Thiennes

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Thiennes
Thiennes
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Intercommunalité Communauté de communes de Flandre Intérieure
Maire
Mandat
Eddie Boulier
2020-2026
Code postal 59189
Code commune 59590
Démographie
Gentilé Thiennois(es)
Population
municipale
905 hab. (2018 en augmentation de 2,26 % par rapport à 2013)
Densité 120 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 39′ 09″ nord, 2° 28′ 04″ est
Altitude Min. 15 m
Max. 37 m
Superficie 7,54 km2
Élections
Départementales Canton d'Hazebrouck
Législatives Quinzième circonscription
Localisation
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Thiennes

Thiennes (Thienen en néerlandais[1]) est une commune française, située dans le département du Nord (59) en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Thiennes dans son canton et son arrondissement

Situation[modifier | modifier le code]

Thiennes est située sur la Lys.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Aux débuts de la période gallo-romaine, alors que Jules César peinait à pacifier le nord de la Gaule, le territoire de l'actuelle commune de Thiennes a fait l'objet d'une attention toute particulière puisque c'était le lieu d'embarquement sur la Lys et qu'elle a bénéficié pour cela de la construction d'une voie romaine, qui la relie directement à Cassel, qui semblait être un des deux centres névralgiques de la région (avec Bavay). Ainsi le sel issu des salines de la Mer du Nord et transitant par Cassel pouvait être acheminé par barques jusqu'aux ports maritimes de l'embouchure du Rhin[2]. Cette voie romaine reliait Cassel à Mardyck, sur la côte[3].

La commune a bénéficié aussi de la présence proche de la forêt royale puis domaniale de Nieppe, qui est l'une des très rares forêts poussant sur sols limoneux riches, et ayant survécu aux défrichements du Néolithique, de la période gallo-romaine et des périodes médiévales et postérieures qui ont suivi (c'est aussi le cas de la forêt de Mormal).

Thiennes était réputée dans le passé pour ses carrières de silex[4].

En 1298, Baudouin de Le Planck est sire de Thiennes et de Steenbecque. La terre de Blaringhem est confisquée sur Thomas de Lille, et donnée par le connétable de France Raoul II de Clermont-Nesle à Baudouin de Le Planck (à l'époque, affrontement entre le comte de Flandre Gui de Dampierre et le roi de France Philippe IV le Bel qui gagne la partie; les seigneurs restés fidèles au comte voient leurs biens confisqués)[5].

Jean de la Viefville, dit "Porus", seigneur de Thiennes, combat et trouve la mort lors de la bataille d'Azincourt en 1415[6].

En 1438, la seigneurie est détenue par un membre de la famille La Viefville, également seigneur de Blaringhem; sa fille Bonne est abbesse de l'abbaye Notre-Dame de Bourbourg[7].

En 1745, les trois terres réunies de Thiennes, Steenbecque et Blaringhem sont érigées en comté au bénéfice de Jean-François Buisseret[5] sous la dénomination de comté de Thiennes. Jean François Buisseret était commissaire ordinaire des guerres en 1745. Il a d'abord été capitaine au régiment d'Anjou (infanterie) et ensuite commissaire ordinaire des guerres. il s'est distingué au siège de Lille en 1708. Son frère aîné a servi également avec distinction comme capitaine au régiment de Bresse (infanterie); atteint de plusieurs blessures, il a été gratifié d'une pension. La famille Buisseret est reconnue noble depuis 1408, les preuves ayant été vérifiées à la réception d'un de ses fils et petit-fils dans les pages de la grande écurie du roi; son fils aîné est député de la noblesse pour les villes et châtellenie de Douai et Orchies aux États d'Artois. La famille a noué de nombreuses alliances nobles. François Buisseret, grand oncle du bénéficiaire a été évêque de Namur puis archevêque de Cambrai, Hugues Buisseret fut abbé de l'abbaye du Jardinet, Étienne Buisseret abbé de Moliens, Jean Buisseret abbé de Belvaux. Jean François Buisseret possède la terre et seigneurie de Thiennes-Steenbecque, relevant du roi à cause du château de Cassel, consistant en deux paroisses d'environ mille communiants, ayant toutes les justices (justice seigneuriale) ayant la première place en qualité de haut justicier de la noble cour de Cassel, droit de chasse, droit de pêche dans les rivières de Nieppe et de la Mesle, etc., possédant maison, jardins, prairies, bois, et terres labourables, environ 148 mesures (de l'ordre de 66 hectares), moulins, etc, dont relèvent 260 fiefs. il possède aussi la terre de Blaringhem, relevant également du château de Cassel, paroisse de plus de mille communiants avec justice vicomtière et 145 mesures (de l'ordre de 65 hectares) , bois, jardins, etc. dont relèvent 40 fiefs. Jean François Buisseret, fils de Michel, est mort à Lille en , âgé de 91 ans. L'érection en comté des terres susnommées aurait été obtenue pour Jean François, par son fils N. Buisseret, seigneur d'Hantes, par le canal du duc de Penthièvre, Louis-Jean-Marie de Bourbon qu'il avait logé chez lui pendant la guerre[8].

Pendant la Révolution française, en juin 1793, la municipalité s'est opposée à l'enlèvement des cloches tel que décidé par la Convention nationale[9].

Famille de Thiennes[modifier | modifier le code]

À compter du XIVe siècle au moins, le nom de Thiennes est porté par des seigneurs retrouvés dans différentes paroisses de Flandre, en ayant quitté d'ailleurs leur cité d'origine ː le , la terre de Rumbeke en Flandre, est érigé en comté, (titre de comte), en faveur de René de Thiennes, seigneur de Rumbeke, Caestre, Claerhoudt, Oudenen et de la cour d'Ideghem, dont la famille a rendu les plus grands services, depuis 1340, époque où Jean de Thiennes, seigneur de Lombize (Lombise) et de Beaurepaire, accompagna avec huit écuyers à sa solde, le duc de Bourgogne Eudes IV de Bourgogne allant au secours de Saint-Omer, assiégée par Robert III d'Artois (bataille de Saint-Omer (1340)[10].

Le , par lettres de Madrid (la Flandre est espagnole à cette époque), la seigneurie et terre de Berthen, ayant haute, moyenne et basse justice (justice seigneuriale), située au comté de Flandre, relevant de la cour féodale de Bailleul, est érigée en marquisat (titre de marquis) en y annexant les terres et seigneuries de Vleminckhove, Noirmont et Houtambach, au profit de Georges de Thiennes, baron de Brouck, seigneur des dits lieux, mestre de camp entretenu, gouverneur, bailli et capitaine des ville et château d'Aire (Aire-sur-la-Lys). La maison de Thiennes est issue des ducs de Limbourg en Luxembourg et en porte les armes (« D'argent au lion de gueules armé et lampassé d'or »); elle a fourni beaucoup de gouverneurs de provinces, de places de guerres, de chefs dans les armées, d'ambassadeurs, d'écuyers tranchants, de gentilhommes de bouche, de conseillers et chambellans , savoir ː Robert de Thiennes, seigneur de Castre (Caëstre) et Berthen, conseiller et chambellan des ducs de Bourgogne Philippe le Bon, et Charles le Guerrier (Charles le Téméraire fils de Philippe le Bon), ayant eu commandement de leurs armées contre la France; Jacques de Thiennes, son fils, aussi chambellan des empereurs Maximilien Ier et Charles Quint, puis bailli de Gand, commissaire ordinaire au renouvellement des magistrats du comté de Flandre, lieutenant et capitaine du pays et comté de Hollande, ambassadeur vers le roi d'Angleterre et envoyé aussi en qualité d'ambassadeur au roi du Danemark pour lui porter la Toison d'or (Ordre de la Toison d'or); lui-même Georges de Thiennes a servi 27 ans comme alfère, colonel, capitaine de cuirassiers, commissaire général de cavalerie, mestre de camp et depuis sept ans gouverneur d'Aire, s'est trouvé aux sièges de Maestricht, à la surprise de Trèves, à la bataille du prince Thomas de Savoie, (Thomas de Savoie-Carignan), en la ville de Saint-Omer assiégée, au siège de Lens, au siège de La Bassée, où ayant pris les postes, empêcha l'ennemi d'y introduire des secours, à la défaite de l'armée de France, en la bataille d'Hancourt, etc. etc.[11].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Thiennes

Les armes de la commune de Thiennes se blasonnent ainsi :
D'or à la bordure d'azur, à l'écusson d'argent en abîme, bordé d'azur, chargé d'un lion de gueules, armé, lampassé et couronné du champ.[12]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Maire en 1854 : L. Lobbedez[13].

Maire en 1883 et 1887 : Julien Dequidt[14].

Maire de 1887 à 1892 : Jules Cattoir[15].

Maire de 1892 à 1900 : Louis Lobbedez[16].

Maire de 1900 à 1914 : J. Bart[17].

Maire de 1922 à 1924 : G. Maillet[18].

Maire de 1924 à 1939 ː N. Lobbedez[19].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945 décembre 1964 Eugène Bécart   Décédé en cours de mandat
janvier 2006 Jean Bart[20] DVD Décédé en cours de mandat
janvier 2006 octobre 2012 Jean-Pierre Davrout[20]   Décédé en cours de mandat
décembre 2012 Avril 2014 Gérard Verbrigghe   Agriculteur en retraite
Avril 2014 Avril 2014 Jean Pruvost    
Avril 2014 en cours Eddie Boulier   Responsable qualité
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[22].

En 2018, la commune comptait 905 habitants[Note 1], en augmentation de 2,26 % par rapport à 2013 (Nord : +0,41 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2569101 0281 0231 1221 1871 2071 1341 082
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0631 0941 0261 0631 0611 0301 0621 0571 049
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 0731 012962980921861834779761
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
883856852856831856816811805
2013 2018 - - - - - - -
885905-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Thiennes en 2007 en pourcentage[25].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,3 
90 ans ou +
1,0 
7,8 
75 à 89 ans
9,8 
8,3 
60 à 74 ans
9,1 
21,4 
45 à 59 ans
19,4 
22,7 
30 à 44 ans
19,6 
20,2 
15 à 29 ans
19,6 
19,4 
0 à 14 ans
21,6 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[26].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Centre de Recherche généalogique Flandre-Artois
  2. Delmaire, Roland, « Cassel / Castellum Menapiorum (Nord) », Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, vol. 25, no 1,‎ (lire en ligne, consulté le 18 juillet 2018)
  3. Mr Bergerot, <<Vie de Saint-Folquin>>, dans Mémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1855, p. 90 à 131, lire en ligne
  4. Mémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, Année 1855, page 176, lire en ligne
  5. a et b Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Année 1979 Tome III p. 9523.
  6. « Azincourt 1415 : d'où venaient les chevaliers français morts à la bataille ? »
  7. Georges Dupas, Le clergé, les couvents et leurs biens dans la châtellenie de Bourbourg avant la Révolution, Coudekerque-Branche, Galaad, 2000, p. 41.
  8. Amédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 408, lire en ligne.
  9. Joseph Deschuytter, L'esprit public et son évolution dans le Nord, de 1791 au lendemain de Thermidor an II (1), FeniXX réédition numérique, (ISBN 978-2-307-02260-2, lire en ligne)
  10. Amédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 281, lire en ligne.
  11. Amédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 315, lire en ligne.
  12. http://www.labanquedublason2.com/lecture_fiche_commune.php3?page=f59590
  13. Almanach du commerce du Nord Année 1854
  14. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1883 1887
  15. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1888 à 1892
  16. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1893 à 1900
  17. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1901 à 1914
  18. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1922 à 1924
  19. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Années 1925 à 1939
  20. a et b « Jean- Pierre Davrout veut « un village tranquille » », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord,
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  25. « Évolution et structure de la population à Thiennes en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010)
  26. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010)