Taïeb Baccouche

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Taïeb Baccouche
Taïeb Baccouche lors d'une réunion de Nidaa Tounes, en 2012.
Taïeb Baccouche lors d'une réunion de Nidaa Tounes, en 2012.
Fonctions
Secrétaire général de Nidaa Tounes
En fonction depuis le 29 juin 2012
26e ministre de l'Éducation tunisien
17 janvier 201124 décembre 2011
Président Fouad Mebazaa (intérim)
Moncef Marzouki
Premier ministre Mohamed Ghannouchi
Béji Caïd Essebsi
Gouvernement Ghannouchi II
Caïd Essebsi
Prédécesseur Hatem Ben Salem
Successeur Abdellatif Abid
Porte-parole du gouvernement tunisien
17 janvier 201124 décembre 2011
Président Fouad Mebazaa (intérim)
Moncef Marzouki
Premier ministre Mohamed Ghannouchi
Béji Caïd Essebsi
Gouvernement Ghannouchi II
Caïd Essebsi
Prédécesseur Samir Lâabidi
Successeur Samir Dilou
9e secrétaire général de l'UGTT
19811984
Prédécesseur Habib Achour
Successeur Habib Achour
Biographie
Date de naissance 13 avril 1944 (70 ans)
Lieu de naissance Jemmal, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Indépendant puis Nidaa Tounes
Diplômé de Sorbonne
Profession Professeur universitaire

Taïeb Baccouche (الطيب البكوش), né le 13 avril 1944 à Jemmal[1], est un syndicaliste et homme politique tunisien.

Il est membre du gouvernement de transition constitué à la suite de la révolution tunisienne de 2011, en tant que ministre de l'Éducation et porte-parole du gouvernement.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Jemmal en 1944, Taïeb Baccouche est titulaire de nombreux diplômes : un doctorat d'État en linguistique à la Sorbonne en 1980, une agrégation d'arabe en 1968, un DES en linguistique en 1966, précédés par d'autres diplômes en arabe, en littérature française et en archéologie.

À partir de 1969, il est enseignant-chercheur à l'université de Tunis[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Syndicaliste[modifier | modifier le code]

Entre 1981 et 1984[2], il est le secrétaire général, ainsi d'ailleurs que l'idéologue, de la centrale syndicale de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT)[3]. Entre 1981 et 1985, il est directeur du journal Echaâb[2] (Le Peuple), organe principal et porte-parole de l'UGTT.

À partir de 1998 et jusqu'à sa nomination au gouvernement, il préside l'Institut arabe des droits de l'homme[2].

Membre du gouvernement[modifier | modifier le code]

Après la révolution de 2011, il est nommé ministre de l'Éducation ainsi que porte-parole du deuxième gouvernement de Mohamed Ghannouchi, le 17 janvier 2011[4] ; son secrétaire d'État est Hassen Annabi.

Dès son entrée en fonction, il organise une rencontre avec une délégation de 72 candidats au baccalauréat, en direct sur la chaîne nationale, ce qui déclenche une manifestation de professeurs devant le ministère pour exiger une excuse officielle du ministre pour les avoir humiliés en public[5].

À la suite de la démission de Ghannouchi et son remplacement par Béji Caïd Essebsi, il est confirmé dans ses fonctions dans le nouveau gouvernement. Il annonce en mars 2011 la suppression du certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire et son remplacement par une nouvelle méthode[6]. Par ailleurs, il interdit le port du niqab au sein des institutions éducatives et annonce que l'État n'a pas les moyens de construire des salles de prières au sein des écoles. Il dénonce aussi la politisation des lieux éducatifs[7].

Durant son mandat, il doit veiller au bon déroulement des examens nationaux, notamment le baccalauréat. Il annonce par ailleurs que des mesures sont prises pour éviter une année blanche en regroupant les deux derniers trimestres et en allégeant le programme de la quatrième année secondaire[8].

Le 24 décembre, il quitte ses fonctions, laissant sa place à Abdellatif Abid, nommé ministre dans le gouvernement de Hamadi Jebali. C'est Samir Dilou qui lui succède en tant que porte-parole du gouvernement.

Nidaa Tounes[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté le gouvernement, il fait partie des personnalités se rassemblant autour de l'initiative de Béji Caïd Essebsi consistant à rassembler l'opposition, avec d'anciens ministres comme Lazhar Karoui Chebbi et Ridha Belhaj[9]. Lorsque Caïd Essebsi transforme son initiative en parti politique, Nidaa Tounes, lors d'un grand meeting organisé le 16 mai 2012, il annonce la composition du comité exécutif dans lequel Baccouche figure comme secrétaire général[10].

À la suite du meurtre de Lotfi Nagdh, coordinateur du parti à Tataouine, tué par des membres de la Ligue de protection de la révolution, il condamne ce meurtre, le qualifiant d'assassinat politique et accusant le parti islamiste au pouvoir, Ennahdha, d'en être l'instigateur[11]. Il annonce par la suite son opposition à la loi sur l'exclusion des destouriens, déclarant que cette loi proposée par Ennahdha vise directement son parti[12].

Lors des travaux d'une conférence sur l’islam et la démocratie, il déclare le 29 mars 2013 à Mosaïque FM que la comparaison faite entre laïcs et islamistes en Tunisie est fausse et ne s’applique pas à la nature de la société. Il déclare aussi que la différence réside dans la relation entre la religion et la politique et d’ajouter qu'« islamiste » ne signifie pas « musulman » et « laïc » ne signifie pas « athée ». Il déclare également avoir signalé que la construction de la justice transitionnelle se doit d'avoir une volonté politique de tourner la page vis-à-vis de la présidence Ben Ali, à condition que les coupables reconnaissent leur culpabilité et soient jugés[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Taieb Baccouche », Internationales Biographisches Archiv, n° 36/1982, 30 août 1982
  2. a, b, c et d (fr) « Biographie de M. Taieb Baccouche, ministre de l'Éducation », Business News, 18 janvier 2011
  3. (fr) Imededdine Boulaâba, « Taieb Baccouche, l'homme lige du gouvernement transitoire », Webmanagercenter, 22 février 2011
  4. (fr) « Tunisie. Taïeb Baccouche surfe sur la vague du populisme », Kapitalis, 19 février 2011
  5. (fr) Mohamed Ali Hached, « Tunisie : Le ministre de l’Education approuvé par les élèves mais contesté par les enseignants ! », Tunisie numérique, 10 février 2011
  6. (fr) Ahmed Sahraoui, « Le CAPES sera supprimé », Tunisie numérique, 26 mars 2011
  7. (fr) Ahmed Sahraoui, « Taieb Baccouche : Pas de salles de prières et le port du niqab sera totalement interdit », Tunisie numérique, 6 avril 2011
  8. (fr) Chawki Rouissi, « M. Taïeb Baccouche : Toutes les précautions sont prises pour garantir le bon déroulement des examens nationaux », Tunisie numérique, 30 mai 2011
  9. (fr) « Liste des personnalités entourant Béji Caïed Essebsi dans son Appel », Business News, 20 avril 2012
  10. (fr) « L'Appel de la Tunisie : Béji Caied Essebsi président fondateur, Taieb Baccouche secrétaire général », Mosaïque FM, 30 juin 2012
  11. (fr) « Taieb Baccouche : Les personnes qui ont agressé Lotfi Nakdh appartiennent à Ennahdha », Tunisie numérique, 19 octobre 2012
  12. (fr) « Tunisie – Taieb Baccouche part en guerre contre la loi d’exclusion  », Tunisie numérique, 2 décembre 2012
  13. (fr) « La comparaison entre laïcs et islamistes tunisiens n'est pas permise, dixit Taïeb Baccouche », Business News, 29 mars 2013