Gouvernorat (Tunisie)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne les gouvernorats tunisiens. Pour les autres gouvernorats nationaux, voir Gouvernorat.
Gouvernorats de Tunisie

Le gouvernorat (wilaya en arabe) est une collectivité territoriale de Tunisie — équivalent des départements français — à la tête desquelles l'on trouve des gouverneurs — équivalent des préfets — nommés par le président de la République sur proposition du ministre de l'Intérieur.

Les gouvernorats de Tunisie sont codifiés suivant la norme ISO 3166-2, dans la catégorie ISO 3166-2:TN.

Profil[modifier | modifier le code]

Les 24 gouvernorats actuels sont divisés en 264 délégations (dirigées par des délégués), ainsi qu'un nombre identique de municipalités (dirigées par des maires).

La plus petite division administrative est le secteur ou imada (dirigées par des chefs de secteurs ou omda) dont le nombre est de 2 073.

N° carte Carte Gouvernorat
(code ISO 3166-2:TN)
Création Nom en arabe Chef-lieu Population[1] Superficie (km²) Délégations Municipalités Secteurs Notes
1 TN-01.svg Ariana
(code TN-12)
أريانة Ariana 540 400 482 7 6 48 Partie du gouvernorat de Tunis
2 TN-02.svg Béja
(code TN-31)
باجة Béja 306 300 3 740 9 8 101 Anciens caïdats de Béjà, Medjez El Bab et Téboursouk
3 TN-03.svg Ben Arous
(code TN-13)
بن عروس Ben Arous 616 000 761 12 11 75 Partie du gouvernorat de Tunis
4 TN-04.svg Bizerte
(code TN-23)
بنزرت Bizerte 561 700 3 750 14 13 102 Anciens caïdats de Bizerte et Mateur
5 TN-05.svg Gabès
(code TN-81)
قابس Gabès 370 800 7 166 10 10 73 Anciens caïdats de Gabès, Matmata et Djerba
6 TN-06.svg Gafsa
(code TN-71)
قفصة Gafsa 349 700 7 807 11 8 76 Anciens caïdats de Gafsa et Sidi Bouzid
7 TN-07.svg Jendouba[2]
(code TN-32)
جندوبة Jendouba 425 600 3 100 9 8 95 Anciens caïdats de Souk El Arba, Souk El Khemis et Aïn Draham
8 TN-08.svg Kairouan
(code TN-41)
القيروان Kairouan 571 300 6 712 11 12 114 Anciens caïdats de Kairouan et Pichon
9 TN-09.svg Kasserine[3]
(code TN-42)
القصرين Sbeïtla puis Kasserine 442 300 8 260 13 10 106 Anciens caïdats de Thala et Sbeïtla
10 TN-10.svg Kébili
(code TN-73)
1981 قبلي Kébili 156 900 22 454 6 5 42 Partie du gouvernorat de Tozeur
11 TN-11.svg Le Kef
(code TN-33)
الكاف Le Kef 255 600 5 081 11 12 87 Anciens caïdats du Kef, de Tajerouine, Maktar et Siliana
12 TN-12.svg Mahdia
(code TN-53)
المهدية Mahdia 392 800 2 878 11 14 99 Partie des gouvernorats de Sfax et Sousse
13 TN-13.svg La Manouba
(code TN-14)
منوبة La Manouba 379 900 1 137 8 9 47 Partie du gouvernorat de l'Ariana
14 TN-14.svg Médenine
(code TN-82)
مدنين Médenine 474 200 9 167 9 7 94 Anciens caïdats de Médenine et Tataouine
15 TN-15.svg Monastir
(code TN-52)
المنستير Monastir 542 100 1 024 13 31 77 Partie du gouvernorat de Sousse (anciens caïdats de Monastir, Mahdia, Jemmal et Souassi)
16 TN-16.svg Nabeul[4]
(code TN-21)
نابل Nabeul[5] 784 500 2 840 16 24 99 Anciens caïdats de Nabeul et Soliman
17 TN-17.svg Sfax
(code TN-61)
صفاقس Sfax 969 800 7 545 16 16 126 Anciens caïdats de Sfax, Djebeniana et Mahrès
18 TN-18.svg Sidi Bouzid
(code TN-43)
1973 سيدي بوزيد Sidi Bouzid 419 200 7 400 12 10 113 Partie des gouvernorats de Gafsa, Kasserine et Sfax
19 TN-19.svg Siliana
(code TN-34)
سليانة Siliana 234 100 4 642 11 10 86 Partie des gouvernorats de Béja et du Kef
20 TN-20.svg Sousse
(code TN-51)
سوسة Sousse 655 900 2 669 16 16 104 Anciens caïdats de Sousse, Monastir, Mahdia, Jemmal et Souassi
21 TN-21.svg Tataouine
(code TN-83)
تطاوين Tataouine 148 200 38 889 7 5 64 Partie du gouvernorat de Médenine
22 TN-22.svg Tozeur
(code TN-72)
توزر Tozeur 108 700 5 593 5 5 36 Anciens caïdats de Tozeur et Kébili
23 TN-23.svg Tunis[6]
(code TN-11)
تونس Tunis 1 004 500 288 21 8 161 Médina de Tunis et anciens caïdats de la Banlieue et de Zaghouan
24 TN-24.svg Zaghouan[7]
(code TN-22)
1976 زغوان Zaghouan 176 000 2 820 6 6 48 Partie des gouvernorats de Béja, Bizerte, Nabeul et Tunis et Banlieue

Histoire[modifier | modifier le code]

Politique en Tunisie
Image illustrative de l'article Gouvernorat (Tunisie)

Ce système est mis en place par le décret du [8]. Ce dernier organise l'administration régionale, désormais assurée par des gouverneurs, des secrétaires généraux et des délégués. La loi-cadre, adoptée en conséquence, supprime les charges de :

  • 38 caïds en exercice dont le Cheikh el-Médina de Tunis ;
  • 49 kahias en exercice et cinq en surnombre ;
  • 77 khalifas en exercice et 18 en surnombre.

Le corps des gouverneurs qui prend le relais des autorités caïdales est choisi parmi les cadres du Néo-Destour. Le makhzen, formé des familles qui contrôlaient l'administration régionale, est démantelé. Justifiant la décision, le Premier ministre Habib Bourguiba déclare, devant le Conseil national du Néo-Destour, le 23 juin 1956 :

« Nous avons estimé nécessaire d'épurer ces cadres pour assurer une coopération basée sur le respect réciproque entre l'État personnifié dans ses représentants et le peuple qui doit respecter en eux, non plus les agents de la colonisation, mais les serviteurs de l'intérêt public. Pour la grande majorité de cadres touchés par l'épuration, le coup a été dur. Certains en souffrent terriblement. Mais nous étions dans une nécessité inéluctable. »

Quatorze gouvernorats sont apparus avec l'indépendance. Cinq ont été créés en 1974, à l'intérieur du pays, traduisant ainsi la volonté politique de déconcentration administrative et de rattrapage socio-économique de l'ouest de la Tunisie. Trois gouvernorats ont été par la suite mis en place au sud-ouest (Kébili, Tozeur et Tataouine) tandis que le gouvernorat de Tunis était divisé en trois (Tunis, Ben Arous et Ariana). Enfin, en 2000, le gouvernorat de l'Ariana est scindé en deux avec l'autonomisation de sa partie sud qui constitue le gouvernorat de la Manouba.

Administration[modifier | modifier le code]

Le gouverneur, « dépositaire » de l'autorité de l'État, est personnellement responsable de l'administration du gouvernorat. À côté de ces compétences spécifiques, il est également officier de police judiciaire. Assisté par l'administration régionale, des délégués, des chefs de secteurs (également officiers de police judiciaire et officiers d'état civil) et d'un secrétaire général, il peut déléguer une partie de ses pouvoirs. Toutefois, cette délégation est soumise à une limite dans le temps et doit faire l'objet d'une approbation du ministre de l'Intérieur.

33 ans après le décret de 1956, le décret du [9] autorise les ministres à déléguer un champ plus large de matière ou de compétence spécifique au gouverneur. Dans le même temps, 3 institutions consultatives sont créées pour aider les gouverneurs, délégués et chefs de secteurs à accomplir leurs missions :

  • conseil local de développement : il est composé des présidents de municipalités ou d'arrondissements municipaux compris dans la délégation, des présidents des conseils ruraux, des chefs de secteurs, des représentants des services extérieurs de l'administration et des établissements publics compris dans la délégation. Il est présidé par le délégué ;
  • conseil rural : il est créé dans les zones urbaines non-érigées en communes (imadas). Ses membres sont nommés pour trois ans par le gouverneur à raison d'un membre pour 1000 habitants (minimum de cinq membres et maximum de dix) ;
  • comité de quartier : il apparaît dans le décret du [10] mais n'a pas d'assise légale à ce jour.

Aux côtés du gouverneur se trouve le Conseil régional. Organe consultatif présidé par le gouverneur, un tiers des membres sont élus, les autres étant désignés par le gouverneur parmi les présidents des conseils ruraux, les députés, les présidents de municipalités, etc. Il est chargé d'examiner « toutes les questions intéressant le gouvernorat dans les domaines économiques, sociaux et culturels ».

Il donne ainsi son avis sur les programmes et projets que l'État envisage de réaliser dans le gouvernorat, arrête le budget du gouvernorat et les impôts perçus au profit de la collectivité publique et établit des relations de coopération avec des instances étrangères de niveau régional (après approbation du ministre de l'Intérieur).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Estimation de 2013 (Institut national de la statistique)
  2. Le gouvernorat de Jendouba a porté le nom de « Souk El Arba » jusqu'au .
  3. Le gouvernorat de Kasserine portait à l'origine le nom de « Sbeïtla ».
  4. Le gouvernorat de Nabeul a porté le nom de « Cap Bon » du au .
  5. Le chef-lieu du gouvernorat de Nabeul est transféré à Grombalia du au .
  6. Le gouvernorat de Tunis portait à l'origine le nom de « Tunis et Banlieue » jusqu'au .
  7. Le gouvernorat de Zaghouan portait à l'origine le nom de « Tunis Sud ».
  8. (fr) [PDF] Décret du 21 juin 1956 portant organisation administrative du royaume, Journal officiel tunisien, 22 juin 1956
  9. (fr) [PDF] Décret du 24 mars 1989 portant délégation de certains pouvoirs des membres du gouvernement aux gouverneurs, Journal officiel de la République tunisienne, 24 mars 1989
  10. (fr) [PDF] Décret du 22 mai 1992 portant création d'une division des comités de quartiers au sein de l'administration de chaque gouvernorat, Journal officiel de la République tunisienne, 22 mai 1992

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]