Beffroi de Bergues

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Beffroi de Bergues
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Le Beffroi de Bergues en 2004

Présentation
Type
Style
Architecte
Paul Gélis (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Construction
Propriétaire
Municipalité
Statut patrimonial
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial
Date d'entrée
Identifiant
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Le Beffroi de Bergues, monument symbolique de la ville de Bergues, dans le département du Nord, en France, domine l'hôtel de ville et toute la région environnante.

Historique[modifier | modifier le code]

Photographie du beffroi ancien, avant sa destruction de 1944 et sa reconstruction de 1961. On peut observer des différences vis à vis de la version actuelle.

Le beffroi de Bergues[1] est l'attraction la plus célèbre de la ville. Sa construction a commencé au XIIIe siècle. Il a dû être reconstruit une première fois au XIVe siècle, après l'invasion française de 1383, et à nouveau au XVIe siècle. Restauré au XIXe siècle, il est classé monument historique dès 1840. Il a été endommagé par un incendie en 1940 et détruit par dynamitage par les troupes allemandes, lors de leur retraite en 1944. Reconstruit en 1961, il a été à nouveau classé monument historique en 2004, et il fait partie des beffrois de Belgique et de France, classés sur la liste du Patrimoine mondial par l'UNESCO le . Au sommet du beffroi, se trouve un carillon de 50 cloches qui sonne pour le marché le lundi et d'autres festivités, comme le célèbre carnaval.

Il a été très peu étudié[2],[3],[4],[5] et a toujours été victime d'un relatif désintérêt. Il datait, semble-t-il, de la fin du XIVe et du XVe siècle, avec un couronnement du XVIe (les 4 tourelles)-début XVIIe siècle (le couronnement bulbeux) et était souvent considéré, avant sa destruction, comme le plus beau de France. Il figurait d'ailleurs parmi les Merveilles de France d'Ernest Granger (Paris Hachette 1913) [6] avec seulement 3 autres monuments sélectionnés pour le Nord-Pas-de-Calais : la Petite Place d'Arras, la Vieille Bourse de Lille et la Maison des Rémy à Douai (détruite pendant la Guerre de 14, non classée M.H. donc non reconstruite). Et il pouvait rivaliser avec les plus fameux de Belgique et des Pays-Bas, comme Bruges, Bruxelles et Middelbourg. C'était probablement le plus beau monument du département du Nord et aussi la crème de la crème des monuments français, spécialement pour l'architecture civile car il figurait déjà dans les Antiquités Nationales de Millin[7] de 1800 avec une planche pleine page et son classement s'était imposé d'office dès 1840 .

Haut de 47 mètres, construit de briques de sable jaune, il était d'un type unique et tout à fait génial. Ses 4 faces étaient recouvertes de panneaux, composés chacun de deux arcatures gothiques aveugles superposées, avec remplages trilobés, qui allaient en s'élargissant dans les parties supérieures, très spectaculaires, assez profondes et uniques en leur genre, en tous cas sans équivalent du côté français ou belge de la frontière, qui affinaient sa puissante silhouette marquée par 4 énormes échauguettes octogonales[5].

Ce beffroi a été détruit dynamité par les Allemands le 16 septembre 1944 de façon on ne peut plus inutile car ils étaient en pleine déroute. Tout le monde pensait qu'il allait être reconstruit. Mais on n'a pas pu réunir l'argent ni se mettre d'accord sur un budget entre l'État (Service des M.H.) et la ville de Bergues (la répartition habituellement proposée par l'État était de 50% du coût pour l'État et 50% pour la commune propriétaire du bien) pour une reconstruction dans les règles de l'art (alors que partout en Europe après la Seconde Guerre Mondiale les M.H. remarquables même totalement détruits ont été reconstruits à l'identique : ainsi en France l'église abbatiale de Lessay dans la Manche[8], en Belgique les tours des églises de Harelbeke, Hoogstraten etc, aux Pays-Bas le beffroi de Sluis, les tours des églises de Arnhem, Wouw etc, et de même en Allemagne, Pologne et Italie ) : l'affaire a traîné pendant 10 ans de 1944 à 1954 par impossibilité de boucler le budget. Pour en finir, une solution expéditive a été trouvée: le déclassement des MH par l'État en 1954[9], qui dégageait totalement l'État et la ville de Bergues de leurs obligations, suivi d'un accord entre l'État (Ministère de la Reconstruction) et la ville de Bergues avec pour objet une reconstruction à bas coût, sans les contraintes inhérentes à une reconstruction respectueuse et fidèle.

Ce déclassement est fort méconnu. Il ne figure d'ailleurs pas dans la base Mérimée du Ministère de la Culture (2015). Les déclassements sont rarissimes en France (Voir Dossier de presse Journées du Patrimoine 14 et 15 septembre 2013 -Préfet de la Région Nord-Pas-de-Calais- p. 9 "La pratique du déclassement étant exceptionnelle, c'est un accroissement permanent (source CRMH de la DRAC Nord-Pas-de-Calais)")(le déclassement du beffroi de Bergues est un cas unique pour un monument de cette valeur)[réf. nécessaire]. En France, en particulier en Normandie mais aussi Picardie, Champagne, Alsace, Lorraine etc (et partout en Europe), après les 2 guerres mondiales, on a reconstruit tous les monuments historiques, à plus forte raison quand ce sont des bâtiments publics et de cette importance. Nulle part ailleurs en France ni en Europe, on n'a sacrifié de monument d'une telle valeur. La disparition définitive de l'ancien Beffroi de Bergues constitue la plus grande perte du XXe siècle pour le patrimoine architectural gothique français et probablement européen, sans aucun équivalent ni en Europe, ni en France, sauf peut-être dans le Nord-Pas-de-Calais, avec l'effondrement de la tour du XVe siècle de l'Abbaye Saint-Bertin à Saint-Omer en 1947 (après 150 ans d'abandon par la ville de Saint-Omer), non classée M.H. donc non reconstruite et la destruction par les Allemands en 1944 de l'ancien Hôtel de Ville de Calais, de style Tudor de la fin du XIVe siècle, non classé M.H. donc non reconstruit après guerre.[non neutre]

C'est ce déclassement de 1954 -acte quasi impossible en théorie[réf. nécessaire]- qui est à l'origine de la reconstruction de 1958 à 1961. C'est M. Gilis, architecte en chef des MH, qui a été chargé par le Ministère de la Reconstruction de reconstruire le Beffroi avec un budget limité . M. Gilis a conçu un beffroi plus petit de quelques mètres que l'original, qui respecte vaguement sa silhouette mais non son caractère gothique extrêmement affirmé et se démarque complètement de ce qui existait antérieurement. En fait, il a choisi, de façon assez incompréhensible, de créer un pastiche vaguement roman, bien sûr sans aucune authenticité, en lieu & place d'un chef-d'œuvre gothique[non neutre]. Le nouveau beffroi ne figure nulle part dans les études ou anthologies d'architecture moderne et on ne lui reconnaît aucune valeur particulière en tant que création architecturale moderne.

L'actuel beffroi de Bergues a été inscrit au titre des monuments historiques en 2004[10] (à la demande de la ville de Bergues) pour pouvoir entrer dans le groupe des Beffrois remarquables de Belgique-Nord-Pas-de-Calais reconnu par l'Unesco le et bénéficie ainsi du classement au titre de Patrimoine de l'humanité.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrimoine des Hauts-de-France Nos beffrois : Les 23 monuments du patrimoine mondial de l'Unesco Découvrez les 44 beffrois de la région, Amiens, La Voix du Nord, le Courrier picard, hors-série, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ICONOGRAPHIE : on trouvera des vues remarquables de l'ancien beffroi sur le site de l'I.R.P.A . à Bruxelles (3 photos grand format téléchargeables pour usage personnel) et sur le site de vente Delcampe (des centaines de reproductions de cartes postales anciennes).
  2. M.de Contensin : Notice sur le Beffroi de Bergues (Annuaire statistique du Nord 1841 p. 30-38)
  3. Louis Debaecker : Recherches historiques sur la ville de Bergues en Flandre (1849)
  4. A. de Saint-Léger & F. Beaucamp : Le beffroi de Bergues (Bulletin de l'Union Faulconnier tome XXVII fascicules 111 à 115 (1930) p. 1 à 6)
  5. a et b M. Battard : Beffrois, halles, hôtels de ville du nord de la France et de la Belgique (Brunet) (Arras) (1948)
  6. édition pdf gratuite : Collections numérisées de Bordeaux 3, fonds Brutails
  7. Tome IV Chapitre XLIV. Planche entre les pages 4 et 5. Voyez l'édition pdf de l'INHA.
  8. reconstruite de façon exemplaire entre 1945 et 1958 : voir wikipedia : Abbaye Sainte-Trinité de Lessay
  9. Voir Bulletin Monumental 1955-3 p. 227 qui informe du déclassement du Beffroi, de la façon la plus laconique qui soit.
  10. « Beffroi », notice no PA59000104, base Mérimée, ministère français de la Culture