Hédi Nouira

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Hédi Nouira
الهادي نويرة
Portrait de Hédi Nouira
Portrait de Hédi Nouira
Fonctions
Ministre de l'Intérieur tunisien
4 avril 197129 octobre 1971
Premier ministre Hédi Nouira
Gouvernement Nouira
Prédécesseur Ahmed Mestiri
Successeur Hédi Khefacha
4e Premier ministre tunisien
2 novembre 197023 avril 1980
9 ans, 5 mois et 21 jours
Président Habib Bourguiba
Gouvernement Nouira
Prédécesseur Bahi Ladgham
Successeur Mohamed Mzali
Ministre des Finances tunisien
15 avril 195630 septembre 1958
Président Habib Bourguiba (1957-1958)
Monarque Lamine Bey (1956-1957)
Gouvernement Bourguiba I
Bourguiba II
Prédécesseur Poste créé
Successeur Bahi Ladgham
Biographie
Date de naissance 5 avril 1911
Lieu de naissance Monastir (Tunisie)
Date de décès 25 janvier 1993 (à 81 ans)
Lieu de décès La Marsa (Tunisie)
Nationalité tunisienne
Parti politique Parti socialiste destourien

Hédi Nouira
Premiers ministres tunisiens

Hédi Nouira (الهادي نويرة), de son nom complet Mohamed El Hedi Ben Amira Ben Mohamed Nouira, né le 5 avril 1911 à Monastir[1] et décédé le 25 janvier 1993 à La Marsa, est un homme politique tunisien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse militante[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille aisée, il suit ses études dans sa ville natale mais n'arrive pas à s'inscrire au Collège Sadiki de Tunis. Il suit des études secondaires à Sousse où il est d'abord attiré par le football, entre à l'Étoile sportive du Sahel et fait un court passage en France en passant son baccalauréat à Paris en 1931.

En 1934, il assiste à la création de la première cellule du Néo-Destour en présence de Habib Bourguiba (alors membre du comité exécutif). Il en devient un militant actif tout en suivant une ligne libérale.

Il se réinstalle ensuite en France, où il suit des études, qui le mènent à une licence en droit. Il poursuit dans le même temps son parcours militant en adhérant à l'Association des étudiants musulmans de l'Afrique du Nord (AEMNA) puis en créant le Comité de défense des libertés en Tunisie dont il devient le secrétaire général.

Résistance[modifier | modifier le code]

En rentrant en Tunisie en 1938, il continue son engagement politique et se fait emprisonner à la prison civile de Tunis, à celle de Téboursouk, au Fort Saint-Nicolas de Marseille, avec Bourguiba et d'autres militants du Néo-Destour, et à la prison Montluc à Lyon. Avant de rentrer en Tunisie en février 1943, il est placé en résidence surveillée à Rome.

La période passée à Saint-Nicolas le rapproche davantage de Bourguiba. Nouira passe quatre ans à contribuer à la restructuration et à la préparation du parti pour la libération du pays et retombe dans la clandestinité avant de devenir un militant modéré et diplomate à partir de 1948. C'est à partir de 1949 que Nouira consolide son statut à l'étranger en devenant l'interlocuteur privilégié de la plupart des membres du Parti socialiste français et du Mouvement républicain populaire. Il exploite ainsi ses relations pour sensibiliser davantage ces partis à la cause tunisienne et pour présenter les points de vue du Néo-Destour. Mais en refusant de prendre part au gouvernement de Slaheddine Baccouche, en avril 1952, il est exilé dans le sud tunisien puis assigné à résidence en 1953. Cette affaire marque son parcours. Il rédigera nombre d'articles pendant les quatre années suivantes, principalement dans Mission, un hebdomadaire qu'il crée[2] et dont il devient l'éditorialiste attitré.

Homme d'État[modifier | modifier le code]

Libéré, il devient, en août 1954, ministre du Commerce dans le gouvernement de Tahar Ben Ammar avant de se voir confier le nouveau ministère des Finances dans le cabinet Bourguiba. Bourguiba lui confie la mission de créer et structurer la Banque centrale de Tunisie qu'il dirige de sa fondation en 1958 à 1970. Il fait partie du comité exécutif du Néo-Destour durant cette période.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Hédi Nouira.
Nouira et Bourguiba

En 1970, Bourguiba juge que le gouvernement de Bahi Ladgham est statique et conciliant par rapport à la politique du ministre Ahmed Ben Salah. Voulant donner un nouvel élan pour accélérer la mutation du pays et le sortir de la doctrine socialiste et panarabe de Ben Salah, très inspiré par Gamal Abdel Nasser, Bourguiba nomme Nouira Premier ministre le 2 novembre et le charge de réformer l'économie nationale. Durant dix ans, Nouira reste en poste, renforcé par l'embellie économique et le progrès social, bien que de grandes crises secouent la Tunisie : le congrès du Néo-Destour à Monastir en 1971, la crise au sein de l'université et les émeutes du 26 janvier 1978.

Des crises de pouvoir où l'Union générale tunisienne du travail et son leader Habib Achour, qui appuie dans un premier temps Nouira au sein du parti, jouent un rôle majeur.

Retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

Le 23 avril 1980, Nouira quitte définitivement la vie politique, officiellement pour raison de santé, après l'échec du projet d'union entre la Tunisie et la Libye et l'attaque d'un commando sur la ville de Gafsa. Mohamed Mzali lui succède[3].

À sa mort, il est inhumé à Monastir. Une rue de Tunis, la rue de la Monnaie (anciennement appelée rue de Vesoul), est rebaptisée à son nom.

Idéologie[modifier | modifier le code]

En se prononçant sans complexe pour une politique économique libérale ouvrant la voie à l'initiative privée et à l'économie de marché, il jette les prémices de l'insertion de la Tunisie dans l'économie mondialisée.

Plus qu'un gestionnaire, Nouira est un réformateur qui chérit l'idée de la liberté. En rendant vivement hommage à cette illustre figure nationale, Mezri Haddad écrivait dans son livre Non Delenda Carthago :

« Nous l'avons déjà dis : la bonne santé économique de la Tunisie n'est pas le résultat immédiat d'un miracle, mais le produit d'un long processus dont les prémices remontent au début des années soixante et dont l'impulsion décisive a été donnée par le Guizot tunisien, feu Hédi Nouira. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ahmed Khaled, Hedi Nouira. Itinéraire d'un intellectuel militant et homme d'État, éd. Zakharef, Tunis, 2006 (ISBN 9973112032)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mohamed Hamdane, Guide des périodiques parus en Tunisie : de 1838 au 20 mars 1956, éd. Beït El Hikma, Carthage, 1989, p. 214
  2. (fr) Ridha Kéfi, « Driss Guiga », Jeune Afrique, 18 avril 2005
  3. (fr) Sadri Khiari, Tunisie : le délitement de la cité. Coercition, consentement, résistance, éd. Karthala, Paris, 2003, p. 38

Lien externe[modifier | modifier le code]