Hamma Hammami

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Hamma Hammami
حمة الهمامي
Hamma Hammami durant une réunion du PCOT à Jemmal
Hamma Hammami durant une réunion du PCOT à Jemmal
Fonctions
Secrétaire général du Parti communiste des ouvriers de Tunisie / Parti des travailleurs
En fonction depuis le 25 juillet 2011
Prédécesseur Création de la fonction
Biographie
Date de naissance 8 janvier 1952 (1952-01-08) (61 ans)
Lieu de naissance El Aroussa, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Parti communiste des ouvriers de Tunisie / Parti des travailleurs

Hamma Hammami (حمه الهمامي), né le 8 janvier 1952 à El Aroussa[1], est un homme politique tunisien de la gauche radicale.

Porte-parole d'un parti longtemps clandestin, le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT)[1], devenu le Parti des travailleurs, il en devient secrétaire général au terme du congrès de 2011[2]. Il dirige son journal Al Badil.

Sommaire

Biographie[modifier]

Présidence Bourguiba[modifier]

Après des études de littérature arabe, il se lance dans le militantisme de gauche.

Suite à sa participation à la révolte étudiante du 5 février 1972, il est arrêté une première fois et condamné à un mois et demi de prison[3]. Deux ans plus tard, il est condamné à huit ans et demi de prison pour son appartenance à l'organisation interdite El Amal Ettounsi ; il est libéré six ans plus tard après avoir été adopté par Amnesty International[3]. Affecté physiquement par la torture pratiquée à son encontre, il est envoyé aux frais de l'État en France pour y être soigné[3]. En mai 1987, il est condamné par contumace à 18 mois de prison pour ses activités au sein du PCOT[3].

Présidence Ben Ali[modifier]

Après la prise de pouvoir de Zine el-Abidine Ben Ali, il est arrêté à de multiples reprises entre 1989 et 1991 puis fait l'objet de condamnations successives, pour un total de deux ans et demi de prison et 7 000 dinars d'amende, pour ses articles parus dans le journal Al Badil, interdit dès 1991[3]. Passé à la clandestinité durant l'automne 1992, il est condamné par contumace le 15 décembre de la même année à quatre ans et neuf mois de prison pour ses activités au sein du PCOT[3].

Arrêté le 14 février 1994 à Sousse, il est torturé à plusieurs reprises[3]. Le 7 avril, il est rejugé et condamné à quatre ans et un mois de prison ; il est condamné à cinq ans et six mois supplémentaires pour détention d'une fausse carte d'identité et blessures infligées à des policiers[3]. En juin, ses peines cumulées sont réduites d'un an en appel[3].

Alors qu'Amnesty International l'adopte à nouveau, Hammami ne peut voir sa famille que dix minutes par semaine[3]. Il est finalement libéré le 6 novembre 1995[3]. À nouveau arrêté le 14 janvier 1998 avec sa fille de neuf ans, Oussaïma, il est relâché sans charges[3]. Recherché après l'arrestation de plusieurs étudiants de gauche, il entre dans la clandestinité le 27 février 1998[3]. Le Tribunal de première instance de Tunis le condamne par contumace le 14 juillet 1999 à neuf ans et trois mois de prison[3]. Il reste dans la clandestinité, dirigeant notamment le journal clandestin Saut Acha'b (Voix du peuple)[3]. Le 15 janvier 2002, il annonce sa sortie de clandestinité afin de faire face aux juges[3]. Le 2 février, il voit sa peine ramenée à deux ans et trois mois de prison ; il bénéficie d'une mesure de « libération conditionnelle pour des raisons de santé » le 4 septembre, en raison de coliques néphrétiques, de tension artérielle élevée, de maux de tête et de problèmes de vue[4].

En septembre 2009, il est violemment agressé par des policiers à l'aéroport de Tunis, alors qu'il rentre de France, où il avait réalisé plusieurs interviews très critiques contre le président Ben Ali à la veille de l'élection présidentielle du 25 octobre 2009[5]. Sa femme, Radhia Nasraoui, allée l'accueillir en taxi — les roues de sa voiture ayant été crevés durant la nuit — commente l'état de son mari lorsqu'il est sorti de l'aéroport :

« C'est alors que j'ai vu Hamma arriver, la bouche en sang, les lunettes cassées, des ecchymoses sur le visage, entouré d'une vingtaine de policiers qui continuaient à le frapper et à l'insulter. J'ai hurlé, mais il n'y avait plus de touristes dans l'aéroport. Un policier s'est approché de moi, m'a arraché le portable des mains et l'a violemment lancé[5]. »

Le 11 janvier 2011, Hammami fait un discours où il appelle au « départ de Ben Ali, la dissolution des institutions fantoches du régime actuel et la mise en place d'un gouvernement national provisoire chargé d'organiser des élections libres et transparentes » ; il est arrêté le 12 janvier par la police politique qui a envahi son domicile au matin[6] avant d'être libéré deux jours plus tard[7], le jour de la chute du président Ben Ali.

Révolution[modifier]

Alors qu'il prévoit de se présenter à l'élection de l'assemblée constituante dans la circonscription de l'Ariana, il s'abstient finalement afin de travailler en faveur de toutes les listes du parti[8]. Le 6 octobre, il réaffirme son respect des croyances religieuses du peuple mais appelle à séparer la religion de l'État tout en niant prôner l'athéisme[9].

Vie privée[modifier]

Hammami épouse Radhia Nasraoui, avocate et militante des droits de l'homme, en 1981 ; ils ont trois filles : Nadia, Oussaïma et Sarah[3],[1].

Références[modifier]

  1. a, b et c (fr) « Hamma Hammami : témoigne de la clandestinité », Maghreb des droits de l'homme, 25 janvier 2003
  2. (fr) « À la gloire du communisme », Le Temps, 29 juillet 2011
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q (en) Parcours de Hamma Hammami (Amnesty International)
  4. (fr) « Hamma Hammami libéré pour « raisons de santé » », Associated Press, 4 septembre 2002
  5. a et b (fr) « Quand la police a recours à la violence pour faire taire les opposants », Reporters sans frontières, 30 septembre 2009
  6. (fr) « Tunisie : Hamma Hammami a été arrêté dans la capitale en plein déploiement militaire », Reporters sans frontières, 13 janvier 2011
  7. (fr) Donald Hebert, « Tunisie : la contestation continue sur internet », Le Nouvel Observateur, 14 janvier 2011
  8. (fr) Sabra Mansar, « Slim Riahi, Rached Ghannouchi et Hamma Hammami s'abstiendront de postuler à la Constituante », Tunisie numérique, 28 septembre 2011
  9. (fr) « « Notre parti n'a jamais appelé à l'athéisme comme le prétendent certaines parties » (secrétaire général du PCOT) », Tunis Afrique Presse, 7 octobre 2011

Lien externe[modifier]