Hédi Lakhoua

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Hédi Lakhoua
Fonctions
Grand vizir de Tunis
19321942
Monarque Ahmed II Bey
Moncef Bey
Prédécesseur Khelil Bouhageb
Successeur M'hamed Chenik
Ministre de la Plume
novembre 19261932
Prédécesseur Khelil Bouhageb
Successeur Younès Hadjouj
Biographie
Date de naissance 15 septembre 1872
Lieu de naissance Tunis (Tunisie)
Date de décès 1949
Lieu de décès Tunis (Tunisie)
Nationalité tunisienne
Conjoint Khedija Mbazaa
Religion Islam

Hédi Lakhoua
Grand vizir de Tunis

Hédi Lakhoua (الهادي الأخوة), de son nom complet Mohamed Hédi Lakhoua, né le 15 septembre 1872[1] à Tunis et décédé en 1949 à Tunis, est un homme politique tunisien.

Il occupe la fonction de grand vizir sous les règnes d'Ahmed II Bey et Moncef Bey, de 1932 à 1942.

Carrière[modifier | modifier le code]

Mohamed Hédi Lakhoua est issu d'une famille de la grande bourgeoisie tunisoise d'origine morisque qui a fourni une longue lignée de maîtres artisans de chéchia parmi les plus connus du pays ; son père suit cependant une carrière administrative prolongée par sa descendance[2],[3]. Après des études au Collège Sadiki[1], il remplit plusieurs fonctions telles que secrétaire à la direction générale de l'enseignement public, entre 1890 et 1892, et secrétaire interprète à la municipalité de Tunis dès 1892[4],[1]. Il est rédacteur puis sous-chef de bureau, avant d'être appelé à l'administration générale en 1913 puis, en 1916, comme chef de section à la comptabilité[1]. Délégué du maire de Tunis Khelil Bouhageb en 1922[1], il sert comme chef de la section d'État avant d'être nommé ministre de la Plume en novembre 1926.

En 1927, il est fait commandeur de la Légion d'honneur[1].

Cabinet ministériel[modifier | modifier le code]

Ayant les faveurs du résident général de France, il est choisi par Ahmed II Bey pour succéder à Bouhageb au poste de grand vizir. Il compose son gouvernement avec des personnalités peu enclines à aider le mouvement national, comme Tahar Kheireddine (fils du réformateur Kheireddine Pacha) comme ministre de la Justice, Younès Hadjouj comme ministre de la Plume et Mustapha Sfar comme directeur du protocole. Le modéré Abdeljelil Zaouche l'intègre en 1935 comme ministre de la Justice.

C'est sous son administration que se déroule un évènement majeur de l'histoire de la Tunisie : l'affaire des naturalisés en 1932, durant laquelle des incidents éclatent dans tout le pays.

Alors que le gouvernement est très critiqué pour son manque de soutien à la cause nationale, Moncef Bey profite d'un incident mineur entre Zaouche et le résident général Jean-Pierre Esteva pour demander la démission de Zaouche, de Lakhoua et du ministre de la Plume Habib Djellouli[5]. Il nomme le 31 décembre 1942 un gouvernement mené par M'hamed Chenik et composé de nationalistes comme Salah Farhat à la Justice, Mahmoud El Materi à l'Intérieur et Aziz Djellouli aux Habous[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Si Hadi Lakhoua, ministre de la Plume, est promu commandeur de la Légion d'honneur », L'Afrique du Nord illustrée, n°342, 19 novembre 1927, p. 9 (disponible sur Gallica)
  2. Mohamed El Aziz Ben Achour, Catégories de la société tunisoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle, éd. Institut national d'archéologie et d'art, Tunis, 1989
  3. (es) Manuel Altozano, « La élite morisca de los boneteros », El País, 29 janvier 2005
  4. Paul Lambert, Dictionnaire illustré de La Tunisie : choses et gens de Tunisie, éd. C. Saliba aîné, Tunis, 1912, p. 257
  5. Sadok Zmerli et Hamadi Sahili, Figures tunisiennes, éd. Dar al-Gharb al-Islami, Beyrouth, 1993, p. 235
  6. Hédi Slim et Hichem Djaït, Histoire de la Tunisie, vol. IV « L'époque contemporaine », éd. Société tunisienne de diffusion, Tunis, 1976, p. 445