Bataille de Hondschoote

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Bataille d'Hondschoote
Description de l'image Battle of Hondschoote.jpg.
Informations générales
Date (21 fructidor an I)
Lieu Hondschoote (Sud-Est de Dunkerque)
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France République française Drapeau de la Grande-Bretagne. Grande-Bretagne
Drapeau de l'Électorat de Hanovre Électorat de Hanovre
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Commandants
Jean Nicolas Houchard
Jean-Baptiste Jourdan
Wilhelm von Freytag
Frederick, duc d'York et Albany
Forces en présence
40 000 hommes 24 000 hommes
Pertes
3 000 morts ou blessés 4 000 morts ou blessés

Première Coalition

Batailles

Guerre de la Coalition
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Coordonnées 50° 58′ 49″ nord, 2° 35′ 10″ est

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Bataille d'Hondschoote

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Bataille d'Hondschoote

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Bataille d'Hondschoote

La bataille de Hondschoote (ou bataille d'Hondschoote) oppose les troupes de la République française à celles de la Première Coalition le . Le général Houchard bat le duc d’York et Albany et libère Dunkerque. Cette victoire est capitale pour la France de 1793, elle intervient après plusieurs défaites et aura un impact psychologique positif considérable d'autant plus qu'elle sera suivie peu de temps après par une nouvelle victoire française lors de la bataille de Wattignies.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au mois d', le prince de Cobourg occupe Condé, Valenciennes, Le Cateau. À Dunkerque, le général Souham, secondé par Hoche résiste vaillamment au siège mené par les troupes britanniques de Frederick d'York. Hondschoote est occupée par les troupes de Hanovre commandées par le maréchal Wilhelm von Freytag. Carnot ordonne au général Houchard de libérer Dunkerque.

Le 6 septembre, à la tête d'une armée de 40 000 hommes, Houchard marche sur Rexpoëde, Bambecque, Oost-Cappel. Le 8 septembre, après un assaut à la baïonnette des gendarmes à pied de Paris, il prend Hondschoote.

Le duc d’York et Albany lève précipitamment le siège de Dunkerque pour se réfugier à Furnes où il rejoint le reste des troupes de Freytag.

Accueilli en triomphe à Dunkerque, Houchard est cependant accusé de lâcheté pour avoir laissé s'enfuir les armées de la coalition. Destitué de ses fonctions, au profit de Jourdan, par le ministre de la Guerre Bouchotte, le tribunal révolutionnaire le condamne à mort. Il est guillotiné le .

Un récit de la bataille d'Hondschoote[modifier | modifier le code]

Situation des forces en présence à la veille de la bataille[modifier | modifier le code]

Les troupes française sont concentrées autour de Cassel.

L'ennemi a installé son Quartier général à Wylder où se trouve le Maréchal Freytag. Ce dernier a disposé ses troupes en une sorte de cordon d'observation destiné à protéger les troupes d'York, le cordon s'étend du sud de Bergues à Poperinghe : détachements disposés à Crochte pour surveiller le secteur Grand MillebruggheSteene, à Esquelbecq, Wormhoudt, Herzeele, Houtkerque, Watou, Poperinghe avec en outre des hommes disposés à l'arrière, à Wahrem, Bambecque, Kruystraete (nl), Roesbrugge,

, Hondschoote[1] (cf. carte ci-dessous).

Journée du 6 septembre[modifier | modifier le code]

L'ordre de marche est donné aux troupes françaises le 6 septembre à 3 heures du matin. Les forces se scindent en différents éléments :

  • une brigade, où se trouve le général d'Hédouville, rassemblée à Steenvoorde, est chargée d'enlever Poperinghe. Le corps ennemi y positionné craignant d'être coupé de ses arrières se replie sur Ypres sans combattre. Les troupes françaises progressent rapidement de ce fait, passent de Poperinghe à Proven, puis franchissent l'Yser à Rousbrugghe et se retrouvent le soir à Oost-Cappel où elles bivouaquent.
  • la brigade Colaud rassemblée à Steenvoorde enlève Watou, Houtkerque puis suit la brigade précédente et la retrouve à Oost-Cappel.
  • la brigade Vandamme rassemblée à Godewaersvelde marche sur Westoutre, Reninghelst et vient bivouaquer à Proven.
  • la brigade Mengaud rassemblée à Cassel doit attaquer Herzeele. Elle y rencontre une forte résistance ennemie.
  • le gros de la division Jourdan rassemblée près d'Hardifort doit prendre Houtkerque. Après son succès, elle est dirigée vers Herzeele pour soutenir la brigade Mengaud.
  • la division Landrin rassemblée à Cassel doit attaquer Wormhoudt. Elle sera ensuite dirigée vers Dunkerque pour contrer éventuellement tout tentative d'York de venir soutenir Freytag. Elle ne sera finalement d'aucune utilité dans le combat pour Hondschoote[2].

Au final en ce 6 septembre, les coalisés vont surtout résister à Herzeele où se déroulent de durs combats. Le colonel Pruschenk qui commande le détachement d'Herzeele va même prendre l'offensive pour se diriger vers Winnezeele mais doit faire marche arrière suite à l'arrivée du général Jourdan.

Les troupes françaises continuant d'avancer, l'ennemi qui a reculé jusqu'à Bambecque devra également quitter cette position pour se replier sur Rexpoede.

Le soir du 6 septembre, les Français comptent s'installer à Rexpoede, Jourdan étant resté à Herzeele.

Le maréchal Freytag constatant la situation ordonne un repli généralisé sur Hondschoote. Pour gagner cette ville, ignorant que les Français ont pris Rexpoede, il compte utiliser le chemin le plus court entre son quartier général de Wylder et Hondschoote et se dirige donc vers Rexpoede. Le combat est inévitable, les Français vont croire à une contre-attaque de l'ennemi. La confusion règne : tout l'état-major français et les représentants du peuple auprès de l'armée, ont failli être faits prisonniers, le repli français est décidé sur Bambecque. En réalité les Français ont fait prisonnier pendant quelques heures le maréchal Freytag délivré par la suite suite à un nouvel assaut des coalisés mais blessé et hors d'état de commander[3].

Journée du 7 septembre[modifier | modifier le code]

Peu de choses se passèrent le 7 septembre, les troupes se ravitaillent en munitions en vivres; La journée fut employée par le général en chef à reconnaître la position des alliés, retranchés d'une manière formidable dans Hondschoote. L'armée républicaine réoccupa les postes abandonnés la veille. La division d'Hédouville regagne Rexpoede. La brigade Vandamme qui en relève va s'avancer vers Hondschoote et réussir à prendre pied à Killem.

Carte du siège de Dunkerque et de la bataille de Hondschoote.

Houchard commit la faute de détacher la division Landrin pour contenir l'armée de siège de Dunkerque, tandis que le point décisif se trouvait à Hondschoote.

Sa précaution fut utile. On a dit pour l'excuser qu'il eût été imprudent de livrer la bataille d'Hondschoote sans faire observer les 20 000 Britanniques campés à une lieue derrière lui, sous les ordres du duc d’York et Albany et d'Alvincy. La position de cette armée devant Dunkerque ne semblait cependant nullement devoir être craint pour les derrières de l'armée d'Houchard, à cause de la diversion suffisante que l'on devait toujours attendre de l'artillerie de la place et d'une sortie de la garnison.

Journée du 8 septembre[modifier | modifier le code]

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Le 8 au matin, l'armée française s'ébranla pour l'attaque du village d'Hondschoote. La droite aux ordres de Hédouville et de Colaud prit position entre Killem et Beveren, la gauche entre le canal de Furnes et Killem et le centre, en avant de ce dernier village, était commandé par Jourdan. Les deux armées se trouvaient engagées de front, à l'exception, pour l'armée française du corps de Leclaire, qui avait été détaché pour se glisser le long du Lang-Moor, sur le flanc droit de l'ennemi (nous verrons plus tard l'importance capitale de ce choix stratégique). Jourdan, en s'avançant contre Hondschoote, rencontra dans un taillis les tirailleurs hanovriens couvrant la position. Toutes les troupes de l'ennemi se trouvaient concentrées sur une même ligne aux ordres du général allemand Walmoden, car Freytag se trouvait, par ses blessures, hors d'état de commander.

L'ennemi, plein de confiance dans sa position, défendue par des batteries rasantes, attendit les Français. Le combat s'engagea bientôt avec la plus grande vivacité, et les deux partis envoyèrent successivement le gros de leurs forces pour soutenir les corps avancés.

La résistance anima de part et d'autre les combattants. Les fossés, les haies, dont le pays est couvert, furent attaqués et défendus par une sorte de rage. Ce n'était pas un combat, disent les témoins oculaires de cette action, ce n'était plus qu'une boucherie, un massacre au corps-à-corps[4]. Cependant, le régiment de Brentano et une brigade hessoise avaient été en quelque sorte hachés par les soldats français et le général Conhenhausen, ayant été mortellement blessé, la position resta au pouvoir des Français. Mais les redoutes qui entouraient le village d'Hondschoote étaient encore occupées par 15 000 Britanniques ou Hanovriens qui ne cessaient de foudroyer les armées françaises.

La résistance avait été si opiniâtre que Houchard, désespérant de la victoire, refusa à Jourdan l'autorisation d'assaillir ces redoutes avec un corps de 10 000 hommes qu'il pouvait rassembler en un instant. Mais celui-ci, voyant ses tirailleurs se retirer en désordre et sentant la nécessité de porter un coup décisif, sollicita et obtint du représentant Delbrel la permission que le général en chef lui refusait. Alors, formant une colonne de trois bataillons qu'il conservait encore auprès de lui, il s'avança vers les formidables batteries.

Son exemple et celui du conventionnel Pierre Delbrel, qui voulut partager sa gloire et ses dangers, électrisèrent les généraux, les soldats et les troupes réunis sur ce point. Blessé à cinquante pas des redoutes, Jourdan n'en continua pas moins d'avancer au pas de charge. Des soldats chantaient avec gaieté le refrain vulgaire de La Carmagnole, qu'un vieux grenadier français, Georges, dont le bras venait d'être mutilé, faisait retentir d'une voix de tonnerre alors même que d'autres entonnaient La Marseillaise.

Monument de la victoire d'Hondschoote,
inauguré le 15 juin 1890 sur la place d'Hondschoote.

Bientôt un cri de victoire se fit entendre à la droite des retranchements. Le colonel Leclaire, qui commandait la gendarmerie et qui, ainsi que nous l'avons dit, avait été détaché sur la droite, prenait les retranchements à revers, après avoir fait, avec ses soldats, deux lieues au pas de course, en longeant les marais de la Moere.

Le corps de gendarmerie à pied de Paris, aussi remarquable par son indiscipline que par son courage, était composé des anciennes Gardes-Françaises ; il seconda vigoureusement Leclaire, et emporta les redoutes, après avoir été repoussé dans un premier assaut, dans lequel il se fit un grand massacre de Britanniques et de Hanovriens. Les soldats qui suivaient Jourdan, enivrés encore par l'exemple de leurs camarades, renversèrent tout ce qu'ils trouvaient devant eux, ils emportèrent en outre le village d'Hondschoote défendu par les Hanovriens de Walmoden, par une attaque menée d'une main de maître à la baïonnette. L'armée britannique fut enfoncée sur toute la ligne et s'enfuit en désordre sur Furnes, abandonnant aux vainqueurs 6 drapeaux britanniques et hanovriens, ses canons et ses bagages.

Walmoden, parvenu avec peine à rallier ses troupes à quelque distance du champ de bataille, introduisit un peu d'ordre dans la retraite, qui s'exécuta, la droite par Houtem sur Furnes, la gauche par Hoogstade, en longeant le canal de Loo. Walmoden fit ensuite prendre position en potence, la droite appuyée à Bulscamps, et la gauche à Steinkerque (aujourd'hui Steenkerque), pour couvrir, autant qu'il était possible, la retraite du corps de siège. Dans ces trois journées, où la perte fut à peu près égale de chaque côté, l'ennemi eut 4 000 hommes tués, blessés ou prisonniers.

La conduite des troupes britanniques et hanovriennes mérita des éloges ; elles montrèrent du sang-froid, du courage et de la ténacité et, si elles furent vaincues, ce fut parce qu'elles eurent à combattre des Français qu'animait l'exaltation d'un récent et fervent républicanisme et le sentiment des dangers de la patrie.

Séquelles de guerre et autres conséquences[modifier | modifier le code]

Selon Joseph Louis Étienne Cordier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, « les deux tiers de l'arrondissement de Dunkerque, se trouvant au-dessous du niveau de la mer, ainsi que la Hollande, furent inondés en 1793 par mesure de défense. Les sept années suivantes, le sol imprégné de sel fut presque stérile et le peuple devint très malheureux. On lui accorda, par cette raison, le privilège de se régir. Les propriétaires de terres des wateringues ont, depuis cette époque, le droit de se réunir, de nommer des commissaires et de les revêtir d'un grand pouvoir. Ces commissaires, ou administrateurs, choisis parmi les propriétaires les plus éclairés, établissent des impôts, en règlent l'emploi »[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G. Lesage, Flandres 1793 - Les soldats de l'an II repoussent l'invasion, Paris, Economica, 2013.
  • Cdt. Lévi, « Bataille d'Hondschoote », dans Congrès des sciences historiques en juillet 1907 à Dunkerque, Tome 1, Résumés de mémoires, Dunkerque, Société Dunkerquoise pour l'Encouragement des Sciences, des Lettres et des Arts, 1907, lire en ligne, p. 155-192.
  • A. Mathiez, La révolution française, Tome 3 : la Terreur, Paris, Denoël, 1985, lire en ligne, p. 63-75.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Commandant Lévi cité dans la bibliographie, p. 159-160.
  2. Cdt. Lévi cité dans la bibliographie, p. 161.
  3. Cdt. Lévi cité dans la bibliographie, p. 167 à 169.
  4. A. Mathiez cité dans la bibliographie, p. 68.
  5. Cordier Joseph Louis Étienne, De la navigation intérieure du département du Nord et particulièrement du canal de la Sensée, exemplaire numérisé par Google Livres, Hopwood chez Goeury, Libraire des Ponts et Chaussées ; Quai des Augustins, no 41 ; À Lille, 1820 – voir pages 11 et suivantes (sur 118).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]