Bataille de Cassel (1071)

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La bataille de Cassel a lieu le [1] .

Après la mort de Baudouin V et Baudouin VI de Flandre, elle oppose des prétendants au Comté de Flandre avec leurs soutiens respectifs dont le roi de France Philippe Ier qui veut barrer la route à Robert le Frison.

Contexte[modifier | modifier le code]

(Les éléments relatifs au contexte proviennent pour l'essentiel des pages Baudouin V, Baudouin VI, Robert Ier de Flandre).

  • Baudouin V de Flandre meurt en 1067. Il avait partagé ses possessions entre ses fils. Baudouin, futur Baudouin VI, reçut le Comté de Flandre alors qu'il était Comte de Hainaut par son mariage sous le nom de Baudouin Ier de Hainaut. Robert son frère reçoit en héritage le comté d'Alost, le pays des Quatre-Métiers (communes de Assenede, Boekhoute, Axel, Hulst) et les cinq îles de Zélande, terres d’empire. Par son mariage avec Gertrude de Saxe, il exerce la tutelle sur le Comté de Frise Occidentale (partie de la Hollande actuelle), d'où son nom de Robert le Frison. Robert avait prêté serment auprès de son père de ne pas chercher à nuire à son frère aîné.
  • Baudouin VI meurt trois ans seulement après son père le 17 juillet 1070[1]. Il partage ses biens entre ses fils. L'aîné Arnoul, Arnoul III, reçoit le Comté de Flandre. Son frère cadet Baudouin, futur Baudouin II, reçoit le Hainaut. Ses enfants étant encore mineurs, Baudouin VI confie la tutelle d'Arnoul à son frère Robert le Frison et la tutelle de Baudouin à sa mère Richilde.
  • Richilde ne respecte pas les conventions prévues par son mari, s'empare de la tutelle d'Arnoul et des biens de Robert en Flandre (le comté d'Alost, le pays des Quatre-Métiers et les cinq îles de Zélande), Robert alla demander l'aide de son cousin germain (la mère de Robert et le père de Philippe sont frères et soeurs) Philippe Ier de France[2] suzerain du Comté de Flandre. Celui ci prêt à le soutenir préfèrera finalement les quatre mille livres d'or promises par Richilde[2]. En même temps, la Hollande est envahie par Godefroy le Bossu et l’évêque Guillaume d’Utrecht, lequel a obtenu de l’empereur Frédéric Ier l’investiture du comté. Robert s'y précipite mais vaincu doit se réfugier auprès de son beau frère, le duc Ordulf de Saxe.
  • Cependant très rapidement les villes flamandes ne supportent plus la politique de Richilde[3] et se tournent vers Robert le Frison pour lui demander son aide. Elles se déclarent prêtes à la reconnaître comme Comte.
  • Robert va répondre à cette demande où il voit une occasion de se venger de Richilde même s'il doit pour cela se parjurer.

Les forces en présence[modifier | modifier le code]

  • Le duc Ordulf de Saxe fournit à Robert une armée. Celui ci rejoint Gand où il retrouve les nobles et villes flamandes révoltées contre Richilde. Ils demandent à Robert de se mettre à leur tête et lui fournissent des renforts importants. L'armée se met en marche et prend Ypres puis Lille et enfin Cassel. Toute la Flandre flamingante est derrière lui[4].
  • Richilde a dû fuir devant l'avancée de Robert et notamment quitter Lille pour se réfugier à Amiens. Elle y lance un appel à Philippe I Roi de France : celui ci répond à l'appel à l'aide de son vassal en rassemblant une forte armée. Richilde obtient également que Guillaume le Conquérant duc de Normandie et mari de Mathilde, sa belle soeur (Mathilde de Flandre était la soeur de Baudouin VI) envoie un contingent d'hommes d'armes. Le duc de Normandie dépêcha un de ses plus fidèles sujets, Guillaume Fitz Osbern. Ce dernier, ne s'attendant pas à rencontrer une grande résistance, ne prit avec lui que quelques dizaines de chevaliers et partit rejoindre l'armée du jeune comte Arnoul.
  • Les deux camps vont s'affronter à Cassel.

La bataille de Cassel[modifier | modifier le code]

Robert le Frison s'était installé à Cassel, ville fortifiée et qui par sa position en hauteur permettait d'observer le mouvement des troupes ennemies. Philippe I amena son armée à Bavinchove au pied de Cassel[5].

Robert décida d'attaquer immédiatement avant que les troupes françaises, plus nombreuses que ses propres forces, aient eu le temps de s'installer et de récupérer de leur marche pour gagner ce site[5].

La bataille eut lieu le 22 février 1071, elle dura toute la journée et fut un terrible affrontement[5].

A la fin de la journée, Robert le Frison emporté par sa fougue est fait prisonnier par le Comte Eustache de Boulogne. Celui ci emmène Robert dans le château de Saint Omer mais il est délivré contre la libération de Richilde cf. Robert Ier de Flandre.

Bilan de la bataille[modifier | modifier le code]

Les curiosités de l'histoire font que cette bataille fut un affrontement entre Wallons (Hainaut + France) et Flamands (Hollande + Flandre flamingante).

Le bilan est terrible pour Richilde et Arnoul III : Richilde est un moment prisonnière de Robert, Arnoul a montré un grand courage pendant la bataille mais a été tué pendant celle ci (observant les règles de la chevalerie, Robert lui érigera un mausolée à Saint Bertin à Saint Omer[6]), de même que le sire de Coucy, très proche conseiller de Richilde[5]. Guillaume Fitz Osbern et ses troupes sont morts[7]. Anselme de Ribemont plus important seigneur de l'Ostrevant et soutien de Richilde y perd également la vie[8].

Il est également négatif pour Philippe Ier qui a été battu par un vassal révolté. Sous couvert de défendre les droits de Baudouin, frère d'Arnoul, en réalité pour venger l'affront de Cassel, Philippe Ier qui s'est retiré à Montreuil avec les restes de son armée va piller plus tard Saint Omer mais se replie ensuite sur Paris par crainte de l'arrivée de renforts pour Robert[9].

Conséquences de la bataille de Cassel[modifier | modifier le code]

  • Richilde va tenter de trouver un appui auprès de l'évêque de Liège en négociant avec lui. Cela n'empêchera pas qu'elle soit une nouvelle fois vaincue par Robert à Broqueroie près de Mons en 1072, bataille très sanglante selon les chroniqueurs de l'époque. Richilde devra accepter de perdre le Comté de Flandre et se contenter du Hainaut détenu par son fils Baudouin II[10].
  • La Flandre et le Hainaut seront donc momentanément séparés et suivront chacun une trajectoire propre jusqu'à Baudouin V de Hainaut qui les réunit à nouveau un siècle plus tard.
  • Le roi de France Philippe Ier va prendre acte des victoires de Robert et en tirer les leçons : il reconnait Robert comme Comte de Flandre, celui ci lui prête l'hommage dû au suzerain et la paix retrouvée est scellée par le mariage de Philippe avec Berthe de Hollande, belle fille de Robert en 1072.
  • Robert devient donc Comte de Flandre sous le nom de Robert Ier de Flandre.
  • Il demeurera toutefois aux yeux de beaucoup comme un usurpateur et donc à l'origine d'une tache sur la dynastie[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M.A.G.B. Schayes <<Relation de la bataille de Cassel en 1071>>, dans Mémoires de la société des Antiquaires de la Morinie, Tome 2, Saint Omer, 1834, pages 135 à 141, lire en ligne.
  • Louis Dieudonné Joseph Dewez, Histoire générale de la Belgique: depuis la conquête de César, Volume 2, Bruxelles, 1804, pages 164 à 174, lire en ligne .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alain Lottin, Henri Platelle, Denis Clauzel, Histoire des provinces françaises du Nord, 1989, p. 16
  2. a et b Louis Dieudonné Joseph Dewez, Histoire générale de la Belgique: depuis la conquête de César, Volume 2, Bruxelles, (lire en ligne), page 165
  3. L.D.J. Dewez option citée pages 166-167
  4. M.A.G.B. Schayes cité dans la bibliographie page 137
  5. a, b, c et d M.A.G.B. Schayes opt. cit pages 138 à 140
  6. Joël Beucher, « Bataille de Cassel - Histoire de l'Europe », sur www.histoireeurope.fr (consulté le 13 juillet 2017)
  7. F. Neveux, La Normandie des ducs aux rois, p. 424
  8. A. Lottin, H. Platelle, D. Clauzel opt. cit. page 22
  9. L.D.J. Dewez option citée page 172
  10. L.D.J. Dewez option citée pages 173-174