Rached Ghannouchi

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Rached Ghannouchi
Portrait de Rached Ghannouchi en 2011.
Portrait de Rached Ghannouchi en 2011.
Fonctions
Président d'Ennahdha
En fonction depuis le ? novembre 1991
Prédécesseur Walid Bennani
Président du Mouvement de la tendance islamique
novembre 1984 – août 1987
Prédécesseur Hamadi Jebali
Successeur Salah Karker
Biographie
Nom de naissance Rached Kheriji
Date de naissance 22 juin 1941 (73 ans)
Lieu de naissance El Hamma, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Ennahdha
Diplômé de Université Zitouna
Université de Damas

Rached Ghannouchi (arabe : راشد الغنوشي), de son vrai nom[1] Rached Kheriji (راشد الخريجي), né le 22 juin 1941 à El Hamma, est un homme politique tunisien islamiste[2], anciennement lié au khomeinisme révolutionnaire[3],[4],[5]. Chef d'Ennahdha, parti politique tunisien et organisation islamiste proche des Frères musulmans[6], il vit en exil à Londres du début des années 1990 jusqu'à son retour en Tunisie à la suite de la révolution tunisienne de 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, modeste paysan des environs d'El Hamma dans le sud de la Tunisie, est un homme pieux qui connaît le Coran par cœur ; trois de ses huit enfants deviendront des intellectuels, dont Rached[7].

Formation[modifier | modifier le code]

Il suit son instruction primaire à El Hamma avant de se rendre à Gabès pour suivre son instruction secondaire. Son brevet, obtenu dans une école coranique, il monte à Tunis où il poursuit ses études à l'Université Zitouna jusqu'à l'obtention d'un diplôme en théologie, le tatoui[8],[9].

Devenu instituteur à Gafsa, il y enseigne pendant deux ans avant de partir en Égypte, en 1964, pour poursuivre une formation à la faculté d'agriculture de l'Université du Caire, d'autant plus qu'il est alors un admirateur du nassérisme[10]. Toutefois, conséquence du conflit politique entre Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef, l'ambassade de Tunisie interdit aux étudiants tunisiens de rester en Égypte ; Ghannouchi se rend alors à Damas, où il peut bénéficier d’une bourse d'étude accordée aux étudiants par Bourguiba[11], et où il obtiendra une licence en philosophie en 1968[8]. En 1965, en première année d’étude universitaire, il part pour un voyage de six mois en Europe, visitant la Turquie, la Bulgarie, la Yougoslavie, l'Autriche, l'Allemagne, la France, etc. Rached Ghannouchi considère cette expérience, dans un entretien avec François Burgat, comme un un autre élément qui l'a « préparé à accepter la critique du nationalisme arabe comme n'étant pas islamique mais occidental »[12].

C’est en 1967, au moment de la Guerre des Six Jours, que « la défaite est venue bien sûr apporter un soutien essentiel au discours islamiste » alors que, selon ses mots, sa « mutation (vers l'islamisme) s'était déjà opérée ». Il solidarise alors avec des islamistes, rencontre les Frères musulmans, lit « les livres de Sayyid Qutb, ceux de Muhammad Qutb, Abû 'Ala al-Mawdûdi, Muhammad Iqbal, Malek Bennabi et quelques écrits anciens de Abù-l-Hamid al-Ghazâli et Ibn Taymiyya »[13].

Successivement à ses études, Ghannouchi se rend en France dans le but de poursuivre ses études à la Sorbonne. Il commence par des cours gratuits de perfectionnement de la langue française pour les étrangers à l'Alliance française. Là, il débute son activisme parmi les étudiants arabes et musulmans et rejoint la Jamaat Tabligh[10]. Il est alors actif dans les activités de prédication de l'organisation dans les quartiers peuplés d'immigrés nord-africains.

Activisme islamiste[modifier | modifier le code]

Vers la fin des années 1960, Ghannouchi rentre en Tunisie où le président Bourguiba a pris des mesures tendant à la laïcisation de la société. Mais déjà, une nouvelle importance est accordée à l’instruction religieuse par Bourguiba, dans l’intention de contrer l’orientation marxisante du mouvement syndical et universitaire, après que « le député Youssef Rouissi, l’ingénieur Béchir Sadiki et le professeur de philosophie Hind Chelbi, tous trois affiliés au Parti socialiste destourien (PSD), demandent au régime d’accorder une place plus importante à la référence islamique. Ainsi, dès le début des années 1970, le régime autorise et lance la construction de mosquées dans les écoles et les usines, l’éducation religieuse devient une discipline à part entière dans les programmes scolaires, la consommation d’alcool est réglementée »[14],[15]. Le 19 juin 1967 apparaît, dans ce contexte de progressive participation sociopolitique, l’Association pour la sauvegarde du Coran, créée par le direction du culte ; se retrouvent dans des locaux prêtés par le PSD les islamo-destouriens et les futurs leaders du parti islamiste, dont les principales figures sont Ghannouchi, Abdelfattah Mourou et Hmida Ennaifer[14]. Ghannouchi commence alors à prêcher dans les écoles secondaires, les universités et les mosquées avec un groupe de jeunes dont Mourou, Habib Mokni et Salah Karker qui vont former la Jamâa Al-Islamiya (« Groupe islamique »).

Cette association commence par organiser son congrès constitutif en avril 1972, dans une ferme de Mornag, bourgade située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Tunis[16]. Une quarantaine de militants prennent part à ce conclave clandestin[16], dans le but d'une participation politique plus combative, formant le cercle islamiste qui sera à la base de la formation, au début des années 1980, du Mouvement de la tendance islamique (MTI).

Les intellectuels du groupe commencent à s'exprimer publiquement dans les pages du mensuel Al-Maarifa dont le premier numéro paraît en 1974[16]. Le journal augmente son tirage jusqu’à 25 000 exemplaires en 1979 et, par ce biais, Ghannouchi accuse Bourguiba d’avoir fait le choix de la laïcité dans le seul but de s’opposer à l’islam[14]. Cet accroissement des polémiques s’explique aussi par la conjoncture internationale et l’affaiblissent du système du parti unique bourguibien, sur fond d’agitation syndicale et ouvrière après la chute politique du socialiste Ahmed Ben Salah. Rached Ghannouchi et les islamistes de Jamâa Al-Islamiya peuvent alors s'appuyer sur le discours du leader libyen Mouammar Kadhafi qui appelle à l’unité arabe, soutenu en Tunisie par Mohamed Masmoudi et le réfugié palestinien Abou Iyad[17], et critiquer le retrait de Bourguiba des accords de Djerba, signés le 12 janvier 1974, conduisant à une première interdiction du journal Al-Maarifa[18]. Toutefois Ghannouchi et ses alliés islamistes s'éloignent de la doctrine panarabe kadhafiste du moment que Kadhafi, comme déjà le président égyptien Nasser, est hostile aux Frères musulmans[18].

Dans les colonnes des journaux Al-Moujtamaa et Al-Habib, qu'ils parviennent aussi à contrôler dès 1978, les intellectuels islamistes commencent à aborder ouvertement la question de l'instauration d'un « État islamique »[16]. Créée au même moment par l'un des piliers du mouvement, Habib Mokni, la maison d'édition Dar al-Raya, basée dans la médina de Tunis, aide à diffuser l'idéologie des Frères musulmans parmi les lecteurs tunisiens[16]. Entretemps, les heurts sur les campus universitaires se multiplient : « Les prétextes sont divers : interruption des cours à l’heure des prières, tenues vestimentaires des femmes jugées non conformes aux préceptes de l’islam, non-respect du jeûne du ramadan. Peu à peu, les interventions des islamistes investissent tous les lieux sociaux. En septembre 1977, pour faire respecter le jeûne du ramadan, les islamistes manifestent à Sfax et ferment cafés et restaurants après les avoir détruits »[14].

Roland Jacquard fait de Rached Ghannouchi un « inspirateur » d'actes violents commis au nom de l'islamisme qui refuse de se déclarer ouvertement : « Selon la plupart des services de renseignement occidentaux, ces prédicateurs, qui inspirent la conduite de la nébuleuse islamique, mais qui refusent de s'affirmer en tant que chefs, sont aujourd'hui au nombre de six : Omar Abdul Rahmane, Mohamed Hussein Fadlallah, Ghannouchi, Gulbulddine Hekmatyar, Hassan Al-Tourabi et le mollah Omar »[19].

Conflits avec le pouvoir[modifier | modifier le code]

Rached Ghannouchi lors d'un meeting.

À cause de son implication dans la violence et le terrorisme[20], comme l’incendie d'institutions éducatives dans le but de paralyser l'université et de la prendre en otage (rapporté par la Ligue tunisienne des droits de l'homme), actes de vitriolage contre l'imam de la mosquée du Kram et contre un gardien de la paix de la région de Jendouba[21], le mouvement est rapidement la cible de la répression et Ghannouchi est conduit à plusieurs reprises devant les tribunaux. Condamné à onze ans de prison (trois ans purgés) en 1981, amnistié en août 1984 et retourné ensuite à la lutte intestine[16], il est à nouveau condamné aux travaux forcés à perpétuité le 27 septembre 1987[22]. Néanmoins, cette condamnation n'est pas considérée comme suffisante par le président Bourguiba qui ordonne un nouveau procès destiné à obtenir la peine de mort[16]. Il n'a pas lieu en raison de la destitution de Bourguiba, Ghannouchi étant gracié par le nouveau président Zine el-Abidine Ben Ali le 14 mai 1988[23]. En remerciement, il lui exprime sa confiance dans une interview publiée le 17 juillet par le journal Assabah[24]. Par ailleurs, il rejette la violence, promet le fait que les islamistes ne s'infiltreront plus dans l'armée et la police et reconnaît le Code du statut personnel comme étant « dans l'ensemble [...] un cadre propre à organiser les relations familiales »[25]. En effet, Salah Karker, l'un des hauts dirigeants d'Ennahda, a reconnu que l'organisation avait commandé un coup d'État pour le 8 novembre 1987 en infiltrant l'armée :

« Les sympathisants du MTI au sein de l'armée préparaient un coup d'État, prévu pour le 8 novembre suivant. Cette décision a été adoptée par le bureau politique du mouvement islamiste [...] Nous n'avions pas d'autre issue [...] le régime nous avait déclaré la guerre[26]. »

En 1994, Ghannouchi explique cette tentative de coup d'État de la manière suivante :

« Quant à la tentative [de coup d'État] militaire, elle n'était qu'une initiative pour faire face à un régime qui avait déclaré qu'il voulait éradiquer le mouvement [...] Ce plan [de tentative de coup d'État] s'est mis en route en-dehors du mouvement et en l'absence de la plupart de ses institutions, bien que certains éléments de la direction y aient pris part[27]. »

Face au nouveau contexte politique, il dépose début 1989 une demande pour légaliser le MTI devenu plus tard Ennahda[28] mais celle-ci est refusée en juin de la même année[29].

Exil[modifier | modifier le code]

En conflit avec Sadok Chourou pour la présidence d’Ennahda, que ce dernier refuse de lui céder après son élection lors d'un congrès[30], et confronté à la nomination au ministère de l'Éducation, le 11 avril 1989, du juriste et président-fondateur de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, Mohamed Charfi, opposé au projet islamiste, Ghannouchi s'exile à Alger le 28 mai 1989. Il se rend ensuite au Soudan où il parvient à obtenir un passeport diplomatique soudanais et se retrouve à nouveau à la tête d'Ennahda en novembre 1991[31],[32]. La même année, il s'installe à Acton, dans la banlieue ouest de Londres, et obtient le statut de réfugié politique en août 1993. Entre-temps, le tribunal militaire de Tunis le condamne par contumace, le 28 août 1992, comme d'autres leaders du mouvement à la détention à perpétuité pour complot contre le président[33].

À la fin des années 1990, la direction connaît des dissensions opposant Abdelfattah Mourou, cofondateur du mouvement et partisan de la normalisation, à Ghannouchi[34]. Le journal Le Monde signale en août 1994 la démission d’un membre du bureau politique du mouvement Ennahda résidant à l'étranger, Fouad Mansour Kacem, candidat aux élections législatives d'avril 1989 dans la région de Tunis : « M. Kacem reproche à son chef, Rached Ghannouchi, de manquer de méthode claire « de préférer la force à la raison », de tenir des discours enflammés [sic], irresponsables et non réalistes dont l'affrontement avec le pouvoir ayant entraîné l'emprisonnement et l'exil de beaucoup d'autres »[35].

L'entrée de plusieurs pays, dont les États-Unis, l'Égypte et le Liban, lui sont interdites. En mars 1995, il est expulsé du territoire espagnol après avoir participé à Cordoue à une conférence sur le thème Islam face à la modernité[réf. nécessaire].

À partir de 2005, Ghannouchi est de plus en plus ouvertement contesté au sein de son mouvement. Cette contestation met en opposition la ligne du chef d'Ennahda, qui prône l'opposition frontale au régime de Ben Ali, à la ligne de la « réconciliation nationale » prôné aussi bien par une partie des troupes nahdhaouis que par des figures historiques du mouvement comme Mourou et Doulatli[36].

Retour[modifier | modifier le code]

Le 30 janvier 2011, il rejoint pour la première fois son pays d'origine après la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali. Il déclare ne pas être candidat à la présidentielle, ni à aucun autre poste de responsabilité politique, la priorité étant la reconstruction d'Ennahda. Il reste flou quant à ses intentions aux élections législatives[37].

Après l'élection de l'assemblée constituante, le 23 octobre 2011, il déclare que s'il ne lui reste plus rien à faire en Tunisie, le monde musulman est vaste et qu'il pourrait y jouer un rôle en tant que vice-président de l'organisation mondiale des savants musulmans[38].

Rached Ghannouchi en visite en Libye, en décembre 2011.

Cependant, après la victoire d'Ennahda aux élections, Rached Ghannouchi multiplie les visites dans les pays voisins (Algérie[39] et Libye[40]) et au Qatar[41] — où il est à chaque fois reçu par les plus hauts responsables de ces pays — ainsi qu'aux États-Unis[42]. En Libye, il s'affiche avec l'ancien responsable d'Al-Qaïda à Bagdad, Abdelhakim Belhadj[43] et qu'il revoit un an après lors de l'hospitalisation de ce dernier à Tunis[44]. Il prend aussi une position claire en faveur du Conseil national syrien[45].

Au terme du congrès du parti, tenu du 12 au 16 juillet 2012, Ghannouchi est confirmé comme président du nouveau bureau exécutif. Il obtient à Londres, avec le président de la République Moncef Marzouki, le prix Chatham House 2012 décerné par le Royal Institute of International Affairs.

Débat politique et controverses[modifier | modifier le code]

Malgré la reconnaissance officielle de son parti, son rôle dominant sur la scène politique du pays est le sujet de controverses politiques[46], notamment après les déclarations favorables de son leader vis-à-vis au mouvement islamiste palestinien du Hamas[47], ainsi que la protection assurée à la Ligue de protection de la révolution[48], dénoncée par l'opposition et les médias comme une milice à la solde d'Ennahda, répressive de la liberté d'opinion, de réunion et d'information[49],[50],[51].

Le 25 février 2013, Jeune Afrique par la plume de Marwane Ben Yahmed, faisant suite au malaise politique et aux polémiques suivant l’assassinat de l’avocat et défenseur de la laïcité Chokri Belaïd, prend position et publie un article de dénonciation intitulé Rached Ghannouchi, l'homme qui a trahi la révolution tunisienne[52].

Dans le contexte du conflit armé opposant au Djebel Chambi, près de la frontière entre l'Algérie et la Tunisie, les forces de l'ordre à des membres de la mouvance terroriste djihadiste, ses déclarations sont pointées du doigt pour leur ambiguïté morale face au salafisme djihadiste[53],[54],[55]. Lors de l'attaque terroriste conduisant à la mort et à la mutilation de huit soldats de l'armée tunisienne, survenue le 29 juillet 2013 au Djebel Chambi, ses responsabilités, au sein d'Ennahda, dans la manipulation de l'affaire par les chaînes satellitaires Zitouna TV et Al Mutawasit TV provoquent de vives condamnations de la part des autorités et de la presse algériennes[56]. Le 17 juin 2013, le journal syrien Al-Watan annonce que la Syrie a constitué des dossiers à charge contre le gouvernement tunisien qu’elle va porter devant le Conseil de sécurité des Nations unies et la Cour internationale de justice, visant entre autres Ghannouchi pour avoir organisé un réseau de djhadistes tunisiens partant combattre en Syrie[57].

Les ouvrages de Rached Ghannouchi font l’objet de critiques de fond sur sa pensée anti-progressiste et stigmatisant la laïcité, comme de la part du libre penseur et théologien Mohamed Talbi, qui considère que son appel à la démocratie n’est pas sincère car il est un salafiste et le salafisme et la démocratie ne peuvent pas être compatibles[58]. L’écrivain et ancien professeur à la faculté des sciences de Tunis, Larbi Bouguerra, critique la thèse de son livre La femme dans le Coran et le vécu des musulmans (1984) : « Le texte, qui attribue au bourguibisme tous les défauts et notamment le dévergondage et les mœurs dissolues, affirme que pour redresser la barre et sauver le pays du stupre, le courant islamiste « s’oppose avec force au travail féminin hors du foyer et à la mixité dans les établissements d’éducation ». Pour faire bonne mesure, il prône la polygamie, « un devoir religieux et non un remède exceptionnel » tient-il à souligner »[59].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Rached Ghannouchi est marié et père de quatre filles et deux garçons, Bara[60] et Mouadh, économiste qui accompagne son père à des sommets internationaux comme au Forum de Davos de 2012.

Parmi ses filles on distingue Yusra, docteur en astrophysique et porte-parole d'Ennahda à l'international, qui intervient régulièrement sur la chaîne anglaise Channel 4, et Intissar, diplômée en droit de Cambridge et de la London School of Economics[61] qui exerce le métier d'avocate spécialisée dans la défense des droits de l'homme[62]. Soumaya, diplômée de philosophie et chercheuse à la School of Oriental and African Studies de Londres, signe régulièrement des articles dans le quotidien The Guardian dès 2006 ; elle est mariée avec Rafik Abdessalem[63],[64], ministre des Affaires étrangères du gouvernement Jebali.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Beau, « Rached Ghannouchi : penseur et tribun », Les Cahiers de l'Orient, no 27, juillet-septembre 1992, pp. 45-52
  • Rached Ghannouchi, Les libertés publiques dans l'État islamique, Beyrouth, éd. Centre d'études de l'unité arabe, 1993
  • Azzam Tamimi[65], Rachid Ghannouchi: a democrat within Islamism, Oxford, éd. Oxford University Press, 2001

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ar) « Demande d'agrément d'Ennahda », Elaph, 2 février 2011.
  2. (fr) Jacques Girardon, « Rached Ghannouchi : "Pourquoi je suis islamiste" », L'Express, 29 avril 1993.
  3. « L'établissement de la république islamique en Iran sous la conduite de Khomeiny et des ulémas est l'exemple à suivre et la preuve que l'établissement d'une véritable République Islamique est possible » selon J. Loiselet, « Le Mouvement de la Tendance Islamique en Tunisie », éd. Centre d'études pour le monde arabe moderne, Beyrouth, 9 mai 1987.
  4. Son engagement révolutionnaire est illustré matériellement par l’escalade politico-diplomatique de 1987 faisant suite à la répression du Mouvement de la tendance islamique, parti dont Ghannouchi est le leader, et aboutissant à la rupture par le gouvernement tunisien des relations diplomatiques avec l'Iran, le 26 mars 1987. Ghannouchi est jugé et condamné sous l’accusation principale de « collusion avec un État étranger, tentative de renversement du régime, appel à la sédition et diffamation du chef de l'État » selon Asma Làrif-Béatrix, « Chronique tunisienne », Annuaire de l'Afrique du Nord, tome XXVI, 1987, pp. 649-650.
  5. Idéologiquement, Rached Ghannouchi a produit des articles pro-Khomeini, ressemblés dans le livre Le mouvement de l'Imam Khomeiny et la résurrection de l'Islam, publié en persan par la maison d’édition Etelaat en 1993.
  6. (fr) Dominique Lagarde, « Tunisie : d'où vient le mouvement Ennahda ? », L’Express, 31 janvier 2011.
  7. (fr) Baudouin Loos, Le Temps, 26 octobre 2011.
  8. a et b (ar) Profil de Rached Ghannouchi (Al Jazeera).
  9. (fr) « Biographie - Rached Ghannouchi », Le Petit Journal, 28 février 2012.
  10. a et b (en) CV de Rached Ghannouchi (IslamOnline).
  11. « Lorsque Bourguiba fit son célèbre voyage au Machreq après qu'eut lieu la réconciliation, nous sommes allés le rencontrer à Beyrouth. Les non boursiers lui ont demandé l'attribution d'une bourse pour tous, qu'il leur a accordée de fait lors de son célèbre discours d'Ariha. On a donc tous bénéficié de la bourse tunisienne un certain temps » selon François Burgat, « Rachid Ghannuchi : Islam, nationalisme et islamisme (entretien) », Égypte/Monde arabe, première série « Partage de l’eau dans le monde arabe », n°10, 1992, pp. 109-122, paragraphe 25.
  12. François Burgat, « Rachid Ghannuchi : Islam, nationalisme et islamisme (entretien) », paragraphe 36
  13. François Burgat, « Rachid Ghannuchi : Islam, nationalisme et islamisme (entretien) », paragraphes 39-41
  14. a, b, c et d (fr) Clément Guillemot, « L'islamisme tunisien d'Ennahdha : d'une mouvance révolutionnaire à un parti politique légaliste. Partie 1 : la naissance de l'islamisme politique sous Habib Bourguiba », Les Clés du Moyen-Orient, 5 juillet 2012.
  15. « En Tunisie, également, le pouvoir modernisateur et laïcisant utilisa l'islamisme émergent pour contrer la gauche marxiste » selon Laurent et Annie Chabry, Identités et stratégies politiques dans le monde arabo-musulman, éd. L'Harmattan, Paris, 2001, p. 424.
  16. a, b, c, d, e, f et g (fr) Ridha Kéfi « Comment les islamistes ont été vaincus », Jeune Afrique, 11 mai 1999.
  17. (fr) [PDF] Tahar Belkhodja, Les trois décennies Bourguiba. Témoignage, éd. Publisud, Paris, 1998, pp. 138-141 et suiv..
  18. a et b (fr) [PDF] François Burgat, « L'islamisme dans les relations interarabes », Annuaire de l'Afrique du Nord, tome XXIV, 1985, p. 32.
  19. Roland Jacquard, Au nom d'Oussama Ben Laden, Paris, Jean Picollec,‎ 2001, 400 p. (ISBN 2-7028-6814-2), p. 186-188.
  20. Le terrorisme du Mouvement de la tendance islamique, dont Rached Ghannouchi est le président, est condamné dans le Rapport de la Cour fédérale du Canada du 24 septembre 2001 sur l'affaire Mohamed Zrig (dossier IMM-601-00) (paragraphe 55) : « Concernant le terrorisme du MTI/Ennahda, le défendeur renvoie aux crimes suivants commis par le MTI/Ennahda : utilisation de cocktails molotov, acide projeté au visage d'individus, agressions physiques dans les lycées et les universités, lettres de menaces, attentats à la bombe en France en 1986, à Sousse et Monastir, ainsi que ceux en 1990-91, incluant celui à Bab Souika ».
  21. (fr) Joachim Véliocas, « Le Figaro révise l'islamisme tunisien : Arielle Thedrel est incompétente », Observatoire de l'islamisation, 18 janvier 2011.
  22. Jean-Pierre Langellier, « M. Rached Ghannouchi. Idéologue et tribun », Le Monde, 29 septembre 1987.
  23. « Un geste en direction des islamistes. Le président Ben Ali a gracié M. Ghannouchi », Le Monde, 17 mai 1988.
  24. Michel Deure, « L'émir des islamistes exprime sa confiance en M. Ben Ali », Le Monde, 17 mai 1988.
  25. Sadri Khiari, Tunisie, le délitement de la cité : coercition, consentement, résistance, Paris, Karthala, coll. « Les Afriques »,‎ 2003, 202 p. (ISBN 2-84586-401-9, notice BnF no FRBNF39031048), p. 29.
  26. Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi, Notre ami Ben Ali, Paris, La Découverte,‎ 2002, 256 p. (ISBN 2-7071-3710-3), p. 41.
  27. Al-Insan, février 1994, pp. 38-39.
  28. Michel Deure, « Les islamistes ont demandé l'autorisation de se constituer en parti », Le Monde, 19 février 1989.
  29. Michel Deure, « Privé de reconnaissance officielle, le mouvement islamique dénonce les abus du pouvoir », Le Monde, 5 septembre 1989.
  30. (fr) Sami Ben Abdallah, « Rached Ghannouchi et Sadok Chourou : le conflit de 1988 », Blog de Sami Ben Abdallah, 30 novembre 2011.
  31. En effet, de 1972 à 2011, Ennahda connaît treize présidents, douze pendant huit ans et un seul président, Rached Ghannouchi, pendant 31 ans. Sa nouvelle présidence est contestée par Abdelfattah Mourou du fait qu'il ne réside pas en Tunisie selon Sami Ben Abdallah, « Rached Ghannouchi, un si long règne », Blog de Sami Ben Abdallah, 18 novembre 2011.
  32. Michel Deure, « Le mouvement islamiste Ennahdha s'est doté d'une nouvelle direction », Le Monde, 3 mai 1991.
  33. (fr) Michel Deure, « Une trentaine d'islamistes sont condamnés à la prison à vie », Le Monde, 29 août 1992.
  34. Sophie Boukhari, « Rached Ghannouchi a toujours refusé de dialoguer. Il a choisi le recours à la violence », Jeune Afrique, 12 juin 1991.
  35. « Selon un quotidien saoudien. Démission d'un responsable du mouvement islamiste tunisien », Le Monde, 11 août 1994.
  36. (fr) Fatima Kabba, « Rached Ghannouchi contesté », Le Maghrébin, no 2, 11 septembre 2006, repris par le site reveiltunisien.org, 20 septembre 2006.
  37. (fr) « Tunisie : l'islamiste Rached Ghannouchi ne sera pas candidat à la présidence », Le Monde, 30 janvier 2011.
  38. (fr) Isabelle Mandraud, « Les priorités politiques du nouvel homme fort de Tunisie », Le Monde, 28 octobre 2011.
  39. (fr) « Rached Ghannouchi reçu par Abdelaziz Bouteflika à Alger », GlobalNet, 21 novembre 2011.
  40. (fr) « Tunisie - Rached Ghannouchi en Libye pour trouver une solution à Ras Jedir », Business News, 11 décembre 2011.
  41. (fr) « Rached Ghannouchi reçu par l'Émir du Qatar », Business News, 31 octobre 2011.
  42. (fr) Fatma Benmosbah, « Rached Ghannouchi et le sionisme aux épices tunisiennes », Kapitalis, 13 décembre 2011.
  43. (fr) « Résumé des accusations qui accablent Abdelhakim Belhaj invité d'honneur d'Ennahda », Tunisie numérique, 2 octobre 2013
  44. (fr) « Un des principaux chefs de l’insurrection libyenne hospitalisé en Tunisie », Leaders, 19 décembre 2012
  45. (fr) Fatma Benmosbah, « Présence du CNS enTunisie, entre traîtrise et servitude », Libnanews, 17 décembre 2011.
  46. (fr) Noureddine Hlaoui, « Le destin de 11 millions de Tunisiens, otage du majlis de la choura d’Ennahdha », Business News, 21 février 2013.
  47. (fr) « Tunisie : Ghannouchi offre son hospitalité au Hamas ! », Islamic Republic of Iran Broadcasting, 7 août 2012.
  48. « Ce qui est clair pour tout le monde est que ces ligues jouissent de la protection du parti au pouvoir qui s’oppose à leur dissolution et qui sous-estime à chaque fois leur recours à la violence » selon « Rached Ghannouchi : la dissolution des LPR n’est pas l’affaire des politiques », L'Économiste maghrébin, 15 mai 2013.
  49. (fr) Frida Dahmani, « Tunisie : ces milices qui vous veulent du bien », Jeune Afrique, 28 janvier 2013.
  50. (fr) « La Ligue de protection de la révolution : le bras armé d'Ennahdha ? », France Inter, 12 novembre 2012.
  51. (fr) « Tunisie : la Ligue de protection de la révolution, milice honnie des laïcs », Agence France-Presse, 16 février 2013.
  52. « Depuis son arrivée au pouvoir, dans l'ombre, Ghannouchi s'est évertué à ouvrir plusieurs fronts. Une guérilla permanente. Ennahdha bloque des articles de la Constitution, refuse d'inscrire les droits universels dans la loi fondamentale, tergiverse sur la charia ou le statut des femmes, stigmatise l'opposition, rêve d'anéantir le parti qui a le vent en poupe, Nida Tounes, fondé par l'ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, s'en prend aux médias, aux laïcs, aux artistes, instrumentalise le débat identitaire et utilise la religion pour traiter de mécréants tous ceux qui s'opposent à lui » selon Marwane Ben Yahmed, « Rached Ghannouchi, l'homme qui a trahi la révolution tunisienne », Jeune Afrique, 25 février 2013.
  53. (fr) Hafawa Rebhi, « La Tunisie n’est pas une terre de jihad et les terroristes de Jebel Chaambi ne sont que des jeunes impétueux », L'Économiste maghrébin, 9 mai 2013.
  54. « Les masques sont tombés : le projet de Ghannouchi pour la Tunisie se résume à l'instauration d'une théocratie qu'il convient de bâtir méthodiquement, pierre après pierre, comme il l'a lui-même expliqué à des salafistes impatients. Des propos révélés il y a quelques mois par deux vidéos qui ont fait le tour de la Toile » selon Marwane Ben Yahmed, « Rached Ghannouchi, l'homme qui a trahi la révolution tunisienne », Jeune Afrique, 25 février 2013.
  55. (fr) Marc Daou, « Filmé à son insu, Rached Ghannouchi tombe le masque », France 24, 11 octobre 2012.
  56. « Ghannouchi et son parti n'ont pas trouvé mieux que d'actionner des organisations et des relais médiatiques qui leur sont acquis pour accuser ouvertement l'Algérie d'être « l'inspiratrice » de ces attaques meurtrières » selon Brahim Takheroubt, « Ghannouchi franchit la ligne rouge », L'Expression, 1er août 2013.
  57. (fr) Karim Zmerli, « La Syrie portera plainte contre la Tunisie devant le Tribunal de la Haye », Tunisie Secret, 18 juin 2013.
  58. « Je considère que cet appel n’est pas sincère, parce qu’il est salafiste. Et le salafisme et la démocratie ne se rencontrent jamais » selon « Tunisie - Rached Ghannouchi, un salafiste refoulé et démasqué ? », Slate Afrique, 11 octobre 2012.
  59. (fr) Mohamed Larbi Bouguerra, « Qu'il est instructif de lire les œuvres de M. Rached Ghannouchi ! », Leaders, 14 août 2012.
  60. (fr) « Soirée résultats chez Ennahdha », Image de Tunisie, 26 octobre 2011.
  61. (en) Allan Little, « Renaissance party offers clean break to Tunisian voters », BBC News, 25 octobre 2011.
  62. (fr) Mourad Teyeb, « Tunisie. Portrait d'Intissar, la fille de Rached Ghannouchi... », Kapitalis, 18 juin 2011.
  63. (fr) « Liste définitive des membres du nouveau gouvernement », Mosaïque FM, 16 décembre 2011.
  64. (fr) Ridha Bourkhis, « Tunisie. Chassez le népotisme, il revient au galop ! », Kapitalis, 19 décembre 2011.
  65. Azzam Tamimi est un islamiste palestinien, directeur de l'Observatoire islamique de Londres. Il a été l'interprète de Ghannouchi au Royaume-Uni dans les années 1990.

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