Chun Doo-hwan

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Dans ce nom asiatique, le patronyme, Chun, précède le prénom.
Chun Doo-hwan
Chun Doo-hwan en 2011.
Chun Doo-hwan en 2011.
Fonctions
5e président de la République de Corée
(Corée du Sud)
1er septembre 198024 février 1988
Premier ministre Yoo Chang Soon
Kim Sang Hyup
Chin Iee Chong
Sin Byeong-hyeon
Roh Shin Yeong
Lee Han Key
Kim Chung Yul
Prédécesseur Choi Kyu-ha
Successeur Roh Tae-woo
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance District de Hapcheon, Gyeongsang du Sud (Corée japonaise)
Nationalité sud-coréenne
Parti politique Parti de la justice et de la démocratie
Conjoint Rhee Soon-ja
Religion Bouddhisme

Chun Doo-hwan
Présidents de la République de Corée
Chun Doo-hwan
Hangeul 전두환
Hanja 全斗煥
Romanisation révisée Jeon Duhwan
McCune-Reischauer Chŏn Tuhwan

Chun Doo-hwan (né le 18 janvier 1931 à Naechonri, Corée) est un général et un homme politique sud-coréen. Chun est condamné à mort en 1996 pour son implication dans le coup d'État de 1979 et la répression du soulèvement de Kwangju en 1980, ainsi que pour corruption.

Enfance[modifier | modifier le code]

Chun est né le 18 janvier 1931 à Yulgok-myeon, une petite commune pauvre de Hapcheon, dans la province de South Gyeongsang, pendant la colonisation impériale japonaise de la Corée. Chun Doo-hwan est le fils de Chun Sang-woo et Kim Jeong-mun[1]. Les deux grands frères de Chun, Yeol-hwan et Kyuu-gon, décèdent lors d'un accident alors qu'il était enfant. Aux environs de 1936, la famille de Chun emménage à Daegu, endroit dans lequel il intègrera l'école primaire d'Horan. Son père était en conflit avec la police japonaise dans le passé, et celui-ci tue un officier de police en hiver 1939[1]. Sa famille fuit immédiatement vers Jilin, en Chine, endroit dans lequel la famille restera caché deux ans avant de revenir.

Carrière[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille paysanne, Chun Doo-hwan est entré à l'Académie militaire coréenne en 1951 dont il sort diplômé en 1955. Il a ensuite exercé des fonctions de commandement des troupes sud-coréennes, engagées aux côtés des États-Unis lors de la guerre du Viêt Nam[2].

Accession au pouvoir[modifier | modifier le code]

Après l'assassinat le 26 octobre 1979 du général Park Chung-hee, président de la République, par le chef des services secrets sud-coréens Kim Jae-kyu, la Corée du Sud entre dans une brève phase de démocratisation, à laquelle met fin le coup d’État militaire du 12 décembre 1979 conduit par Chung Seung-wha et Noh Jae-yun. Ayant été nommé en avril 1980 chef des services secrets sud-coréens par Chung Seung-wha, Chun Doo-hwan participe à la répression du soulèvement de Kwangju qui proteste contre l'extension de la loi martiale[3].

Devenu le nouvel homme fort du régime militaire, Chun Doo-hwan est élu président le 27 août 1980 par la Conférence nationale pour la réunification, élection confirmée en février 1981[4].

Présidence[modifier | modifier le code]

Le régime militaire du général Chun Doo-hwan est marqué par la poursuite du "miracle économique" sud-coréen, caractérisé par des taux de croissance économique élevés mais également par un fort endettement et la répression des mouvements syndicaux[5]. Le 9 octobre 1983, un attentat à Rangoon organisé par la Corée du Nord contre le président sud-coréen Chun Doo-hwan au Mausolée du Martyr, près de la pagode Shwedagon fait 17 morts dans son entourage, dont quatre ministres[6].

Malgré la rencontre de parlementaires des deux Corée le 23 juillet 1985, la Corée du Sud refuse la proposition nord-coréenne de coorganiser les Jeux olympiques prévus à Séoul en 1988[7]. Impulsées par les étudiants, les manifestations pour la démocratisation du régime mettent l'accent sur l'élection du président de la République au suffrage universel ainsi que sur le départ des troupes américaines de Corée du Sud. Face à l'ampleur des mouvements de contestation, le général Chun Doo-hwan accepte la tenue de l'élection présidentielle au suffrage universel direct en décembre 1987. Le candidat qu'il soutient, le général Roh Tae-woo, est élu à la faveur de la division de l'opposition. L'ancien bras droit de Chun Doo-hwan rompt toutefois avec la politique de son prédécesseur en prenant des mesures de libéralisation politique[8].

Condamnation[modifier | modifier le code]

Poursuivi pour son implication dans le coup d'État de 1979 et la répression du soulèvement de Kwangju en 1980, ainsi que pour corruption, Chun Doo-hwan est tout d'abord condamné à mort lors de son premier procès en 1996 avant que la cour suprême transforme cette peine en prison à vie en 1997[9]. Il est libéré après avoir été emprisonné deux ans, sur l'intervention du nouveau président Kim Dae-jung élu fin 1997[10]. Cette décision a été prise dans une volonté de réconciliation nationale[11] par l'ancien opposant Kim Dae-jung, lui-même condamné à mort par le régime militaire en mai 1980[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]