Drincham

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Drincham
Église Saint-Wandrille.
Église Saint-Wandrille.
Blason de Drincham
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Canton Grande-Synthe
Intercommunalité Communauté de communes des Hauts de Flandre
Maire
Mandat
Luc Waymel
2014-2020
Code postal 59630
Code commune 59182
Démographie
Gentilé Drinchamois (es)
Population
municipale
249 hab. (2014)
Densité 74 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 54′ 24″ nord, 2° 18′ 36″ est
Altitude Min. 1 m – Max. 15 m
Superficie 3,38 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.drincham.fr/

Drincham est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés Drinchamoises ou Drinchamois. Drincham est situé sur la Meridienne verte.
Le village de Drincham organise son propre carnaval qui se déroule, depuis 1995, le samedi précédant la bande de Bergues.

Géographie[modifier | modifier le code]

Drincham dans son canton et son arrondissement

Situation[modifier | modifier le code]

La superficie de Drincham est de 338 hectares(3,38 km2). La commune est située dans la plaine de la Flandre maritime qui borde la Mer du Nord. L'altitude de cette plaine est souvent inférieure au niveau de la mer, d'où des invasions marines fréquentes dans le passé, par exemple transgression marine Dunkerque I, transgression marine Dunkerque II, transgression marine Dunkerque III. De ce fait la région fut longtemps une zone de marais qu'il fallut drainer et assécher avant de pouvoir cultiver les sols; d'où l'importance pour cette zone géographique de la mise en place et de la gestion des wateringues même si la commune de Drincham était plutôt protégée par sa hauteur moyenne de 11 mètres au-dessus du niveau de la mer. En revanche après avoir envahi le pays, la mer y a laissé en se retirant des sédiments et sables qui ont contribué à faire du pays de riches terres propices à l'agriculture. Drincham est donc une commune rurale d'intense activité agricole et d'élevage.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Drincham
Pitgam
Looberghe Drincham
Eringhem

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Drincham

Les armes de Drincham se blasonnent ainsi :"Echiqueté d'argent et d'azur, à la bordure de gueules" .

Histoire[modifier | modifier le code]

Drincham est une petite commune des Flandres françaises. L'aspect qu'elle présente aujourd'hui ne laisse rien présumer de son riche passé et pourtant il fut moins qu'ordinaire.

Drincham a retenu au Moyen Âge et à l'époque moderne l'attention des érudits ou chercheurs d'abord du fait de l'existence d'une seigneurie dont le titulaire fut en relation étroite avec le noble le plus puissant de la région : le Comte de Flandre, Pair de France . Et juste avant de disparaitre à la suite de la Révolution française, son dernier titulaire fut un de deux représentants de la noblesse de la région aux États généraux de 1789, preuve de l'importance qu'elle avait pu acquérir au fil du temps.

Les seigneurs de Drincham[modifier | modifier le code]

Le nom des seigneurs successifs de Drincham est retrouvé dans différents documents relatifs aux Comtes de Flandre[1] jusqu'au moment où le seigneur de Drincham fut un descendant, "bastard" du Comte de Flandre Louis de Male au XIVe siècle[2].

Il s'agissait d'un fief féodal attaché à une personne, disposant de terres et d'un château mais ne disposant pas du pouvoir temporel sur le village, qu'on appelait plus volontiers paroisse à l'époque( reflet du rôle majeur de l’Église dans notre histoire : le village relevait de la Châtellenie de Bourbourg. On peut cependant facilement en déduire que le titulaire de cette dernière devait agir avec doigté dès lors qu'il était question de Drincham : avoir parmi ses "administrés" quelqu'un d'aussi bien placé ne devait pas être simple.

Au début de son histoire , le seigneur de Drincham était uniquement seigneur de Drincham . Et puis au fil du temps , par le jeu des mariages, des héritages , des alliances, la seigneurie devint une partie d'un ensemble plus vaste dont le titulaire possédait d'autres biens ou titres . La conséquence fut qu'avec le temps le seigneur n'habitait plus forcément sur place, même si ainsi qu'il sera vu ci-dessous, les titulaires successifs ont veillé à ce que la seigneurie garde un éclat certain, via notamment le soin apporté au château, à sa taille , à son allure. Il faut se rappeler qu'à l'époque , l'apparence du château et de ses dépendances constituaient en quelque sorte la carte de visite des seigneurs, qu'elles avaient une valeur de propagande ou de publicité avant l'heure, mais aussi de symbole de puissance , destiné à décourager tout adversaire éventuel ou a contrario à susciter l'envie de s'allier avec un personnage ayant suffisamment de moyens pour posséder une tel bâtiment de prestige.

En 1110, le Comte Robert II de Flandre fait donation à l'abbaye de Bourbourg de terres marécageuses situées entre Bourbourg et Watten avec toute la dîme attachée à cette terre une fois exploitée. Lambert ou Lambertus de Drincham est témoin de cette donation. Lambert est encore présent l'année suivante lorsque Robert II confirme cette donation. Le seigneur de Drincham fait donc partie de l'entourage du Comte de Flandre, ce qui montre qu'il occupe un rang non négligeable dans cette Cour.

En 1114, Baudouin VII fils et successeur de Robert II confirme cette donation et même l'étend en y ajoutant des terres dépendant de la paroisse de Noordpeene et d'autres situées à Saint-Pierre-Brouck. Lambert est de nouveau présent et signe.

D'autres actes mentionnent les seigneurs de Drincham, ils renseignent sur leurs pouvoirs : possession de terres et des revenus y afférant avec la possibilité d'en disposer, bénéficiaires des revenus de la dîme du village voisin, bénéficiaires de droits de péage sur un système prédécesseur des écluses :

- en avril 1223, Wauthier de Drincham, Chevalier, et sa tante Stéphanie donnent une rente annuelle à l'abbaye de Ravensberg (à Merckeghem) à prélever sur des terres situées à Drincham, attenantes à une terre possédée par Aelis, sœur de Wauthier. Ils dispensent également l'abbaye de droits de péage sur l'overdraght (système médiéval ancêtre des écluses permettant aux bateaux de franchir des rivières, ici la Colme, sur lesquelles existait un barrage fixe bloquant l'eau afin d'éviter les inondations en cas de fortes pluies ; l'overdraght consistait en un aménagement permettant de tirer les bateaux sur un plan incliné situé à côté de la voie d'eau (les bateaux étaient à fond plat à l'époque)) de Lynck (l'overdraght de Lynck se situait en aval de celui de Watten : ce jeu d'overdraghts successifs avait pour objectif de protéger les terres basses situées entre ces overdragts et la mer afin d'éviter leur inondation en période de pluies abondantes).

- en mai 1234, le même Wauthier donne en gage d'un prêt fait par la même abbaye la moitié de la dîme qu'il perçoit en la commune d'Eringhem (à l'époque Hersinghem) ainsi qu'une partie sur l'autre moitié. L'évêque de la Morinie est le témoin de l'accord. Selon l'acte de 1283 ci-dessous, les seigneurs de Drincham tiennent cette dîme des Comtes de Flandre.

- en mai 1248, Aelis Dame de Drincham, sœur et héritière de Wauthier exempte l'église de Watten des droits de péage sur l'overdracht (ou overdraght) de Lynck (a priori le titre de seigneur ne se transmet donc pas uniquement aux hommes).

- en avril 1252, Aelis confirme l'accord passé à propos de la dîme d'Eringhem, en tant que Dame de Drincham.

- par un acte non daté, Catherine sœur d'Aelis, Dame de Drincham confirme l'exemption faite par Aélis au couvent et à l'église de Watten de droits de péage sur l'overdraght.

- en mars 1291, selon le curé d'Eringhem, Isabeau veuve de Bauduin de Drincham et Jean fils de Bauduin font une nouvelle rente à l'abbaye de Ravensberg.

- cette dîme d'Eringhem est très utilisée par les seigneurs de Drincham. Apparemment ils en ont également promise une partie à l'église de Watten cette fois en 1283. Affaire qui pose problème et que le Comte de Flandres Gui de Dampierre doit finalement trancher pour dire ce qui revient à l'église de Watten. Le seigneur de Drincham est Jean de Drincham qui a succédé à son père Baudouin.

En 1346, le seigneur est Jean de Drincham. Il est à l'origine de la construction à cette date de l'église de Drincham, qui était nettement plus grande que celle d'aujourd'hui[3]. Ce Jean de Drincham épousa en 1347 Marguerite (Margrite) de Créquy fille de Jean de Créquy et de Jeanne de Pecquigny.

Le 22 novembre 1383, le Comte de Flandre Louis de Male donna par acte dressé à Arras à un de ses fils, un "bâtard" dit la tradition, Jean dit Sans Terre la seigneurie (château, maison et fief nous dit M. Verbèke) de Drincham. Il faisait ainsi coup triple  : il punissait l'héritier de Jean de Drincham, Jan de Scuervelde qui s'était rebellé contre lui, en lui confisquant ses biens , il donnait un signal fort à ses autres vassaux pour leur enlever toute tentation de rebéllion et il dotait son fils jusque là démuni d'où son surnom. Cette décision est elle aussi révélatrice du haut niveau que représentait le titre de Seigneur de Drincham, suffisamment huppé pour que le Comte considère que ce faisant il dotait son fils de façon convenable.

Jean - ex - sans Terre désormais de Drincham fut tué à la bataille de Nicopolis en 1396 opposant les Hongrois aux envahisseurs ottomans en pleine phase d'expansion qui les amena à conquérir l'empire byzantin et à dominer le monde arabe. Le roi de Hongrie avait sollicité le secours de chevaliers chrétiens pour faire face aux envahisseurs. Un fort contingent de chevaliers français répondit à cet appel. Certains parlaient de nouvelle croisade. Selon M. Verbèke, après des succès initiaux et des querelles internes de préséance les conduisant à surenchérir et oublier toute prudence, les chevaliers français subirent de lourdes pertes.

La seigneurie de Drincham revint au fils du seigneur tué à Nicopolis également prénommé Jean qui épousa Isabelle de Ghistelle, fille du seigneur d'Esquelbecq. Celle ci est présente en 1429 lors de la bénédiction donnée à une cloche de la paroisse de Bourbourg en compagnie de l'abbé de Saint Bertin (Jean de Griboval), de l'abbesse de Bourbourg (Marie de La Chapelle) et du prévôt de Watten (Jacques Chevalier).

Peu de temps après est effectué en 1418 un inventaire des biens du nouveau maître du Comté de Flandre : le duc de Bourgogne cf Liste des Comtes de Flandre. Le texte cite parmi ces possessions celles du seigneur de Drincham. M. Verbèke en donne le détail. On peut en retenir que le seigneur de Drincham jouit de plusieurs biens sur Drincham même (terres, revenus de fermes avec leur basse cour - œufs, fromages, volailles, ...-, rentes, impôts ou taxes sur les marchandises (vin, cervoise...vendu "à brocque"(en broc) ou au détail) vendues dans la "mairie" de Drincham (la mairie était une subdivision de la Châtellenie de Bourbourg comprenant les paroisses de Drincham, Looberghe, Eringhem, Millam voir ci-dessous le paragraphe Histoire moderne) (le seigneur de Drincham détient en outre un fief appelé la seigneurie de "le Ghère", laquelle lui ramène également des rentes, mais aussi de la part des personnes qui cultivent certaines de ces terres, terres "villaines" (non tenues par des nobles), redevance sous forme de monnaie de Flandre et/ou biens en nature (ex gélines, ancien nom de poules) ou encore droit exclusif de pêche dans la Colme à Lynck. Les droits sur l'overdracht de Lynck déjà rencontré relèvent de cette seigneurie de le Ghère, droits détenus depuis longtemps par les seigneurs de Drincham cf ci-dessus en 1223) mais aussi des terres en la paroisse d'Eringhem (au lieu-dit Couthof), comme en celles de Cappellebrouck, Saint Pierrebroucq (apparemment siège de la paroisse de St Willebort ou St Wellebroot) et Saint Georges (Saint Georges sur l'Aa) (lieu-dit Eernesse s'étendant sur les deux paroisses). Très souvent sont associés à ces rentes des "services de cour" et hommages. Il doit en revanche une rente en raison de terres tenues du Seigneur de Pont Rohart (à noter que cet ancien texte pose également question : au début il nomme Messire Jehan de Drincham chevalier, seigneur de Drincham puis à la fin vient Jacques de Drincham, chevalier par sa femme. S'agit il de la même personne? de deux parents ? le texte ne permet pas de répondre à ces questions...).

Au final, il en ressort que le seigneur de Drincham dispose en ce début du XVe siècle de revenus non négligeables avec des ramifications vers les villages voisins.

Au XVIIe siècle, la seigneurie de Drincham est détenue par les De Cupère : en 1620, la Dame de Drincham, veuve de Mathieu De Cupère mort en 1605 , ancien gouverneur de Gravelines entre autres actions notables , fit rebâtir le château, avec beaucoup de luxe , pour posséder une demeure à la hauteur de l'église de la paroisse, nous dit Mr Verbèke. Le résultat fut le plus beau, le plus luxueux et le plus étendu château de la châtellenie avec cours et parcs qui attira les visiteurs. Ce château pouvait abriter 300 hommes en armes ce qui lui donnait une puissance notable pour l'époque[4] .

Dans son ouvrage "Flandria illustrata, publié au 17ème siècle, Antoine Sanderus, chanoine d'Ypres [5] a inclus un dessin du château de Drincham.

La dite dame devait avoir des revenus suffisants pour se livrer à une telle opération. Il est vrai qu'à cette époque le titulaire de la seigneurie n'était pas uniquement seigneur de Drincham mais également de nombreuses possessions et seigneuries.

Le premier De Cupère seigneur de Drincham fut Pierre de Cupère , père de Mathieu, né en 1533, mort en 1613 à Gand. La famille De Cupère comptait parmi ses aïeux un Jean De Cupère trésorier de Charles Duc de Bourgogne au XVe siècle. La généalogie des De Cupère a été retracée avec celle d'autres familles dans un ouvrage datant de 1776[6].

Pierre de Cupère était non seulement seigneur de Drincham mais aussi de Bazelle, Walle, Wanorie et Boulaire. La dame de Drincham dont il est question ci-dessus est Marie de Marquais, fille de Jean de Marquais, seigneur de Villers en Artois et de Anne le Vasseur , demoiselle de Werquigneul. Elle s'était remariée en 1613 avec Jean de Haynin, Seigneur du Maisnil, La Mairie et Wastine, Mayeur de Saint Omer. Elle mourut en 1649 à Saint Omer.

En 1688 , le seigneur de Drincham qui était François Marie De Cupère la fit reconstruire de nouveau ( voir ci-dessous "Le terrible XVIIème siècle" qui explique la nécessité de cette reconstruction).C’est alors que furent placées sur la façade les armoiries des De Cupère. Ces amoiries se trouvent encore au-dessus de la porte d’entrée actuelle bâtie en 1901[7].

La seigneurie de Drincham resta dans la famille De Cupère jusqu'en 1789 où elle devint possession du Marquis de Harchies.

Louis Gabriel- Mouton de Harchies (Harchies était à l'époque une commune du Hainaut belge, se situant près de la frontière avec la France du côté de Vieux Condé et de Condé sur l'Escaut) était capitaine au régiment de Bresse.

Il fut un des deux représentants de la noblesse pour le compte du bailliage de Bailleul , autrement dit pour la région des châtellenies de Bergues, Bourbourg et Dunkerque, aux États généraux de 1789.cf Liste des députés aux États généraux de 1789.

Sans doute le marquis de Harchies fut il choisi parce qu'il fut estimé qu'il pouvait dignement représenter la noblesse de la Région, sans doute fut il choisi en raison de ses divers titres et fonctions autres que la seigneurie de Drincham mais il n'en demeure pas moins que c'était parce qu'il était seigneur de Drincham qu'il put prétendre représenter la noblesse de la Région . Ce choix illustre une nouvelle fois l'importance qu'avait pu acquérir la seigneurie : si elle avait été jugée non représentative parce que trop modeste, le seigneur de Drincham n'aurait sans doute pas pu figurer parmi les représentants de cet ordre.

Cette seigneurie disparut du fait de la Révolution de 1789 et de l'abolition des titres de noblesse en 1790.

Elle ne semble pas avoir été rétablie ni sous Napoléon Ier qui créa une noblesse d'Empire , même si Mr Verbèke nous dit que le marquis de Harchies devint chambellan de Napoléon Ier, ni avec le rétablissement de la monarchie en France en 1814. En tout cas le marquis de Harchies ne fut pas guillotiné comme bon nombre de nobles de l'époque en particulier pendant la Terreur de 1793. Sa fille Euphémie de Harchies se maria deux fois avec deux membres d'une même et grande famille de la noblesse française : les Montmorency.

La seigneurie de Drincham finissait ainsi en beauté si on peut dire puisque son dernier titulaire représenta la noblesse de la Région aux États généraux et puisque la fille de son dernier titulaire fut jugée de suffisamment haute lignée pour pouvoir contracter mariage avec des représentants d'une famille qui compta nombre de Comtes, Ducs, Maréchaux, Princes , la fine fleur de la noblesse française. Petit village aujourd'hui certes mais quel passé ainsi qu'en témoigne ce qui suit.

Préhistoire et antiquité (avant l'an 476 de notre ère)[modifier | modifier le code]

Comme pour les communes voisines de Drincham, on sait peu de choses sur cette période. Les hommes préhistoriques étaient probablement présents dans cette région dans la mesure où les conditions naturelles le permettaient, du fait de cette situation particulière de marais, marécages, de montées périodiques des eaux cf Transgression marine Dunkerque I. On sait que les hommes peuplaient nos régions depuis très longtemps et ce des deux côtés de la Manche cf Préhistoire de la Grande-Bretagne ou le célèbre site près d'Amiens qui donna même son nom à une période de la préhistoire cf Acheuléen.

Des hommes furent donc présents ou au moins de passage mais les traces de leur présence sont rares. Les préhistoriens expliquent cette rareté par l'érosion des sols et par la très forte activité agricole pendant des siècles qui a éliminé les traces possibles cf référence[8] pour une découverte importante au 3e millénaire avant notre ère.

Dans les derniers siècles précédant notre ère, des tribus gauloises habitaient la région. Sont notamment établis dans la région de Saint Omer les Morins (d'où le nom de Morinie donné à cette région) et dans la région de Drincham les Ménapiens[9]. Des fouilles faites à Pitgam au lieu-dit Schulleveldt, tout près de Drincham, en 1997 à l'occasion de la pose d'un gazoduc ont confirmé cette présence ménapienne. Le site date du IIe siècle époque où il bordait le littoral : la mer arrivait jusque là à cette époque!

Comme toute la Gaule, la région fut conquise par les Romains au Ier siècle avant notre ère, non sans résistance farouche d'ailleurs cf La guerre des Gaules de Jules César.

Les Romains ont laissé des traces de leur passage à Drincham : l'actuelle D110 qui vient de Lynck et va vers Crochte est, nous dit Mr Verbeke (cf lien externe ci-dessous) une ancienne voie romaine qui reliait Looberghe à Loo (actuellement Lo-Reninge) en Belgique, appelée le Looweg, De même que la voie allant de Cassel vers la côte , et qui traverse Drincham pour aller vers Looberghe et Bourbourg en venant d'Arnèke, appelée Route de Cassel ou D11 serait également une voie romaine, affirmation qui est d'ailleurs davantage considérée comme vraie que celle consistant à attribuer aux Romains la construction du Looweg.

Drincham n'existait pas encore à cette époque : une partie du village actuel était sous les eaux, l'autre couverte de bois, et le village aurait été créé vers 400. même si l'auteur ajoute que les indications laissées par la tradition sont fort vagues.

Moyen Âge (476-1453)[modifier | modifier le code]

On trouve une première trace de Drincham dans un document écrit au IXe siècle : le village figure sous sa première appellation Dagmaringahem puis Dagmaringham, nom signifiant probablement "demeure de la famille Dagmar ou du chef Dagmar".

Le nom Dagmar à consonance germanique reflète l'origine des nouveaux occupants de la région au IXe siècle : il s'agissait des Francs, qui donnèrent leur nom à la France, arrivés de régions germaniques au Ve siècle cf Clovis qui devient roi à Tournai en 481 et qui va étendre son royaume dans la France actuelle.

Drincham faisait partie au IXe siècle des biens de l'abbaye de Saint Bertin de Saint Omer (qui s'appelait à l'époque Sithiu). Cette abbaye avait été fondée au VIIe siècle par l'évêque de Thérouanne.

Depuis le VIIe siècle en effet des religieux parcouraient la région pour évangéliser les populations, fondaient des chapelles. Drincham eut probablement un oratoire dès cette époque. Saint Winoc dit de Bergues aurait fait partie de ces prédicateurs zélés. Ces campagnes furent ainsi converties au catholicisme et sont restées fidèles depuis à cette foi. La ferveur religieuse de la Flandre maritime tout autant que la volonté d'encadrement de la population se traduisent par, à cette époque (VIIe – XIe siècle), la multiplication des abbayes dans la Flandre maritime : abbaye de Saint Bertin de Saint Omer déjà citée, abbaye de Bourbourg, abbaye de Watten, abbaye de Wormhout, reconstruite à Bergues pour n'en citer que quelques-unes.

Les moines se chargèrent également des travaux d'irrigation et d'assèchement des marais. Cela permit de commencer à exploiter les riches terres libérées des eaux, même si le travail doit être constamment repris ou continué du fait de l'altitude très basse de cette plaine dans son ensemble cf l'organisation des watringues.

Drincham relevait à l'époque du diocèse de Thérouanne pour le "spirituel", pour reprendre l'expression de Mr Verbèke. Pour le temporel il relevait de la châtellenie de Bourbourg. L'ensemble se trouvait sous l'autorité d'un grand officier nommé par le roi de Francie Occidentale, chargé de protéger toute la région comprise entre Bruges et Saint Omer contre les envahisseurs potentiels. En 866, le titulaire de cette fonction Baudouin Ier dit Bras de fer fut nommé Comte de Flandre. Le Comté de Flandre fut appelé à une grande destinée : il compta parmi les seigneurs les plus puissants de l'époque (voir Comté de Flandre pour sa riche, longue et tumultueuse histoire).

Parmi les envahisseurs potentiels, au 9e, il fallait notamment compter les Normands ou Vikings qui ravagèrent tout le nord ouest de la France lors de plusieurs vagues d'invasion. Lors d'un de ces raids, ils firent entre autres d'énormes dégâts à Thérouanne, à Wormhoudt. Toute la région fut concernée et Drincham n'y échappa sans doute pas.

Un malheur n'arrivant jamais seul, à l'approche de l'an mille, passage du millénaire que selon la tradition la population redoutait comme possible fin du monde, ce que ne prouvent pas les récents travaux des historiens, la région fut frappée plusieurs années de suite par des pluies torrentielles, des tempêtes. Tous ces évènements aboutirent à des périodes difficiles où par endroits la population connut la faim.

Au XIe siècle, l'agriculture fut relancée, notamment à la suite d'une décision du Comte de Flandres d 'accorder la possession de terres incultes à quiconque s'engageait à les mettre en culture et à y rester pour continuer de les mettre en valeur. Cet effort conjugué à la politique d'irrigation et d'assainissement grâce aux watringues fit connaitre à la région une nouvelle période de prospérité.

On peut voir un reflet de cette prospérité dans l'église de Drincham. En 1369, le seigneur Jean de Drincham, chevalier, fit construire une nouvelle et grande église. Y fut prévu un emplacement particulier destiné à accueillir les tombeaux des maîtres du lieu. Elle fut notamment dotée, nous dit M. Verbèke de magnifiques vitraux parmi les plus anciens de la Flandre, qui donnaient entre autres à côté d'épisodes de la vie des saints, la généalogie des seigneurs de Drincham avec leurs blasons successifs.

En 1384, le comte de Flandre Louis de Male meurt. Sa fille et héritière Marguerite III de Flandre avait épousé le Duc de Bourgogne, Philippe II de Bourgogne. La Flandre et donc Drincham devinrent possessions bourguignonnes.

Histoire moderne (1453-1789)[modifier | modifier le code]

Les 15èmes et 16èmes siècles.[modifier | modifier le code]

À cette époque , la France est plongée dans ce que les historiens ont appelé : "le petit âge glaciaire" , marqué par des hivers froids, des étés courts et pluvieux . Celui ci s'étale sur une période plus longue allant du XIIIe siècle ou du XIVe siècle (la question est encore débattue) à la moitié du XIXe siècle. Il faut garder à l'esprit cet arrière plan des conditions climatiques difficiles particulièrement importantes dans une région comme celle de Drincham entièrement tournée vers l'agriculture et tirant ses richesses de celle ci pour apprécier ce que fut l'histoire du village dans ces siècles .

M. Verbèke nous apprend que dans un document du XVe siècle sans autre précision, la châtellenie de Bourbourg est divisée en cinq "mayries". Celle de Drincham s'étend en Eringhem, Looberghe et Millam. l'ensemble représenterait environ 522 habitants. Ce chiffre ne peut être accepté qu'avec réserves : cela semble beaucoup pour le seul village de Drincham, et peu pour les 4 communes réunies si on se réfère à leur population connue depuis le XVIIIe voir la section "Population et société" ci-dessous et dans les communes citées. On peut également relever que depuis le XVIIIe siècle , début des chiffres de population considérés comme fiables, Drincham est la moins peuplée des 4 communes. En était il autrement à l'époque de sa splendeur ? Nous ne disposons pas de sources fiables sur le sujet. Tout juste pouvons nous rappeler que pour la population du village au XVe, il faut tenir compte des ravages causés par les différentes épidémies dont la peste, en particulier l'épouvantable épidémie de peste du XIVe siècle qui sévit dans toute l'Europe entre 1347 et 1352 : elle faucha entre un tiers et la moitié de la population européenne ce qui est énorme. Ses conséquences furent d'autant plus dramatiques qu'elle survint dans un contexte de diminution démographique : l'article Peste noire dresse le tableau de son origine et de ses nombreuses conséquences négatives : une des plus frappantes étant que la France ne retrouva son niveau démographique de la fin du XIIIe siècle que dans la seconde moitié du XVIIe siècle soit 4 siècles plus tard seulement.

La Flandre, y inclus la Flandre maritime et donc Drincham, était revendiquée depuis le début , par les Rois de France qui se voulaient les suzerains des Comtes de Flandres, même si ceux-ci furent souvent suffisamment puissants pour être quasi indépendants. Toutefois en 1529 par le traité de Cambrai, le roi de France François Ier renonce à sa suzeraineté sur la Flandre. Celle ci relève donc du maître de l'Espagne également héritier des États bourguignons et d'autres possessions, Charles Quint. Drincham devint ainsi "espagnole", après avoir été "bourguignonne" depuis la fin du XIVe siècle, le Comte de Flandres étant à cette époque également Duc de Bourgogne, en 1384. Elle le resta jusqu'en 1659. À cette date, par le traité des Pyrénées, l'Espagne cède à la France Gravelines et la châtellenie de Bourbourg. Drincham fut donc parmi les premiers villages flamands à redevenir français du fait de son appartenance à la dite châtellenie (les autres villages et villes de la Flandre maritime suivirent au cours de cette même deuxième moitié du XVIIe siècle). Cependant, entre le renoncement de 1529 et 1659, la vie en la région ne fut pas un long fleuve tranquille : de nombreux affrontements eurent lieu entre le Roi de France et ses voisins en cette Flandre maritime ou française et les campagnes et villages en firent les frais. Pour tout ce paragraphe voir Flandre Française ainsi que le travail de Mr verbèke déjà cité et ci-dessous.

En 1553 Charles Quint rase la ville de Thérouanne, conséquence de l'affrontement en Europe entre le Roi de France et l'Empereur, directement lié aux guerres d'Italie. Le diocèse de Thérouanne disparait et Drincham relève désormais du diocèse de Saint Omer.

En 1558, la France s'était rendue maîtresse de la ville de Calais. Dans le prolongement de cette conquête une armée française commandée par le Maréchal de Thermes met le siège devant Gravelines. Elle échoue à prendre cette ville et part piller Dunkerque. Selon Mr Verbèke, elle dévasta également ses environs dont Drincham puis, ralentie par son butin, elle est rattrapée et vaincue par une armée espagnole commandée par le Comte d'Egmont qui met ainsi fin aux pillages.

Concernant les troubles religieux (apparition du protestantisme, puis guerres de religion) du XVIe siècle, la conversion au protestantisme ne semble pas avoir eu un grand succès dans la châtellenie de Bourbourg . En revanche Hondschoote fut un centre protestant notable : il faut rappeler qu'à cette époque, Hondschoote était une ville plus importante que de nos jours, dont la prospérité était fondée sur le textile : importante industrie du drap notamment mais aussi du lin . À Hondschoote la communauté de protestants se heurta à la répression menée par les souverains espagnols contre "l'hérésie". Dans ces années troublées, en 1567, l'arrestation par le bailli de Flandre d'un bourgeois d'Hondschoote soupçonné d'hérésie provoqua une émeute dans la ville. Ce bourgeois se nommait Charles de Drincham[10]. Quel était le lien entre cette personne et le village de Drincham? Le texte ne le précise pas . On peut toutefois relever qu'au 15e ou début du XVIe siècle un seigneur de Nieurlet Charles de Hallwin épousa en secondes noces Marguerite de Flandres-Drincham (de Flandres Drincham titre porté par les seigneurs de Drincham depuis Jean Sans Terre , signifiant qui descend du Comte de Flandres voir ci-dessus les Seigneurs de Drincham) qui était dame de Nieurlet et de Bambecque, et fille de Simon de Drincham , seigneur de Bambecque[11]. La proximité géographique entre Bambecque et Hondschoote est une indication sur le lien entre Drincham et Hondschoote, on peut présumer un lien entre ce Charles de Drincham d'Hondschoote et et Simon de Drincham seigneur de Bambecque.

Le terrible XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

À partir de 1630, et tout au long du XVIIe siècle , la châtellenie de Bourbourg, et donc Drincham , alla de malheurs en difficultés de tous ordres : épidémie, conditions climatiques exceptionnelles notamment succession d'hivers rigoureux ou très rigoureux et surtout de façon de plus en plus fréquente[12] , troubles liés à l'affrontement incessant entre la France du Cardinal de Richelieu et Louis XIII puis Louis XIV, et l'Espagne de Philippe IV puis Charles II pour mettre la main sur ou pour garder cette riche région, passages de troupes, pillages, mise à contribution des habitants pour entretenir les garnisons ou défendre la contrée, corvées....espagnols et français semblaient rivaliser en dévastations et destructions . On peut résumer la situation en disant qu'entre 1636 et 1676 ce fut quasiment tous les ans ou tous les deux ans que le village dut subir un fléau généralement lié à l'affrontement indiqué ci-dessus mais pas uniquement.

Quelques lignes dans les livres d'Histoire , telles que par exemple : "Au 17e siècle, la France et l'Espagne se sont ardemment disputées la possession de la Flandre française", rendent difficilement compte de la réalité et des conséquences pour la région concernée.

Mr Verbèke a retracé le détail de ces malheurs dans son Histoire de Drincham et on peut se reporter à son travail pour en connaitre les différentes péripéties.

Pour en évoquer seulement quelques faits ayant directement et spécifiquement impliqué le village , on peut signaler qu'en 1645, Gaston de France, duc d'Orléans , frère de Louis XIII, qui s'était rendu maître de Gravelines en 1644, veut prendre Watten, Cassel, avec comme objectif final Dunkerque. À cette fin, il assure ses arrières en prenant différents forts dont celui de Drincham malgré la forte résistance des assiégés. Les Espagnols cherchent à les empêcher de franchir la Colme pour aller vers Dunkerque et les bloquent quelques jours à Looberghe. Les Français se retirent et cherchent un autre passage, ils y parviennent par Pont l'Abbesse, traversent Cappellebroucq pourtant inondée[13], les Espagnols tentent mollement de les repousser, échouent et finalement toute l'armée française réussit à passer . Les Espagnols voulurent les arrêter à Bourbourg et en renforcèrent les défenses. Le commandement en fut confié à un proche du gouverneur des Pays-Bas contre l'opinion des habitants pour qui la personne la plus habilitée était le commandant du fort de Lynck. De plus les militaires se comportèrent en maîtres sans égards pour les habitants . Résultat : Bourbourg résista peu , le fort de Lynck suivit quelques jours après et la route de Fort Mardyck était ouverte pour les Français.

En 1656, les troupes espagnoles maîtresses de Bourbourg depuis 1650 (en cette période, les villes ne cessent de passer de main en main en fonction du résultat des combats cf le cas extrême de Dunkerque qui en une seule journée en 1658 fut tour à tour espagnole, puis française puis anglaise voir Histoire de Dunkerque) quittent la ville, passent par Drincham où elles se logent et causent les dégâts habituels de troupes plus ou moins disciplinées se servant sur l'habitant (il faut se rappeler la rudesse et la violence des mœurs à l'époque). L'année suivante c'est le mouvement inverse mais les dégâts se reproduisent.

1658 commença par un hiver exceptionnellement rigoureux[12]. Ce fut également l'année où le grand Turenne à la tête d'une coalition franco anglaise mit le siège devant puis prit Dunkerque (cf. paragraphe ci-dessus). Cette fois , après les Français avant leur arrivée devant Dunkerque et les dommages collatéraux inhérents à cette invasion, après les Espagnols très présents eux aussi, ce fut les Anglais qui firent une incursion dans la contrée , heureusement préservée grâce au magistrat de Bourbourg qui sut sauvegarder par son attitude les villages dépendant de son autorité, ce qui ne fut pas le cas de Pitgam.

Ensuite, les Français descendirent vers Drincham et Looberghe avec l'intention de passer la Colme. Les Espagnols résistèrent, les Français firent mine de rebrousser chemin, firent un détour et et finirent par passer la Colme à Watten. Les villages aux alentours eurent alors à subir le passage d'une armée en fuite puis de leurs vainqueurs, on peut imaginer le résultat! Les rumeurs couraient la région à propos de soldats anglais (protestants donc depuis Henri VIII au XVIe siècle) qui allaient arriver incessamment, ce qui provoqua de nouvelles fuites par crainte de l'hérésie.

En 1659, comme il a été dit ci-dessus , la châtellenie de Bourbourg, et donc Drincham, redevint française et cette fois définitivement.

Deux faits marquèrent l'année 1662 : d'abord un orage d'une violence inhabituelle, accompagné d'une véritable tempête qui mit à bas nombre de constructions et détruisit plusieurs moulins (cf un des moulins rescapés de cette époque sur la commune de Pitgam, en haut de la côte sur la route menant à Crochte), et ensuite le rachat par Louis XIV de la ville de Dunkerque aux Anglais. C'en était fini de la présence de ces derniers dans la Région en tant que puissance susceptible d'avoir des ambitions dans la conquête de territoires. Pour les habitants de Drincham très pieux , cela signifiait le départ de "l'hérésie" anglicane.

Un dernier évènement notable se produisit encore : il était lié au fait que les communes environnant la châtellenie de Bourbourg n'étaient pas encore françaises. En conséquence, missionné par Louis XIV, le maréchal d'Humières s'empare d'Aire-sur-la-Lys et vient faire le siège du fort de Lynck. Celui ci résista à peine mais la troupe française déployée dans les environs vint s'emparer des grains et des foins dans l'ammanie (circonscription judiciaire dont les attributions variaient beaucoup d'un secteur à l'autre) de Drincham.

Le village se retrouvait de nouveau ruiné, il dut fournir ses récoltes alors que celles ci avaient été très satisfaisantes, ce qui avait rendu courage aux habitants après un demi-siècle d'épreuves, mais aussi son bétail pour nourrir la troupe, des chariots et autres matériels dont les paysans avaient le plus grand besoin et enfin de la main d'œuvre.

Nous ne disposons pas de données sur l'état d'esprit des habitants mais on peut présumer de leur épuisement. Drincham , comme sans doute toute la châtellenie, a vu fondre sa population : celle ci se réduisit à 200- 300 personnes , chiffre qui resta désormais le sien.

. L'étonnant n'était pas qu'il y eut moins d'habitants après ces décennies de troubles en tout genre, l'étonnant était qu'il en restât.

Il fallut tout le tempérament de ces personnes dures au mal, habituées au dur labeur de la terre, pour une nouvelle fois, après déjà de multiples situations de même nature, reconstruire et recommencer. Le courage de ceux qui n'avaient pas fui, exaspérés ou épuisés ou les deux, fut exceptionnel. Il est vrai également que le jeu en valait la chandelle : des terres aussi riches ne pouvaient rester sans être exploitées et le travail , dès lors qu'il redevenait possible donna les résultats escomptés.

La paix était enfin revenue pour la région de Drincham (même si la frontière de la France en Flandre ne devint définitive qu'en 1713 cf Flandre française) et les habitants de Drincham purent se livrer à leurs occupations quotidiennes et cultiver ces riches terres caractérisant la commune. Certes la domination du Roi de France se traduisait par des impôts conséquents dus par les habitants de la Châtellenie : impositions diverses et variées , dons en nature, paiements pour l'entretien des fortifications des places fortes dont Gravelines , contribution à l'entretien des watringues etc .Mr Verbèke énonce ces diverses taxations dans son Histoire de Drincham. Mais enfin la paix revenue, au moins Drincham comme les villages voisins n'eurent plus à devoir , en plus de toutes les difficultés liées au dur travail de la terre et aux rigueurs du climat, subir les ravages de la guerre .

On peut voir un signe de cette paix et prospérité revenues dans la reconstruction de l'église, sans doute endommagée après toutes ces avanies, en 1688.

Le XVIIIe siècle.[modifier | modifier le code]

Le XVIIIe siècle ne fut pas facile pour les habitants de Drincham. Si la contrée ne fut plus dévastée par les guerres incessantes , elle connut en revanche des conditions naturelles difficiles : hivers particulièrement rigoureux, épizooties, tempêtes... Le petit âge glaciaire déjà évoqué ci-dessus va connaitre une importance particulière au XVIIIe siècle caractérisé par des conditions climatiques rigoureuses. Les historiens font désormais le lien entre ces conditions climatiques aggravées par un autre phénomène naturel , l'éruption du volcan islandais Laki en 1783 et le déclenchement de la Révolution Française , tellement la population était à bout et affamée [14] . Ces conditions naturelles spéciales ne constituent bien sûr qu'une partie des causes de 1789 mais elles jouèrent un rôle désormais reconnu.

Toutefois à la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle , Drincham va connaitre des évènements plus gais, petits en eux-mêmes mais qui ont durablement marqué les esprits : il s'agit des visites du célèbre corsaire Jean Bart à son parent curé de Drincham. Jean Bart était un véritable héros national à cette époque et ses visites avec femme et enfants ne passaient pas inaperçues. Dans les années 1960 encore les Drinchamois l'évoquaient en famille dès lors qu'il était question de l'histoire du village : la tradition orale transmettait ce souvenir de génération en génération depuis deux siècles[15].

Au début du XVIIIe siècle , la France entière connut un hiver particulièrement dur en 1709. Il a été vu ci-dessus que les hivers difficiles se sont succédé depuis les années 1200-1300 mais 1709 fut encore pire et pour tout dire complètement exceptionnel [16] . Tout gela , le vin gelait dans les carafes, le thermomètre resta sous zéro pendant des semaines, les arbres fruitiers gelèrent et ne donnèrent quasiment rien comme fruits l'été suivant, le gibier (lapins lièvres, oiseaux) mourut de froid, toutes les semences faites à l'automne en vue d'une récolte au printemps et à l'été furent perdues. Résultat : le prix de ce qui put être sauvé ou importé des pays étrangers et en premier lieu l'aliment de base, le pain, s'envola , les pauvres ne purent plus se nourrir :ce fut la grande famine de 1709.

On devine aisément que la population ne se relève pas si facilement de telles épreuves, il fallut du temps. L'évolution de la démographie de la France cf Histoire démographique de la France, montre qu'entre 1700 et 1715, la population du pays a baissé (quant à l'augmentation de la population entre 1600 et 1700, il faut tenir compte de l'extension du territoire de la France sous Louis XIV, pendant la deuxième moitié du XVIIe siècle ; sans cet élargissement la courbe de la population serait en diminution, notamment parce que les guerres répétées menées par ce souverain coûtèrent beaucoup en vies humaines: il a été vu ci-dessus ce que cela a pu donner à l'échelle de Drincham et de sa région. Les guerres tuent c'est une évidence).

Un évènement va quelque peu changer la donne quelques années plus tard : il s'agit de l'introduction dans la région de la culture de la pomme de terre. Mr Verbèke nous dit que ce fut l'œuvre d'un nommé Dequidt venant des Pays-Bas qui aurait ramené et donc introduit des plants de pommes de terre dans la région. Cette culture se développa rapidement , la terre de Flandres se montra particulièrement adaptée à cette plante. Elle fit partie désormais de l'alimentation de base de la population , ce qui permit d'atténuer les conséquences des années où les récoltes en céréales furent mauvaises. Et on sait quelle place elle tient désormais , encore aujourd'hui, dans les cultures dans la Flandre tant française que belge, au point qu'on oublie qu'elle est présente non pas depuis toujours mais seulement depuis 300 ans environ.

Les années suivantes furent marquées par l'alternance classique de faits parfois positifs, tels que des travaux d'aménagement de la Colme pour empêcher les inondations en 1737, parfois négatifs tels que plusieurs années d'épizootie (épidémies chez les animaux, notamment d'élevage et dans ce cas précis des bêtes à corne : bovins, caprins) autour de 1740-1750 , ou encore 1774 ou de nouveau hiver rigoureux (en 1740) ou pluies inhabituelles (en 1751).

Les habitants de Drincham savent bien que les activités d'agriculture et d'élevage ne sont jamais garanties, malgré tous les efforts déployés à cette fin , tellement elles dépendent des conditions climatiques . C'est encore le cas en 2016 alors on peut aisément deviner que cela était encore plus vrai trois siècles plus tôt alors qu'on ne disposait pas des moyens d'aujourd'hui.

Pour lutter contre les effets dévastateurs de tels évènements, le pouvoir royal chercha à développer autant que possible l'agriculture et l'élevage afin d'éviter les périodes de disette voire de famine. Il fut remarqué que lorsque les mêmes personnes étaient propriétaires de plusieurs fermes (plutôt appelées censes à l'époque), celles ci étaient moins bien exploitées , que les bâtiments de la cense où il n'y avait plus d'exploitant tombaient en ruine, que finalement tout cela avait un effet négatif sur la mise en valeur des terres , surtout dans nos régions si propices à l'agriculture (peut-être également parce que ce mouvement de concentration des terres en quelques mains ne facilitait pas l'installation de nouveaux venus n'ayant pas les moyens des gros propriétaires pour acheter les terres ou alors obligés de leur louer à des conditions désavantageuses). À cette fin il fut décidé d'interdire aux propriétaires de censes dans les châtellenies de Bourbourg et de Bergues d'en exploiter plusieurs, et il fut défendu de détruire ou de laisser tomber en ruine les bâtiments des censes. La mesure fut prise en 1754 par le représentant du pouvoir royal à Lille.

Cette décision peut également s'expliquer par le contexte du développement d'un courant de pensée qui considérait que la richesse provient d'abord de la terre, qu'il convient donc de tout faire pour développer la culture de celle ci : ce mouvement fut celui des physiocrates , le terme physiocratie signifiant "gouvernement par la nature" cf Physiocratie illustré notamment par François Quesnay, Vincent de Gournay ou encore Turgot, le futur ministre de Louis XVI. (en 1754, le roi est Louis XV).

En 1754 , date de la décision qui vient d'être évoquée, outre le mouvement de la physiocratie, il faut se rappeler que trois ans plus tôt en 1751 est paru le premier volume de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Ces éléments témoignent de l'effervescence des esprits en cette moitié du XVIIIe siècle et de la conviction qu'il était possible d'agir pour diminuer les effets des évènements naturels négatifs. On peut donc émettre l'idée que cette décision se reliait au mouvement des idées de l'époque.

Ces idées mêlées à bien d'autres causes devaient mener quelques années plus tard à un évènement majeur de l'Histoire de France , évènement qui eut un retentissement mondial non seulement à l'époque mais aussi jusqu'à nos jours : la Révolution de 1789. Événement d'envergure mondiale... et qui concerna aussi la vie du petit village des Flandres qu'est Drincham.

Histoire contemporaine : depuis 1789.[modifier | modifier le code]

La Révolution de 1789[modifier | modifier le code]

En 1788, le roi Louis XVI se retrouve confronté depuis plusieurs années à de nombreuses difficultés, parmi lesquelles les difficiles relations avec d'un côté certains de ses sujets non nobles , occupant de plus en plus de fonctions importantes et disposant de plus en plus de moyens sans avoir la reconnaissance de ce rôle dans la société puisque non nobles et donc ne pouvant accéder aux postes les plus prestigieux , qu'on peut désigner sous le terme générique de "bourgeois" mais qui relevaient selon les catégories de l'époque du Tiers État au même titre que les serfs ou "vilains" (les deux autres tiers de la société étant la Noblesse et l'Église) et de l'autre côté avec justement les deux autres ordres résistant de toutes leurs forces à l'évolution en cours et refusant d'abandonner leurs prérogatives et privilèges vis-à-vis des bourgeois bien sûr mais aussi vis-à-vis du pouvoir royal. Le roi décide donc en janvier 1789 de convoquer les États Généraux, instance constituée de représentants de toute la nation chargée de trancher les grandes questions qui restaient sans réponse.

Tout le pays se livre donc à deux actions : d'abord désigner des représentants venant de tout le pays pour discuter à Versailles des sujets problématiques et ensuite rédiger des textes exprimant leur opinion et revendications: il s'agit des documents entrés dans l'Histoire sous le titre de Cahiers de doléance.

Les députés de Drincham chargés avec ceux des autres communes de la région de désigner leurs représentants pour le compte du Tiers État aux États généraux furent Pierre Jacques Vanhaecke et Bertin François Blanckaert[17]. Les députés réunis choisirent essentiellement des hommes de droit, des avocats plus à même de défendre leurs droits pour les représenter cf Liste des députés aux États généraux de 1789

L'ouvrage cité en référence donne également page 363 les noms des personnes qui ont rédigé le cahier de doléances pour Drincham : on y retrouve les souhaits et griefs habituels des personnes de la campagne : par exemple, la demande d'être mieux représentés et écoutés, la demande de respect par les autorités de leurs champs et de leurs récoltes (problème des chasses qui s'effectuaient à travers tout , piétinant leur travail) , la demande d'être moins taxés , la demande que la justice soit la même pour tous dans toute la Flandre, et peut-être plus étonnant la demande de pouvoir être armé pour pouvoir se défendre... Le cahier de doléance de Drincham compte peu de pages par rapport à certains qui figurent dans l'ouvrage cité. Ces gens de la terre sont allés à l'essentiel.

À noter que par ailleurs les députés de la Flandre maritime pour le compte de la noblesse cette fois, désignèrent le seigneur de Drincham , le marquis de Harchies pour représenter avec le Prince de Robecq la noblesse de la région à Versailles.

La Révolution française , soucieuse de faire disparaitre les traces de l'Ancien régime, réorganise l'administration de la France et c'est ainsi que Drincham se retrouve en 1790 dans le canton de Bourbourg[18] (ce qui ne changeait pas grand chose par rapport à l'ancienne châtellenie[19]) lui-même partie intégrante avec d'autres cantons du district de Bergues qui deviendra plus tard l'arrondissement de Dunkerque , lui-même inclus avec d'autres arrondissements dans le département du Nord dont le chef-lieu fut d'abord Douai avant d'être transféré à Lille. C'est de la Révolution Française que date cette organisation (récemment modifiée en ce qui concerne le canton puisque désormais Drincham relève du canton de Grande Synthe). Et c'est également la Révolution Française qui organisa l'administration du premier échelon de cette pyramide en décrétant que chaque commune serait administrée par un conseil municipal dirigé par un maire.

Drincham eut cependant à souffrir de certaines des décisions des nouveaux pouvoirs entre 1789 et 1793.

Les révolutionnaires confisquèrent et prirent possession des biens de l'Église (terres, objets des églises, couvents, ..) à travers tout le pays en vertu d'un décret de novembre 1789 voir Bien national . Furent donc enlevés de l'église de Drincham divers objets de valeur. De plus, on fit disparaitre de celle ci nombre de signes rappelant l'ancien régime : atteinte aux tombeaux des seigneurs, aux armes et blasons qu'elle contenait. Ensuite on détruisit une partie de l'église car elle était la nef seigneuriale. Après ces actions , le bâtiment avait perdu sa partie la plus riche.

De même , le château fut détruit parce que trop solide en 1793... Une commission composée d'un militaire et d'un architecte considérant que la bâtisse à murs très épais était susceptible d'abriter des forces royalistes décida de faire raser l'édifice[4].

S'ajouta à tout cela l'affaire de la constitution civile du clergé votée en 1790 qui obligea les prêtres à prêter serment de fidélité à la constitution (et non plus à l'Église ou à l'évêque) , le refus d'un grand nombre d'entre eux et la division entre prêtres constitutionnels et prêtres réfractaires. Situation aggravée en 1793 avec le développement du culte de la raison et de l'être suprême et la fermeture des églises au culte entre juin 1793 et fin 1794 cf constitution civile du clergé , ce qu'évoque Mr Verbèke dans les dernières pages de son travail.

Cela ne dut pas être une époque facile pour des villageois aussi pieux et fidèles à leur foi que les habitants de Drincham!

En revanche, Drincham n'eut pas trop à souffrir des guerres de la Révolution et de l'Empire qui se déroulèrent ailleurs. Seul fait notable :en 1793, après la mort de Louis XVI, le passage des troupes de Hanovre qui occupèrent par la suite Hondschoote. Les adversaires de la France sont à Hondschoote, les Anglais venus de la Belgique font le siège de Dunkerque, le danger est donc proche mais les troupes révolutionnaires menées par le général Houchard libèrent à la fois Hondschoote , célèbre bataille de l'époque de la Révolution, et Dunkerque.

Le péril le plus grand était passé même si pour se préserver de l'ennemi, les écluses furent manœuvrées afin d'inonder la région : les deux tiers de l'arrondissement de Dunkerque furent sous les eaux , ce qui laissa pendant des années du sel sur le sol et ne permit pas la culture. Drincham avec sa hauteur moyenne fut probablement préservée.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La période fut plus tranquille que les précédentes pour la Flandre française , donc pour Drincham. Le département du Nord fut occupé pendant trois ans par les troupes de la coalition (Autriche, Prusse, Russie, Angleterre) formée contre Napoléon pendant trois ans après Waterloo mais sans que les traces n'en furent trop pénibles .

La guerre de 1870 qui provoqua la chute de Napoléon III se déroula principalement à l'est du pays . La bataille la plus proche eut lieu à Bapaume, assez loin de Drincham donc. Le village n'eut pas à en déplorer les conséquences.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 eut des conséquences à Drincham comme dans de nombreuses localités : des biens de l'église furent placés sous séquestre puis réattribués : ainsi en 1911 les biens ayant appartenu à la fabrique (cf Conseil de fabrique) de l'église de Drincham furent attribués au bureau de bienfaisance de la commune.( il en fut de même à Looberghe et dans de nombreuses communes)[20].

Au début du 20ème siècle , les autorités françaises décidèrent d'établir une ligne de chemin de fer entre Drincham et Bourbourg. A l'époque , plusieurs lignes de chemin de fer d'intérêt local existaient déjà : ainsi en 1895 existaient des lignes de chemin de fer entre Bourbourg et Dunkerque , Bourbourg et Calais, lignes toujours en activité, mais aussi Bourbourg vers Watten via Saint Pierrebroucq et Holque[21] .( il faut se rappeler que les automobiles ou les lignes d'autocars n'existaient pas ou à peine , le "petit train" ainsi que l'appelait les Drinchamois avait donc un réél intérêt ). Drincham eut donc une gare : bâtiment situé à gauche du garage en activité de nos jours . Le projet concernant Drincham avait été décidé en 1907. Il était prévu d'établir un réseau de chemins de fer d'intérêt local, à voies d'un mètre , entre Herzeele et Saint Momelin via entre autres Bollezeele, ainsi que de Bergues à Bollezeele via notamment Steene, Pitgam et Drincham ( ouverte en 1914[22]) et enfin de Bourbourg à Drincham via Coppenaxfort, Brouckerque et Looberghe[23].

Le projet de ligne entre Bourbourg et Drincham prit du retard : le délai fixé pour les expropriations nécessaires à l'établissement de la ligne fut prorogé (prolongé) en 1914, puis de nouveau en 1921 ( suite à la guerre de 1914-1918 qui bloqua de nombreux dossiers) et enfin en 1924 jusqu'au 31 décembre 1924[24].

En 1938, la ligne de Bourbourg à Drincham fut déclassée par un décret du 6 septembre paru au Journal Officiel du 18 septembre sur demande du département du Nord[25]. La ligne semble avoir fonctionné jusque dans les années 1950.

Mais le vingtième siècle se caractérise surtout par les deux guerres mondiales. L'histoire du village en fut marquée de façon différente selon le conflit.

1914-1918[modifier | modifier le code]

Drincham ne se trouvait pas dans la zone de combats pendant toute la durée de la guerre. En effet, pour arrêter les Allemands, les Belges avaient décidé en octobre 1914 d'inonder le plat pays en laissant la mer envahir les terres. De ce fait , les Allemands furent bloqués sur l'Yser, rivière qui prend sa source à Buysscheure et Lederzeele, passe par Bollezeele puis traverse la Flandre française puis belge pour rejoindre la mer à Nieuport. Le front s'installa le long de son cours cf Front de l'Yser et remonte jusqu'à Ypres puis l'Artois. L'arrondissement de Dunkerque resta donc français pendant toute la durée de la guerre, ce qui ne fut pas le cas de Lille par exemple qui passa sous domination allemande. Dunkerque et sa périphérie immédiate subirent de nombreux bombardements sous différentes formes (avions, zeppelins, navires et surtout canon à longue portée) qui firent énormément de dégâts et de victimes cf Histoire de Dunkerque mais la campagne fut préservée.

Du coup la région fut une zone de soutien des troupes engagées sur le front et une zone de passage des renforts notamment.

Il est possible de trouver sur internet un document composé de deux photographies daté de novembre 1915 avec pour légende " Sortie d'une messe célébrée en mémoire de soldats tués sur le front en Champagne" [26] Il est bien spécifié Drincham sur le document... sauf qu'il ne s'agit pas de vues de l'église de Drincham mais a priori de deux églises différentes proches de Drincham (Zegers Cappel et Eringhem)[27].

En revanche le principe est juste : des troupes sont bien passés par les villages de Flandre et par Drincham par exemple en janvier 1916[28] ou encore en avril 1918[29].

Si Drincham a donc servi de base arrière et n'a pas été en contact direct avec le front, la commune a bien payé son tribut à la guerre : une plaque commémorative contenue dans l'église porte les noms des six membres de la commune morts pendant 1914-1918[30].

Il semble également que des personnes se soient réfugiées à Drincham pour fuir les bombardements qui frappaient la région de Dunkerque :la bibliothèque de Roubaix possède un courrier d'une personne ayant dû quitter Bergues à cause des bombardements et qui écrit depuis Drincham[31].

Des années après la guerre, au fil des labours faisant remonter les objets enfouis dans le sol, les Drinchamois purent retrouver des vestiges de la guerre , notamment dans l’Hossenaere : cartouches d'armes de guerre, baïonnette, voire fusil entier dont seul manquait la crosse et autres objets. Il n'était pas rare non plus de trouver , dans les années 1950 - 1960, dans les foyers des douilles d'obus soigneusement nettoyées utilisées à fin de décoration sur les cheminées au-dessus du feu.

1939-1945[modifier | modifier le code]

La guerre est déclarée en septembre 1939 mais rien ne bouge avant mai 1940, c'est la période dite de la "drôle de guerre". Tout se décide en mai 1940 : l'Allemagne hitlérienne lance des attaques fondées sur la vitesse : elle pratique la Blitzgrieg. Elle viole la neutralité de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg. La France surprise est très vite débordée et recule partout, malgré la présence de troupes britanniques. En dix jours , entre le 10 mai 1940 et le 20 mai les armées allemandes atteignent la Manche puis remontent le long de la côte vers Dunkerque tout en progressant également par les terres :Boulogne sur Mer tombe le 25 mai, Calais le 26 mai, Lille le 29 mai[32]. Les Britanniques décident de rapatrier un maximum de soldats : ce sera la bataille de Dunkerque ou encore Opération dynamo en prévision de laquelle les Alliés organisent la concentration des troupes en vue de leur évacuation par la mer.

En 1939 et 1940, Drincham eut à faire face à un autre souci : la contamination par le doryphore , insecte ravageur des cultures de pommes de terre : dans le canton de Bourbourg , les communes dites contaminées furent Bourbourg, Drincham et Watten, le reste était en zone de protection[33] .

Lorsque l'Allemagne passe à l'attaque en mai 1940, elle progresse rapidement et l'avant garde des panzers du général Guderian arrive à Bourbourg le 24 mai 1940 où elle reste trois jours avant de repartir vers Dunkerque, cf bataille de Dunkerque.

Lors du repli vers Dunkerque , une batterie d'artillerie fut un moment en activité aux alentours de Drincham : un décret de 1942 a inscrit sur le tableau spécial de la Légion d'honneur au grade de chevalier un capitaine d'artillerie qui s'est brillamment comporté le 27 mai 1940 sous les balles allemandes en empêchant que sa batterie ne tombe aux mains de l'ennemi et elle a pu ensuite participer à la défense de Dunkerque[34]. Un desservant de cette batterie grièvement blessé pendant la même opération reçut lui en 1943 la médaille militaire ( Croix de guerre avec palmes)[35] .

Des soldats anglais sont tués à Esquelbecq le 28 mai 1940 cf Esquelbecq, les troupes repliées dans la poche de Dunkerque sont abondamment bombardées par les Allemands mais Drincham n'est pas au cœur des combats. Les Drinchamois ont sans doute entendu le bruit de la canonnade, ont sans doute pu voir les fumées qui s'élevaient au-dessus de Dunkerque, ont sans doute pu voir les stukas se dirigeant vers Dunkerque mais le village ne fut pas en première ligne .

Après l'armistice demandé par la France et signé le 22 juin 1940, entre 1940 et 1944, les départements du Nord et du Pas de Calais et toute la Belgique furent contenus dans le ressort du Commandant militaire allemand de Bruxelles[36]. La gestion était donc directement allemande et ne dépendait pas de la France gouvernée par le Maréchal Pétain à Vichy. L'Allemagne détourna à son profit toute la richesse et l'économie des régions qu'elle gardait sous son autorité cf la France occupée, et tout particulièrement les deux départements cités. Drincham eut bien sûr à souffrir de cette situation comme tous les habitants de la Région, même si en campagne la situation était un peu moins dure qu'en ville car en campagne il était plus facile de trouver à se nourrir grâce aux jardins ainsi qu'aux cultures et élevages dans les fermes .

Si aucun fait de guerre notable n'eut lieu à Drincham même, les Drinchamois connurent quand même à distance les bombardements alliés sur Dunkerque, ainsi que sur Eperlecques et ses bases de V1 et V2 de 1943 à 1945 [37]. Ils gardèrent le souvenir du passage pendant les années de la guerre , surtout à partir de 1942-1943, des bombardiers alliés provenant de la Grande-Bretagne et se dirigeant vers l'Allemagne : ce passage au-dessus de leur têtes en pleine nuit des vagues de forteresses volantes formait comme un long bourdonnement paraissant sans fin . Ils assistaient également parfois au retour d'un bombardier ralenti par une avarie tentant de regagner l'Angleterre ou encore aux combats aériens entre avions alliés et avions allemands[38].

On pouvait encore trouver dans les années 1960 dans les foyers des Drinchamois des fascicules intitulés " Le Courrier de l'Air" largués par les Alliés à partir de 1942 au-dessus des populations proches des côtes pour leur conseiller de s'éloigner du littoral[39] en prévision du futur débarquement ou à l'inverse la revue "Signal" distribuée par les Allemands. Le maréchal Rommel désigné par Hitler pour renforcer le dispositif de défense allemand avait fait ériger sur les côtes de forts systèmes de défense . Il avait également ordonné dès janvier 1944 l'inondation des basses terres en arrière des côtes[39].

Après le débarquement en Normandie en juin 1944, les troupes alliées progressent dans leur effort de libération de la France . Les habitants du canton de Bourbourg assistent à la retraite des troupes allemandes [39] et le 8 septembre 1944, Bourbourg est libérée. Les communes du canton , donc Drincham sont libérées par des Canadiens[39]. La guerre n'est pas totalement terminée cependant : les Allemands résisteront dans la poche de Dunkerque jusqu'à la fin de la guerre le 8 mai 1945. Et les communes du canton de Bourbourg entendirent donc les échos de la bataille livrée pendant le siège de Dunkerque jusqu'à la fin de la guerre .

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

La guerre était terminée mais il fallut du temps pour retrouver une vie normale : l'hiver 1944-1945 fut rigoureux, les coupures d'électricité se succédaient , le rationnement de denrées dura jusqu'au 1er décembre 1949[40]!.Certaines fermes purent bénéficier un temps de la main d'œuvre constituée par des prisonniers allemands[38],[41]

Les années 1950 à 1970-1980 furent marquées par la progression dans les villages de la campagne, Drincham inclus, des marques du progrès . Pendant longtemps les Drinchamois vécurent comme leurs parents l'avaient fait , utilisant les mêmes objets, les mêmes outils , perpétuant un même mode de vie , rythmé par les travaux des champs, les fêtes religieuses, la ducasse au début du mois de septembre. On puisait l'eau dans les puits lorsqu'elle était potable ou il fallait la faire bouillir, ( d'où les innombrables accidents d'enfants brûlés atrocement en renversant sur eux les casseroles d'eau bouillante ou pire en tombant dans les cuves d'eau brûlante puisqu'à l'époque on faisait bouillir le linge cf les lamentations des anciens sur le blanc qui n'est plus blanc avec le temps puisque les étoffes d'aujourd'hui ne supporteraient plus la lessive à 100°) on recueillait l'eau de pluie dans des tonneaux. On se déplaçait à pied ou dans des voitures tirées par des chevaux... Les premiers changements intervinrent avec l'usage des bicyclettes , des vélomoteurs , des mobylettes . Après 1950 et en quelques décennies tout changea . Déjà l'électricité était arrivée dans les foyers juste avant la seconde guerre mondiale [42]

Après 1945, dans les années 1960 à 1990, les Drinchamois, comme tous les français s'équipèrent progressivement : d'abord la radio, puis la télévision, l'eau courante, (on disait l'eau d'Houlle, puisque le réseau public d'eau courante puisait l'eau à Houlle), la voiture individuelle, le téléphone (fini le temps où il y avait une "cabine publique" au café devenu depuis le Gallodrome où les habitants se rendaient pour appeler le médecin par exemple, ou encore le temps où parfois on échangeait des légumes du jardin contre des seaux d'eau courante)[38].

À la fin du XXe siècle, la disparité ville campagne était terminée : le mode de vie est désormais le même. Avant le 20ème siècle, lors de leur mort, les êtres humains quittaient un monde qui n'avait que peu changé depuis leur naissance , de ce fait leur environnement , leur cadre de vie présentaient une stabilité importante . À présent c'est terminé , tout bouge tout le temps , et de plus en plus vite , le monde tel qu'il est lorsqu'on meurt n'a plus grand chose à voir avec celui de sa naissance ( d'autant plus que la durée de vie s'est également allongée au fil du temps) .

Dans le même temps, l'agriculture et l'élevage connaissaient des bouleversements sans précédent : , concentration des terres, diminution du nombre d'agriculteurs, utilisation des engrais, abandon de l'usage des chevaux de trait , mécanisation[43].

Jusque dans les années 1960, les travaux des champs faisaient appel à une importante main d'œuvre, les principales fermes ayant de un à plusieurs ouvriers agricoles employés à plein temps .. On utilisait également des groupes de personnes, souvent des femmes mais pas seulement, se rendant de ferme en ferme , appelées par les paysans pour réaliser différents travaux liés à la récolte du lin, à la moisson , au ramassage des pommes de terre, à l'arrachage des betteraves.... Ces groupes de personnes étaient appelées "bandes" , on demandait à la bande de venir travailler chez soi. Une de ces bandes composée de femmes de caractère , dotées d'une force physique ou nerveuse certaine, ne reculant pas devant un verre d'alcool, par de nombreux aspects hors du commun , disposait d'une certaine célébrité dans la village , et avait mérité le surnom de "bande volante" , allusion à la rapidité avec laquelle elles étaient capables de travailler lorsque le paysan savait les motiver (par exemple en promettant une prime doublée d'une bonne bouteille si le travail était terminé avant tel ou tel jour ou heure ) : lorsqu'elles s'y mettaient , on pouvait voir les feuilles de betteraves "voler" (d'où leur surnom) lorsqu'elles les arrachaient avec la fourche à deux dents spécifique à cette fonction : elles avançaient rapidement , le bruit des betteraves arrachées et jetées au sol parfois surmonté par des jurons retentissants lorsqu'une des racines résistait[38].....

Dans les années 1960, sur la place de Drincham, l'actuel café tabac s'appelait "Café de la forge" et les Drinchamois pouvaient voir le forgeron maréchal-ferrant occupé à ferrer le sabot d'un cheval ( avec l'odeur caractéristique de la corne brûlée par le fer rougeoyant) ou à forger une pièce de métal pour réparer une charrue . Avec le temps , et la fin de l'utilisation des chevaux de trait pour les travaux des champs , leur remplacement par les tracteurs et autres machines agricoles, la forge ferma faute d'activité suffisante: les agriculteurs n'y avaient plus recours car désormais les pannes éventuelles de matériel relevaient non plus du maréchal ferrant mais du mécanicien agricole[15].

L'agriculture était elle aussi entrée dans la modernité et ne devait plus la quitter.

En 1995, la commune de Drincham fit l'objet d'un arrêté portant constatation de l'état de catastrophe naturelle au titre de mouvements de terrain de janvier 1991 à septembre 1993 consécutifs à la sécheresse[44]. En revanche en 2005 une nouvelle demande visant à constater l'état de catastrophe naturelle au titre des mouvements de terrains différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols de juillet à septembre 2003 fut rejetée[45].

En 1996 un autre arrêté paru au Journal Officiel déclara d'utilité publique les travaux à exécuter pour la construction d'une canalisation de transport de gaz : il s'agit de la canalisation de transport de gaz de Loon Plage à Cuvilly ( Oise) qui passe par le village de Drincham[46]après la station de compression et d'interconnexion installée par GRTGaz à Pitgam . Les travaux furent autorisés en 2011[47].

Drincham est également citée dans un nouveau texte relatif à une nouvelle canalisation de gaz entre Pitgam et Hondschoote au titre de commune impactée par les distances d'effet liées à la canalisation : la canalisation ne passe pas par Drincham mais la commune est concernée de par sa proximité avec elle[48] .

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom "Drincham" viendrait du nom laissé par le 1er possesseur et signifiant "demeure de Dagemar". La commune s'est appelée successivement :

  • 830 : DAGMARINGAHEM, cartulaire de Saint-Martin
  • 857 : DAGMARINGAHAM, id
  • 977 : DAKINGAHEM, id
  • 1111 : DRINCHAM, cartulaire de Notre-Dame de Bourbourg[50]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Les élections présidentielles de 2012 ont donné les résultats suivants [51]:

1er tour

La commune compte 212 inscrits sur les listes électorales. 26 électeurs se sont abstenus soit 12,26% des inscrits).

186 électeurs ont voté (87,74% des inscrits) dont 7 votes blancs ou nuls (3,76% des votes).

Électeurs exprimés : 179 soit 84,43% des inscrits

Ont obtenu, par ordre décroissant du nombre de voix obtenues :

Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement Populaire=UMP) : 58 voix soit 32,40% des voix

Marine Le Pen (Front National = FN) : 50 voix soit 27,93% des voix

François Hollande(Parti Socialiste= PS) : 38 voix soit 21,23% des voix

Jean Luc Mélenchon (Front de gauche) : 16 voix soit 8,94% des voix

François Bayrou(Mouvement Démocrate = Modem) : 13 voix soit 7,26% des voix

Philippe Poutou(Nouveau Parti Anticapitaliste= NPA) : 3 voix soit 1,68% des voix

Nathalie Artaud (Lutte Ouvrière) : 1 voix soit 0,56% des voix

N'ont obtenu aucune voix : Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès), Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République)

Eva Joly(Europe Écologie- Les Verts)

2e tour

212 électeurs inscrits. 30 abstentions soit 14,15% des inscrits.

182 électeurs ont voté (85,85% des inscrits) dont 15 considérés comme blancs ou nuls (8,24% des votes).

Électeurs exprimés : 167 soit 78,77% des inscrits.

Ont obtenu, par ordre décroissant des voix obtenues :

Nicolas Sarkozy(Union pour un Mouvement Populaire=UMP) : 95 voix soit 56,89% des voix

François Hollande (Parti Socialiste= PS) : 72 voix soit 43,11% des voix

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Maire en 1846 :Mr Dupont

Maire en 1866 :Mr Maegherman

Maire en 1876 : Mr Teuf

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
en cours Luc Waymel   Principal d'établissement scolaire
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[52]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[53],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 249 habitants, en diminution de -6,74 % par rapport à 2009 (Nord : 1,21 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
196 294 300 258 253 250 275 260 288
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
294 304 269 254 248 244 250 240 253
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
247 228 200 189 209 185 187 213 192
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
184 185 156 196 221 210 273 252 249
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[54] puis Insee à partir de 2006 [55].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Drincham en 2007 en pourcentage[56].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
0,0 
1,4 
75 à 89 ans
3,8 
7,0 
60 à 74 ans
9,2 
21,1 
45 à 59 ans
19,8 
22,5 
30 à 44 ans
24,4 
22,5 
15 à 29 ans
19,8 
25,4 
0 à 14 ans
22,9 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[57].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Culture[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

Drincham fait partie des villages de la Flandre où le flamand est resté longtemps très pratiqué par les habitants[58]. La coupure se situe en gros après la seconde guerre mondiale : les habitants nés avant celle ci parlaient le flamand , échangeaient entre eux dans cette langue , situation résultant également du fait que souvent à 14 ans on quittait l'école où on apprenait le français pour aller travailler . Les Drinchamois nés avant la 2e guerre mondiale étaient parfois plus à l'aise en flamand qu'en français[38].

En revanche, les personnes nées après 1945 pratiquaient de moins en moins le flamand : l'obligation scolaire jusqu'à 14 ans décidée en 1936 mais dont les effets ne se firent sentir en profondeur qu'après la seconde guerre mondiale , puis jusqu'à 16 ans décidée en 1959 [59] porta progressivement ses fruits .

Un couple d'instituteurs comme Mr et Mme Fayaud, instituteurs de Drincham dans les années 1950-1960[15], dignes représentants des "hussards noirs de la République"[60] fit le maximum pour que les enfants poursuivent les études les plus longues possibles, argumentant inlassablement auprès des parents pour leur montrer l'intérêt de posséder au moins une qualification comme un Certificat D'Aptitude Professionnelle (CAP) si les études au collège (à l'époque premier cycle des lycées) voire au lycée , et même au-delà semblaient impossibles du fait des capacités des élèves. Ils aidaient les familles à constituer les dossiers de demande de bourses d'études lorsque les faibles revenus des familles , longtemps barrière à la poursuite des études , permettaient d'obtenir cette aide.

La fréquentation de l'école et du collège puis du lycée fit que les jeunes générations eurent et ont un meilleur niveau en français mais connaissent moins le flamand même si celui ci est depuis quelques années de nouveau enseigné dans quelques cours de quelques écoles , comme à Looberghe [58],[61].

Religion[modifier | modifier le code]

Dans un village comme Drincham profondément imprégné de la foi catholique , la pratique religieuse, les cérémonies liées au culte (ex processions, vêpres), les fêtes religieuses (Noël, Pâques, communion solennelle...) constituèrent longtemps une part essentielle de la culture du village. La diminution du nombre de prêtres, les messes moins fréquentes du fait du regroupement des communes sur le plan religieux, les prêtres devant se partager entre plusieurs paroisses sont venues modifier cet état de fait mais il n'en demeure pas moins que la culture religieuse demeure une composante importante de la culture à Drincham.

Divertissements[modifier | modifier le code]

Le divertissement essentiel pour la commune demeura pendant longtemps la Ducasse et le raccroc de la Ducasse (le dimanche suivant celui de la ducasse). Elle était la principale fête non religieuse . À cette occasion, pendant les années 60-70 , quelques manèges (chevaux de bois, stand de tir...) venaient s'installer sur la place du village . Un bal était organisé , souvent dans la salle attenante au café devenu depuis le Gallodrome. La ducasse attirait du monde venant des villages voisins, elle était l'occasion de promenades en famille , de tours de manège payés aux enfants[15] .

Pour aller au cinéma, les Drinchamois devaient se rendre à Bourbourg, à Worhmout, (on y allait en vélo) à l'époque où des cinémas existaient encore dans des petits bourgs (cinémas florissants dans les années 1920 à 1950 puis disparaissant progressivement du fait de la raréfaction des clients consécutive à l'arrivée dans les foyers de la télévision) . Pendant quelques années , dans les années 1960, le cinéma vint au village, sur l'initiative d'un commerçant looberghois, Mr Bommelaere, qui arrivait avec tout le matériel nécessaire pour diffuser les films . La projection avait lieu dans la salle attenante au café devenu le Gallodrome. Les Drinchamois purent ainsi regarder sur un relativement grand écran des films grand public tels que la série des Sissi, Joselito l'enfant à la voix d'or , Barry[15]...

Dans les mêmes années se déroulaient encore à Drincham des combats de coqs. Le nom Gallodrome d'un des cafés restaurants du village découle directement de ce fait qui se déroulait dans la salle attenante au café. Cet évènement drainait lui aussi un grand nombre de visiteurs et parieurs, souvent eux-mêmes "coqueleux" il est vrai.

Culture populaire[15],[38][modifier | modifier le code]

La culture populaire , culture orale transmise de génération en génération , se nourrissait de différentes croyances , plus ou moins légendaires, mais parfois vérifiées car vécues par les personnes qui les répétaient.

Cette culture se composait d'abord de la foi en la "force" de certaines personnes , cette force consistant essentiellement en la capacité de faire le bien (guérisseurs, rebouteux ) ou le mal (sorciers et sorcières). Les familles des années 1950-1960 recouraient encore aux services des guérisseurs et rebouteux lorsque la médecine scientifique s'avérait incapable ou trop lente pour guérir certains maux, que ce soit pour les humains ou pour les animaux d'ailleurs . Le plus souvent ces guérisseurs fondaient leur intervention en grande partie sur des prières prononcées, voire marmonnées, à voix basse pendant leur action, mais aussi par le patient pendant une période plus ou moins longue (neuvaines).Selon les cas, les guérisseurs se transmettaient leur "pouvoir" de père ou mère en fils ou en fille tout en gardant le secret sur leur pratique (le secret était essentiel pour le succès de l'opération), même si entre eux les Drinchamois commentaient ces transmissions en comparant l'efficacité relative des générations de guérisseurs ( "il a plus de force que son père ou moins de force que son père" etc ). Parfois au contraire, le "pouvoir" ne pouvait se transmettre et les enfants d'un guérisseur connu se montraient inopérants mais le "pouvoir" réapparaissait chez une autre personne qui découvrait en quelque sorte ses capacités.

Cette croyance dans le pouvoir magique de certaines personnes se faisait dans les deux sens : autant certains étaient connus pour faire le bien, autant d'autres étaient redoutées pour leur capacité à faire le mal , en tant que sorcier ou sorcière . Une des différences essentielles entre les "bons" et les "mauvais" était que les guérisseurs étaient connus en tant que tels alors que pour les sorciers, il s'agissait uniquement de présomptions ou de soupçons , personne ne s'avouait sorcier , on redoutait simplement certains individus, on les évitait plus ou moins pour surtout ne pas se les mettre à dos ou se fâcher avec eux.

Dans les années 1950, dans les familles, on racontait également des légendes se rapportant à certains curés du village dans le passé : l'un avait arrêté la progression du feu qui avait pris dans une grange dès lors qu'il avait été averti et s'était rendu sur les lieux en priant et une fois sur place en aspergeant la grange d'eau bénite , un autre ayant perdu son bréviaire avait sommé lors du sermon dominical le coupable de lui rapporter sous peine de dessèchement et avait retrouvé plus tard un de ses arbres fruitiers où se trouvait son bréviaire complètement mort.

Il semble que de telles légendes existaient dans de nombreux villages qui se les étaient en quelque sorte appropriées : dans chaque village on les répétait comme des faits véridiques concernant des prêtres de son village et en réalité on pouvait retrouver les mêmes histoires à quelques kilomètres de distance.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Wandrille qui tombait en ruines a été reconstruite une première fois en 1369 par Jean seigneur de Drincham.

Elle fut ensuite presque entièrement reconstruite en 1688 par le seigneur de Drincham appartenant à la famille De Cupère. De l’église bâtie par les De Cupère, datent aussi un confessional en bois de chêne sculpté (1684) classé par les Beaux-Arts, ainsi qu’une chaîre du XVIIIème siècle et sa rampe également sculptées, classée depuis 1982.

Enfin elle fut reconstruite en 1901.

L'église est dotée de 2 retables remarquables, certes abîmés par le temps mais qui montre bien la ferveur des chrétiens en Flandre. Le retable latéral Nord, dédié à la Vierge, possède une toile représentant la donation du Rosaire à Saint Dominique. On peut également remarquer une vierge à l’enfant sculptée, dans la niche supérieure du retable.

Le retable latéral Sud est exécuté en bois peint. Il date du XVIIIème siècle[62].

Des fouilles ont été menées par le GRAAL (Groupe de Recherche Archéologie et Archives du Littoral) en 1995 sur l'emplacement du château détruit à la Révolution[63].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notice historique sur la commune de Drincham par M. Verbèke. disponible sur http://www.westhoekpedia.org/bibliotheque-numerique/

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. le travail de M. Verbèke cité ci-dessous dans la bibliographie
  2. voir ci dessous
  3. cf le travail de Mr verbèke cité dans la bibliographie
  4. a et b « Echo des Hauts de Flandre »,‎ (consulté le 7 août 2016)
  5. « Belgica - Bibliothèque numérique de la Bibliothèque royale de Belgique - Manuscrits : Flandria illustrata », sur belgica.kbr.be (consulté le 26 septembre 2016)
  6. « Fragments généalogiques », sur livre numérisé par Google,‎ (consulté le 12 juillet 2016)
  7. « Patrimoine local : Drincham » (consulté le 14 novembre 2016)
  8. Valérie Beugnier et Philippe Crombé, « L'outillage commun du premier site d'habitat néolithique découvert en Flandre (Belgique). Étude fonctionnelle de l'industrie lithique taillée du site de Waardamme (3e millénaire av. J.-C.) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 104,‎ , p. 525–542 (DOI 10.3406/bspf.2007.13590, lire en ligne)
  9. « ancienne_flandre », sur utan.lille.free.fr (consulté le 19 juin 2016)
  10. « Les Flamands de France .Etude sur leur langue, leur littérature et leurs monuments . », sur livre numérisé par google,‎ (consulté le 18 juillet 2016)
  11. « Histoire de la Maison Royale de France et des grands Officiers de la Couronne », sur Livre numérisé par Google,‎ (consulté le 18 juillet 2016)
  12. a et b « Les grands hivers en France », sur meteolyonnaise.pagesperso-orange.fr (consulté le 28 juillet 2016)
  13. l'inconvénient des basses terres facilement inondables peut devenir un avantage en provoquant l'inondation, en abattant les digues du réseau de watringues et watergangs, pour repousser un envahisseur; il fut utilisé plusieurs fois au cours de l'histoire de la région y inclus en 1914
  14. « Islande, 1783: le Laki, volcan qui déclencha la Révolution française », sur hommelibre.blog.tdg.ch (consulté le 27 juillet 2016)
  15. a, b, c, d, e et f Interview de Drinchamois nés dans les années 1950
  16. « Le grand hiver de 1709 », sur www.histoire-pour-tous.fr (consulté le 30 juillet 2016)
  17. « Les cahiers de la Flandre maritime en 1789 », p. 360 et suivantes pour ce qui concerne Drincham
  18. « Répertoire numérique de la série L », sur archives départementales du nord,‎ (consulté le 7 août 2016), p. 11
  19. Mr Verbèke s'est trompé lorsqu'il parle du canton d'Esquelbecq puis Bergues
  20. « Le Journal Officiel », sur Gallica (consulté le 16 décembre 2016)
  21. « Le Journal de Bourbourg », Hebdomadaire,‎
  22. « Le petit train des Flandres », sur yserhouck.free.fr (consulté le 11 décembre 2016)
  23. « Journal Officiel du 31 juillet 1907 », sur Gallica (consulté le 11 décembre 2016)
  24. « Le Journal Officiel », sur Gallica (consulté le 11 décembre 2016)
  25. « Le Journal Officiel », sur Gallica (consulté le 11 décembre 2016)
  26. « Trouver - Mnesys », sur argonnaute.u-paris10.fr (consulté le 10 août 2016)
  27. églises identifiées par Benjamin P. petit fils d'un drinchamois né dans les années 1920
  28. « Pour ceux de 14- mémoire bourguignonne de la grande geuerre », sur association (consulté en 10août 2016)
  29. « Le 12ème régiment de dragons pendant 1914-1918 » (consulté en 11août 2016), p. 24
  30. « Les monuments aux morts | Mission Centenaire 14-18 », sur monuments.centenaire.org (consulté le 10 août 2016)
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  33. « Le Journal Officiel », sur Gallica,‎ (consulté le 11 décembre 2016)
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