Mohamed Mzali

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Mohamed Mzali
محمد مزالي
Illustration.
Fonctions
5e Premier ministre tunisien
23 avril 19808 juillet 1986
Président Habib Bourguiba
Prédécesseur Hédi Nouira
Successeur Rachid Sfar
Ministre de la Défense tunisien
12 avril 19687 novembre 1969
Président Habib Bourguiba
Prédécesseur Bahi Ladgham
Successeur Béji Caïd Essebsi
Ministre de l'Intérieur tunisien
7 janvier 198428 avril 1986
Président Habib Bourguiba
Prédécesseur Driss Guiga
Successeur Zine el-Abidine Ben Ali
Biographie
Date de naissance 23 décembre 1925
Lieu de naissance Monastir, Tunisie
Date de décès 23 juin 2010 (à 84 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité tunisienne
Parti politique Parti socialiste destourien
Conjoint Fethia Mokhtar

Mohamed Mzali
Premiers ministres tunisiens

Mohamed Mzali (محمد مزالي), né le 23 décembre 1925 à Monastir et mort le 23 juin 2010 à Paris, est un homme politique tunisien.

Sommaire

Biographie [modifier]

Jeunesse [modifier]

Fils d'un épicier à Monastir et Sbeïtla, il suit des études au Collège Sadiki à Tunis[1] avant de rejoindre la faculté des lettres de la Sorbonne à Paris et en sort licencié en philosophie[2] puis diplômé d'études supérieures en lettres.

Il occupe un poste de professeur avant d'être nommé directeur général de la Jeunesse et des Sports en 1959, poste qu'il quitte jusqu'en 1964 pour devenir directeur (après l'avoir créé et mis en place) de la Radiodiffusion-télévision tunisienne, fonction grâce à laquelle il fonde la télévision nationale en 1966.

Cadre politique destourien [modifier]

Il est élu député de la deuxième circonscription de Sousse pour les première, deuxième et troisième législatures, soit de 1959 à 1974. Il est alors élu député de la circonscription de Gafsa et réélu en 1979. Sa carrière parlementaire s'achève avec son élection en 1981 comme tête de liste de la circonscription de Monastir, poste qu'il occupe jusqu'à son limogeage en 1986.

Il est également maire de l'Ariana de 1959 à 1972.

Carrière ministérielle [modifier]

Toujours en poste en 1968, il est promu à plusieurs postes ministériels : la Défense du 12 avril 1968 au 7 novembre 1969, la Jeunesse et les Sports du 7 novembre 1969 au 12 juin 1970, l'Éducation nationale du 27 décembre 1969 au 12 juin 1970, du 29 octobre 1971 au 17 mars 1973 et du 31 mai 1976 au 25 avril 1980, la Santé publique du 17 mars 1973 au 31 mai 1976 et l'Intérieur du 7 janvier 1984 au 28 avril 1986.

Son passage à la Défense perpétue un principe voulu par le président Habib Bourguiba où l'armée est exclue de la vie politique, ce qui vaut à la Tunisie une certaine sérénité. À l'Éducation nationale, il œuvre particulièrement pour l'arabisation partielle de l'enseignement, rapprochant davantage la Tunisie de ses partenaires arabes.

Premier ministre [modifier]

Le 23 avril 1980, il est nommé pour succéder à Hédi Nouira au poste de Premier ministre, sur la suggestion de l'épouse du président, Wassila Bourguiba, hostile à la nomination de Mohamed Sayah[1]. Fragilisé par les « émeutes du pain » qui font plusieurs morts au début de l'année 1984, il cherche à se rallier les islamistes et gagner leur appui dans la course pour la succession du président Bourguiba[3]. Proche de l'Arabie saoudite et des pays du Golfe, il annule une circulaire interdisant le port du hijab dans les écoles publiques et parvient à obtenir du président l'amnistie des leaders du Mouvement de la tendance islamique (futur Ennahda)[3]. Le 8 juillet 1986, Mohamed Mzali est limogé de ses fonctions de Premier ministre et de secrétaire général du Parti socialiste destourien et remplacé par Rachid Sfar. Les islamistes perdent alors leur principal allié au sein du régime.

Exil et retour [modifier]

Il quitte le pays dans la clandestinité pour la France via les frontières terrestres avec l'Algérie. Il est condamné par contumace par la Haute Cour, le 20 avril 1987, à une peine de prison ferme pour abus de biens sociaux et enrichissement illégal.

En exil, il ne cesse de récuser sa condamnation et garde donc des relations tendues avec le régime tunisien. Finalement, l'avocat général auprès de la Cour de cassation introduit un pourvoi en cassation ; la cassation et l'annulation de la condamnation par contumace est annoncée par un arrêt du 5 août 2002, permettant ainsi le retour de Mzali en Tunisie dès le lendemain.

Activités sportives et culturelles [modifier]

Parallèlement, il occupe des postes sportifs et devient président du Comité national olympique tunisien (1962-1986), président de la Fédération tunisienne de football (1962-1963), vice-président (1963-1967) puis président (1979-1987) du Comité international des Jeux méditerranéens et président du comité d'organisation des Jeux méditerranéens de 1967. Il intègre également le Comité international olympique en 1965 comme membre à vie et y occupe les postes de membre de la commission exécutive entre 1973 et 1980 et de vice-président du CIO de 1976 à 1980. Il est connu pour son activité sportive et ses traversées de la capitale à pied alors qu'il est Premier ministre.

Il participe également à la vie culturelle et littéraire, particulièrement grâce à la revue Al Fikr (La Pensée) qu'il créé en 1955 et codirige avec le ministre des Affaires culturelles Béchir Ben Slama mais qui s'arrêtera après son limogeage. Son objectif est d'y mettre l'accent sur l'« arabité » de l'identité tunisienne. Il a aussi traduit l'Histoire de l'Afrique du Nord de Charles-André Julien avec son collaborateur.

Il œuvre pour la création de l'Union des écrivains tunisiens, dont il est le président-fondateur de 1971 à 1981.

Vie privée [modifier]

Son épouse Fethia Mzali, qu'il rencontre durant ses études à Paris[1] et avec laquelle il a eu six enfants, a poursuivi les mêmes études supérieures que lui à la Sorbonne. Elle est nommée ministre de la Famille et de la promotion de la femme dans son gouvernement (1983-1986).

Suite à un malaise, le président Zine el-Abidine Ben Ali décide de le faire soigner à Paris à la charge de l'État[4]. Mort le 23 juin 2010, il est rapatrié puis inhumé le 25 juin dans sa ville natale de Monastir[5].

Publications [modifier]

Arabe [modifier]

  • La Démocratie, éd. Kitab El Baath, Tunis, 1955
  • L'Esprit d'Al Fikr, éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1969
  • Prises de positions, éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1973
  • Études, éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1974
  • Points de vue, éd. Société tunisienne d'édition, Tunis, 1975
  • Sur les chemins de « la Pensée », éd. Société tunisienne d'édition, Tunis, 1979
  • Lettre ouverte à Bourguiba, éd. Dar El Ahram, Le Caire, 1988
  • Tunisie. Quel avenir ?, éd. Publisud, Paris, 1991 (ISBN 2866005546)

Français [modifier]

  • La Parole de l'Action, éd. Publisud, Paris, 1984
  • L'Olympisme aujourd'hui, éd. Jeune Afrique, Paris, 1984
  • Lettre ouverte à Bourguiba, éd. Alain Moreau, Paris, 1987
  • Un Premier ministre de Bourguiba témoigne, éd. Jean Picollec, Paris, 2004 (ISBN 2864772108)[6]
  • Repères, préface de Marc-Laurent Turpin, éd. Apopsix, Paris, 2010 (ISBN 9782359790016)

Traductions [modifier]

  • Histoire de l'Afrique du Nord de Charles-André Julien [avec Béchir Ben Slama], éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1968 (tome I) - 1979 (tome II)
  • Colons français et jeunes Tunisiens de Charles-André Julien [avec Béchir Ben Slama], éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1972

Filmographie [modifier]

  • Un Monastirien sans olivier, film documentaire de Marc-Laurent Turpin, mesure-6 Films, Paris, 2008

Références [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b et c Mohamed Habib Ladjimi, « Mohamed Mzali », Jeune Afrique, 27 juin 2010, p. 52
  2. (fr) « Mohamed Mzali au CAPE. Mercredi 19 janvier 2005 », Tunezine, 13 janvier 2005
  3. a et b (fr) Ridha Kéfi, « Comment les islamistes ont été vaincus », Jeune Afrique, 11 mai 1999
  4. (fr) « Mohamed Mzali transféré pour soin en France », GlobalNet, 21 mai 2010
  5. (fr) « Obsèques à Monastir de Mohamed Mzali », Le Temps, 26 juin 2010
  6. (fr) « Mohamed Mzali témoigne », Jeune Afrique, 5 décembre 2004