Abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Abbaye Saint-Bertin)
Aller à : navigation, rechercher
Ancienne abbaye Saint-Bertin
image illustrative de l’article Abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer
Présentation
Nom local Abbaye de Sithiu
Type Abbaye (en ruines)
Rattachement (anciennement) Bénédictins
Début de la construction VIIe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Ville Saint-Omer
Coordonnées 50° 45′ 03″ nord, 2° 15′ 50″ est

Géolocalisation sur la carte : Pas-de-Calais

(Voir situation sur carte : Pas-de-Calais)
Ancienne abbaye Saint-Bertin

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Ancienne abbaye Saint-Bertin

L'abbaye Saint-Bertin est une ancienne abbaye bénédictine fondée, au VIIe siècle, par l'évêque de Thérouanne sous le nom d'abbaye de Sithiu.

Les vestiges de cette abbaye en ruine se trouvent aux portes du marais à Saint-Omer, en Morinie, et près de l’Aa. Ils ont été classés comme un monument historique en 1840[1].

Disposition générale de l'abbaye de Saint-Bertin[modifier | modifier le code]

L’abbaye Saint-Bertin située au nord-est de la ville, dont elle était isolée, reprenait le plan type du monastère bénédictin. Cernée d’un mur d’enceinte et bordée de cours d’eau, l’Aa et la Haute- Meldick, elle constituait un vaste ensemble communautaire divisée en trois espaces : les lieux réguliers, les quartiers périphériques, et les annexes. Ainsi, au cœur du monastère, se situait l’église abbatiale autour de laquelle étaient distribués tous les bâtiments. Le cloître accolé au flanc sud de l’église, et ainsi abrité des vents froids du nord, présentait quatre galeries couvertes, autour desquelles s’organisait la vie matérielle et intellectuelle des moines. L’aile sud, œuvre de l’abbé Gilbert, tenait lieu de réfectoire, long vaisseau de sept travées divisées par une rangée de six piles. L’aile ouest comprenait l’ancien parloir, le cellier, l’ancien chapitre, le chauffoir et les cuisines. Les bâtiments auraient servi en 1789 de dépôts et de magasins.

Autour de ce noyau, se développaient les quartiers de l’abbé à l’ouest, du chambellan au sud, du receveur et du prieur à l’est. Enfin les annexes, distribuées à la périphérie de l’abbaye, permettaient aux moines de vivre en complète autonomie. Les exploitations agricoles, les ateliers, les moulins, les écuries, la brasserie et la boulangerie offraient tout ce dont avaient besoin les religieux pour respecter la règle de clôture. [2]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le monastère fut fondé par des moines missionnés par la ville de Sithiu (future Saint-Omer), Bertin, Mommelin et Bertrand (ou Ebertram), qui avaient pour but d'évangéliser la région.

C'est à Saint-Bertin qu'a été enfermé en 751, Childéric III, dernier roi des Francs de la dynastie mérovingienne. Il meurt à Saint-Omer en 755.

Les Comtes de Flandre Baudouin Ier de Flandre, Baudouin III de Flandre, Arnoul III de Flandre y furent également enterrés.

L’abbaye devint l'une des plus influentes du Nord de l’Europe, avec celles de Saint-Amand et de Saint-Vaast. Sa bibliothèque a abrité un temps le codex des Aratea de Leyde, dont deux copies ont été produites[3].

Furent également retrouvées dans la bibliothèque les très célèbres Annales de Saint Bertin.

Plusieurs manuscrits enluminés ont été produits dans son scriptorium à l'époque carolingienne dans le style franco-saxon comme le psautier de Louis le Germanique (Bibliothèque de Berlin).

Une partie de la bibliothèque de Saint Bertin se trouve actuellement dans la bibliothèque de Saint Omer[4].

Parmi les moines chargés de la bibliothèque est resté le souvenir d'Allard-Tassar, né à Saint-Omer dans le courant du XVe siècle. Il étudia et recopia entre 1495 et 1532 les Annales de Saint-Bertin et autres textes. De ses travaux ont été conservés deux manuscrits conservés à Saint-Omer, l'un sur les anciennes coutumes de Saint-Bertin, l'autre plus général sur les évêques et abbés du royaume de France, en particulier sur les évêques de Thérouanne, l'abbaye de Saint-Winoc et sur l'abbaye de Clairmarais. Dans cet ouvrage et dans celui de Malbrancq, De Morinis et Morinorum rebus (1639) se trouvent les débris de l'ancien "Chronicon Morinense"[5].

Une église romane a été édifiée vers le milieu du XIe siècle. Il subsiste quelques chapiteaux et les fragments d’une mosaïque conservés au musée de l’hôtel Sandelin.

L'église s'élève d'une hauteur de 25 mètres, avec une tour de 48 mètres, et comprend un grand sanctuaire en hémicycle desservant cinq chapelles. Ce dernier a été construit au XIVe siècle et a servi de modèle à l’église, dont la construction ne s’est achevée qu’au début du XVIe siècle.

En 1789, l’abbaye devient bien national à la suite du décret du 2 novembre 1789 de l'Assemblée constituante qui met les biens de l’Église à la disposition de la Nation.

Le décret du 13 février 1790 interdit les vœux monastiques et supprime les ordres religieux réguliers, hors ceux chargés de l’éducation publique et les maisons de charité. Le 15 août 1791, les moines sont expulsés de l'abbaye. En 1792, les bâtiments conventuels sont vendus. Le 3 octobre 1792, les cloches de l’abbatiale sont brisées. En 1799, l'église abbatiale est vendue à des particuliers qui l'abandonnent.

En 1811, la ville de Saint-Omer devient propriétaire des ruines de l'abbaye.

En 1830, la commune demande la destruction de l'édifice ; ce qui reste de la nef de l'église servira à construire le nouvel hôtel de ville. Seul le clocher subsiste. Il est même consolidé par un contrefort construit dans la nef (toujours visible). Il s'effondre après la Seconde Guerre mondiale en 1947 à cause des bombardements au centre ville et de l'abandon du site[6].

En 1844, des fouilles ont été réalisées dans la nef de l'abbaye permettant de découvrir de nombreuses sépultures des abbés[7].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri de Laplane, Les Abbés de Saint-Bertin d'après les anciens monumens de ce monastère, volumes 1 & 2.
  • Meriaux Charles, Thérouanne et son diocèse jusqu’à la fin de l’époque carolingienne : les étapes de la christianisation d’après les sources écrites. In: Bibliothèque de l'école des chartes=tome 158, (lire en ligne), p. 377-406
  • Aratea de Leyde : ce manuscrit devait être conservé dans le Nord de la France aux alentours de l'an mil, sans doute dans la bibliothèque de l’abbaye Saint-Bertin[12], où deux copies ont survécu.
  • M. Guérard, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Bertin, Paris, Imprimerie Nationale, , 487 p. (lire en ligne).
  • J. Balteau, <<Allard-Tassar>>, dans Dictionnaire de biographie française, Tome II, Paris, 1936.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00108401, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Samantha Heringuez, Iconographie commentée de l'abbatiale gothique Saint-Bertin de Saint-Omer, Université de Lille, mémoire de recherches,
  3. ministère de l'Éducation nationale, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements : Arras. Avranches. Boulogne. 1872, Imprimerie nationale, (lire en ligne), N 188 In folio carré ou grand in-quarto sur vélin Kalenda rius per nonas idus et kalendas dispositus Tabulae as tronomicae ad inveniendam epactam cum argumentis Incipit Argumentum de regularibus cycli decennovena lis Si vis invenire unde principalitatis originem sumant Desinit remanet unus una est epacta anno presenti Germanici Caesaris Aratea phaenoniena Incipiunt Ab Jove principium magno deduxit Aratus Carminis at nobis genitor tu maximus auctor Desinunt Pluribus indi ciis sollers fulcire mémento Vale fidens in Domino Christi vestitus amore xic siècle
  4. « Le Fonds Ancien », sur www.bibliotheque-agglo-stomer.fr (consulté le 27 juin 2017)
  5. <<Allard-Tassar>> cité dans la bibliographie
  6. http://www.morinie.com/StBertin.pdf
  7. Thomas Delvaux, Saint-Omer au temps jadis... la princesse inconnue, Arras, 2013
  8. Source : Louis Barron, Le Nouveau Voyage de France de 1899 Le Nouveau Voyage de France de 1899 consultable sur Gallica (voir page 16)
  9. Les moines pouvaient chasser ; Abélard raconte dans ses mémoires que ses moines passaient trop de temps à la chasse au loup, à l'ours et au sanglier
  10. Description de la relique inestimable du Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ que l'on conserve dans la chapelle de S. Basile à Bruges, Bruges, Corneille de Moor, , 36 p. (lire en ligne), Thierry pénétré de vénération & de respect pour le Monument précieux qu'il venoit d avoir reçu redouta d'en être lui-même le porteur il en commit la garde à Leonius;Abbé du Monastère de Abbaye Saint-Bertin à Saint Orner qui l'avoit suivi pendant toute la guerre en qualité de son Aumônier Leonius pénétré des mêmes sentiments que son Prince l'attacha à son col & le porta religieusement sur son sein pendant tout le voyage jusque à Bruges
  11. Histoire littéraire de la France : ouvrage commencé par des religieux bénédictins de la Congrégation de Saint Maur, et continué par des membres de l'Institut, impimerie nationale, (lire en ligne), p. LÉON OU LÉONIUS ABBÉ DE LAUBES ET ENSUITE DE S BERTIN L atiteur de la chronique de Saint Bertin commence ainsi ce qu il va dire de Léon Léo fortissimus bestiarum ad nul Uus pavebit occursum et immédiatement après cette phrase abaissant un peu son style il se contente d'observer que Léon ou Léonius naquit à Furnes, que sa naissance était illustre, qu'il fut élevé à la cour des comtes de Flandres dans les manières et les mœurs du monde urbanis moribus et qu'il y remplaça très jeune encore son oncle et son père dans les soins que le prince leur confiait de la distribution
  12. ministère de l'Éducation nationale, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements: Arras. Avranches. Boulogne. 1872, Imprimerie nationale, (lire en ligne), N 188 In folio carré ou grand in-quarto sur vélin Kalenda rius per nonas idus et kalendas dispositus Tabulae as tronomicae ad inveniendam epactam cum argumentis Incipit Argumentum de regularibus cycli decennovena lis Si vis invenire unde principalitatis originem sumant Desinit remanet unus una est epacta anno presenti Germanici Caesaris Aratea phaenoniena Incipiunt Ab Jove principium magno deduxit Aratus Carminis at nobis genitor tu maximus auctor Desinunt Pluribus indi ciis sollers fulcire mémento Vale fidens in Domino Christi vestitus amore xic siècle