Le Bardo
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Le Bardo (باردو) est une ville située à quelques kilomètres à l'ouest de Tunis.
Rattachée au gouvernorat de Tunis, elle constitue une municipalité de 70 244 habitants en 2004 pour une ville qui compte à proprement parler 22 240 habitants[1]. L'ancienne résidence beylicale fondée au XVe siècle abrite aujourd'hui le siège des deux chambres du parlement tunisien, la Chambre des députés et la Chambre des conseillers, ainsi que le Musée national du Bardo célèbre pour ses mosaïques.
Sommaire |
[modifier] Géographie
[modifier] Histoire
Le Bardo est d'abord un palais élevé sous le règne du sultan hafside Abû Fâris `Abd al-`Azîz al-Mutawakkil (1394-1434) et emprunte son nom au mot espagnol pardo qui désigne un jardin[2]. Celui-ci laisse penser qu'il a été construit à l'exemple des résidences princières de l'Andalousie musulmane et avec l'aide d'artistes andalous[2]. Il se présente alors comme une succession de parcs et de pavillons de plaisance située à environ quatre kilomètres de Tunis.
Dans la deuxième moitié du XVe siècle, le voyageur Adorne en décrit les jardins plantés d'arbres fruitiers et les demeures royales[2]. Léon l'Africain en a également laissé une description :
« Un lieu appelé le Bardo, là où sont les jardins et maisons de plaisance du roy fabriquées avec une architecture non moins industrieuse que superbe, enrichie d'entailles et peintures des plus fines couleurs[2]. »
Le site bénéficie ensuite de la faveur des beys mouradites : Hammouda Pacha (1631-1666) restaure et embellit le palais et en fait la résidence permanente de la dynastie[3]. Les voyageurs de l'époque rapportent aussi bien le luxe des demeures que la beauté de ces jardins agrémentés de parterres de fleurs, de fontaines et de pièces d'eau[3]. Avec l'arrivée des beys husseinites au XVIIIe siècle, Le Bardo subit agrandissements et embellissement des palais, jardins et dépendances. Une mosquée est élevée sous le règne d'Hussein I Bey alors que son successeur Ali I Bey fait aménager des salles d'apparat, dont une salle de justice et une salle pour ses audiences, et renforcer les fortifications flanquées de tours rondes de la petite cité, ce que confirme le chroniqueur Seghir Ben Youssef :
« Le Bardo, avec ses fossés profonds, ses hautes murailles et ses canons, se trouva si bien défendu que si l'Ange de la Mort avait eu l'idée de se présenter à la porte, il n'aurait pu trouver le moyen d'y pénétrer[4]. »
Rachid Bey se fait construire de nouveaux appartements et Ali II Bey installe un pavillon à coupole dans les jardins ; Hammouda Pacha décide pour sa part l'aménagement d'une nouvelle salle pour ses audiences appelée « salle du Pacha ». Au début du XIXe siècle, l'ensemble regroupe également un souk, des casernes, des écuries et une prison sans compter les demeures des hauts dignitaires[4]. Vers 1830, la cité royale abrite environ 800 personnes[4].
Une école polytechnique (1840-1855) voit le jour sous le règne d'Ahmed I Bey puis est remplacée par une école militaire en activité jusqu'en 1866[5]. Un hôtel de la monnaie construit dans l'enceinte y frappe les monnaies de la régence entre 1847 et 1891[5]. Pendant ce temps, des constructions apparaissent à l'extérieur des murs comme le palais de Ksar Saïd, qui voit la signature du traité du 12 mai 1881 instaurant le protectorat français en Tunisie, ou la caserne de l'artillerie ouverte en 1839[5]. De plus, une liaison avec Tunis par voie ferrée est mise en service en 1875, renforçant encore le rôle du Bardo comme centre politique. L'instauration du protectorat voit se produire de nombreuses démolitions concernant notamment le mur méridional remplacé par une esplanade[6]. L'hôtel de la monnaie et l'école militaire sont transformés en caserne de la garde beylicale et la réduction du train de vie de la dynastie libère des espaces pour abriter le Musée national ouvert en 1882. Le harem de Sadok Bey abrite les collections antiques dès 1888 et le palais de Mahmoud Bey les collections arabes dès 1900[7].
Avec l'arrivée du tramway en 1908, les environs de la cité se couvrent de lotissements résidentiels qui accueillent des familles européennes[7]. Le Bardo est finalement érigé en municipalité le 8 mai 1909 bien qu'il reste encore peu peuplé avec 384 habitants en 1926[8].
Après la guerre, la municipalité développe son équipement avec un poste de police, une poste, des écoles et une église mais reste très peu pourvue en commerces à l'exception des cafés pour les touristes visitant le musée[8]. La fonction résidentielle s'accroît après la Seconde Guerre mondiale où la population est multipliée par seize, passant de 968 habitants en 1936 à 7 085 en 1946 et 15 977 en 1956[9], ce qui entraîne l'extension de la ville autour des axes de transport qui la traversent. L'avènement de l'indépendance ne stoppe pas le mouvement qui s'amplifie avec 41 714 habitants en 1966 et 49 367 en 1975[10]. Pour faire face à cette croissance exponentielle, les pouvoirs publics lancent la construction de la cité populaire d'Ezzouhour au sud de la ville, à proximité de la sebkha Séjoumi et débordant sur les municipalités voisines.
[modifier] Culture
[modifier] Sport
La ville abrite le siège et le camp d'entraînement du Stade tunisien, l'un des principaux clubs de football de Tunis.
[modifier] Jumelage
[modifier] Références
- ↑ (fr) Recensement de 2004 (Institut national de la statistique)
- ↑ a b c d Paul Sebag, Tunis. Histoire d'une ville, éd. L'Harmattan, 1998, p. 136
- ↑ a b Paul Sebag, op. cit., p. 181
- ↑ a b c Paul Sebag, op. cit., p. 241
- ↑ a b c Paul Sebag, op. cit., p. 293
- ↑ Paul Sebag, op. cit., pp. 364-365
- ↑ a b Paul Sebag, op. cit., p. 365
- ↑ a b Paul Sebag, op. cit., p. 462
- ↑ Paul Sebag, op. cit., p. 559
- ↑ Paul Sebag, op. cit., p. 644

