladgham, récemment nommé Premier ministre, le 7 novembre 1969, après le rétablissement du poste. Caïd Essebsi est alors nommé par le président Bourguiba en tant que ministre de la Défense avec rang de ministre d'État ; Slaheddine Goulli le remplace alors en tant qu'ambassadeur aux États-Unis[38].

La crise s'aggravant au sein du gouvernement, Caïd Essebsi décide de quitter son poste, déclarant à Bourguiba par l'intermédiaire de Béchir Zarg Layoun que ce dernier ne le défend pas lorsque des accusations fausses sont portées à son encontre [39]. Bourguiba lui annonce que ses propos ne sont pas correctes, mais lui propose le poste d'ambassadeur de Tunisie en France. Caïd Essebsi accepte, cédant sa place à Hassib Ben Ammar[40]. Le 12 juin 1970, un remaniement ministériel met officiellement fin à son mandat en tant que ministre. Le 1er août, il entre en fonction en tant qu'ambassadeur, dont il démissionne à la suite d'un conflit avec le président, lors du congrès du PSD tenu à Monastir, sur la gestion de l'État par le parti et la séparation du poste de secrétaire général et celui de Premier ministre[41],[42]. Le président lui demande alors de rester en fonction jusqu'à l'arrivée de son épouse Wassila car il doit partir se faire soigner à Paris. Le 14 décembre 1971, il quitte officiellement son poste et laisse sa place à Abdesselem Ben Ayed.

Après son retour définitif de Paris, Caïd Essebsi s'engage à siéger à la chambre des députés et exerce paradoxalement son travail d'avocat[43]. N'étant pas invité au congrès du parti, malgré le fait d'être membre de son comité central, il dénonce en compagnie de plusieurs militants cette situation en déclarant lors d'un appel aux congressistes qu'un parti qui n'est plus en mesure d'assurer la démocratie en son sein n'est pas crédible quand il prétend réaliser la démocratie dans le pays. À la suite de ces déclarations, une motion est votées à l'encontre des signataires, en résulte leurs suspensions du parti et de l'assemblée[44].

Retour sur la scène politique[modifier | modifier le code]

Caïd Essebsi rencontre le président Bourguiba

S'ensuit une traversée du désert qui dure jusqu'en 1980. Avec la maladie de Hédi Nouira, ce dernier quitte son poste le 23 avril 1980, remplacé par Mohamed Mzali qui forme son gouvernement. Par l'intermédiaire de Hassen Belkhodja, Mzali propose à Caïd Essebsi de revenir sur la scène politique et de devenir ministre de la Justice, ce qu'il refuse, affirmant que le système de gouvernement n'est pas engagé à faire des réformes en matière de démocratie, tout en proposant Mohamed Chaker comme titulaire de la fonction. Malgré cela, Mzali persiste et, fin novembre, Caïd Essebsi est invité par ce dernier pour un entretien, finissant par être convaincu que le nouveau Premier ministre va mettre en place un processus démocratique[45]. À la suite d'une rencontre avec Bourguiba à Carthage, il lui déclare qu'il ne croit plus au système du parti unique et que la Tunisie appartient à tous les Tunisiens, tout en lui demandant de mettre en place une démocratie, sans quoi il ne retournerait pas au gouvernement. Il est officiellement nommé ministre délégué auprès du Premier ministre le 2 décembre 1980[46].

Occupant un bureau au Premier ministère, sa mission consiste essentiellement à lire les dépêches des ambassades ainsi que les nouvelles de l'Agence France-Presse et analyser l'actualité du pays. Néanmoins, il effectue des missions au service du président Bourguiba, en se rendant notamment au Maroc et à Malte. Par ailleurs, il est chargé de porter un message au président du Sénégal, Abdou Diouf, et se charge de représenter la Tunisie lors de la cérémonie d’investiture du président de la Corée du Sud, Chun Doo-hwan, en qualité de représentant personnel du président, sur la proposition de Hassen Belkhodja, alors ministre des Affaires étrangères. Il se rend aussi au Japon, où il rencontre l'ambassadeur de Tunisie, Habib Ben Yahia[47].

Son entrée au gouvernement suscite des critiques de membres du PSD ayant été exclus du parti pour leurs déclarations, notamment Ben Ammar, Boularès et Sadok Ben Jemâa[44], mais aussi de l'opinion publique, à la suite de quoi il déclare lors d'une interview au journal L'Action tunisienne que son retour est un choix politique pris après avoir obtenu l'assurance que Bourguiba va œuvrer à apaiser le climat politique et mettre en place une démocratie[47]. Membre du bureau politique du PSD, il est chargé de préparer le congrès du parti qui doit se tenir du 8 au 10 avril 1981. Il soutient par ailleurs l'engagement du gouvernement à instaurer une démocratie, faute de quoi son maintien à son poste n'est plus fondé. Chargé de l'écriture du discours de Bourguiba, il propose l'insertion de ces engagements puis le propose au président qui accepte ces nouvelles réformes[48].

Ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Au lendemain du congrès, Caïd Essebsi reçoit un appel de Bourguiba qui lui propose le poste de ministre des Affaires étrangères en remplacement de Hassen Belkhodja. Dans son livre Habib Bourguiba. Le bon grain et l'ivraie, Béji Caïd Essebsi témoigne que sa nomination, à la suite du discours d'ouverture lors du congrès, est destinée à l'éloigner des affaires intérieures du pays, Bourguiba n'étant pas prêt pour la démocratie et ne voulant pas approfondir davantage les réformes[49]. Il entre en fonction le 15 avril et découvre immédiatement que Bourguiba est le vrai dirigeant de la politique étrangère. En effet, ce dernier fait même parvenir des instructions à Mzali, lui demandant de ne pas intervenir dans les relations extérieures de la Tunisie. Lors de la visite de Caïd Essebsi au président de la République, en séjour pour repos à Nefta, le président déclare devant lui et Mahmoud Mestiri que c'est lui le ministre des Affaires étrangères, tout en précisant qu'aucun ministre n'a jamais reflété sa pensée et son orientation de la politique étrangère[50].

Caïd Essebsi à New York en compagnie de Vernon Walters

Lors des élections anticipées du 1er novembre 1981, faisant suite à la dissolution de la Chambre des députés conformément à la loi constitutionnelle no 81-78 du 9 septembre 1981, les partis d'opposition sont autorisés à participer au scrutin, en faisant le premier vote pluraliste de la Tunisie. Malgré cela, Bourguiba craint que les partis d'opposition, notamment le Mouvement des démocrates socialistes d'Ahmed Mestiri, obtiennent la majorité. Béji Caïd Essebsi se présente pour son second mandat parlementaire en tant que tête de liste dans la circonscription de Tunis, en concurrence avec Mestiri[51]. Il est élu à la suite de l'annonce des résultats, tout comme son parti qui obtient les 136 sièges de l'assemblée.

À l'occasion des émeutes du pain, il est en compagnie de Bourguiba à Ksar Hellal, avec d'autres membres du bureau politique du parti, pour célébrer l'anniversaire du Néo-Destour. Les manifestations qui éclatent dans le pays poussent cependant ces derniers à revenir dans la capitale où Caïd Essebsi joue un rôle de conseiller important pour sortir de la crise[52]. Il propose au président d'ajouter dans son discours qu'il donne au gouvernement un délai pour fixer un autre prix pour le pain ainsi qu'un plan d'assainissement de la caisse de compensation, pour éviter la démission automatique du gouvernement.

Le lendemain, il lui propose d'accepter une éventuelle démission du gouvernement et la reconduction de Mzali pour la formation d'un second gouvernement, ce que Bourguiba refuse[53]. Au lieu de cela, Bourguiba limoge le ministre de l'Intérieur, Driss Guiga, propose à Caïd Essebsi de participer avec lui à la revue politique matinale et organise quotidiennement une rencontre avec le gouvernement pour renforcer sa politique. La proximité de Bourguiba et de Caïd Essebsi entraîne des ragots dans l'opinion publique, notamment de l'hebdomadaire Jeune Afrique qui annonce lors d'un article paru le 11 juillet que Caïd Essebsi serait le successeur de Mzali[54], provoquant la gêne du Premier ministre et le retrait de Caïd Essebsi de la séance matinale[55].

Occupant son poste jusqu'au 15 septembre 1986, il est confronté à plusieurs crises, notamment l'arrivée à Bizerte des combattants palestiniens chassés de Beyrouth en 1982, le bombardement par l'armée de l'air israélienne du quartier général de l'OLP à Hammam Chott (opération « Jambe de bois ») en 1985, sans oublier les sautes d'humeur de Mouammar Kadhafi[56]. Le moment le plus fort de sa carrière à la tête de la diplomatie tunisienne reste cependant le vote de la résolution des Nations unies[57] condamnant l'agression israélienne contre la Tunisie[58].

Caïd Essebsi occupe ensuite le poste d'ambassadeur en Allemagne de l'Ouest à partir de 1987.

Parlementaire[modifier | modifier le code]

Il intègre le Rassemblement constitutionnel démocratique avant d'être élu député pour un troisième et dernier mandat aux élections de 1989, suite de la dissolution anticipée de la chambre le 2 mars de la même année.

Le 14 mars 1990, il est élu président de la chambre par ses pairs députés, et conserve sa charge jusqu'au 9 octobre 1991. Il reste député jusqu'aux élections de 1994.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Il est nommé Premier ministre du gouvernement provisoire post-révolutionnaire, le 27 février 2011, en remplacement de Mohamed Ghannouchi forcé de démissionner sous la pression populaire[59]. Son gouvernement s'appuie d'abord sur le gouvernement précédent mais, à la suite de démissions de quelques-uns de ses membres, il annonce le 7 mars une liste de 22 ministres et de neuf secrétaires d'État tous sans appartenance politique comme il l'avait promis.

Il quitte son poste le 24 décembre, laissant sa place à Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahdha, qui forme son gouvernement composé de membres de la troïka.

Après avoir quitté son poste et à la suite de la diffusion du film Persepolis par la chaîne de télévision Nessma, il figure le 23 janvier 2012 parmi les avocats de la chaîne qui est attaquée en justice, ce que critiquent des salafistes, l'accusant d'être un ennemi de Dieu[60].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Le 4 mars 2011, il prononce un discours où il appelle à rompre avec la Constitution de 1959. Il affirme aussi que les membres du gouvernement n'ont pas le droit de se présenter aux prochaines élections et que, s'ils le souhaitent, ils doivent d'abord démissionner de leurs fonctions. Il affirme enfin que le président déchu, Zine el-Abidine Ben Ali, ainsi que sa famille seront jugés pour les crimes qu'ils ont commis. Le 28 mars, il demande au président Mebazaa de remplacer le ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, par Habib Essid, à la suite de quoi Rajhi crée le buzz avec une interview diffusée le 5 mai sur Facebook où il traite notamment Caïd Essebsi de « menteur », déclare que son gouvernement est manipulé par un ancien proche de Ben Ali et que le chef d'état-major des armées, le général Rachid Ammar, prépare un coup d'État au cas où le mouvement Ennahdha remporterait les élections[61].

Le lendemain, face à la vague de réactions, notamment du gouvernement[62], il s'excuse en indiquant avoir été piégé, arguant « qu'il s'agissait d'hypothèses, d'interprétations et de simples opinions personnelles » et justifiant ses accusations par une « immaturité politique »[63].

Béji Caïd Essebsi lors d'un discours

Le 8 juin, il annonce au peuple tunisien que l'élection de l'Assemblée constituante est reportée du 24 juillet au 23 octobre 2011[64]. Il remanie son gouvernement le 1er juillet, changeant cinq ministres et deux secrétaires d'État. Mais, le 15 juillet, des manifestations ont lieu à la kasbah de Tunis, devant la résidence officielle du Premier ministre, Dar El Bey, défiant le gouvernement et demandant sa révocation. Le Premier ministre y met fin par un discours diffusé à la télévision dans lequel il déclare que 3 % des membres de la garde nationale sont des « singes »[65].

Il annonce le 6 septembre 2011, lors d'une allocution télévisée, l'interdiction de toute activité syndicale pour les forces de sécurité à la suite d'une manifestation organisée à l'appel de l'Union des syndicats des forces sécuritaires de l'intérieur.

À l'occasion d'un discours prononcé le 20 octobre, il indique que la mission de son gouvernement s'achèvera avec la formation d'un nouveau gouvernement ; il souligne que sa composition ne devrait pas intervenir avant le 9 novembre, en tenant compte des étapes suivant l'élection de l'Assemblée constituante[66]. Il estime que la Tunisie « donnera la preuve au monde entier qu'elle est apte à organiser des élections crédibles et à instaurer un processus démocratique réussi » ; elle donnera la preuve « qu'un État musulman est capable de construire une démocratie et que la religion islamique n'est nullement en contradiction avec les valeurs et les principes de démocratie »[66].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Il est invité le 17 mai 2011 en France, où il rencontre le président Nicolas Sarkozy ainsi que le Premier ministre François Fillon. Il participe au 37e sommet du G8 tenu les 26 et 27 mai à Deauville ; il y participe à la discussion focalisée sur les moyens d'aider les peuples du monde arabe à instaurer des démocraties.

Le 5 octobre 2011, il se rend aux États-Unis à la suite de l'invitation du président Barack Obama ; il y rencontre le président pro tempore du Sénat Daniel Inouye et la secrétaire d'État Hillary Clinton. Il affirme « l'existence d'une ligne rouge à ne pas dépasser, et qui consiste à garder la définition de la Tunisie telle qu'inscrite dans la Constitution de 1959, un pays dont la religion est l'islam, et non pas une république islamique »[67]. Le 7 octobre, il rencontre Obama à la Maison-Blanche qui déclare :

« Je voudrais saluer la Tunisie, le tout premier pays de l'Afrique du Nord et du monde arabe à avoir entamé cette transformation extraordinaire que nous appelons le printemps arabe[68]. »

Président de Nidaa Tounes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nidaa Tounes.

Figure de l'opposition[modifier | modifier le code]

Caïd Essebsi en couverture de Tunivisions, en janvier 2012

Après avoir quitté le poste de Premier ministre, Béji Caïd Essebsi souhaite fonder un parti selon le quotidien Assabah[69], avec pour but de rassembler l'opposition[70].

Il fonde d'abord une initiative dans le but d'aider le gouvernement et l'opposition. Au mois de mai, on annonce qu'il s'apprête à la transformer en un parti politique et qu'il annoncera sa création lors d'un grand meeting[71]. Celui-ci a lieu le 16 juin au Palais des congrès de Tunis en présence de 6 à 7 000 personnes[72].

Lors de ce meeting, il demande à rassembler tous les Tunisiens ainsi que le mouvement Ennahdha pour trouver un moyen de sortir de la crise[73]. Concernant les destouriens, il refuse leur exclusion qui serait selon lui anti-démocratique[73] et encourage la justice à faire son travail, de même pour les hommes d'affaires. Il précise par ailleurs que la révolution n'a été faite par aucun parti politique, n'hésitant pas à critiquer le gouvernement et ses actions[73]. Lors d'une réunion de la commission provisoire du parti, le 29 juin, Béji Caïd Essebsi est nommé président en attendant le congrès électif[74]. Le 6 juillet, le parti obtient son autorisation officielle[75].

Le 7 décembre, il annonce la création d'une coalition avec Al Joumhouri et la Voie démocratique et sociale[76]. Le 29 janvier 2013, elle est officiellement fondée sous le nom d'Union pour la Tunisie[77]. Le 2 février, la coalition est rejointe par le Parti socialiste et le Parti du travail patriotique et démocratique[78]. À la suite de nombreuses tentatives de la part d'Ennahdha et du Congrès pour la République d'exclure Nidaa Tounes et les destouriens de la scène politique, Essebsi annonce, lors du 79e anniversaire de la création du Néo-Destour, le 2 mars à Ksar Hellal, que ces derniers ont contribué à la création d'un État tunisien indépendant, moderne et musulman. Il considère l'Union pour la Tunisie comme un prolongement du mouvement destourien[79].

Le 4 avril, Caïd Essebsi intervient lors de l’émission 9h du soir sur Ettounsiya TV, déclarant à propos de la loi d’immunisation de la révolution, approuvée le même jour par la commission de la législation générale au sein de l’assemblée nationale constituante, que, si celle-ci prône l'exclusion, elle ne gênerait pas particulièrement son parti, étant donné qu'elle ne concerne que 24 de ses membres. Il affirme aussi que les personnes qui veulent adopter cette loi ont des comptes à régler et n’ont confiance ni en la justice, ni en le peuple tunisien. Il annonce dans le même temps qu'il ne compte pas se présenter à la prochaine élection présidentielle[80], ce qu'il fait pourtant lors d'une interview accordée le 28 avril sur Nessma et cela malgré la limitation de l’âge des candidats à 75 ans, ce à quoi il répond que plusieurs hommes politiques de son âge et même plus âgés que lui ont été élus à la magistrature suprême en Allemagne et en Italie ; il déclare également que la limitation d’âge pour les candidats à la présidentielle, qui n’existe dans aucun pays démocratique, est une loi crée sous le régime Ben Ali. Quant à une éventuelle nomination au poste de chef du gouvernement, il déclare que ce poste devrait être occupé par Ahmed Néjib Chebbi[81].

À la suite du meurtre de Mohamed Brahmi ainsi qu'aux manifestations au Bardo réclamant la dissolution de l'Assemblée constituante et du gouvernement, la troïka et l'opposition tentent de trouver un consensus. Dans ce contexte, Caïd Essebi et Rached Ghannouchi, leader d'Ennahdha, se rencontrent à Paris le 14 août et s'entendent pour remplacer le président Moncef Marzouki par Béji Caïd Essebsi et former un gouvernement composé de technocrates et d'hommes politiques[82].

Élections législatives de 2014[modifier | modifier le code]

Le programme de Nidaa Tounes pour les élections législatives du 26 octobre 2014 repose sur la préservation du modèle sociétal qui inclut l'autorité de l’État de droit, la démocratie, l'émancipation de la femme ainsi que l'éducation sur la base des valeurs universelles, basés sur un islam tolérant. Il vise aussi une sortie de crise progressive ainsi que le renouvellement du modèle de développement, en fixant les rôles de l’État et du secteur privé, en développant l'emploi, en mettant en avant le développement régional ainsi que des politiques sectorielles ; ce programme repose sur quatre axes principaux à savoir la jeunesse, le développement régional, l'emploi et la justice sociale[83].

Beaucoup d'observateurs estiment que la déclaration de Caïd Essebsi, faite le 20 octobre lors d'un meeting populaire à Hammam Lif, est un facteur déterminant de la réussite de la campagne de son parti. En effet, il affirme alors que quiconque ne vote pas pour Nidaa Tounes est en fait un électeur d'Ennahdha[84]. Il porte ainsi un coup fatal aux partis centristes et démocratiques (Al Joumhouri, Ettakatol, l'Alliance démocratique, l'Initiative nationale destourienne, etc.) dont l'électorat potentiel est amené à voter pour Nidaa Tounes, les condamnant à des résultats médiocres[85].

Attendus le 27 octobre, les premiers résultats sont annoncés par les médias, partageant la nouvelle assemblée en deux principales formations, à savoir Nidaa Tounes, placée en tête du scrutin, ainsi qu'Ennahdha qui marque un net recul par rapport aux élections de 2011[86]. La soirée même, Ennahdha reconnaît être arrivé en seconde position, son chef Rached Ghannouchi félicitant Caïd Essebsi pour la victoire de son parti, en lui téléphonant tel qu'indiqué sur le compte Twitter de sa fille, Soumaya, qui a publié une photo de son père au téléphone[86]. Les résultats préliminaires, publiés le 29 novembre en fin de soirée, placent Nidaa Tounes en tête avec 85 sièges sur 217 dans le nouveau parlement ; le parti est présent dans toutes les circonscriptions, surtout au nord du pays, atteignant même cinq sièges dans la deuxième circonscription de Tunis. En revanche, dans les circonscriptions du sud du pays, Ennahdha reste majoritaire.

Selon la Constitution, le parti vainqueur doit présenter dans les deux semaines qui suivent les élections son candidat à la présidence du gouvernement au président de la République qui le charge de la formation du gouvernement. Mais Nidaa Tounes ne reconnaît pas la légitimité du président en place et déclare qu'il ne le fera qu'après l'élection d'un nouveau président[87]. Cette décision est officialisée par le dialogue national lors d'une réunion le 31 octobre[88].

Entre temps, les tractations continuent dans la mesure où Nidaa Tounes et ses alliés (Afek Tounes, Initiative nationale destourienne et autres partis) ne possèdent que près de 100 sièges sur les 109 nécessaires. Ils doivent donc faire des concessions à l'un de leurs trois adversaires : Ennahdha, le Front populaire ou l'Union patriotique libre[89]. En cas d'alliance avec Ennahdha, Nidaa Tounes exige que le parti soutienne Caïd Essebsi à la présidentielle[90].

Élection présidentielle de 2014[modifier | modifier le code]

Désigné par son parti comme candidat à la présidentielle en mai 2014, il annonce sa candidature le 8 juillet[91]. Il dépose officiellement celle-ci le 9 septembre suivant[92], puis apparaît, le 30 septembre, sur la liste définitive de candidats publiés par l'Instance supérieure indépendante pour les élections.

Le 1er novembre, date du début de la campagne électorale, il déclare qu'il se présente pour être utile à son pays : « Si j'ai présenté ma candidature c'est parce que je pense qu'elle était utile […] pour le pays parce que je suis porteur d'un projet qui est de ramener la Tunisie à un État du XXIe siècle »[93]. Malgré la victoire de son parti, il reconnaît la difficulté de constituer une majorité parlementaire[93]. Concernant les critiques relatives à son âge, il déclare que la jeunesse est un état d'esprit, tout en mettant en avant sa longue carrière aux côtés de Bourguiba[93]. Interrogé à propos de la présence de membres du RCD au sein de son parti, il déclare qu'ils restent Tunisiens, tout en soulignant l'aide qu'ils peuvent apporter au pays[93]. Il ouvre officiellement sa campagne le 2 novembre, au mausolée de Bourguiba, à Monastir, devant une foule rassemblée sur l'esplanade[94].

Il se qualifie pour le second tour le 23 novembre 2014, obtenant la première place avec 39,46 % des voix, et se trouve opposé à Moncef Marzouki, le président sortant, arrivé deuxième avec 33,43 % des suffrages[95]. Durant l'entre-deux tours, Béji Caïd Essebsi accuse son rival d'être implicitement soutenu par les islamistes[96]. Le 21 décembre 2014, il est élu président face à Moncef Marzouki, avec 55,68 % des voix[97].

Marzouki annonce une passation de pouvoirs pour le 30 décembre 2014[98].

Médias[modifier | modifier le code]

Dans l'émission de la chaîne Ettounsiya TV, La Logique politique, Béji Caïd Essebsi possède sa marionnette depuis son accession au poste de Premier ministre[99]. Il en possède également une dans l'émission Les Guignols du Maghreb diffusée sur Nessma depuis le début du ramadan 2012.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Bourguiba. Le bon grain et l'ivraie, éd. Sud Éditions, Tunis, 2009 (ISBN 9789973844996)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Béji Caïd Essebsi, Bourguiba. Le bon grain et l'ivraie, éd. Sud Éditions, Tunis, 2009, p. 13
  2. a, b et c Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 12
  3. Mohamed El Aziz Ben Achour, Catégories de la société tunisoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle : les élites musulmanes, éd. Ministère des Affaires culturelles, Tunis, 1989, p. 236
  4. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 14-15
  5. a et b Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 15
  6. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 14
  7. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 19
  8. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 20
  9. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 34
  10. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 35
  11. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 36
  12. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 23, 40 et 42
  13. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 57
  14. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 58-59
  15. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 60
  16. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 65
  17. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 66-83
  18. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 79
  19. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 80-81
  20. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 83
  21. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 84-85
  22. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 85
  23. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 125
  24. a, b et c Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 126
  25. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 126-127
  26. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 128
  27. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 127
  28. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 130-131
  29. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 131
  30. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 132-133
  31. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 134
  32. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 135
  33. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 136
  34. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 137
  35. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 164
  36. (en) Mischa Benoit-Lavelle, « Former Prime Minister Beji Caid Essebsi Charged with Torture » sur Tunisia Live, 16 mars 2012
  37. « Tunisie. Béji Caïd Essebsi divise le corps des avocats » sur Kapitalis, 22 mars 2012
  38. a et b Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 165
  39. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 169
  40. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 170
  41. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 179
  42. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 180
  43. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 183
  44. a et b Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 184
  45. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 209
  46. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 210
  47. a et b Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 211
  48. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 212
  49. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 214
  50. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 233-234
  51. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 215-216
  52. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 220-221
  53. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 222-223
  54. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 224-225
  55. Béji Caïd Essebsi, op. cit., p. 226
  56. Ridha Kéfi, « Béji Caïd Essebsi » sur Jeune Afrique, 13 mars 2005
  57. (en) Résolution 573 du Conseil de sécurité des Nations unies
  58. « L'intervention d'Israël en Tunisie du 1er octobre 1985 », position officielle de l'ONU et des États membres
  59. « Tunisie : le premier ministre annonce sa démission », sur Le Figaro,‎ 27 février 2011
  60. « Procès Nessma : Caïd Essebsi à la défense et les salafistes à la défonce » sur Business News, 23 janvier 2012
  61. « Farhat Rajhi fonce, tête baissée, pour l'élection présidentielle » sur Business News, 6 mai 2011
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  63. « Farhat Rajhi présente ses excuses » sur Business News, 6 mai 2011
  64. « Tunisie : les élections reportées au 23 octobre » sur Les Échos, 8 juin 2011
  65. Chawki Rouissi, « Les agents de la Garde nationale en sit-in devant le ministère de l'Intérieur » sur Tunisie numérique, 8 septembre 2011
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  67. « Interview de Béji Caïd Essebsi au Washington Post » sur Tunis Afrique Presse, 6 octobre 2011
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  69. « Al Wehda Al Watanya, un nouveau parti de Béji Caid Essebsi ? » sur Tunisie Focus, 19 novembre 2011
  70. « Caïd Essebsi veut fonder un parti » sur L'Expression, 28 novembre 2011
  71. « Tunisie - L'Initiative de Béji Caïed Essebsi s'apprête à se transformer en parti » sur Business News, 27 mai 2012
  72. « Tunisie – Des milliers de personnes présentes à l'Initiative de Béji Caïed Essebsi » sur Business News, 16 juin 2012
  73. a, b et c Ridha Kéfi, « Caïd Essebsi veut rassembler tous les Tunisiens, les Nahdhaouis compris » sur Kapitalis, 16 juin 2012
  74. « L'Appel de la Tunisie : Béji Caied Essebsi président fondateur, Taieb Baccouche secrétaire général » sur Mosaïque FM, 30 juin 2012
  75. « Le parti de Caïd Essebsi enfin autorisé » sur Kapitalis, 6 juillet 2012
  76. « Tunisie – BCE annonce une coalition de cinq partis » sur Tunisie numérique, 7 décembre 2012
  77. « Naissance de l'Union pour la Tunisie » sur Mag14, 29 janvier 2013
  78. « L'Union pour la Tunisie passe de trois à cinq » sur Directinfo, 2 février 2013
  79. « BCE rend hommage aux destouriens lors du congrès du 2 mars 1934 à Ksar Helal » sur Business News, 2 mars 2013
  80. « La loi d’immunisation de la Révolution ne gênera pas Nidaa Tounès, dixit Béji Caïd Essebsi » sur Business News, 4 avril 2013
  81. Noureddine Hlaoui, « Béji Caïd Essebsi s'explique sur la présidentielle et sur Néjib Chebbi » sur Business News, 28 avril 2013
  82. Nizar Bahloul, « Le deal : Ali Laârayedh à la Kasbah, Béji Caïd Essebsi à Carthage » sur Business News, 18 août 2013
  83. Imen Zine, « Tunis : le programme économique de Nidaa Tounes sous la loupe » sur L'Économiste maghrébin, 22 septembre 2014
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  97. Maxime Bourdier, « Qui est Béji Caïd Essebsi, le nouveau président de Tunisie », sur Al Huffington Post, 21 décembre 2014
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