Fouad Mebazaa

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Fouad Mebazaa
فؤاد المبزع
Fouad Mebazaa, le 22 novembre 2011, lors de son discours au palais du Bardo à la séance inaugurale de l'Assemblée constituante.
Fouad Mebazaa, le 22 novembre 2011, lors de son discours au palais du Bardo à la séance inaugurale de l'Assemblée constituante.
Fonctions
Président de la République tunisienne
(intérim)
15 janvier13 décembre 2011
(10 mois et 28 jours)
Premier ministre Mohamed Ghannouchi
Béji Caïd Essebsi
Prédécesseur Zine el-Abidine Ben Ali
Successeur Moncef Marzouki (provisoire)
10e président de la Chambre des députés
14 octobre 199723 mars 2011
Prédécesseur Habib Boularès
Successeur Sahbi Karoui (intérim)
Mustapha Ben Jaafar (président de l'Assemblée constituante)
Ministre des Affaires culturelles tunisien
7 novembre 19792 janvier 1981
Président Habib Bourguiba
Premier ministre Hédi Nouira
Mohamed Mzali
Prédécesseur Mohamed Yalaoui
Successeur Béchir Ben Slama
Ministre de l'Information tunisien
7 novembre 19793 décembre 1980
Président Habib Bourguiba
Premier ministre Hédi Nouira
Mohamed Mzali
Prédécesseur Chedli Klibi
Successeur Tahar Belkhodja
Ministre de la Santé publique tunisien
13 septembre 19787 novembre 1979
Président Habib Bourguiba
Premier ministre Hédi Nouira
Prédécesseur Mongi Ben Hamida
Successeur Dhaoui Hannablia
Ministre de la Jeunesse et des Sports tunisien
30 novembre 197313 septembre 1978
Président Habib Bourguiba
Premier ministre Hédi Nouira
Prédécesseur Mohamed Sayah
Successeur Hédi Zeghal
22e maire de Tunis
19691973
Prédécesseur Hassib Ben Ammar
Successeur Ezzeddine Abassi
Biographie
Date de naissance 15 juin 1933 (81 ans)
Lieu de naissance Tunis (Régence de Tunis)
Nationalité tunisienne
Parti politique Parti socialiste destourien, Rassemblement constitutionnel démocratique puis indépendant
Religion Islam

Fouad Mebazaa
Présidents de la Chambre des députés tunisienne
Présidents de la République tunisienne

Fouad Mebazaa (فؤاد المبزع retranscrit selon ISO 233-2 en Fuʾād al-Mubazzaʿ), parfois orthographié Foued Mebazaâ, né le 15 juin 1933 à Tunis[1], est un homme d'État tunisien.

Membre du Rassemblement constitutionnel démocratique sous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, il préside la Chambre des députés à partir de 1997. C'est à ce titre qu'il devient président de la République tunisienne par intérim le 15 janvier 2011, sur décision du Conseil constitutionnel, qui constate la vacance du pouvoir laissée par la fuite de Ben Ali dans le cadre de la révolution tunisienne. Il transmet ses pouvoirs présidentiels à Moncef Marzouki le 13 décembre 2011.

Formation[modifier | modifier le code]

Né dans une famille bourgeoise de commerçants du côté paternel et de dignitaires religieux du côté maternel[2], Fouad Mebazaa passe l'ensemble de son enseignement secondaire au Collège Sadiki[3], prestigieux lycée tunisien situé aux abords de la médina de Tunis. Par la suite, il suit ses études à Paris, où il obtient une licence en droit et sciences économiques[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Né sous le protectorat français de Tunisie, Mebazaa devient membre de la Jeunesse constitutionnelle en 1947. Il est élu membre de la cellule du parti Néo-Destour à Aix-Marseille en 1954 puis secrétaire-général de la cellule de La Marsa l'année suivante[1]. En 1956, il devient président de la cellule de Montpellier[1].

Ministre et membre du gouvernement[modifier | modifier le code]

Il devient ministre de la Jeunesse et des Sports le 30 novembre 1973 puis, le 13 septembre 1978, ministre de la Santé publique. Le 7 novembre 1979, il est nommé ministre des Affaires culturelles et de l'Information. Il conserve le premier portefeuille jusqu'au 2 janvier 1981 et le second jusqu'au 3 décembre 1980. Le 27 octobre 1987, il revient au gouvernement avec le portefeuille de la Jeunesse et des Sports au sein du gouvernement du Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali. Il conserve ce poste après le coup d'État du 7 novembre 1987. Suite à la révélation d'un câble diplomatique américain de mai 2009 obtenu par WikiLeaks, Fouad Mebazaa y est présenté comme un septuagénaire sans ambition, « un homme loyal vis-à-vis de Ben Ali et qui ne représente aucun danger pour lui »[4].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Il est également ambassadeur de la Tunisie auprès de l'Office des Nations unies à Genève de 1981 à 1986 puis au Maroc de 1986 à 1987[1] avant d'être élu à la tête de la Chambre des députés le 14 octobre 1997. Ce poste en fait le successeur constitutionnel du président Ben Ali en cas de vacance de la présidence.

Au niveau municipal, il a été maire-gouverneur de Tunis (de 1969 à 1973), de La Marsa (de 1975 à 1980) et de Carthage (de 1995 à 1998)[1].

Présidence de la République par intérim[modifier | modifier le code]

Pendant la révolution tunisienne, le président Zine el-Abidine Ben Ali fuit la Tunisie le 14 janvier 2011. Le lendemain, Fouad Mebazaa, en qualité de président de la Chambre des députés, est désigné président de la République par intérim par le Conseil constitutionnel, en application de l'article 57 de la Constitution de 1959[5].

Mohamed Ghannouchi, confirmé à son poste de Premier ministre, nomme un nouveau gouvernement le 17 janvier, tandis que Fouad Mebazaa quitte le bureau politique du Rassemblement constitutionnel démocratique le lendemain[6] ; il déclare également que compte tenu de son rôle et de sa fonction présidentielle, il quitte provisoirement la présidence de la Chambre des députés, laissant l'intérim à son premier vice-président Sahbi Karoui à l'occasion de sa première séance tenue le 4 février[7].

Le 19 janvier 2011, il annonce dans un discours que la situation sécuritaire du pays connaît une amélioration notable et se stabilise ; il assure aussi que les responsables des troubles ont été démasqués et arrêtés. Il déclare veiller à ce que le gouvernement respecte ses engagements en rupture totale avec le passé. Le lendemain, cinq membres du gouvernement dont Kamel Morjane, Ridha Grira, Ahmed Friaâ, Moncer Rouissi et Zouheir M'dhaffer présentent leur démission.

Dans l'attente d'élections libres, la Chambre des conseillers adopte le 9 février 2011 une loi qui autorise le président par intérim à gouverner par décrets-lois, deux jours après le vote de la Chambre des députés[8]. Le 27 février, Ghannouchi démissionne et laisse sa place à Béji Caïd Essebsi qui forme un nouveau gouvernement.

Il annonce, le 3 mars 2011, l'élection d'une Assemblée constituante dans le but d'élaborer une Constitution en remplacement de celle de 1959. Celle-ci élit Moncef Marzouki pour le remplacer le 12 décembre 2011 ; Mebazaa annonce le jour même son intention de lui remettre officiellement les pouvoirs présidentiels au cours d'une cérémonie solennelle. Le lendemain, Fouad Mebazaa salue une dernière fois Marzouki au palais présidentiel de Carthage avant de partir en voiture pour sa résidence personnelle, à Tunis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f [PDF] Biographie de Fouad Mebazaa, site de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.
  2. Mohamed El Aziz Ben Achour, Catégories de la société tunisoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle, éd. Institut national d'archéologie et d'art, Tunis, 1989.
  3. Imen Abderrahmani, « Association des anciens élèves du collège Sadiki : Comme au bon vieux temps ! », Le Quotidien, date inconnue.
  4. Patrick Bèle, « Fouad Mebazaa, apparatchik bon teint chargé de l'intérim », Le Figaro, 16 janvier 2011.
  5. « Tunisie : Mebazaa président par intérim », dépêche AFP reprise par Le Figaro, 15 janvier 2011.
  6. « Tunisie : le président et le PM quittent le RCD », site d'Europe 1, 18 janvier 2011.
  7. « Première réunion du bureau de la Chambre des Députés depuis la révolution », site Leaders, 5 février 2011.
  8. « Tunisie : le Parlement de Ben Ali s'est sabordé », dépêche AFP, 9 février 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]